Un cadeau du chemin

Un cadeau du chemin

2026-06-27 1 Par Brigitte et Eric

C’est avec plaisir que nous prêtons la voix de notre blogue à Diane, amie-pèlerine de Bottes et Vélo, dont le texte, retenu dans le cadre de l’appel à écriture sur le thème « Un cadeau du chemin », a mis des mots sur cet « état Compostelle » qui a habité plusieurs d’entre nous en chemin, ce plaisir et ce confort d’être simplement soi-même.

UN CADEAU DU CHEMIN

Ce thème m’a fait sourire. Il m’a replongée dans l’enfance: l’anticipation des cadeaux cachés dans les belles boîtes colorées, l’attente impatiente qui n’en finit plus, l’énervement du déballage et enfin la finale : le plaisir de la surprise.

Je me rappelle aussi du fameux jeu des « grosses mitaines » avec lesquelles nous devions déballer un cadeau recouvert de 12 couches de papier et d’un rouleau de papier collant complet. J’exagère mais…pas tant! C’était censé être vraiment « l’fun ». Jeu interminable et incompréhensible pour moi. Non, ce n’est pas ça un jeu…même si, au final, le jeu en valait la chandelle.

Il y a eu tant de cadeaux lors des différents chemins que j’ai marchés. Certains ont été instantanés, d’autres se bonifient encore au fil du temps et il y a ceux qui ont laissé une trace permanente : la fierté d’un défi réussi, la gratitude envers mon corps qui me permet de vivre ces expériences, les paysages à couper le souffle, la découverte de cultures différentes, de nouvelles rencontres qui deviennent des amitiés sincères – des sœurs de cœur, le contact de l’infiniment grand avec l’infiniment petit – le contact avec soi, quoi!

Vivre un état d’apaisement si profond qu’il me suit jusqu’à la maison. Je l’appelle mon « état Compostelle » dont je m’éloigne parfois, parce qu’en perpétuel mouvement. Mais je sais profondément qu’il existe « pour vrai ». Il est devenu ma balise, l’état à atteindre, ma « carotte ».

J’ai fait l’expérience d’un chemin où le cadeau était emballé sous 12 couches de papier avec un rouleau de papier collant complet : un cadeau à déballer avec des grosses mitaines.

Le chemin, même si on ne veut pas trop l’écouter, peut nous surprendre et créer un raz-de-marée. Le retour a été laborieux, empreint de certaines étapes semblables au deuil. Le choc de l’intensité ressentie qui amène momentanément la perte de certains repères, le déni : bien trop de choses à faire, pas le temps de m’occuper de ça, un cocktail d’émotions et surtout résistances et non-acceptation qui me gardaient loin du fameux cadeau.

Est-ce que je me la suis posée la fameuse question du cadeau, de l’héritage de ce chemin, du sens de cette expérience? Est-ce que j’ai douté qu’il y en ait un? Oui, tant de fois!

Un jour, j’ai pu lâcher les résistances et commencer à accepter l’expérience telle que je l’avais vécue et non comme j’aurais voulu qu’elle se passe, intérieurement, pour moi. J’ai commencé à déballer une couche de papier à la fois. J’ai pris le temps de m’arrêter à chacune d’elles.

Depuis toujours, j’ai une quête : être bien. Je suppose que c’est là le souhait de chaque être humain. Je crois profondément que la vie met sur notre chemin exactement ce dont on a besoin pour vivre bien et se sentir bien. Parfois, ça passe par le chaos et l’accueil que nous lui réservons influence la suite des choses. Toutes nos expériences sont nos guides, notre matière première pour « avancer ». Échec, défis, chaos resteront tant qu’on ne comprendra pas qu’ils font partie intégrante du processus vers un mieux-être. Ils bousculent mais donnent l’élan vers autre chose… de mieux… si on veut bien « y aller ».

Ce chemin m’a fait réaliser combien je pouvais m’identifier au chaos en occultant toute la belle palette de couleurs qui existe en moi et autour de moi : apprendre à regarder « l’ensemble de l’œuvre ».

C’est quoi finalement le cadeau? Si simple et j’y reviens toujours : retrouver le chemin, mon chemin, le contact avec moi pour être capable de me dire et de vivre le « Je suis qui je suis simplement ». Et m’aimer assez pour accueillir avec beaucoup de bienveillance, aujourd’hui et demain, tous mes morceaux – quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent.

Simple mais pas facile !!!

Est-ce que chacun y arrive un jour? Pour arriver où en fait? Destination ou chemin? Les mêmes questions qu’en pèlerinage. Je ne sais pas où on arrive mais je sais comment je veux y arriver : que chaque journée ait son propre sens, qu’elle me permette de voir tout le bleu du ciel, même avec des nuages, et qu’elle me mène simplement vers la journée d’ensuite.

À l’instar du jeu des grosses mitaines de mon enfance, ce fut tout un défi de déballer celui-ci. Mais au final, le jeu en a encore valu la chandelle.

Merci chemin qui m’a permis d’affiner mon « Je suis » ! Le plus beau des cadeaux!

Diane