Qu’est-ce qui définira le pèlerinage? Bottes ou Vélo?

Je vous dirai2009 - Compostelle et Barcelone 163s que je suis davantage en faveur du pèlerinage à pied qu’à vélo. Je suis bottes, car j’aime la lenteur dans laquelle nous plongent ces longues randonnées. Elles nous laissent le temps de savourer et d’être imprégné de chaque instant. J’aime me laisser porter par le rythme de mes pas qui, marqués par le claquement de mes bâtons, m’incline à la méditation. Brigitte vous dirait, par contre, qu’elle préfère le vélo. Brigitte est vélo pour le type d’énergie que ce sport nécessite, parce que l’Amérique s’y prête bien avec ses innombrables pistes cyclables, mais aussi pour le vent. Ce côté aérien du vélo lui libère l’esprit et lui permet cette présence à elle-même. 2011 134Alors, nous alternons : parfois bottes, parfois vélo. Ce qui importe, tout compte fait, c’est de trouver une pratique du pèlerinage qui nous convienne. Alors, si ce n’est ni bottes, ni vélo, qu’est-ce qui définira le pèlerinage? Ce qui importe est de savoir si ce qui le caractérise est respecté. Du pèlerinage se dégagent quatre grandes caractéristiques : engagement, effort physique soutenu (5 à 7 heures d’activité physique/jour), démarche de longue durée (min. 10 jours) et introspection. Un pèlerinage de longue randonnée ne sera donc pas de même longueur (kilométrage) qu’un pèlerinage de cycliste.

Les exigences temporelle et physique du pèlerinage nécessitent un engagement de la part de celui qui veut prétendre, bien humblement, au titre de pèlerin. Toute démarche initiatique demande un engagement, mais, même dans le cas du pèlerinage, celui-ci ne sera pas pour autant plus facile à observer. C’est l’engagement en regard de la durée et du processus qui pourtant fait toute la différence. Un engagement que l’on renouvelle chaque jour, comme une promesse faite à soi-même.

Pour parler pèlerinage, nous devons donc parler de temps. Un temps qui se calcule en termes de jours voués au processus. C’est notre rapport au temps qui fera que l’expérience relèvera ou non du pèlerinage. D’ailleurs, à ce sujet, Jean-Christophe Rufin mentionne : « Il faut en effet reconnaître que le temps joue un rôle essentiel IMG_1275-6dans le façonnage du “vrai” marcheur. » [1] Le temps est ainsi un trait majeur qui permettra de définir le pèlerinage… et le pèlerin. Il ne s’agit pas d’une course vers un lieu et il n’est pas non plus question de laisser filer le temps : il s’agit d’une inscription corps et âme dans le temps. La destination importe peu. (On se donne une destination, mais tout se joue avant le fil d’arrivée.) C’est pourquoi Bottes et Vélo recommande un minimum de 10 jours, de marche ou de vélo, pour qu’il soit question de pèlerinage. Aux abords de ces 10 jours se joue un moment charnière du pèlerinage. Une transition s’opère dans l’esprit du pèlerin. Il bascule alors dans un état qui ne saurait lui être accessible en deçà de ce seuil. Une première libération s’effectue à cet instant précis, et plusieurs pèlerins peuvent en témoigner. Nous l’avons vérifié auprès d’eux et nous avons retrouvé la même observation chez Rufin : « Par-delà la fierté un peu puérile qu’il peut ressentir d’avoir accompli un effort considérable par rapport à ceux qui se contentent de marcher huit jours, [le pèlerin] perçoit une vérité plus humble et plus profonde : une courte marche ne suffit pas pour venir à bout des habitudes. Elle ne transforme pas radicalement la personne. »[2]

2011 120Les troisième et quatrième caractéristiques sont liées. La troisième caractéristique concerne l’effort physique soutenu. L’activité physique de longue durée permet la concentration de toute notre attention sur notre corps qui, elle, enclenche, en quelque sorte, un état méditatif qui conduira sur la voie de l’introspection. Cette observation a d’ailleurs été relevée par plusieurs adeptes d’épreuves physiques qui demandent une grande endurance tels que : l’alpinisme, les marathons ou encore ces compétitions de type « Iron Man ». Sans se classer parmi ces disciplines, le pèlerinage permet à tous d’atteindre cet état d’esprit. En cours de route, le corps atteint un seuil où il est rompu, un moment où le cours se défait tranquillement de ses résistances, et alors l’esprit peut s’éveiller à plus grand. Une expérience qui peut tracer des parallèles avec les expériences mystiques. Ainsi, sur le chemin, c’est notre corps qui, le premier, nous enseignera lesIMG_1280-4 rudiments du pèlerinage. C’est lui aussi qui nous ramènera sur la voie si nous refusons de l’écouter. Et parfois, nous pouvons faire la sourde oreille pendant longtemps… C’est là que bien souvent des blessures majeures peuvent survenir. Mais, même dans ces cas-ci, certains pèlerins persistent à résister aux signaux envoyés par leur corps et se bourrent littéralement d’antidouleurs pour ne pas se laisser limiter par celui-ci. Une attitude qui caractérise assez bien notre époque. À ce sujet, Jean-Claude Guillebaud écrivait : « […] on bute régulièrement sur des propos qui désignent la chair comme une servitude dont il convient de se débarrasser. » [3] Les limites du corps sont donc souvent perçues comme contraignantes dans un monde où est davantage valorisé le performant et le compétitif… Un sain rapport au corps dans cet effort physique de longue durée est essentiel. Prendre conscience de cet aspect du pèlerinage lui confère ce pouvoir de nous éveiller aux IMG_1280-6incohérences de notre vie moderne et de renouer avec soi-même. Lentement, cette prise de contact avec soi nous défait du trop-plein de notre sac à dos mental et nous permet de plonger en nous-mêmes à la rencontre de plus grand que soi : « Dans l’état d’aboulie où l’ont plongé ces errances, dans cette âme délivrée du désir et de l’attente, dans ce corps qui a dompté ses souffrances et limés ses impatiences, dans cet espace, saturé de beautés, à la fois interminable et fini, le pèlerin est prêt à voir surgir quelque chose de plus grand que lui, de plus grand que tout, en vérité. »[4] Et c’est seulement le temps qui nous permettra de pénétrer cet espace.

Bottes ou vélo? disions-nous. Il est clair que le pèlerinage ne tient pas à l’outil, ni à la destination, mais bien plus à la manière d’être, au rapport que nous entretenons avec le processus. Rufin nous donne une définition du pèlerinage qui tient en quelques mots : « Le Chemin est une alchimie du temps sur l’âme. » [5] Je crois que c’est la définition la plus honnête que nous puissions faire de cette expérience qui sort du commun.

Éric LalibertéBottes et Vélo - Emblême

 

Pour ceux et celles qui voudraient se procurer les livres de Rufin ou de Guillebaud, cliquez sur ces liens:    Jean-Christophe Rufin: Immortelle randonnée      Jean-Claude Guillebaud: La Vie vivante. Contre les nouveaux pudibonds.


[1] Rufin, Jean-Christophe. (2013). Immortelle randonnée : Compostelle malgré moi. Chamonix : Guérin. p. 15

[2] Idem. p. 16

[3] Guillebaud, Jean Claude. (2011). La vie vivante : contre les nouveaux pudibonds. Paris : Arènes. p. 152

[4] Rufin, Jean-Christophe. (2013). Immortelle randonnée : Compostelle malgré moi. Chamonix : Guérin. p. 192

[5] Idem. p. 15

Horaire du pèlerin nord-américain : no stress pour l’hébergement!

Contrairement aux Chemins de Compostelle où l’on ressent toujours une certaine crainte au sujet des places disponibles en hébergement, crainte qui nous amène à presser le pas pour s’assurer un lit et qui en réalité est rarement justifiée, les chemins de pèlerinage nord-américains ne vous feront pas vivre ce genre de stress. Vous pourrez profiter pleinement de vos journées sans vous soucier de savoir si vous pourrez vous loger en soirée. Bien entendu, s’il est question de camping! Pour ce qui est des gîtes, auberges de jeunesse ou résidences étudiantes, nous vous invitons tout de même à faire vos réservations la veille ou le matin même. Ainsi, vous marcherez la tête tranquille toute la journée et savourerez2009 - Compostelle et Barcelone 066 chaque minute qui passent en pensant à vos pieds, vos cuisses, ou vos fesses, tout dépendant que vous soyez en BOTTES ou à VÉLO… 😉 

La journée type du pèlerin nord-américain n’est pas très différente de celle du pèlerin européen. Leur grande différence réside dans le climat. Celui d’ici permet de répartir le temps de marche sur une plus grande plage horaire. Contrairement aux chemins espagnols qui en après-midi deviennent souvent suffocants, ici vous n’aurez pas à subir cet inconvénient. Vous pourrez donc répartir vos heures de marche entre 6 h et 18 h sans problème. Ce qui donne une plage horaire très intéressante, avec de bonnes pauses et du temps pour flâner ou visiter. Sur une plage horaire de 12 h, vous pourrez facilement marcher de 30 à 33 km après quelques jours de marche. Si l’on calcule que nous marchons à une vitesse moyenne de 4 km/heure, il vous faudra marcher 8 heures pour parcourir 32 km. Vous pourrez alors répartir les 4 heures restantes en pauses comme bon vous semble. Ceci étant dit, les journées de 30 km et plus sont très rares. Vous aurez donc en général de 5 à 6 heures de pause par jour. Soit à peu près autant que ce que vous aurez marché : pour une heure de marche, une heure de repos. Ce qui est quand même très bien!

De notre côté, nous avions adopté un horaire du genre départ vers 6 h 30 avec une pause-café-croissant aux alentours de 8 h ou 9 h. [Vous verrez que dans la plupart des villages du Québec nous trouvons d’excellentes boulangeries.] Après 30 minutes de pause, nous2009 - Compostelle et Barcelone 352 reprenions la route. Le deuxième arrêt se faisait vers 10 h 30 jusqu’à 11 h et la pause dîner venait entre 12 h et 12 h 30. Généralement, au dîner, nous avions marché les deux tiers de notre trajet. Nous reprenions la route vers 13 h 30 pour terminer notre journée aux environs de 16 h. C’est un horaire type qui ne peut cependant pas toujours être respecté. Trop de rigidité dans nos objectifs de marche pourrait entraîner des blessures. Les lieux pour faire une pause n’arrivant pas toujours selon l’horaire que l’on s’est fixé, il faut demeurer flexible et attentif aux signes de notre corps. Celui-ci vous dira quand la pause sera nécessaire et le premier coin de verdure fera alors l’affaire.

Éric LalibertéBottes et Vélo - Emblême

Le pèlerinage de longue randonnée au Québec : une question d’autonomie

Si nous parlons de pèlerinage autonome, c’est bien entendu en faisant référence à2009 - Compostelle et Barcelone 019 l’expérience de Compostelle. Sur le Chemin de Compostelle, le pèlerin peut partir à la date qui lui convient, marcher avec qui bon lui semble et faire les étapes qui lui agréent. C’est de cette autonomie dont il sera question.

Actuellement, au Québec, ou même en Amérique du Nord, ce type de pèlerinage n’existe pas. C’est ce que Bottes et Vélo veut favoriser et rendre possible avec la création de guides pour pèlerin autonome. C’est grâce, aussi, au développement de ce type de pèlerinage que le pèlerinage pourra prendre son essor en Amérique du Nord.

Compostelle offre un cadre souple à ceux qui désirent vivre l’expérience. Faire Compostelle c’est marcher à son rythme en établissant soi-même ses étapes et ses limites. C’est choisir la distance à marcher, son hébergement, ses compagnons de route. Compostelle : c’est la liberté de choisir! Si la voie de la spiritualité est d’abord la voie de la définition de soi, c’est donc en s’autorisant à se découvrir en relation à l’autre que nous pourrons nous épanouir. C’est ce que nous enseigne, entre autres, le Camino : la simplicité des relations, le droit de les choisir ou de les refuser; ceci sans sombrer dans la bonne vieille culpabilité judéo-chrétienne. C’est en cela, aussi, que Compostelle dépasse le cadre religieux institutionnel. La mystique du chemin se reflète dans toute cette approche. La   spiritualité peut y évoluer parce qu’elle autorise cette définition de soi en rapport à l’autre et au milieu. Au Québec, à l’heure actuelle, nous avons tendance à trop encadrer le pèlerinage. L’expérience a besoin d’une plus grande autonomie pour grandir et s’épanouir d’elle-même.

Si c’est à travers cette autonomie que le pèlerinage québécois se rapproche de Compostelle; c’est aussi dans la recherche de celle-ci qu’il s’en différencie. Peut-être qu’un jour s’y rejoindront-ils, mais actuellement c’est ce qui les rend différents. Nous voulons parler de l’hébergement. L’hébergement pèlerin tel qu’il est présent en Europe est inexistant en Amérique du Nord. Certes, il sera appelé à se développer avec les années, mais, pourdortoir auberge international de québec l’instant, vivre dans l’esprit et la frugalité du chemin de pèlerinage c’est s’en remettre aux campings, aux auberges de jeunesse et aux résidences étudiantes.

Les auberges de jeunesse et les résidences étudiantes sont peu nombreuses, mais sont tout de même présentes dans les grandes villes. Les auberges de jeunesse nous offrent un hébergement abordable, on pourrait même dire « à tarif pèlerin », en dortoir, avec salle de bain à l’étage. Quelques-unes incluent même le petit-déjeuner dans leur prix. Vous aurez parfois aussi la possibilité deauberge rivière-du-loup chambres privées ou semi-privées avec salle de bain. En dortoir et en chambre semi-privée, on peut s’attendre à payer entre 25 $ et 35 $ par nuitée, par personne. En chambre privée, les tarifs seront plus élevés. Ce type d’hébergement est sans doute celui qui se rapproche le plus de « l’albergue » espagnol. Ils bénéficient tous, en général, d’un coin-cuisine, d’un salon et d’accès Wi-Fi. Vous aurez même parfois accès à un service de buanderie. L’auberge de jeunesse québécoise est chaleureuse et offre une ambiance familiale très agréable. Elles sont souvent situées dans des décors pittoresques ou près des milieux effervescents de la culture. Les résidences étudiantes qucours intérieur auberge de la paix québecant à elles offrent des chambres dans les mêmes tarifs et avec les mêmes services. Elles n’offrent cependant pas les dortoirs et n’ont pas la même ambiance que les auberges de jeunesse. Elle demeure tout de même un lieu d’hébergement intéressant pour le budget pèlerin.

Pour ce qui est du camping, il a l’inconvénient de nous obliger à transporter un peu plus lourd sur notre dos (environ 2,5 kg de plus, nous reviendrons plus tard avec un article spécifique à ce sujet), mais, ses avantages sont énormes tellement les campings sont nombreux au Québec et partout en Amérique du Nord. Ce sont eux qui font en sorte que le pèlerinage trouve une véritable 2009 - Compostelle et Barcelone 070autonomie, ceci à des tarifs variant entre 20 $ et 30 $ par terrain; ce qui conviendra très bien à tout pèlerin. Le camping a l’avantage d’être un village en lui-même. Il nous offre les commodités que l’on retrouve habituellement dans tous les hameaux qui jonchent le Chemin de Compostelle et parfois même plus. Vous aurez ainsi accès à des douches et des toilettes, des services de buanderie, une salle communautaire (souvent équipée d’un four à micro-ondes et offrant parfois le service Wi-Fi), un petit coin épicerie de dépannage et occasionnellement un casse-croûte.2010 423 Certains auront même une piscine. Tout ceci en plus de vous offrir la convivialité du camping. Une convivialité qui s’apparente étrangement à celle de Compostelle. Ainsi donc, pour l’instant, le camping nous semble la voie d’avenir pour le pèlerinage en Amérique du Nord, au Québec en particulier. Pour soutenir le développement du pèlerinage autonome, il serait bien que les campings intéressés en viennent à offrir le dortoir sous forme de tente prospecteur. À moins qu’ils n’aient d’autres idées à proposer… Nous croyons que le pèlerin serait ouvert à toutes propositions qui lui permettraient d’alléger son sac à dos de 2 ou 3 kg.

Éric LalibertéBottes et Vélo - Emblême

Un aperçu vidéo du Chemin des Navigateurs

Voici un petit vidéo de 7 minutes qui vous donnera un très bon aperçu du Chemin des Navigateurs. Ce n’est pas le parcours complet et il est fait dans le sens inverse, mais il est tout de même très bien.
Vous ferez le voyage de Québec jusqu’à Mont-Joli. Lorsque vous verrez le phare, vers la fin du vidéo, vous serez tout près du point de départ du Chemin des Navigateurs.

Éric LalibertéBottes et Vélo - Emblême et Brigitte Harouni

 

L’actualisation du pèlerinage, cette expérience plus que millénaire

« J’ai attendu tout l’après-midi et toute la soirée, dit l’Anglais. Il est arrivé au moment où apparaissaient les premières étoiles. Je lui ai dit ce que je cherchais. Et il m’a demandé si j’avais déjà transformé du plomb en or. J’ai répondu que c’était précisément ce que je souhaitais apprendre. Alors, il m’a dit d’essayer. Il ne m’a rien dit d’autre que ces mots : “Va essayer.’’ » Paolo Coelho, l’Alchimiste

2009 - Compostelle et Barcelone 073-2Le pèlerinage d’aujourd’hui ne peut plus s’entendre comme l’expérience d’hier. La population n’a plus le même rapport au religieux et préfère, en général, parler d’une spiritualité du pèlerinage, d’un exercice qui permet l’introspection. Du même coup, au-delà de la démarche mystique, plusieurs se sentent appelés par l’activité physique et le défi qu’elle représente : la longue randonnée. Ceci, sans se douter qu’elle permet une expérience du spirituel qui, parfois, saisit sans qu’on ne le veuille : « Nous n’étions là que pour le sport, le voyage, l’exotisme et nous voilà soudainement bien plus loin que nous ne l’aurions imaginé. » Pourquoi en est-il ainsi? Que se passe-t-il donc sur ces routes de pèlerinage? Sur ces sentiers de longues randonnées? Quelle spiritualité peut bien porter le pèlerinage d’aujourd’hui?

Alors que les gros autocars continuent d’affluer vers basiliques, cathédrales et sanctuaires; un autre type de pèlerin a vu le jour au cours des 30 dernières années. Une race que l’on croyait disparue. Pour ce type de pèlerin, le pèlerinage a pris un sens qui semble renouer avec une tradition médiévale. Une démarche qui engage corps et âme, et qui demande du temps, car elle façonne lentement. Un exercice qui, en quelque sorte, invite à se colletailler à soi-même; voilà à quoi peut ressembler le pèlerinage d’aujourd’hui. De cet affrontement, de ce moi qui vole en éclat, naîtra un regard différent, un souffle nouveau : comme lorsque l’on remonte à la surface après être resté longtemps sous l’eau… Ou encore ce moment précis dans l’épreuve physique, ce moment où l’on croit que l’on ne pourra pas y arriver; et qui, soudainement, nous voit basculer et puiser dans ce que nous appelons « le second souffle ». Un souffle bien plus puissant. C’est dans ce souffle qu’est le lien avec le spirituel : « Spiritus ». C’est là, l’origine latine, le sens premier de spirituel : le souffle, ce qui nous 2009 - Compostelle et Barcelone 059anime. Et si sur ces chemins de pèlerinage on y trouvait ce souffle nouveau? Celui qui nous permet de sortir la tête de sous l’eau, d’éprouver une énergie nouvelle face aux contraintes et au rythme de notre époque? Un souffle qui nous amène à envisager la vie d’un autre œil, hors de notre culture de performance et de compétition. Une culture où tout va vite, se consomme et se consume, même les relations…

Dans cette aventure, Bottes et Vélo n’a pas de recettes à vous offrir. Nous aborderons le pèlerinage simplement, avec toutes les promesses de vie qu’il contient, sous toutes ces facettes, et dans le but de vous aider à faire en sorte que l’expérience soit porteuse de nombreux fruits. Nous aborderons les questions techniques mais, inévitablement, chacune de celles-ci ramène à une question métaphysique. L’image du sac à dos est sans doute la plus criante en termes de métaphysique… Nous vous ferons également découvrir les magnifiques chemins de pèlerinage que nous avons, ici, en Amérique. Nous vous partagerons nos expériences. Vous pourrez nous suivre, alors que nous serons à établir de nouvelles routes. Nous vous ferons des recommandations de lectures. Nous parlerons d’équipements, de budget, de la vie sur le chemin. Et, encore là, tous ces sujets nous amèneront à interroger nos habitudes de vie.

Nous croyons que le pèlerinage est un remède possible 2009 - Compostelle et Barcelone 064à notre époque. Il nous travaille comme l’Alchimiste de Paolo Coelho le faisait pour son Grand Œuvre. Le travail de l’Alchimiste demande un engagement, du temps, des efforts. À travers sa quête, c’est lui-même qu’il façonne en définitive.

 La flamme du pèlerinage est semblable à celle du four de l’Alchimiste. Elle nous mène de souffrances en guérisons; d’aveuglements en révélations; de servitudes en libérations; pour y découvrir, au final, quelqu’un qui ne s’en tire pas trop mal, … et qu’on aime bien.

 Éric LalibertéBottes et Vélo - Emblême

 

Bottes et Vélo : LE BLOG!

« Lorsque l’eau est au repos et sans vie, elle devient amère et pleine de vase, l’eau qui court comme un torrent rugissant demeure pure et claire; de même l’âme du sédentaire est faite de vase dans laquelle fermentent les regrets éternellement remâchés. Seule l’âme du voyageur fait jaillir comme des torrents d’eau claire les idées nouvelles et les actes imprévus. » Mohammad Hassada

Chaque pèlerinage que nous entreprenons a un impact sur notre physique et sur notre psychique. Loin du confort douillet de notre petit nid bien aménagé, loin de la routine sécurisante de notre vie réglée à la seconde près et loin des services qui répondent aux besoins que l’on n’a même pas encore formulés, on apprend à se connaître et à se redéfinir. Une page blanche s’ouvre.  On se revoit, on se repense, on se redessine.  Sur le chemin, on se découvre tel qu’on est réellement.  Sans nos costumes de scène, sans étiquette, tombent les masques.  Une renaissance commence à jaillir.  Le tourbillon de questions nous soulève.  Nos rêves oubliés refont surface.  Plus les kilomètres passent et plus un nouveau moi se façonne.  Celui que je veux réellement être, la vie que je désire pleinement vivre, les qualités que je veux désormais voir s’épanouir.  La liste des résolutions est longue! Et elle est très certainement la pl2009 - Compostelle et Barcelone 011-02us authentique qui vous soit donnée d’élaborer.  Mais au moment du retour… tout cela nous parait quasi irréalisable.  Nous revenons dans un train qui file à vive allure.  Le temps nous glisse entre les doigts et le temps de prendre soin de nous est vite envolé en fumée. Pourtant, si je ne prends pas le temps d’être moi, qui le fera?

Tous ces apprentissages que nous avons faits en chemin doivent demeurer vivants à notre retour.  Ils doivent trouver une place pour s’actualiser dans notre vie.  Il nous faut la remodeler. Il suffit d’un pas pour avancer.  Un petit pas à la fois.  Un petit changement ici, puis un autre là.  Graduellement, notre projection prendra forme. Mais pour y parvenir, il faut y croire, croire en soi.  Martin Luther King a dit : « Avoir la foi, c’est monter la première marche, même quand on ne voit pas tout l’escalier ».

Si vivre un pèlerinage c’est marcher vers soi et apprendre à mieux se connaître, créer un blog c’est aller vers l’autre et partager qui on est pour vivre ensemble en harmonie.   C’est un des nombreux petits pas que nous avons choisi de faire pour vivre en accord avec nos valeurs, avec notre monde intérieur.   Cette fenêtre virtuelle est un lieu de partage d’expertises et d’expériences, venant tant de vous que de nous.  C’est une invitation à venir découvrir un mode de vie qui nous passionne durant le voyage et qui transforme notre réalité une fois de retour à la maison.  C’est une main qui se tend pour offrir de l’accompagnement pour passer au travers de tous les états du pèlerin.

Pour faire un changement il faut passer à l’action.  Pour nous créer ce blog c’est vous entrainer avec nous dans ce mouvement vers un mieux-être. 

Brigitte HarouniBottes et Vélo - Emblême