Février: La librairie du pèlerin vous propose 3 livres

D'Ansembourg - Grun - Suzuki

Qui fuis-je? Où cours-tu? À quoi servons-nous?: Vers l’intériorité citoyenne
Thomas D’Ansembourg


Dans le doute, la difficulté ou l’épreuve, nous ne manquons pas de ressources mais plutôt D'Ansembourg - Qui fuis-jed’accès à celles-ci. Thomas d’Ansembourg nous propose d’accéder à l’intériorité transformante, cette capacité que nous pouvons développer pour aligner notre vie sur notre élan vital propre. Chacun de nous cherche un sens personnel et vivant à son existence. Faute de le trouver à l’intérieur de soi, nous avons créé une société où tout le monde court hors de soi. Cette course nous épuise et épuise la planète. Aujourd’hui, devant les défis que l’humanité rencontre, que nous soyons croyant, athée ou agnostique, que nous ayons ou non une vie spirituelle nourrissante, et que nous adhérions ou non à une religion, nous savons que le monde a grand besoin d’hommes et de femmes qui se connaissent bien, qui connaissent les processus de réconciliation intérieure et les pièges de l’ego, qui savent comment développer la confiance en soi, en l’autre et en la vie et mettre leur talent au service de la communauté. Aujourd’hui, l’intériorité ne relève plus de la seule sphère privée ; elle acquiert plus que jamais une dimension citoyenne.

Choisis la vie!: Le courage de se déciderGrun - choisis la vie
Anselm Grün

Le perfectionnisme et le désir de maîtrise, la volonté de se protéger, la peur du qu’en-dira-t-on, de la marginalisation, de la proximité de l’autre, l’image que l’on a de soi-même… tous ces freins nous empêchent souvent de «choisir la vie». Pour lever ces obstacles, Anselm Grün nous propose des pistes permettant d’opérer nos choix en toute conscience.

L’Équilibre sacré
David Suzuki

L’Équilibre sacré est le livre fondamental pour comprendre la pensée et l’action de David Suzuki. De façon magistrale, il marie science et spiritualité pour nous offrir une source d »inspiration parfaitement adaptée à notre époque et aux défis qui sont les nôtres. QuelsSuzuki - L'équilibre sacré sont les véritables besoins que l’humain doit satisfaire pour vivre une vie pleine et satisfaisante ? Voila la question que se pose David Suzuki. Il commence par présenter l »être humain comme un enfant de la Terre qui dépend, pour sa survie, de l’air, de l’eau, du sol et de l’énergie du soleil. Il montre comment nous sommes génétiquement programmés pour cohabiter avec les autres créatures vivantes, et combien nous souffrons quand cette cohabitation ne se révèle pas harmonieuse. Il analyse ces profonds besoins spirituels, qui sont les fondements mêmes d »un monde gouverné par l’amour. C’est en puisant à même sa propre expérience, et dans celle d’autres individus qui ont traduit leurs principes en actes, que David Suzuki a rédigé ce livre inspirant. L’Équilibre sacré est un plaidoyer passionné, qui propose également des solutions concrètes pour que nous nous donnions un avenir riche, profondément satisfaisant et écologiquement viable. « Dans L’équilibre sacré, David Suzuki énonce pour nous son credo. Il est féru de science, mais il en redoute également la puissance. Utilisée avec sagesse, la science peut nous apporter la richesse à la fois matérielle et spirituelle. Pour Suzuki, cette sagesse se traduit par le respect envers toutes les créatures vivantes, et ce livre essentiel défend cette idée avec fougue et intelligence. » – John Polanyi, lauréat du Prix Nobel

Le bonheur du marcheur

Je marche le long du fleuve.2011 121
Le vent qui souffle couvre tous les bruits environnants.
Mes bâtons rythment le pas.
Le fleuve est noir.
Des nuages gris-bleu roulent dans le ciel.
Les hautes herbes imitent les mouvements de l’eau.
Par vagues, elles s’inclinent et se relèvent,
passant du vert tendre au vert sombre.
Malgré la grisaille de cette matinée,
il y a une espèce d’euphorie en moi,
une joie intense à me trouver à cet endroit, en ce moment.

Quelques gouttelettes éparses se mettent à tomber.
Je m’arrête pour couvrir mon sac de son enveloppe et enfiler mon imperméable.
Le temps est frais. Je frissonne.
En rebouclant mon sac sur mes épaules, je vois que mes mains ont rougi.
Je les frotte, les réchauffe un peu
et étire les manches de mon manteau pour les couvrir.
Puis, je les glisse dans les sangles de mes bâtons.2009 - Compostelle et Barcelone 506
Je m’appuie quelques instants avant de reprendre ma marche.
Des moutons blancs courent sur le fleuve.
Un parfum de rosier sauvage me passe sous le nez.
Je le cherche du regard. Ah, il est là!

Je reprends la route.
Tout en marchant,
mes yeux se ferment quelques secondes,
simplement pour habiter l’instant.
Je respire profondément, l’air est si bon.
Mon visage est détendu.
L’agitation intérieure qui vrombissait en moi, quelques jours plus tôt,
a complètement disparue.
Je savoure l’état dans lequel je me trouve.
Mon corps est dénoué de ses tensions, malgré l’effort physique.
Ma tête est plus légère aussi.
Les préoccupations qui la tourmentaient, aux premiers jours de marche, ont cessé.
Mon esprit se libère.
J’ai l’impression d’être sur terre pour la première fois.
D’être réellement vivant.

2009 - Compostelle et Barcelone 505Mes yeux reviennent sur le chemin.
D’autres pèlerins avancent au loin, portés par le vent.
Certains s’arrêtent, contemplent.
Je les vois inspirer à plein poumons.
D’ici, j’entends leur bonheur de marcher.

La route est encore longue devant moi,
mais tout mon corps ne veut plus s’arrêter…

Éric LalibertéBottes et Vélo - Emblême

La librairie du pèlerin

 

L’équipement du pèlerin nord-américain

Entrer dans l’esprit du pèlerinage sous-entend une certaine austérité qui n’est pas pour autant synonyme d’âpreté. L’austérité du pèlerinage entre davantage dans la lignée d’une contre-culture : celle de la décroissance, du désengorgement de nos vies trop bien remplies. La longue randonnée éveille notre conscience à l’impertinence d’une surconsommation : « Tout ce que tu possèdes, ou crois posséder, fini par te posséder. »Brigitte - Sac à dos

D’une certaine manière, le pèlerinage nous apprend la liberté et cette manière qu’il a de nous enseigner, nous la découvrons au fil de nos pas sur le chemin. C’est donc par expérience que je vous parlerai du poids dont nous chargeons nos épaules. Ceci sans trop en dire, car, à trop savoir dans ce domaine, nous n’apprenons rien. Il y a dans toute démarche spirituelle une nécessité certaine à se colletailler aux événements pour qu’une mutation de l’esprit s’effectue.

Tout d’abord, faire la liste des effets qui vous seront essentiels. Que vous soyez en bottes ou à vélo, vous transporterez sensiblement la même chose. Tout au plus, vous autoriserez vous peut-être deux ou trois kilos de plus sur le vélo[1] :

1) Bottes ou souliers de randonnée

2) Bâtons de marche

3) Sac à dos (30-40 litres max.) ou sacs de vélos (30-40 litres la paire)

4) Tente (2-3 kg)2014-02-14 12.13.27

5) Sac de couchage (500 à 700 g)

6) Matelas de sol (500 g)

7) Réservoir d’eau ou « Camel-back » (plein = +/- 1,5 kg)

8) Gamelle (500 g)

9) Vêtements : un ensemble de rechange, bas, sous-vêtements, un chandail plus chaud et prévoir un imperméable, poncho ou autre, en cas de pluie. (2 kg)

10)  Sandales (500 g)

11)  Lampe frontale (100 g)

12)  Papier de toilette (100 g)

13)  Serviette (500 g)

14)  Trousse d’hygiène personnelle (500 g)

15)  Trousse de premiers soins (500 g)

Poids total : entre 9 et 10 kg

Sans tente : entre 7 et 8 kg (la tente n’est pas absolument nécessaire, c’est une question d’économie. Comme les auberges de pèlerins sont inexistantes au Québec, le camping permet de se loger à moindre coût.)

Éric - véloCe qui s’ajoutera à cette liste semblera sans doute nécessaire à votre route, mais vous découvrirez rapidement que le nécessaire se transforme au fil des jours… Vous découvrirez qu’après quelques jours ce poids dont nous chargeons nos épaules en dit beaucoup plus à notre sujet que nous ne l’aurions imaginé. Une multitude de questions vous viendra à l’esprit et elles iront du simple : « En ai-je vraiment besoin? »; à la question plus personnelle : « Qu’ai-je à me prouver? Qu’ai-je à prouver? » à l’introspection plus en profondeur : « De quoi ai-je peur? ». Toutes ces choses auxquelles on s’attache, nous les utilisons souvent, et inconsciemment, comme béquilles pour soutenir et renforcer des traits de personnalité qui nous semblent défaillants; pour faire briller l’image que nous voulons projeter de nous-mêmes; ou, pour nous rassurer… Fort heureusement, toutes ces nécessités tombent assez rapidement. D’autant plus que s’il arrivait que vous ayez absolument besoin d’un produit quelconque, vous n’êtes pas au milieu de nulle part, vous trouverez toujours boutiques et pharmacies tout au long de votre chemin.

Parfois, le poids n’est pas la quantité de kilos, mais le prix que nous payons. Ce prix est tout aussi lourd de signification en ce qui a trait à notre identité : « Je n’achète pas n’importe quelle marque. Je n’achète que de la qualité! J’ai le vêtement idéal pour chaque température. » Dites-vous bien une chose, il est possible de faire un pèlerinage à peu de frais avec un équipement de qualité sans pour autant se laisser prendre par la folie du « high-teck » qui demande un chandail différent à tous les 5 degrés d’écart, ceci en plus de vous coûter les yeux de la tête.

Faire un pèlerinage appelle à sortir de notre zone de confort et faire l’effort de briser les chaînes de ce que l’on croyait nécessaire. C’est là, bien souvent, que se trouve notre libération.Les pèlerins - bottes

Éric LalibertéBottes et Vélo - Emblême



[1] Ultérieurement, chacun de ces produits fera l’objet d’un article où nous en détaillerons les caractéristiques accompagnées de nos recommandations. Notez qu’il est important d’acheter son matériel quelques mois avant le départ afin de s’y habituer et de vérifier s’il convient à ce que nous voulons faire. Ceci est particulièrement vrai pour les chaussures ou bottes de randonnée que vous achèterez. Pour trouver tout ce dont vous avez besoin à bon prix, la coopérative du MEC est souvent un bon choix : http://www.mec.ca/Main/home.jsp. Dans le cas des bottes ou souliers, faites différentes boutiques. Vous pourriez trouver de meilleures aubaines.

Roman: Le champ d’étoiles

Vous pouvez maintenant vous procurer le roman Le champ d’étoiles à la librairie du pèlerin de Bottes et Vélo. À travers des personnages fictifs, Le champ d’étoiles raconte des histoires et des questionnements que nous retrouvons sur le Chemin de Compostelle.

Laliberté - Le champs d'étoiles

Cloué sur son lit d’hôpital après avoir été terrassé par un infarctus, un homme reçoit la visite providentielle d’un vieux prêtre qui le force à se remettre en question. La vie n’est-elle qu’une éternelle course du rat? Le bonheur passe-t-il forcément par l’acharnement à produire et à gagner?
Sur le Chemin des étoiles, pendant quarante jours et quarante nuits, à travers maintes rencontres, par delà la souffrance physique et les angoisses métaphysiques, il trouvera, presque malgré lui, presque à son insu, un aboutissement à sa quête.
Et son existence ne sera plus jamais la même.

Éric LalibertéBottes et Vélo - Emblême

Ouverture de la librairie du pèlerin

Librairie du pèlerinBottes et Vélo est heureux de vous annoncer l’ouverture de la librairie du pèlerin! Une librairie virtuelle où nous avons pris le temps de faire une sélection de livres, CD ou DVD qui alimenteront votre réflexion autour des thèmes récurrents du pèlerinage, c’est-à-dire: simplicité, mode de vie, relations, alimentation, soins du corps et de l’esprit… Enfin, tout ce qui pourrait vous accompagner dans votre réflexion à entreprendre un pèlerinage; ou encore, ce qui pourrait soutenir votre démarche d’intégration de l’expérience du pèlerinage.

Régulièrement, nous vous aviserons de nos trouvailles et de nos recommandations. Alors, n’hésitez pas à vous inscrire à l’info-lettre du blog Bottes et Vélo! Nous serons à l’affut, pour vous, des nouveautés dans le 2014-02-09 20.02.45domaine; des nouveautés que nous aurons consultées avant de vous en faire la recommandation. Faites nous part de vos trouvailles également! Il nous fera plaisir de les ajouter à notre liste. Présentement, notre sélection n’étant pas très exhaustive, vous retrouverez les titres pêle-mêle. Avec le temps, et le nombre, nous organiserons un système de classification qui rendra vos recherches plus simple.

Bottes et Vélo: la librairie du pèlerin

En espérant que vous apprécierez cette nouvelle section de Bottes et Vélo, bonne route!

Éric Laliberté et Brigitte HarouniBottes et Vélo - Emblême

S’entrainer ou ne pas s’entrainer avant de partir?

    « Le plus long de tous les voyages commence par un tout petit pas ».
Précepte chinois
 

Pour tout voyage, avant le grand départ,  il est conseillé de bien se préparer et de bien penser sa valise.  Quel bagage est-il préférable d’avoir?  Quels vêtements seront les plus appropriés? Quelles quantités  aurais-je besoin pour ne manquer de rien?  Pour le matériel, les réponses sont multiples et les conseils sont souvent  unanimes.  Mais qu’en est-il de la préparation de la forme physique avant d’entreprendre un pèlerinage? 

Considérant la très grande distance parcourue avec un mode de transport plutôt rudimentaire (bottes ou vélo), une question revient immanquablement : vous étiez-vous entrainés avant de partir?  Notre réponse : non.2010 481

Cependant, avant d’entreprendre notre premier pèlerinage, tant celui en bottes que celui à vélo, nous avons pris un petit 3 jours pour expérimenter un échantillon de ce long voyage.  Cet extrait de pèlerinage nous permettait de tester notre équipement dans un IMG_1015contexte réaliste pour y apporter les ajustements nécessaires avant le grand départ.  Ces trois journées de simulation nous offraient également la possibilité de vivre une fraction de pèlerinage, pour déterminer si à plus grande échelle, l’aventure nous plairait.  L’objectif de cet exercice n’était donc pas de développer une certaine forme physique, ni même de mettre en place une routine d’entrainement.  Le but visait à améliorer l’organisation matérielle et évaluer la faisabilité du projet de voyage.IMG_1455

C’est dans cette optique que nous vous conseillons d’aborder ces longues fins de semaine de préparation au pèlerinage.  Pour le reste, si vous aimez déjà la marche, la randonnée en montagne ou faites déjà des balades en bicyclette, vous avez tout ce qu’il faut pour partir IMG_1142loin et longtemps.  La forme physique se développera d’elle-même au fil du chemin.  La préparation à la forme physique passe avant tout par l’esprit.   Il importe tout au long du parcours de savoir écouter les signes de son corps et, d’accepter et respecter ses limites.  Il faut faire preuve de flexibilité et de souplesse d’esprit pour éviter les blessures physiques.  Ce n’est pas un défi sportif.  Encore moins une compétition!  IMG_1533

Entreprendre un pèlerinage c’est se lancer dans une aventure.  Tout ne peut pas être prévu! On ne planifie pas le découpage de son trajet avant de partir car la personne que nous sommes au début se transforme et évolue tout au long du chemin.  Ce qui nous semblait épuisant, forçant et long les premiers jours devient rapidement un piètre défi au bout d’une semaine.  Le pèlerinage se vit un jour à la fois, un pas à la fois. À chacun son rythme! Alors profitez de la route, prenez des pauses santé, savourez le paysage, ralentissez et jouissez du moment présent.

2010 107Pour le pèlerin, ce long voyage demande un dépassement de soi.  C’est un défi personnel auquel il ne saurait être réellement préparé.  Les difficultés physiques qu’il apprendra à surmonter les premiers jours forgeront les forces qu’il consolidera tout au long du chemin.  Un vieux proverbe dit bien : « qui veut aller loin, ménage sa monture ». 

Brigitte HarouniBottes et Vélo - Emblême

 

Le Chemin des Sanctuaires

Voici un diaporama, découvert sur youtube, fait par un pèlerin qui a effectué le Chemin des Sanctuaires. Vous aurez, à travers ces photos, un très bon aperçu du chemin qui vous attend. Nous vous rappelons que le Chemin des Sanctuaires est un pèlerinage de 375 km qui s’effectue de l’Oratoire St-Joseph à Montréal, vers la Basilique Ste-Anne-de-Beaupré en banlieue de la ville de Québec. Il se fait en passant par la rive-sud du St-Laurent pour se diriger vers le Sanctuaire Ste-Marguerite-D’Youville à Varennes et poursuivre jusqu’à Bécancour. Par la suite, le parcours traverse le fleuve du côté de Trois-Rivières, pour nous amener au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap et joindre le Chemin du Roy en direction de Québec. Une belle route qui sillonne des chemins peu fréquentés.

Éric Laliberté et Brigitte HarouniBottes et Vélo - Emblême

 

 

Qu’est-ce qui définira le pèlerinage? Bottes ou Vélo?

Je vous dirai2009 - Compostelle et Barcelone 163s que je suis davantage en faveur du pèlerinage à pied qu’à vélo. Je suis bottes, car j’aime la lenteur dans laquelle nous plongent ces longues randonnées. Elles nous laissent le temps de savourer et d’être imprégné de chaque instant. J’aime me laisser porter par le rythme de mes pas qui, marqués par le claquement de mes bâtons, m’incline à la méditation. Brigitte vous dirait, par contre, qu’elle préfère le vélo. Brigitte est vélo pour le type d’énergie que ce sport nécessite, parce que l’Amérique s’y prête bien avec ses innombrables pistes cyclables, mais aussi pour le vent. Ce côté aérien du vélo lui libère l’esprit et lui permet cette présence à elle-même. 2011 134Alors, nous alternons : parfois bottes, parfois vélo. Ce qui importe, tout compte fait, c’est de trouver une pratique du pèlerinage qui nous convienne. Alors, si ce n’est ni bottes, ni vélo, qu’est-ce qui définira le pèlerinage? Ce qui importe est de savoir si ce qui le caractérise est respecté. Du pèlerinage se dégagent quatre grandes caractéristiques : engagement, effort physique soutenu (5 à 7 heures d’activité physique/jour), démarche de longue durée (min. 10 jours) et introspection. Un pèlerinage de longue randonnée ne sera donc pas de même longueur (kilométrage) qu’un pèlerinage de cycliste.

Les exigences temporelle et physique du pèlerinage nécessitent un engagement de la part de celui qui veut prétendre, bien humblement, au titre de pèlerin. Toute démarche initiatique demande un engagement, mais, même dans le cas du pèlerinage, celui-ci ne sera pas pour autant plus facile à observer. C’est l’engagement en regard de la durée et du processus qui pourtant fait toute la différence. Un engagement que l’on renouvelle chaque jour, comme une promesse faite à soi-même.

Pour parler pèlerinage, nous devons donc parler de temps. Un temps qui se calcule en termes de jours voués au processus. C’est notre rapport au temps qui fera que l’expérience relèvera ou non du pèlerinage. D’ailleurs, à ce sujet, Jean-Christophe Rufin mentionne : « Il faut en effet reconnaître que le temps joue un rôle essentiel IMG_1275-6dans le façonnage du “vrai” marcheur. » [1] Le temps est ainsi un trait majeur qui permettra de définir le pèlerinage… et le pèlerin. Il ne s’agit pas d’une course vers un lieu et il n’est pas non plus question de laisser filer le temps : il s’agit d’une inscription corps et âme dans le temps. La destination importe peu. (On se donne une destination, mais tout se joue avant le fil d’arrivée.) C’est pourquoi Bottes et Vélo recommande un minimum de 10 jours, de marche ou de vélo, pour qu’il soit question de pèlerinage. Aux abords de ces 10 jours se joue un moment charnière du pèlerinage. Une transition s’opère dans l’esprit du pèlerin. Il bascule alors dans un état qui ne saurait lui être accessible en deçà de ce seuil. Une première libération s’effectue à cet instant précis, et plusieurs pèlerins peuvent en témoigner. Nous l’avons vérifié auprès d’eux et nous avons retrouvé la même observation chez Rufin : « Par-delà la fierté un peu puérile qu’il peut ressentir d’avoir accompli un effort considérable par rapport à ceux qui se contentent de marcher huit jours, [le pèlerin] perçoit une vérité plus humble et plus profonde : une courte marche ne suffit pas pour venir à bout des habitudes. Elle ne transforme pas radicalement la personne. »[2]

2011 120Les troisième et quatrième caractéristiques sont liées. La troisième caractéristique concerne l’effort physique soutenu. L’activité physique de longue durée permet la concentration de toute notre attention sur notre corps qui, elle, enclenche, en quelque sorte, un état méditatif qui conduira sur la voie de l’introspection. Cette observation a d’ailleurs été relevée par plusieurs adeptes d’épreuves physiques qui demandent une grande endurance tels que : l’alpinisme, les marathons ou encore ces compétitions de type « Iron Man ». Sans se classer parmi ces disciplines, le pèlerinage permet à tous d’atteindre cet état d’esprit. En cours de route, le corps atteint un seuil où il est rompu, un moment où le cours se défait tranquillement de ses résistances, et alors l’esprit peut s’éveiller à plus grand. Une expérience qui peut tracer des parallèles avec les expériences mystiques. Ainsi, sur le chemin, c’est notre corps qui, le premier, nous enseignera lesIMG_1280-4 rudiments du pèlerinage. C’est lui aussi qui nous ramènera sur la voie si nous refusons de l’écouter. Et parfois, nous pouvons faire la sourde oreille pendant longtemps… C’est là que bien souvent des blessures majeures peuvent survenir. Mais, même dans ces cas-ci, certains pèlerins persistent à résister aux signaux envoyés par leur corps et se bourrent littéralement d’antidouleurs pour ne pas se laisser limiter par celui-ci. Une attitude qui caractérise assez bien notre époque. À ce sujet, Jean-Claude Guillebaud écrivait : « […] on bute régulièrement sur des propos qui désignent la chair comme une servitude dont il convient de se débarrasser. » [3] Les limites du corps sont donc souvent perçues comme contraignantes dans un monde où est davantage valorisé le performant et le compétitif… Un sain rapport au corps dans cet effort physique de longue durée est essentiel. Prendre conscience de cet aspect du pèlerinage lui confère ce pouvoir de nous éveiller aux IMG_1280-6incohérences de notre vie moderne et de renouer avec soi-même. Lentement, cette prise de contact avec soi nous défait du trop-plein de notre sac à dos mental et nous permet de plonger en nous-mêmes à la rencontre de plus grand que soi : « Dans l’état d’aboulie où l’ont plongé ces errances, dans cette âme délivrée du désir et de l’attente, dans ce corps qui a dompté ses souffrances et limés ses impatiences, dans cet espace, saturé de beautés, à la fois interminable et fini, le pèlerin est prêt à voir surgir quelque chose de plus grand que lui, de plus grand que tout, en vérité. »[4] Et c’est seulement le temps qui nous permettra de pénétrer cet espace.

Bottes ou vélo? disions-nous. Il est clair que le pèlerinage ne tient pas à l’outil, ni à la destination, mais bien plus à la manière d’être, au rapport que nous entretenons avec le processus. Rufin nous donne une définition du pèlerinage qui tient en quelques mots : « Le Chemin est une alchimie du temps sur l’âme. » [5] Je crois que c’est la définition la plus honnête que nous puissions faire de cette expérience qui sort du commun.

Éric LalibertéBottes et Vélo - Emblême

 

Pour ceux et celles qui voudraient se procurer les livres de Rufin ou de Guillebaud, cliquez sur ces liens:    Jean-Christophe Rufin: Immortelle randonnée      Jean-Claude Guillebaud: La Vie vivante. Contre les nouveaux pudibonds.


[1] Rufin, Jean-Christophe. (2013). Immortelle randonnée : Compostelle malgré moi. Chamonix : Guérin. p. 15

[2] Idem. p. 16

[3] Guillebaud, Jean Claude. (2011). La vie vivante : contre les nouveaux pudibonds. Paris : Arènes. p. 152

[4] Rufin, Jean-Christophe. (2013). Immortelle randonnée : Compostelle malgré moi. Chamonix : Guérin. p. 192

[5] Idem. p. 15

Horaire du pèlerin nord-américain : no stress pour l’hébergement!

Contrairement aux Chemins de Compostelle où l’on ressent toujours une certaine crainte au sujet des places disponibles en hébergement, crainte qui nous amène à presser le pas pour s’assurer un lit et qui en réalité est rarement justifiée, les chemins de pèlerinage nord-américains ne vous feront pas vivre ce genre de stress. Vous pourrez profiter pleinement de vos journées sans vous soucier de savoir si vous pourrez vous loger en soirée. Bien entendu, s’il est question de camping! Pour ce qui est des gîtes, auberges de jeunesse ou résidences étudiantes, nous vous invitons tout de même à faire vos réservations la veille ou le matin même. Ainsi, vous marcherez la tête tranquille toute la journée et savourerez2009 - Compostelle et Barcelone 066 chaque minute qui passent en pensant à vos pieds, vos cuisses, ou vos fesses, tout dépendant que vous soyez en BOTTES ou à VÉLO… 😉 

La journée type du pèlerin nord-américain n’est pas très différente de celle du pèlerin européen. Leur grande différence réside dans le climat. Celui d’ici permet de répartir le temps de marche sur une plus grande plage horaire. Contrairement aux chemins espagnols qui en après-midi deviennent souvent suffocants, ici vous n’aurez pas à subir cet inconvénient. Vous pourrez donc répartir vos heures de marche entre 6 h et 18 h sans problème. Ce qui donne une plage horaire très intéressante, avec de bonnes pauses et du temps pour flâner ou visiter. Sur une plage horaire de 12 h, vous pourrez facilement marcher de 30 à 33 km après quelques jours de marche. Si l’on calcule que nous marchons à une vitesse moyenne de 4 km/heure, il vous faudra marcher 8 heures pour parcourir 32 km. Vous pourrez alors répartir les 4 heures restantes en pauses comme bon vous semble. Ceci étant dit, les journées de 30 km et plus sont très rares. Vous aurez donc en général de 5 à 6 heures de pause par jour. Soit à peu près autant que ce que vous aurez marché : pour une heure de marche, une heure de repos. Ce qui est quand même très bien!

De notre côté, nous avions adopté un horaire du genre départ vers 6 h 30 avec une pause-café-croissant aux alentours de 8 h ou 9 h. [Vous verrez que dans la plupart des villages du Québec nous trouvons d’excellentes boulangeries.] Après 30 minutes de pause, nous2009 - Compostelle et Barcelone 352 reprenions la route. Le deuxième arrêt se faisait vers 10 h 30 jusqu’à 11 h et la pause dîner venait entre 12 h et 12 h 30. Généralement, au dîner, nous avions marché les deux tiers de notre trajet. Nous reprenions la route vers 13 h 30 pour terminer notre journée aux environs de 16 h. C’est un horaire type qui ne peut cependant pas toujours être respecté. Trop de rigidité dans nos objectifs de marche pourrait entraîner des blessures. Les lieux pour faire une pause n’arrivant pas toujours selon l’horaire que l’on s’est fixé, il faut demeurer flexible et attentif aux signes de notre corps. Celui-ci vous dira quand la pause sera nécessaire et le premier coin de verdure fera alors l’affaire.

Éric LalibertéBottes et Vélo - Emblême

Le pèlerinage de longue randonnée au Québec : une question d’autonomie

Si nous parlons de pèlerinage autonome, c’est bien entendu en faisant référence à2009 - Compostelle et Barcelone 019 l’expérience de Compostelle. Sur le Chemin de Compostelle, le pèlerin peut partir à la date qui lui convient, marcher avec qui bon lui semble et faire les étapes qui lui agréent. C’est de cette autonomie dont il sera question.

Actuellement, au Québec, ou même en Amérique du Nord, ce type de pèlerinage n’existe pas. C’est ce que Bottes et Vélo veut favoriser et rendre possible avec la création de guides pour pèlerin autonome. C’est grâce, aussi, au développement de ce type de pèlerinage que le pèlerinage pourra prendre son essor en Amérique du Nord.

Compostelle offre un cadre souple à ceux qui désirent vivre l’expérience. Faire Compostelle c’est marcher à son rythme en établissant soi-même ses étapes et ses limites. C’est choisir la distance à marcher, son hébergement, ses compagnons de route. Compostelle : c’est la liberté de choisir! Si la voie de la spiritualité est d’abord la voie de la définition de soi, c’est donc en s’autorisant à se découvrir en relation à l’autre que nous pourrons nous épanouir. C’est ce que nous enseigne, entre autres, le Camino : la simplicité des relations, le droit de les choisir ou de les refuser; ceci sans sombrer dans la bonne vieille culpabilité judéo-chrétienne. C’est en cela, aussi, que Compostelle dépasse le cadre religieux institutionnel. La mystique du chemin se reflète dans toute cette approche. La   spiritualité peut y évoluer parce qu’elle autorise cette définition de soi en rapport à l’autre et au milieu. Au Québec, à l’heure actuelle, nous avons tendance à trop encadrer le pèlerinage. L’expérience a besoin d’une plus grande autonomie pour grandir et s’épanouir d’elle-même.

Si c’est à travers cette autonomie que le pèlerinage québécois se rapproche de Compostelle; c’est aussi dans la recherche de celle-ci qu’il s’en différencie. Peut-être qu’un jour s’y rejoindront-ils, mais actuellement c’est ce qui les rend différents. Nous voulons parler de l’hébergement. L’hébergement pèlerin tel qu’il est présent en Europe est inexistant en Amérique du Nord. Certes, il sera appelé à se développer avec les années, mais, pourdortoir auberge international de québec l’instant, vivre dans l’esprit et la frugalité du chemin de pèlerinage c’est s’en remettre aux campings, aux auberges de jeunesse et aux résidences étudiantes.

Les auberges de jeunesse et les résidences étudiantes sont peu nombreuses, mais sont tout de même présentes dans les grandes villes. Les auberges de jeunesse nous offrent un hébergement abordable, on pourrait même dire « à tarif pèlerin », en dortoir, avec salle de bain à l’étage. Quelques-unes incluent même le petit-déjeuner dans leur prix. Vous aurez parfois aussi la possibilité deauberge rivière-du-loup chambres privées ou semi-privées avec salle de bain. En dortoir et en chambre semi-privée, on peut s’attendre à payer entre 25 $ et 35 $ par nuitée, par personne. En chambre privée, les tarifs seront plus élevés. Ce type d’hébergement est sans doute celui qui se rapproche le plus de « l’albergue » espagnol. Ils bénéficient tous, en général, d’un coin-cuisine, d’un salon et d’accès Wi-Fi. Vous aurez même parfois accès à un service de buanderie. L’auberge de jeunesse québécoise est chaleureuse et offre une ambiance familiale très agréable. Elles sont souvent situées dans des décors pittoresques ou près des milieux effervescents de la culture. Les résidences étudiantes qucours intérieur auberge de la paix québecant à elles offrent des chambres dans les mêmes tarifs et avec les mêmes services. Elles n’offrent cependant pas les dortoirs et n’ont pas la même ambiance que les auberges de jeunesse. Elle demeure tout de même un lieu d’hébergement intéressant pour le budget pèlerin.

Pour ce qui est du camping, il a l’inconvénient de nous obliger à transporter un peu plus lourd sur notre dos (environ 2,5 kg de plus, nous reviendrons plus tard avec un article spécifique à ce sujet), mais, ses avantages sont énormes tellement les campings sont nombreux au Québec et partout en Amérique du Nord. Ce sont eux qui font en sorte que le pèlerinage trouve une véritable 2009 - Compostelle et Barcelone 070autonomie, ceci à des tarifs variant entre 20 $ et 30 $ par terrain; ce qui conviendra très bien à tout pèlerin. Le camping a l’avantage d’être un village en lui-même. Il nous offre les commodités que l’on retrouve habituellement dans tous les hameaux qui jonchent le Chemin de Compostelle et parfois même plus. Vous aurez ainsi accès à des douches et des toilettes, des services de buanderie, une salle communautaire (souvent équipée d’un four à micro-ondes et offrant parfois le service Wi-Fi), un petit coin épicerie de dépannage et occasionnellement un casse-croûte.2010 423 Certains auront même une piscine. Tout ceci en plus de vous offrir la convivialité du camping. Une convivialité qui s’apparente étrangement à celle de Compostelle. Ainsi donc, pour l’instant, le camping nous semble la voie d’avenir pour le pèlerinage en Amérique du Nord, au Québec en particulier. Pour soutenir le développement du pèlerinage autonome, il serait bien que les campings intéressés en viennent à offrir le dortoir sous forme de tente prospecteur. À moins qu’ils n’aient d’autres idées à proposer… Nous croyons que le pèlerin serait ouvert à toutes propositions qui lui permettraient d’alléger son sac à dos de 2 ou 3 kg.

Éric LalibertéBottes et Vélo - Emblême