Expérience pèlerine chez les Madelinots

Chaque été, nous reprenons la route pour nous imprégner de l’expérience pèlerine. Pour en raviver la puissance et la sentir dans tout notre être, mais aussi, pour mieux accompagner le pèlerin-randonneur. Ce weekend, nous quittons pour deux semaines en compagnie de neuf pèlerins et pèlerines. Nous irons explorer les tous nouveaux Sentiers entre Vents et Marées des Îles-de-la-Madeleine.

Ces sentiers, issus de l’expérience pèlerine d’un  groupe de Madelinots à Compostelle, ouvrent officiellement cet été et s’adressent tout particulièrement aux pèlerins autonomes. Parcourir les Sentiers entre Vents  et Marées permet de découvrir, à son rythme, 225 km de paysages à couper le souffle et de rencontrer des insulaires à la bonne humeur contagieuse.

Pour l’occasion, et comme chaque été, Bottes et Vélo vous invite à suivre ses pérégrinations madeliniennes sur Facebook ou sur sa chaîne YouTube. De courtes capsules vidéo partageront nos impressions, notre expérience pèlerine et les beautés des Îles-de-la-Madeleine.

L’importance du pèlerinage autonome. L’expérience pèlerine découle d’une pratique autonome du pèlerinage. C’est-à-dire par soi-même. Le pèlerinage de longue randonnée est plus qu’une marche, il porte en lui tout le mouvement intérieur du pèlerin-randonneur et fait en sorte qu’on ne peut plus seulement parler de longue randonnée. C’est bien plus qu’un sport, c’est une expérience qui transforme! Le pèlerinage transforme dans le regard et dans la manière d’être. Entrer dans ce processus déplace sur tous les plans : physique, psychique et spirituel. Trop le prévoir pose des conditions qui rangent au deuxième rang l’attention et le respect dû à son corps; une attention qui peut vous en apprendre long sur vous-mêmes… Trop le cadrer retient la spontanéité de l’exercice et limite les possibilités de vivre l’expérience par soi-même.

L’expérience pèlerine s’écrit à travers nos pas. Observez votre manière de marcher, elle en dit long sur votre manière d’être. Comment est votre pas? Est-il rapide, court ou tendu? Avez-vous le pied souple? La jambe raide? Marchez-vous courbé? Regardez-vous toujours le sol? Trébuchez-vous sur le moindre caillou? Vous souciez-vous de ceux qui traînent derrière? Ragez-vous devant celles qui vous dépassent avec aisance? Prenez-vous le temps de vous arrêter? Où allez-vous? Votre destination est-elle un fardeau? Une joie? Toutes ces questions sur votre manière de marcher vous en apprendront beaucoup sur vous, sur votre manière de vivre… Des réponses qui ne sont pas toujours faciles à recevoir. L’expérience pèlerine demande de s’accueillir avec humilité et bonté…

Pour bien se lancer dans l’expérience, et en faire une trajectoire signifiante, il faudra :

1) Se faire confiance. Vous êtes capable d’aller chercher l’information nécessaire à la planification de votre pèlerinage. Vous savez préparer un voyage et, sans le savoir, vous marchez déjà un  minimum de 6 km/jour en vacant à vos occupations quotidiennes. Il n’est pas nécessaire de marcher 30 km/jour en pèlerinage!!! Si vous le percevez ainsi, c’est que vous êtes davantage dans la performance et ce sera une belle occasion de questionner votre manière d’être.

2) Accueillir l’imprévisible. Dans l’imprévu, vous découvrirez le monde autrement. Vous serez disposé aux rencontres inattendues. Vous trouverez des solutions qui feront appel à votre créativité. À l’inverse, tout prévoir dit beaucoup de vos craintes et de vos peurs. Les sacs à dos trop pleins, tout comme ceux planifiés au cm³, en disent long…

3) Accepter d’être déplacer. Le pèlerinage déplace non seulement physiquement, mais aussi intérieurement. Se mettre en route, peu importe le contexte, sous-entend quitter ce que j’étais pour ouvrir sur un monde inconnu. Accepter d’être déplacé, c’est accepter d’être transformé par l’expérience et d’en perdre le contrôle. Il y aura du neuf suite à cette expérience et je ne pourrai pas dire de quoi il sera fait.

4) Avoir une destination. Se donner une destination est primordial dans l’expérience pèlerine. Même si celle-ci change en cours de route, il doit y avoir une destination. La destination met en marche par le désir de l’atteindre : « Où vas-tu? ­— À la crèmerie. —Et si on allait jouer aux quilles ensuite? — Bonne idée, allons-y! »  Tout désir met en route. « Où va ta vie? Que cherches-tu? Qu’est-ce qui te fait marcher? — Il me semble que ma vie pourrait être mieux… » La destination est nécessaire, on dit même « Je vais lire un bon livre. » En elle, je trouve refuge. C’est elle qui donne du goût à ma vie. Ne pas avoir de destination, c’est comme cesser de respirer.

Enfin retenez que l’expérience pèlerine est accessible à tous. Pas nécessaire d’être un grand sportif ou une grande sportive! Il suffit d’être porté par le désir de se mettre en route vers le sanctuaire de sa vie. Au départ, votre destination sera bien claire: «  Je vais à Compostelle! Je vais à Ste-Anne-de-Beaupré! ». Mais, au fil de vos pas cette destination sera appelée à évoluer et sera transformée. L’espace du sanctuaire personnel, votre destination personnelle, n’a rien à voir avec Compostelle. Compostelle n’est qu’un prétexte pour nous faire marcher. Car c’est en marchant que l’on devient pérégrin : des êtres libres au cœur de la cité conquise.

Bonne route et bon été!

Éric Laliberté

N.B. : Le blogue de Bottes et Vélo fera relâche jusqu’au 25 août.

Partir quelque part pour partir…

« Partir, c’est l’appel du chemin, l’appel au cheminement »
Bottes et Vélo
Le village de Saint-Michel-de-Bellechasse est situé sur une route de migration. Migration animale, migration humaine. Le fleuve en guide et en inspire plus d’un! La migration animale a longtemps  fasciné les chercheurs. Qu’est-ce qui suscite un tel déplacement? Sommes-nous bien différents des animaux?

Saint-Michel-de-bellechasseChaque année, au début du printemps des milliers d’oies blanches et d’outardes animent  le ciel. Au rythme des marées, elles se rassemblent sur les berges du fleuve et dans les champs. Elles nous visitent quelques instants, le temps de profiter des lieux, de refaire le plein d’énergie avant d’attaquer les prochains kilomètres de vol. Puis, lorsque l’automne et le froid s’annoncent, on les voit repasser, plus rapidement cette fois-ci.

La région reçoit aussi la visite passagère des Harfangs des neiges. Amateurs de hauts perchoirs, on a de forte chance d’en voir un paisiblement installé sur le sommet d’un poteau électrique, d’un silo, ou sur le plus haut point d’un bâtiment ou d’un arbre situé au milieu des champs. Les harfangs nous arrivent avec l’hiver et nous quittent avant l’arrivée du printemps, pour remonter vers le nord.

La migration animale est un périple périodique entrepris durant une période de l’année ou une période de la vie de l’animal. Elle implique un retour dans la région de départ. Les périodes de migrations sont souvent reliées aux conditions et aux changements climatiques. Le manque d’eau ou de nourriture, la présence accrue de prédateurs, poussent l’animal à quitter son habitat en quête de meilleures conditions de vie; des conditions favorables à sa croissance et à sa reproduction. Sans y réfléchir, par instinct, l’animal migre pour survivre, pour mieux vivre! Sommes-nous bien différents des animaux?

Un autre type de migration que nous pouvons observer à Saint-Michel-de-Bellechasse, c’est une variété de Le Québec à vélomigration humaine. Chaque année, dès le mois de mai, on observe des cyclistes qui, chargés de leurs sacoches et de leurs bagages, le coup de pédale régulier et calme, voyagent vers l’est. Le cycliste migrateur se déplace souvent seul et parfois en couple. Étudiant qui débute ses vacances après des années d’études collégiales ou universitaires, ou retraité profitant de cette liberté tant attendue. Homme ou femme. Ce qui le caractérise c’est surtout ce voyage, intérieur et extérieur, qu’il choisit d’entreprendre. Il n’est pas pressé. Il profite du paysage, s’arrête dans les villages, s’imprègne du vent et du mouvement qui le traverse. Chaque jour, immanquablement, j’en vois un… et je me mets à rêver! Ah, le chanceux!

La migration humaine, tout comme la migration animale, est un déplacement d’un lieu vers un autre que l’on espère IMG_7236plus prospère. L’homme qui migre, quitte son lieu de résidence en quête d’un monde meilleur, en quête d’identité, en mal de vivre. Il espère dans cet ailleurs trouver un environnement qui réponde mieux à ses aspirations et ses désirs, pour plus de sécurité, pour plus de richesse, plus de confort matériel ou spirituel, pour plus de vie!

Cette semaine, j’ai eu la chance de voir un oiseau migrateur des plus rares au Québec : un pèlerin! Je l’ai croisé sur le bord du chemin. Sac au dos, bottes aux pieds, bâtons en main, il allait paisiblement sur sa route. Je n’ai pas su résister, je me suis approchée de lui pour le questionner : il partait tout juste de Beaumont et s’en allait jusqu’à Gaspé! Jeune, seul, le regard brillant devant cette aventure qui l’attendait… Comme je l’ai envié!

Chez Bottes et Vélo, l’appel du pèlerinage est plus fort que tout. De voir passer tous ces cyclistes et ce pèlerin m’attire d’instinct à prendre la route et à suivre mes semblables. Ce temps de migration momentané est un réel pèlerinage qui me permet de faire mon ménage intérieur et de retrouver l’essence même de mon être. C’est un bilan annuel incontournable qui me permet de revenir chez moi en étant plus réceptive aux signes qui balisent ma route de vie.

Sans mauvais jeu de mots… le pèlerin serait-il une variété d’oiseaux migrateurs?

Prenez note que le blog fera relâche le temps d’un pèlerinage. On vous retrouvera le 19 août! Bon été!

Brigitte HarouniBottes et Vélo - Emblême

Ann Sieben, la pèlerine de l’hiver – 59ième jour de marche

Ann Sieben, The Winter Pilgrim, en est à son 59ième jour de marche. Elle a entrepris son pèlerinage le 1er novembre dernier, depuis Denver au Colorado, et projette d’arriver pour Pâques à Ste-Anne-de-Beaupré. Nous vous rappelons qu’Ann est la première pèlerine munie d’une crédencial nord-américaine, délivrée par l’archevêque de Denver.

Anne Sieben - Door of MercyLa neige ayant tardé cette année, ce n’est que depuis quelques jours qu’Ann est confrontée à l’hiver. Les deux premiers mois de sa longue marche auront eu des airs d’automne jusqu’à la fin décembre.

Arrivée depuis peu dans la région de Green Bay, en bordure du lac Michigan, une fine pellicule de neige l’attendait pour célébrer Noël. Ann se trouvait alors au sanctuaire Our Lady of Good Help (New Franken – Wisconsin) et, par la même occasion, franchissait sa troisième porte de la miséricorde. Le Pape François ayant désigné la présente année liturgique comme étant celle de la Miséricorde, plusieurs de ces portes ont été identifiées à cet effet dans les églises du monde entier.

Étant de passage dans le Wisconsin, elle a également pu emprunter le nouveau chemin de pèlerinage, « The Wisconsin Way », mis sur pied pour relier les grands sanctuaires de cet état, et une section du Ice Age Trail. Elle mentionne qu’elle apprécie bien les nombreux sentiers de montagne, ou simplement hors route, qui se trouvent tout le long du parcours et qui lui permettent de quitter régulièrement les routes pavées pour se retrouver en pleine nature.

Ann dit ne jamais avoir de difficultés à trouver d’hébergement. Les nombreux villages qui jalonnent le chemin lui rendent la vie facile et les paroisses y sont accueillantes, tout comme les différents monastères croisés où l’expérience prend des airs de camino.

Pour suivre le pèlerinage d’Ann Sieben, rendez-vous sur son blogue: http://winterpilgrim.blogspot.ca/Bottes et Vélo - Emblême. Elle arrivera à Sault-Ste-Marie, en Ontario, dans quelques jours.

Éric Laliberté

Jade arrive à Rivière-du-Loup, 8ième jour de marche!

Jade est arrivée cet après-midi à Rivière-du-Loup où elle séjournera à l’auberge de jeunesse. Ce dimanche concluait son 8ième jour de marche, soit près de 200km à pied!!! Et elle continue! C’est samedi prochain que son périple prendra fin à Rimouski.

Nous nous répétons, mais Jade fait preuve d’une grande détermination dans ce parcours et tout cela rayonne autour d’elle. C’est merveilleux de voir la chaîne de solidarité qui se forme autour de ce projet de pèlerinage! Des dizaines de messages d’encouragements ont été faits à l’adresse de Jade et, grâce au réseau couchsurfing, nous avons pu lui trouver un hébergement à Cacouna pour demain. En ce moment, nous attendons des réponses du côté de l’Isle-Verte pour mardi soir.

Hier, Jade a voulu partager son histoire avec vous tous afin de vous aider à mieux la connaître. Dans un texte qui vous avez peut-être échappé, elle a écrit sur le blogue , son parcours de vie et le but de ce pèlerinage. Nous vous le retransmettons en intégral.

Encore une fois merci de votre soutien et de vos encouragements dans le projet de Jade! Bottes et Vélo est très heureux de la soutenir et de l’accompagner dans toute cette démarche. Pour nous aussi l’expérience de Jade devient pèlerinage.Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté et Brigitte Harouni

Message de Jade:

Jade Champagne-Provost - La Voie du St-LaurentBonjour à vous tous !! J’ai décidée de vous partager un peu mon parcours à date ! Et puis, je me suis aussi Dis que vous aimeriez ca avoir ma version!

Premièrement, je me nomme Jade comme vous le savez déjà !  j’ai 24 ans. Pour faire une histoire courte. Je suis née avec le syndrome d’usher type 1, qui inclus une surdité profonde à la naissance, vers l’âge de 3 ans et demi j’ai été implantée de l’implant cochléaire ( ca a changer ma vie!) Et puis, vers l’âge de 6 ans j’ai su que j’étais atteinte de la retinite pigmentaire, qui veut dire que je n’ai aucune vision peripherique, puis mon champ visuel diminue peu à peu avec les années.

Puis, il y a environ 1 mois et demi je suis allée passer des tests pour savoir combien il me restais de vision, et le verdict est sorti à 4 degrés. C’Est minime! Imaginez-vous de regarder dans le trou d’une paille c’est quasiment ca !! Donc en sachant ca, ca m’a rentrer dedans solide, donc j’ai paniquer et j’avais de la difficulté à l’accepter de façon constante, car parfois ca m’arrive d’être bien avec ça , mais pas assez souvent à mon goût. Je ne savais plus comment gérer ma vie quand j’ai su qu »il me restait que 4 degrés de vision.. je veux voyager moi ! Je veux voir toutes ces merveilles que la terre nous offre ! Alors c’est pourquoi je me suis lancée dans une LONGUEEE marche du vieux québec jusqu’à Rimouski.

Je ne trouve pas ça toujours facile, mais ça fait parti du périple ! Mal à la cheville, mal de genoux, mal aux hanches, la pluie, le vent de face, le froid, avoir l’impression de marcher comme une tite vieille de 90 ans! Passer à travers des joies, peines, decouragements etc c’est ça le vrai périple ! Mais ca fait parti de la game et y a rien qui va m’empêcher d’arriver à mes buts! Par contre, c’est tout de même magnifique 🙂 Je ne lacherai pas !

Mon but c’est mon chemin intérieur et non la distance que je parcours, même si mon côté sportive et compétitive prends le dessus des fois!

Alors voilà, mon but ici est de trouver une espèce d’harmonie constante dans tout ça malgré tout ! Que j’accepte ce que j’ai à vivre pour de bon et être bien avec ca!

Je sais que j’y arriverai, mais je ne sais pas quand!

Merci !

Jade

 

Rencontre entre hébergeurs et pèlerins québécois

Le besoin de s’aider engendre la bienveillance,
une indulgence mutuelle, l’absence de toute rivalité.

George Sand

Pourquoi le pèlerin à pied se préoccupe-t-il davantage de l’hébergement que le cycliste ou l’automobiliste? Vous me répondrez certainement que c’est parce qu’il se déplace lentement. Alors à partir de quelle vitesse l’hébergement devient-il une source d’inquiétude? C’est peut-être aussi parce qu’il porte son bagage? Pourtant le cycliste en transporte souvent plus. Auberge de jeunesse - Rivière-du-LoupEh bien, c’est sûrement parce qu’il ne campe pas et que cela diminue ses choix d’hébergement. Mais plusieurs campings offrent la location de cabines ou de roulottes. Je crois que la source de cette inquiétude vient de la méconnaissance des différents services d’hébergement. Et inversement, les hébergeurs méconnaissent le pèlerin d’aujourd’hui et les services qu’ils pourraient lui offrir.Auberge de jeunesse - Rivière-du-Loup

Bottes et Vélo s’est donné pour mission de développer le pèlerinage autonome au Québec, et pour y parvenir, il faut amener le pèlerin et l’hébergeur à se rencontrer. C’est pourquoi Bottes et Vélo a envoyé à tous les hébergements avoisinant un des chemins de pèlerinage québécois une invitation à découvrir le touriste lent qu’est le pèlerin. Très positive a été la réponse à cette lettre et très nombreux ont été les hébergements ouverts à recevoir des pèlerins, et qui sait, voire même à ajuster leurs services pour accommoder ce nouveau type de voyageur.

Auberge de jeunesse - Ste-FélicitéCertains hébergements sont déjà adaptés aux marcheurs de longue randonnée : les auberges de jeunesse et les résidences étudiantes. À prix très abordable, le pèlerin y trouve confort et commodités. Les auberges de jeunesse ont malheureusement eu mauvaise réputation il y a une bonne trentaine d’années. Dans l’auberge de jeunesse d’aujourd’hui on retrouve une atmosphère familiale et conviviale très agréable. Et presque toutes offrent la possibilité d’avoir une chambre privée ou une chambre familiale. On peut même avoir une salle de bain privée. Les résidences étudiantes sont un hébergement souvent méconnu qui répond pourtant parfaitement aux besoins du pèlerin. On les retrouve dans toutes les grandes villes et elles ont l’avantage d’offrir une multitude de commodités dans un environnement calme, car l’été, ces résidences sont peu occupées!Auberge de jeunesse - Ste-Félicité - chambre familiale

Puis il y a les gites et les motels. Ces hébergements sont souvent plus coûteux, mais suite à notre message, plusieurs se disent ouverts à apporter des ajustements tarifaires ou même organisationnels si la demande devenait plus marquée. On parle ici de« tarif pèlerin», de création de dortoirs ou de conversion d’une chambre en mini-dortoir, de petits déjeuners de base. Mais pour que l’hébergement-pèlerin fleurisse et se développe, il faut des pèlerins! Et pour que le pèlerinage prenne de l’expansion au Québec, il est nécessaire d’avoir plus d’hébergements abordables (dortoirs, d’hébergements alternatifs, de refuges privés). C’est l’éternelle question de l’œuf ou la poule :-). Mais plus les hébergeurs rencontreront de pèlerins, plus il leur sera possible de bien comprendre la réalité et les besoins de ces voyageurs et donc d’adapter leurs services.Auberge de jeunesse - Ste-Félicité - Cuisine commune

Et s’il arrivait par malheur que l’hébergement ou les moyens manquent à un pèlerin sur nos chemins du Québec, celui-ci sera surpris par la générosité des gens qu’il croise. La nature humaine est ainsi faite que nous ne laisserons pas quelqu’un qui a besoin d’aide se débrouiller seul, surtout si nous avons une solution. Tout le long de la route, des gens, des inconnus, nous surprennent de par leur bonté désintéressée.

Alphonse de Châteaubriant disait : «On a toujours besoin des autres.» Dans cette recherche de mariage harmonieux entre l’hébergeur et le pèlerin, nous n’en sommes qu’aux premiers pas. Et c’est en faisant route ensemble que chacun apprendra à bien connaître l’autre, et qu’une complicité pourra naître.Bottes et Vélo - Emblême

Brigitte Harouni

Jade : ni la pluie, ni le froid…

Très tôt ce matin, Jade était d’attaque pour reprendre la route malgré la pluie et les vents qui rendaient la température très froide : 7°Celsius à 5h30 ce matin, ce n’est pas chaud pour un 2 juin!!!

Quittant Berthier-sur-Mer en direction de Montmagny, après une bonne nuit de sommeil : couchée à 20h30, levée à 5h00, elle avançait d’un pas allègre en bordure de la route 132. Après avoir échangé quelques textos avec elle au déjeuner pour prendre des nouvelles, Brigitte est ensuite passée la voir en se rendant à son travail. Une fois sur place, elle fut heureuse de constater que le moral était bon et que Jade était encore tout sourire. Malgré quelques douleurs aux genoux et à l’arrière de la cheville, elle s’apprêtait à entrer dans Montmagny et faire une longue pause bien méritée. Il n’était pas encore 9h00 qu’elle avait déjà marché 15 km!!!

C’est un plus tard que le vent à tourné.

Jade Champagne-Provost sur La Voie du St-Laurent - MontmagnyAlors que je m’apprêtais à dîner, j’ai reçu un texto ou le moral me semblait moins bon. Il était midi et elle était toujours Montmagny… J’ai proposé à Jade d’aller la rejoindre.

Je l’ai trouvé attablé dans un Tim Horton regardant ses cartes d’itinéraires, l’air songeur. La pluie et le froid semblaient être venus à bout de sa bonne humeur. Quand elle m’a vu, elle m’a dit que sa cheville lui faisait terriblement mal et qu’elle ne pensait pas pouvoir marcher plus longtemps. Je lui ai dit qu’elle pouvait revoir son calendrier, seulement son tiraillement était là : elle tient à aller jusqu’au bout et se rendre à Rimouski. Réduire son calendrier d’une journée signifierait renoncer à son but.

Jade Champagne-Provost sur La Voie du St-Laurent - Islet-sur-MerJe lui ai donc proposé d’aller la déposer plus loin sur le chemin pour que demain elle s’offre une journée de repos, en ne marchant que 8 km, et donne le temps à sa cheville de se replacer. Après une longue hésitation, cette solution lui convint mieux. Ce soir elle s’arrête donc à l’Islet-sur-Mer. Et, lorsque je l’ai laissé sur les marches du gîte où elle allait passer la nuit, elle avait retrouvé son beau sourire.

Demain, Jade se rendra à St-Jean-Port-Joli où la propriétaire du Gîte La Mer Veille, l’accueillera avec une grande générosité. Nous vous rappelons que vous pouvez faire de même lors de son passage dans votre village. Jade est fort sympathique et d’une belle simplicité. C’est vraiment un plaisir de faire sa connaissance!

Nous vous répétons donc son calendrier. Vous n’aurez qu’à nous écrire ou nous téléphoner pour l’inviter et nous lui ferons parvenir votre invitation.

4 juin: La Pocatière
5 juin: Kamouraska
6 juin: St-André-de-Kamouraska
7 juin: Rivière-du-Loup
8 juin: Cacouna
9 juin: L’Isle-Verte
10 juin: Trois-Pistoles
11 juin: St-Simon
12 juin: St-Fabien
13 juin: Bic

Éric Laliberté

Jade Champagne-Provost, première pèlerine autonome sur la Voie du St-Laurent!

Brigitte Harouni, Jade Champagne-Provost et Éric Laliberté - Bottes et Vélo Une première pèlerine se lance en parfaite autonomie sur la Voie du St-Laurent de Québec à Rimouski.

Ce matin, Jade Champagne-Provost quittait la demeure de Bottes et Vélo à St-Michel-de-Bellechasse en direction de Berthier-sur-Mer pour une deuxième journée de marche. Malgré des handicaps visuel et auditif, Jade fait preuve d’une belle détermination en se lançant à l’assaut de ce pèlerinage pour une douzaine de jours.

Pour la soutenir dans sa démarche, nous vous invitons à nous contacter si vous souhaitez l’héberger lors de son passage dans votre village.

Voici son calendrier:Jade Champagne-Provost - Bottes et Vélo

1er juin: Berthier-sur-Mer
2 juin: Cap-St-Ignace
3 juin: St-Jean-Port-Joli
4 juin: La Pocatière
5 juin: Kamouraska
6 juin: St-André-de-Kamouraska
7 juin: Rivière-du-Loup
8 juin: CacounaJade Champagne-Provost - Bottes et Vélo
9 juin: L’Isle-Verte
10 juin: Trois-Pistoles
11 juin: St-Simon
12 juin: St-Fabien
13 juin: Bic
Merci!
Et bon chemin Jade! Tu as toute notre admiration!

Éric Laliberté et Brigitte HarouniBottes et Vélo - Emblême

Libérer le pèlerinage

Que règne la liberté. Car jamais le soleil ne s’est couché sur réalisation humaine plus glorieuse.
Nelson Mandela

Grâce aux guides du pèlerin de Bottes et Vélo, le pèlerinage autonome est en pleine émergence au Québec!

Pèlerinage de la Voie du St-Laurent - 2014Bottes et Vélo s’est donné pour mandat de promouvoir le pèlerinage de longue randonnée en Amérique du Nord et de faire en sorte que celui-ci soit accessible de manière autonome au même titre que Compostelle. Dans cet esprit, jusqu’à il y a un peu plus d’un an, il n’y avait que le Chemin Notre-Dame-de-Kapatakan, au Saguenay, qui offrait cette accessibilité et cette autonomie. Les initiatrices de ce chemin, Mmes Florence Masson et Sylvie Cimon, ont su voir dans le pèlerinage de longue randonnée une démarche autonome et la rendre accessible à tous. Aujourd’hui, nous pouvons affirmer que, de par son autonomie et la liberté d’accès, le Chemin Notre-Dame-de-Kapatakan fut le premier véritable chemin de pèlerinage au Québec. Inspiré par cette initiative et ayant en tête cette ouverture et cette accessibilité, Bottes et Vélo a voulu contribuer à ce mouvement en rendant le pèlerinage encore plus accessible.

Dans la philosophie de Bottes et Vélo, le pèlerinage n’est pas un lieu spécifique mais un temps pour se mettre en route : un temps qui invite au déplacement, à changer notre regard et sortir de nos enfermements. Pour réaliser ce déplacement, intérieurement et physiquement, il suffisait d’avoir accès à l’information pour aller « pèleriner » ou bon nous semble. Tout ce dont le pèlerin a besoin pour passer à l’action, c’est d’avoir accès à une liste d’hébergements et un plan du parcours retenu. C’est ce que Bottes et Vélo a fait en mettant à votre disposition les guides du pèlerin. Depuis un an, c’est plus de 500 guides qui ont été distribués gratuitement et qui circulent à travers la province! Bottes et Vélo est fier de contribuer à cet essor pour que fleurisse les chemins de pèlerinage du Québec.

Pèlerinage la Voie du St-Laurent - 2014Depuis une quarantaine d’années, on a pu observer que le pèlerinage trouve une forte résonance auprès de la population. Riche de sens et offrant la possibilité d’une présence différente à notre environnement, le pèlerinage nous met en contact avec cette dimension qui nous transcende et nous plonge au cœur du Vivant. À l’origine, le pèlerinage est un exercice spirituel accessible à tous. Personne n’est propriétaire du chemin, que ce soit à Compostelle ou ailleurs. L’histoire de Compostelle nous démontre bien que le pèlerinage évolue dans un tout autre esprit que celui de la propriété. Ce qui a fait la notoriété de Compostelle, c’est sa gratuité et son accessibilité. Les organisations et entreprises qui se sont greffées autour des chemins de Compostelle ne sont pas propriétaires du camino, elles offrent des services qui répondent aux différents besoins des pèlerins. Le pèlerinage ne doit pas être considéré comme un créneau de vente, un marché à s’approprier. Rappelez-vous, le pèlerinage nous invite à sortir de nos enfermements. Il nous invite à quitter notre demeure pour nous rendre dans un sanctuaire. Il nous invite à déplacer notre regard, quitter nos habitudes de vie, pour atteindre un lieu saint. Ce lieu saint, c’est le meilleur en nous que révèle le pèlerinage. Plus nous saurons valoriser cet exercice, plus celui-ci fleurira sur les routes du Québec.

Le pèlerinage transforme le pèlerin, mais a aussi son effet sur les villages qu’il traverse. Il amène son lot de joie et d’entraide. Il est habité par ce sentiment communautaire qui célèbre la rencontre de l’autre, rebâtissant ce tissu social que nous avons trop négligé. Pèlerinage la Voie du St-Laurent (Baie-des-Sables) - 2014 -À travers cet élan, il offre la possibilité de revitaliser grand nombre de petits villages que l’on voyait péricliter, s’éteindre à petit feu. Le pèlerinage de longue randonnée possède en lui cet élan de vie qui pourrait faire renaître bon nombre de villages. C’est dans l’esprit, dans la quête qui l’anime, qu’il se distingue de la simple randonnée pédestre. C’est une communauté nouvelle qui se met en marche. Soyons ouverts et accueillants envers les pèlerins qui passeront sur nos chemins cet été. C’est tout un monde de possibles qui s’offre à travers ces échanges et ces rencontres!

Voici quelques commentaires que Bottes et Vélo a reçus au cours de l’année qui vient de s’écouler:
Merci beaucoup pour le guide une belle générosité, il est très bien fait. Enfin, on pourra parcourir le Québec à pieds et à vélo. D.M.
Je viens de vous découvrir et j’aime beaucoup votre approche. Merci! D.H.
Bravo pour votre initiative à nous faire marcher et découvrir notre beau Québec. D.B.
Wow! Quel beau travail! G.O.
Merci pour cette belle production qui nourrit bien nos préparatifs de pèlerinage! D.S.
Félicitations pour votre initiative! F.R.
Merci beaucoup, c’est très gentil de votre part de nous offrir les guides. Vous faites du beau travail! Vous êtes une grande source de motivation pour moi. Merci! G.C.
Merci de nous donner accès à ce guide, je pense que ce genre de pèlerinage pourrait m’intéresser. H.B.
Merci pour votre excellent travail, c’est apprécié! F.R.
La marche longue distance de façon autonome nous manque, très heureuse de penser à marcher ici même. F.M.
Bonne idée votre site, je vais vous suivre. M.-F. L.

Vous êtes nombreux à soutenir et encourager l’initiative de Bottes et Vélo; et c’est grâce à vous si le pèlerinage autonome est en pleine émergence au Québec. Ensemble, continuons de répandre la rumeur du pèlerinage autonome au Québec!

Merci et bon chemin!Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté