Les Sentiers entre Vents et Marées

Bottes et Vélo vous offre un résumé vidéo de ses 12 jours de marche sur le Sentiers entre Vents et Marées. Merci à tous les participants lors de ce parcours exploratoire: France, Céline, Nathalie, Line, Chantal, Yves, Maria, Christine et Thierry. Un merci tout particulier à Carole Longuépée, Réal Jomphe et Carole Turbide pour leur soutien et leur amitié dans ce projet. Nos chemins se recroiseront, c’est certain!
Éric Laliberté et Brigitte Harouni

Marcher en pleine conscience

Ne cherchez pas le passé, ne cherchez pas le futur;
le passé est évanoui, le futur n’est pas encore advenu.
Mais observez ici cet objet qui est maintenant.
Bouddha
Quand je marche, je découvre le monde sous un jour différent. Trop habituée de me déplacer rapidement, souvent en voiture, la tête oscillant entre le bilan de ce que je viens de faire et la planification de ce que je me prépare à vivre, je réalise souvent que la route s’est passée sans que je ne la remarque. Je cours d’une activité à l’autre motivée par celle qui se promet d’être des plus agréables. Je m’épuise entre travail, cours et rendez-vous durant la semaine avec la hâte de voir arriver la fin de semaine. Mon agenda annuel est rempli d’obligations et de devoirs et je compte les dodos qu’il reste avant mes vacances. Je conserve un emploi et des responsabilités en rêvant de ce jour où ma retraite sera enfin arrivée pour me permettre de faire ce qui m’habite vraiment. Mon comportement au quotidien me fait oublier le plaisir de vivre la route et le déplacement, obnubilée par l’urgence d’arriver, incapable d’arrêter de m’agiter. Alors que pourtant, cette route, c’est ma vie.

Bottes et VéloPèlerine, « promeneuse du dimanche », l’esprit plus léger, l’agenda vierge d’obligations, je découvre rapidement le plaisir de marcher en symbiose avec ce qui m’entoure. Marcher en pleine conscience, c’est être pleinement présent à ce qui se vit autour de soi et en soi. C’est capter toutes les informations que me transmettent mes sens et ressentir l’émotion et les sensations que cela me procure. Est-ce que je « marche en pleine conscience» dans mon quotidien?

Dans les premiers jours de marche, beaucoup de mon attention est occupée par mes sensations corporelles. Marcher en pleine conscience me permet d’être à l’écoute de mon corps, des défis qu’il rencontre et des demandes qu’il me fait. Ajuster une courroie du sac, m’arrêter, prendre une gorgée d’eau, resserrer un lacet, enlever ma veste, ralentir le pas, faire une pause. Pour le pèlerin, prendre soin de son corps est essentiel et évident s’il désire bien profiter de sa route. Et que je sois pèlerine ou pas, cette relation avec le corps est indissociable. Est-ce que je prends le temps de l’écouter lorsqu’il me dit que j’ai assez mangé, assez bu, que je devrais diner, que je devrais soigner mon dos, mon genou, aller me coucher, rester à la maison et me soigner au lieu d’aller travailler? Suis-je à l’écoute de ce qui se dit à l’intérieur?

Quand j’ai acquis cette capacité à marcher en respect et en harmonie avec mon corps, j’atteins un autre palier de conscience. Je m’ouvre à Bottes et Vélo - Hawaïtout ce qui m’entoure, à chaque pas. Les odeurs bonnes ou moins bonnes me semblent plus présentes. Elles me font voyager à travers mes souvenirs. Elles allument d’autres lumières intérieures, me font parfois saliver, me font rêver, font jaillir des images. Les bruits m’accompagnent le long de ma route, signes de l’omniprésence de la vie autour de moi. Bruit du vent, de la cascade, des gens qui bavardent, les voitures qui filent, un chien qui jappe, le tracteur qui travaille dans le champ, les cigales qui ont chaud. Je m’enivre du regard. Les couleurs, les paysages, la nature que je traverse, l’architecture des maisons, le décor dans lequel j’avance. Ma peau frissonne sous la caresse du vent qui joue dans mes cheveux, se détend à la chaleur d’un rayon de soleil et se laisse envelopper par la fraîcheur d’une journée bruineuse. En pleine conscience, je fais partie du tout qui m’entoure. J’y vibre en harmonie.

Quand je marche en pleine conscience, je goûte la vie par tous les pores de ma peau. Je réalise que pour bien goûter, je dois ralentir. Ppapa-et-bebearfois même, je m’arrête pour bien m’imprégner de ce que je vis qui goûte si bon pour moi et qui me fait tant de bien intérieurement. Je prends alors conscience du côté éphémère de ces petits moments de bonheur. Tout est mouvement, rien ne demeure éternellement. Chaque instant que je tente de retenir me file entre les doigts. Un coucher de soleil, la brume du matin, un vol d’oies blanches, l’expression dans les yeux amoureux de mon homme, les séances de chatouilles avec mes enfants, l’émotion vécue le jour du mariage de ma fille, l’odeur du bébé blottit dans le creux de mes bras. Ma mère disait : « toute bonne chose a une fin. » Alors quand c’est beau et que c’est bon, je ralentis et je me remplis de tout ce qui me fait du bien, qui énergise ma vie intérieure.

Après plusieurs pèlerinages, je rapporte maintenant dans mon bagage cet apprentissage : je marche ma vie en pleine conscience. Sur ma route de vie, je prends le temps de ralentir, et de m’arrêter pour savourer chaque petit bonheur que je rencontre car j’ai compris. J’ai compris qu’à trop remettre à plus tard sans savoir ce que plus tard nous réserve vraiment, on passe à côté de maintenant qui est un présent qui ne reviendra pas. J’ai compris que mon bonheur, mon sentiment intérieur de plénitude, dépend de moi et du temps que je choisis de lui accorder à chaque pas de ma vie. Et cet espace-temps éphémère est toujours ici-maintenant.

Bottes et Vélo - Emblême

Brigitte Harouni

Mise en garde : risque de déplacement intérieur!

Toute marche est une marche spirituelle.
Sagesse Celte
Nous vivons dans un monde organisé et structuré où tout se doit d’être prévu et planifié. Même nos vacances n’y échappent pas. Quoi que nous entreprenions, nous aimons l’anticiper et avoir une longueur d’avance pour nous assurer que l’expérience sera bien vécue. Ainsi, plusieurs personnes qui se préparent à vivre un pèlerinage se demandent fréquemment s’il est essentiel de se préparer avant de partir.

La Voie du St-LaurentIl va de soi qu’un minimum d’organisation au niveau du matériel à apporter et de l’équipement à se procurer est un incontournable. Et nous savons tous qu’il est fortement conseillé d’avoir marché et usé sur quelques kilomètres toute nouvelle paire de souliers ou de bottes. Tout comme il est bon d’avoir marché avec notre sac à dos pour en avoir trouvé l’ajustement qui se marie le mieux à notre corps.

La question n’est donc pas à ce niveau. Souvent, le futur pèlerin s’inquiète plutôt de l’effort physique que cette longue marche va exiger. Il se demande donc s’il est nécessaire de commencer un entrainement quelques mois ou semaines avant le grand jour. Chez Bottes et Vélo, nous pensons que si la personne n’a pas de problématique de santé particulière, l’entrainement n’est pas une obligation. La forme physique se développera graduellement à chaque pas et à chaque jour que fera le pèlerin sur le chemin. Le pèlerinage n’est pas une course, ni même une recherche de performance physique. C’est une longue pause dans le temps qu’une personne s’offre à elle-même,  un voyage au sens exact du terme, au bout duquel elle reviendra différente, transformée par l’alchimie de la marche.

Chemin KamouraskaS’il est une préparation que le futur pèlerin devrait avoir, elle ne devrait pas se situer au niveau physique, mais au niveau psychique. Avant de partir, plusieurs parents et amis questionnent celui qui part en pèlerinage. Pourquoi à pied? Pourquoi voyager aussi rudimentairement? Aussi longtemps? Ainsi, entamer une ébauche de réponse, commencer la réflexion, creuser en soi pour prendre conscience de ce qui nous appelle et nous attire dans cette expérience; identifier le mieux possible nos attentes et les fruits que nous souhaitons cueillir et rapporter au terme de ce voyage; sont des étapes fondamentales de préparation à un pèlerinage.

Notre quotidien est parsemé de panneaux avertisseurs : « peut contenir des traces d’arachides », « attention chaussée glissante », « chute de glace! ». S’il est une mise en garde à donner au futur pèlerin pour l’aider à se préparer à sa longue marche, ce serait : « attention, risque de déplacement intérieur ». Autant vous aurez à regarder où vous posez le pied, autant vous devrez être attentif à ce qui se vit en vous, à ce que votre corps, votre façon d’agir et de réagir, vous dit. En marchant, vous allez très certainement ressentir diverses émotions psychophysiologiques qui risquent de donner de nouvelles dimensions à votre existence.

La Voie du St-LaurentLe pèlerin averti n’est pas celui qui a l’équipement révolutionnaire le plus léger, ni celui qui dévore les kilomètres dans un temps record sans se blesser. Le pèlerin averti est celui qui a compris qu’en plus d’améliorer sa condition physique, cette très longue marche est une rupture spatio-temporelle, matérielle et spirituelle, qu’il s’offre pour voir plus clair sur sa route de vie.Bottes et Vélo - Emblême

Brigitte Harouni

16e Tour de l’Isle-aux-Coudres de l’AQC – 7 mai 2016

Le Traditionel Tour de l’Isle-aux-Coudres de l’Association du Québec à Compostelle (AQC) – Région de Québec arrive à grand pas! Le samedi 7 mai est le rendez-vous auquel elle nous convie, encore une fois cette année, avec grand plaisir.
Tour de l'Isle-aux-Coudres - AQC

Dans l’histoire du pèlerinage de longue randonnée, ce traditionnel tour de l’ile est devenu un incontournable au Québec: une activité rassembleuse, festive et conviviale dans un décor magnifique au centre du St-Laurent. Un événement qui sans conteste marque l’ouverture de la saison des pèlerinages au Québec!

Tour de l'Isle-aux-Coudres - AQCVenez parcourir ces 23 km au rythme du vent et des marées de l’Isle-aux-Coudres. L’activité est de niveau débutant et est accessible à tous. Il y a des haltes avec toilettes prévues un partout sur le parcours.  Des navettes sont également disponible pour venir en aide aux personnes qui ne se sentiraient pas la capacité de compléter le parcours ou en cas d’incident.

À surveiller, plusieurs hébergements de la région offre des rabais aux pèlerins qui viendront passer le weekend dans la région de Baie-St-Paul. De plus, la boulangerie de l’ile offre également des boîtes à lunch ($) pour le dîner qui se tiendra à l’école primaire, le jour du parcours. Suffit de réserver sa boite en les contactant: cliquez ici => Boulangerie Bouchard

Tour de l'Isle-aux-Coudres - AQCDes frais? Cette activité est gratuite! L’AQC de Québec passera cependant la chapeau en fin de journée. Nous vous invitons à être aussi généreux qu’ils le sont en temps et en énergie pour la réalisation de cette activité! Pour plus de détails concernant l’activité, vous pouvez contacter: Denise Tardif 418 806-3876 ou écrire à l’adresse suivante: quebec.marche@duquebecacompostelle.org ou consulter le site internet de l’Association du Québec à Compostelle: http://www.duquebecacompostelle.org 

Tour de l'Isle-aux-Coudres - AQCBottes et vélo sera présent pour une troisième année consécutive. Mais, en réalité, pour Brigitte et moi, c’est pour une 7ième année d’affilée que nous prenons plaisir à relever ce défi. Nous prendrons le bateau de 8h30, si c’est possible… Comme nous sommes de plus en plus nombreux à prendre part à cette activité, alors on ne sait pas ce qui nous attend et nous nous adapterons. L’an dernier nous étions près de 1000 participants! Pour vous joindre à nous, consultez l’événement sur notre page facebook: Le traditionel tour de l’Isle-aux-Coudres de l’AQC

Alors, c’est un rendez-vous: samedi, 7 mai!

Ultreïa!Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté et Brigitte Harouni

Ann Sieben chez les Bleuets!

C’est hier matin, par un ciel bleu et ensoleillé, qu’Ann Sieben arrivait à l’Ermitage St-Antoine de Lac-Bouchette, au Lac St-Jean. Après avoir parcouru une route des plus hasardeuse pour le marcheur, la route 155 entre La Tuque et Lac-Bouchette, la pèlerine de l’hiver nous attendait sur le perron de l’église. Pour l’occasion, un groupe de 20 marcheurs était présent pour l’accueillir chaleureusement. Père France Salesse, recteur de l’Ermitage, Louis Gagné, directeur, et Marilou Desbiens, responsable des communications, ainsi que Père Michel Gagné se sont joints à cette marche et c’est dans le plus pur esprit pèlerin que nous nous sommes lancés en direction de l’Ermitage. Sourires et bonne humeur étaient au rendez-vous!
Ann Sieben et France Salesse

Ann Sieben en compagnie de France Salesse, recteur de l’Ermitage St-Antoine

Connaissez-vous l’Ermitage St-Antoine? C’est un site à découvrir! Situé dans un environnement des plus magnifique, légèrement en surplomb et bordant le lac, l’Ermitage offre au regard l’immensité de ses paysages naturels. L’ambiance qui y règne nous plonge avec douceur au cœur d’une nature qui dégage paix et sérénité. Tout invite à l’intériorisation! Une ambiance qui n’est pas sans lien avec la présence des Capucins sur les lieux. L’accueil fraternel de la communauté et leur bienveillance à l’égard des gens qu’ils reçoivent est dans la plus pure tradition franciscaine. (Pour visiter le site de l’Ermitage: http://www.st-antoine.org/fr )

Au cours de ce passage à l’Ermitage, nous aurons appris qu’Ann projette déjà ses prochains pèlerinages. L’été prochain elle marchera avec un groupe de séminaristes, depuis Rome jusqu’à Cracovie pour les Journées Mondiales de la Jeunesse. L’hiver prochain, c’est au Japon que ses semelles de pèlerine iront battre les chemins. Pourquoi le Japon? Elle nous raconte que l’histoire religieuse du Japon et du Canada est marqué par un lien commun: la présence des Jésuites. C’est à la poursuite de cette présence missionnaire, à l’époque fondatrice du Canada, qu’Ann traversait l’Amérique du Nord cette année. Son pèlerinage au Japon se fera donc en continuité avec le parcours de cette année.

Ann Sieben en marche vers l'ErmitageDimanche matin, Ann reprendra la route en direction de Roberval. Notre pèlerine qui abat et enchaîne les kilomètres d’une manière phénoménale a décidé de faire le tour du Lac St-Jean avant de revenir sur Québec. Soyez sans crainte, nous sommes parvenus à la convaincre de ne pas traverser le Parc des Laurentides à pieds! Elle marchera jusqu’aux abords du parc et le lendemain demandera à être déposée au Camp Mercier. De là, elle marchera vers Ste-Brigitte-de-Laval.

De notre côté, le prochain rendez-vous est fixé au 24 mars à midi. Nous vous invitons à venir vous joindre à Ann pour une marche de 13 km depuis le Sanctuaire Ste-Thérèse-de-Lisieux, à Beauport, jusqu’à la Basilique-cathédrale Notre-Dame-de-Québec. Pour les marcheurs qui le désirent, vous pourrez vous joindre à nous pour prendre le repas du soir en compagnie d’Ann. Vous trouverez tous les détails de cette journée sur le site de Bottes et Vélo à la page d’Ann Sieben : http://bottesetvelo.com/bottes-et-vélo—ann-sieben. N’oubliez pas qu’il est important de vous inscrire à cette activité pour que nous puissions comptabiliser le nombre de participants et le nombre de repas pour ceux et celles qui désirent casser la croûte en compagnie d’Ann à la fin de la journée.

Cette belle aventure se poursuit donc!Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté

Ma vie comme une longue route.

S’ancrer dans la réalité, c’est croire par les pieds.
Bottes et Vélo
On se laisse souvent prendre par un rythme de vie qui nous bouscule, nous précipite et nous fait perdre de vue ce qui nous anime. On perd de vue la réalité de la vie, de sa vie, et son goût en devient amoindri. Une manière de vivre qui nous sert pourtant de norme et que nous définissons comme la « normalité ». Au milieu de tout ce brouhaha, de tous ces standards de vie orientés, de toutes ces exigences de rythme, de performance et de production, de tous ces conditionnements : est-ce véritablement la « normalité » à laquelle nous aspirons?

Compsotelle - Camino FrancesSans se rendre compte, nous nous soumettons inconsciemment à des règles et des obligations qui viennent ordonner notre vie et qui n’ont pourtant rien de réel : travailler 5 jours par semaine, prendre plaisir au magasinage, faire le ménage tel jour, s’obliger à un rythme de production au travail, manger à telle heure, sortir le samedi soir, fréquenter le gym, porter tel type de vêtement pour telle occasion, avoir différents couverts pour les repas, posséder telle marque de voiture, un statut social, des mondanités, un niveau d’études, devoir de faire ceci ou cela… Toutes ces règles, tous ces codes de vie que nous prenons au sérieux à différents niveaux, n’ont rien de réel et pourtant nous angoissons à l’idée de ne pas y correspondre!

Notre manière de vivre relève d’une véritable psychose sociale. La psychose fait perdre contact avec la réalité. Coupé du réel, nous entretenons mutuellement un mode de vie illusoire sans remettre quoi que ce soit en question, préservant ainsi une manière de vivre malsaine. Charles Bukowski écrivait dans son journal : « Comment diable un homme peut-il se réjouir d’être réveillé à 6h30 du matin par une alarme, bondir hors de son lit, avaler sans plaisir une tartine, chier, pisser, se brosser les dents et les cheveux, se débattre dans le trafic pour trouver une place, où essentiellement il produit du fric pour quelqu’un d’autre, qui en plus lui demande d’être reconnaissant pour cette opportunité? » Vision amère de la réalité que portait Bukowski… Compostelle - Camino FrancesCependant, nous avons tous à un moment ou l’autre cet éclair de lucidité. Pourquoi l’écartons-nous toujours du revers de la main? Peut-être avons-nous peur d’y voir la profondeur de notre éloignement? Éloignement de ce qui nous habite profondément…

Qu’elle est la véritable nature humaine? À quoi sommes-nous appelés? Quel devrait être la norme qui balise ma route? Y a-t-il réellement une normalité uniforme à respecter?

Pour entrer dans ce questionnement, je vous propose un chemin tout simple : s’arrêter. Arrêter de s’agiter pour correspondre à des standards, reprendre contact avec le réel et goûter dans l’instant ce que nous ressentons. Dégager son espace-temps de l’illusoire qui nous attire dans son tourbillon chaque jour, qui nous fait croire que nous sommes indispensables et qui nous agite dans tous les sens pour correspondre à ces exigences que nous avons inventées. La réalité de la vie est toute simple. Et c’est très certainement cette manière de l’aborder, dans toute sa simplicité, qui éveille et bouleverse le pèlerin des longs chemins…

Compostelle - Camino FrancesPour s’ancrer dans la réalité, mon esprit doit se résoudre à prendre le temps. Vitesse et art de vivre ne font pas bon ménage. Chaque instant de ma vie est une expérience qui s’inscrit dans mon corps. Ce que je ressens, ce qui passe par mes sens, me parle de la réalité, de ma façon de la contacter. Voilà une norme qui devrait me parler, me révéler quelque chose de signifiant.

Être attentif aux signaux envoyés par nos cinq sens est notre première antenne pour syntoniser la réalité et orienter le bien-être que procure cette attention. Lorsque je suis attentif à ce que je ressens dans mon corps, je prends le temps de savourer et je suis plus à même de contacter les émotions qui m’habitent. Cette attention me permet de prendre conscience de ce qui me pousse à une certaine action ou réaction.

Étant en contact avec mon corps, je suis plus attentif aux émotions que je ressens et donnent goût à ce que j’expérimente dans l’instant présent. Cette présence d’esprit me renvoie aussi à d’autres expériences qui appartiennent à mon histoire de vie. Inconsciemment, ces liens viennent influencer ma manière de percevoir, de recevoir, ce que je suis en train de vivre. Aiguiser sa conscience à ces liens qui se tissent et nous rendent attentif à ce qui se joue en nous, devient un atout majeur pour vivre en qualité.

Compostelle - Camino FrancesDélivré de la « normalité », le pèlerin de long chemin, de par sa longue marche, jour après jour, aiguise son attention. Il devient plus présent à ce qu’il ressent : les sons, les paysages, les odeurs, les douleurs, le bien-être, les relations, toutes les sensations éprouvées dans son corps prennent du relief. Ce senti devient soudainement omniprésent et le pèlerin découvre, à travers cette attention, une précieuse alliée dans l’expérience de sa longue marche : elle le guide dans chacun de ses pas! C’est par cette attention que je sais ce qui est bon pour moi, que je prends la bonne décision, fait le bon choix. Plus j’y deviens présent, plus j’apprécie mon chemin.

Notre vie est une longue marche. Pourquoi ne pas en chercher l’expression naturelle et cohérente à travers ce que nous sommes? Notre corps est le véhicule de notre expression vivante. Il nous fournit tous les signaux pour bien vivre notre vie. Si nous lui accordons l’attention qu’il mérite, il nous guidera avec bienveillance sur le chemin de la vie.Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté

Tous mes vœux de santé!

La marche est le meilleur remède pour l’homme.
Hippocrate (400 ans avant J-C)
Comme à chaque jour de l’an, avec la nouvelle année viennent les vœux de santé. Étant jeune, lorsque mes grands-parents me souhaitaient de la santé, je restais un peu perplexe et trouvais ce cadeau plutôt chiche. Puis, les années passant, ma santé et celle de mes proches devenant plus fragile, j’ai réalisé toute la signification et la pertinence d’un tel souhait. Comment peut-on se permettre de mal mener ou de négliger notre corps, lui qui est pourtant si indispensable à notre qualité de vie, lui qui est notre enveloppe, notre véhicule, notre fidèle partenaire de vie? La marche de longue randonnée permet de prendre conscience de cette indissociable relation, de son importance, tout en offrant à notre corps des conditions favorables au maintien d’une bonne santé.

2015-07-06 09.48.18Le premier aspect avantageux de la marche comme activité physique est qu’elle est accessible à tous, jeunes et moins jeunes et ne demande que très peu d’investissement matériel. Elle se pratique où bon nous semble, quand bon nous semble et ne requiert pas d’entrainement particulier. Contrairement à la course, ou au jogging, la marche de longue randonnée fait travailler nos muscles en douceur et en endurance. C’est par cette douce mais longue répétition que les bienfaits agissent sur notre corps. Le cœur se muscle graduellement, devient plus efficace et dynamise la circulation sanguine. Celle-ci s’en trouve donc améliorée, plus régulière et activée. Le système respiratoire se développe et augmente ses capacités. De ce fait, la marche soutenue est recommandée comme traitement pour les personnes se remettant d’un traitement cardiaque, ou ayant des problèmes respiratoires tels que l’asthme. Elle diminue les risques de varices, de phlébites, de maladies du cœur, diminue la tension artérielle, atténue les conséquences négatives de l’arthrose et prévient l’ostéoporose.

2015-06-13 12.30.42Toute cette amélioration dans l’activité du système sanguin a même une incidence sur la santé du cerveau. En effet, une récente étude américaine a démontré que l’activité physique générée par la marche quotidienne, l’oxygénation qu’elle occasionne sur le corps, entraine une augmentation de l’hippocampe, cette partie de notre cerveau qui joue un rôle central au niveau de la mémoire et du sens spatial. Cette observation a donc permis aux chercheurs de dire que la marche permet de contrer les troubles bénins de la mémoire dus au vieillissement, de repousser l’apparition des symptômes de la maladie d’Alzheimer et protège contre le déclin lié au vieillissement des fonctions intellectuelles.

La marche est également recommandée pour faire baisser le taux de cholestérol. L’exercice physique agit sur le corps, faisant diminuer le mauvais cholestérol et augmenter le bon. Plusieurs activités physiques sont aussi efficaces, il faut pour cela que l’exercice soit suffisamment long, intense et répétitif. La marche permet cependant de faire ces efforts sans brusquer le corps. Il en est de même pour le diabète, celui de type 2 qui ne nécessite pas de traitement à l’insuline. Une étude a démontré que marcher quotidiennement durantIMG_7133 3 mois, même sans régime alimentaire particulier, fera chuter considérablement les risques de diabète. Il a également été prouvé que 65 % des pré-diabètes peuvent être prévenus par deux heures et demie de marche par semaine, pour éviter de passer au diabète.

À travers sa marche, le pèlerin tonifie les muscles de ses jambes, mais aussi ceux du dos et du ventre. L’usage des bâtons rend l’exercice encore plus complet en faisant travailler le haut du corps, soient les muscles des bras, du cou et des épaules. Toute cette activité physique permet au corps de brûler des calories et de transformer les aliments ingérés de façon efficace, réduisant ainsi l’accumulation de graisse.

Pour terminer cette longue liste des bienfaits de la marche, un incontournable : son effet sur notre équilibre mental. La marche, grâce à la production d’endorphine qu’elle génère, cette hormone du bonheur, réduit les symptômes de dépression et d’anxiété. De plus, étant accessible à tous, cette activité peut se faire tant seul qu’en bonne compagnie, en famille, entre amis ou en couple. Cette occasion d’échanger et de se rapprocher favorise l’épanouissement personnel et contribue à accroître notre état de santé.

Les bienfaits de la marche se font sentir à partir du moment où elle se pratique quotidiennement, de façon soutenue, durant un minimum de 30 minutes. Le pèlerinage est un traitement intensif que le pèlerin offre à sa santé globale. Il est donc essentiel, dès les premiers jours, de faire alliance avec son corps et d’en respecter les limites. C’est grâce à cette écoute et dans ce mariage harmonieux entre le corps et l’esprit que naît le sentiment de bien-être et que la vie devient vivante. Pour l’année 2016, je vous souhaite de marcher!2014-08-06 10.46.16

Bottes et Vélo - Emblême

Brigitte Harouni

Les bâtons de marche ou l’art de s’appuyer

Déjeuner-causerie - 18 avrilCe sera le thème de notre dernier déjeuner-causerie pour ce printemps 2015. Exceptionnellement, nous vous donnons rendez-vous à 9h00, samedi le 18 avril. Suite aux échanges habituels et au déjeuner, nous irons pratiquer la marche avec des bâtons sur la plage de St-Michel. Alors si vous avez vos bâtons de marche, pensez à les apporter. Nous pourrons en prêter quelques paires à ceux et celles qui n’en n’ont pas.

Les déjeuners-causerie se tiennent au 50 rue Principale, à St-Michel-de-Bellechasse.
Coût:15$/pers.

Pour vous inscrire suivez ce lien: http://bottesetvelo.com/bottes-et-vélo—déjeuners-causerie

Au plaisir de vous retrouver!Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté et Brigitte Harouni

Le guide du pèlerin: La Voie du St-Laurent

Le guide du pèlerin la Voie du St-Laurent est maintenant disponible!

Guide du pèlerin : La Voie du Saint-Laurent

Cliquez sur l’image pour vous le procurer.

Vous avez envie de parcourir ce magnifique pèlerinage que nous vous avons fait découvrir l’an dernier? Bottes et Vélo vous offre maintenant le guide complet et détaillé de cet itinéraire, incluant les hébergements et services disponibles sur ce parcours de 1870 km. Nouveauté à prendre en considération: ce guide est imprimé en format de poche et vous est offert à 17,00$. De plus, vous avez toujours la possibilité de vous le procurer gratuitement en format PDF.

La Voie du Saint-Laurent est un pèlerinage caractérisé par cette expression employée par les Amérindiens pour désigner le fleuve: le chemin qui marche.

Depuis toujours, le Saint-Laurent est désigné naturellement comme voie de pèlerinage. C’est le chemin qui, depuis des millénaires, a bâti l’Amérique du Nord. Des premiers habitants, aux grands explorateurs, tous ont emprunté La Voie du Saint-Laurent, Le Chemin qui Marche, en quête d’un meilleur!

Faire le pèlerinage de la Voie du Saint-Laurent, c’est se mettre en route avec ce fleuve aux grandes eaux depuis sa naissance jusqu’à son plongeon dans l’océan. Un parcours d’environ 2000 km qui vous fera traverser : la vallée du Niagara avec ses pêcheraies et ses vignobles; vous visiterez les grandes zones urbaines de Toronto, Montréal et Québec; vous parcourerez les magnifiques plages du Lac Ontario, de Cobourg à Sand Banks. Plus loin, au-delà de Québec, alors que le fleuve se fera plus large, vous découvrirez des villages pittoresques et vous serez gagné par l’odeur du large, le parfum iodé des eaux salées. Et plus vous avancerez vers la Haute-Gaspésie, plus vous serez conquis par l’immensité des paysages grandioses de cette région. La Voie du St-Laurent est un pèlerinage qui se savoure de mille et une façons.

Bon chemin!Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté et Brigitte Harouni

La quête du pèlerin

IMG_0067 L’être humain est fait pour être heureux. Il y a en chacun de nous, une part qui aspire à cet état de plénitude et la quête du pèlerin y est intimement liée. Le pèlerin marche, appelé par le bonheur, par la joie de vivre! Cependant, il y a dans l’horizon du pèlerin une réponse totalement anachronique à cet appel. Le pèlerin part en quête du bonheur et, au fil de sa route, le découvre d’une manière inattendue. Il sera compagnon de voyage, il sera en marche vers lui, mais il ne le possèdera pas!

Dans notre perpétuelle quête au bonheur, nous avons tendance à associer bonheur et possession. Cependant, cette forme de bonheur par appropriation (s’approprier l’objet, l’instant, les gens) éveille en nous la peur. Dès l’instant où nous croyons posséder l’objet de notre bien-être, s’éveille alors la peur de le perdre, la peur de souffrir. Lentement, pour ne pas souffrir, j’apprends à élever des fortifications autour de moi, pour me protéger. J’y entraîne à l’intérieur ceux et celles qui me sont chers. J’y enchaîne ce qui m’est précieux. Je verrouille à double tour et j’y cumule mon bonheur comme un placement en banque. Ce qui m’a rendu heureux aujourd’hui devrait me rendre heureux plus tard… Pourtant malgré cela, malgré tout ce qui m’entoure, malgré tout ce que je possède, malgré l’assurance de posséder, mon bonheur semble se dérober continuellement. Quand ce n’est pas lui qui fuit, c’est moi qui semble appelé à encore plus. Comme si chaque fois que je comblais un vide 2009 - Compostelle et Barcelone 114en moi, un autre se créait. Je ne suis jamais rassasié. Il me faut autre chose… Une nouvelle voiture, un nouveau partenaire, une nouvelle expérience, un nouveau look, un peu plus d’adrénaline, de luxe, des rénovations, de la spiritualité… je ne suis jamais comblé. Le bonheur me semble toujours fuyant. J’ai beau cumuler, accumuler, les honneurs, les richesses, les expériences de toutes sortes, le bonheur est toujours en avant.

Le bonheur se laisse désirer. Il nous attire vers lui, nous tenant dans cette tension qui demande l’effort de tendre vers. Il nous incite à l’initiative et nous responsabilise. Le bonheur nous attend sur la route, mais demande d’être en marche. Et si le bonheur était dans le mouvement?

Celui qui se lève et se met en route, tout comme le pèlerin, choisit de quitter ses certitudes, sa zone de confort. Il y a quelque chose d’inscrit au plus profond de nous qui nous laisse entrevoir dans l’exercice du pèlerinage, une réponse possible à notre désir de bonheur. Cependant, le pèlerinage ne fonctionne pas comme notre société. Sur le chemin, le pèlerin découvre rapidement que l’exercice le pousse à se défaire de tout. Les difficultés physiques l’amènent à se défaire de ses surplus, de ce qu’il croyait nécessaire à son bien-être. Soudainement dépossédé de ce qui engorgeait sa vie et semblait assurer son bonheur, il se surprend à être heureux. Libéré de tout ce superflu, le pèlerin s’observe et devient attentif à ce qui le faisait souffrir, alourdissait sa vie. Et, contrairement à nos habitudes de vie nord-américaines, moins devient plus : plus de légèreté, plus de plaisir, plus de bien-être…IMG_1178-3

Cette dynamique (sans nécessairement en avoir conscience) anime le pèlerin tout au long de sa marche. Il l’apprivoise et elle l’appelle, le pousse en avant, l’attire. Lentement, pas après pas, il découvre que souffrance et bonheur marchent ensemble. La première me signalant que je m’éloigne de l’autre. Sensible à cette réalité qui s’éveille, le pèlerin devient alors bienveillant envers lui-même. Le bonheur marche avec lui où l’attend au prochain carrefour, mais n’est jamais bien loin! Et lorsqu’il s’absente, c’est pour se faire désirer. Le bonheur devient itinéraire à suivre. Il se rencontre, il accompagne, il se traverse, mais jamais ne s’enferme. Je m’illusionne si je crois pouvoir me l’approprier.

« Hit the road Jack! And don’t you come back no more. » Prends la route Jack! Et ne reviens plus jamais, disait la chanson. Quitte ce vieux toi, cette part de toi qui te possède, t’enferme, te rend malheureux et n’y reviens plus jamais! Laisse-toi toucher par le chemin, par la Vie, laisse-toi transformer. Et si le bonheur était dans cette audace du pèlerin à sortir de ses enfermements?Flêche bleue sur roche Se trouver déposséder pour trouver l’abondance, la satisfaction? Habiter ce vide, ce manque, au cœur de notre être, comme un enfant qui s’ennuie, qui n’a rien pour jouer… C’est dans ce vide que naissent les belles histoires et la créativité. C’est dans ce vide que loge l’émerveillement. C’est dans ce vide que je m’efforce d’aller à la rencontre de l’autre parce que je suis confronté à ma solitude. C’est dans cet espace libre que circule la Vie, que Dieu se fait entendre…

La quête du pèlerin nous met en marche, nous tire en avant. Elle nous incite à prendre la route en vue d’un meilleur et chacun de nos pas s’inscrit alors dans le bonheur. Un bonheur qui ne se possède pas. Il faut marcher vers lui, avec lui. Le bonheur se poursuit, c’est ça qui rend heureux.Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté