Mise en garde : risque de déplacement intérieur!

Toute marche est une marche spirituelle.
Sagesse Celte
Nous vivons dans un monde organisé et structuré où tout se doit d’être prévu et planifié. Même nos vacances n’y échappent pas. Quoi que nous entreprenions, nous aimons l’anticiper et avoir une longueur d’avance pour nous assurer que l’expérience sera bien vécue. Ainsi, plusieurs personnes qui se préparent à vivre un pèlerinage se demandent fréquemment s’il est essentiel de se préparer avant de partir.

La Voie du St-LaurentIl va de soi qu’un minimum d’organisation au niveau du matériel à apporter et de l’équipement à se procurer est un incontournable. Et nous savons tous qu’il est fortement conseillé d’avoir marché et usé sur quelques kilomètres toute nouvelle paire de souliers ou de bottes. Tout comme il est bon d’avoir marché avec notre sac à dos pour en avoir trouvé l’ajustement qui se marie le mieux à notre corps.

La question n’est donc pas à ce niveau. Souvent, le futur pèlerin s’inquiète plutôt de l’effort physique que cette longue marche va exiger. Il se demande donc s’il est nécessaire de commencer un entrainement quelques mois ou semaines avant le grand jour. Chez Bottes et Vélo, nous pensons que si la personne n’a pas de problématique de santé particulière, l’entrainement n’est pas une obligation. La forme physique se développera graduellement à chaque pas et à chaque jour que fera le pèlerin sur le chemin. Le pèlerinage n’est pas une course, ni même une recherche de performance physique. C’est une longue pause dans le temps qu’une personne s’offre à elle-même,  un voyage au sens exact du terme, au bout duquel elle reviendra différente, transformée par l’alchimie de la marche.

Chemin KamouraskaS’il est une préparation que le futur pèlerin devrait avoir, elle ne devrait pas se situer au niveau physique, mais au niveau psychique. Avant de partir, plusieurs parents et amis questionnent celui qui part en pèlerinage. Pourquoi à pied? Pourquoi voyager aussi rudimentairement? Aussi longtemps? Ainsi, entamer une ébauche de réponse, commencer la réflexion, creuser en soi pour prendre conscience de ce qui nous appelle et nous attire dans cette expérience; identifier le mieux possible nos attentes et les fruits que nous souhaitons cueillir et rapporter au terme de ce voyage; sont des étapes fondamentales de préparation à un pèlerinage.

Notre quotidien est parsemé de panneaux avertisseurs : « peut contenir des traces d’arachides », « attention chaussée glissante », « chute de glace! ». S’il est une mise en garde à donner au futur pèlerin pour l’aider à se préparer à sa longue marche, ce serait : « attention, risque de déplacement intérieur ». Autant vous aurez à regarder où vous posez le pied, autant vous devrez être attentif à ce qui se vit en vous, à ce que votre corps, votre façon d’agir et de réagir, vous dit. En marchant, vous allez très certainement ressentir diverses émotions psychophysiologiques qui risquent de donner de nouvelles dimensions à votre existence.

La Voie du St-LaurentLe pèlerin averti n’est pas celui qui a l’équipement révolutionnaire le plus léger, ni celui qui dévore les kilomètres dans un temps record sans se blesser. Le pèlerin averti est celui qui a compris qu’en plus d’améliorer sa condition physique, cette très longue marche est une rupture spatio-temporelle, matérielle et spirituelle, qu’il s’offre pour voir plus clair sur sa route de vie.Bottes et Vélo - Emblême

Brigitte Harouni

Le second souffle du pèlerin

La vie s’arrête lorsque la peur de l’inconnu est plus forte que l’élan.
Hafid Aggoune
Adolescente, durant les cours d’éducation physique, je redoublais de créativité pour éviter l’épreuve insurmontable que représentait la course d’endurance.  Courir me mettait dans un état d’essoufflement tellement inconfortable et paniquant que je ne souhaitais qu’une chose, m’arrêter pour reprendre mes sens ou mieux encore, trouver une bonne excuse pour fuir cette souffrance. Mon enseignant m’encourageait et me poussait à poursuivre l’effort : « continue, tu vas trouver ton second souffle! » J’avais plutôt l’impression que j’allais perdre connaissance.
La Voie du St-Laurent

Pourtant, un jour, ne pouvant éternellement éviter mes obligations, j’ai couru en maintenant l’effort, et j’ai enfin compris ce que voulait dire mon enseignant. J’ai découvert cet état dans lequel nous fait basculer le second souffle. Je l’ai vécu comme un regain d’énergie, un nouvel élan. Je venais de changer de vitesse, d’embrayer sur une plus petite roue. Je me sentais capable de courir tout le reste de la journée. Une sensation de soudaine facilité, libérée de la compression de ma respiration, venait de me surprendre. Évidemment l’explication physiologique du phénomène est simple : lorsque je m’active, mon rythme cardiaque et ma respiration s’élèvent, obligeant les grandes fonctions de mon corps à s’adapter à ce changement. La sensation de bien vivre malgré l’effort, le second souffle, arrive lorsque le corps a réussi à s’ajuster à la demande et à se stabiliser. Je ne m’éterniserai pas sur les explications du phénomène car ce qui m’attire ici, c’est tout ce que ce second souffle m’a permis d’apprendre, tout ce qu’il symbolise dans la vie. Car, à partir de ce moment, mon rapport à l’exercice physique soutenu a changé. Sans pour autant devenir une fervente marathonienne, je me suis résignée à faire l’effort demandé car je savais maintenant, que malgré l’essoufflement et la congestion respiratoire, j’allais accéder à un mieux-être. Je savais que mon second souffle viendrait. Winston Churchill a dit : « Si vous traversez l’enfer, continuez d’avancer.» Et il avait bien raison. Si j’arrête de courir au lieu de persévérer dans l’effort, alors tout le travail entamé devient désuet. Et lorsque je reprends ma course, tout est à recommencer.

La Voie du St-LaurentAujourd’hui adulte, je m’engage annuellement dans de longs pèlerinages, que ce soit à pied ou à vélo, et je passe ce même cap du second souffle à chaque fois. Sauf que je ne parle plus de second souffle ici car le cap franchit n’est pas uniquement physique. Il est également mental. Après quelques jours de pur plaisir, de dépaysement bucolique touristique, survient l’accumulation de fatigue du corps et ce petit creux dans le moral: « pourquoi me donner autant de misère? Pourquoi ne pas voyager en voiture? Pourquoi ne pas prendre des vacances plus confortables? » Le désir de tout arrêter. Puis, arrive le 10e jour (aux environs du 10e jour) : Le second souffle du pèlerinage! Ce moment où la pèlerine que je suis, entre dans un nouvel état physiquement et mentalement. Après tous ces jours d’ajustement face aux changements demandés que ce soit tant au niveau de la routine de vie qu’au niveau des efforts exigés sur le corps, tout en moi semble s’être adapté à mon nouveau mode de vie, me rendant ainsi chaque journée plus facile. Investie de cette nouvelle énergie, je me sens prête à cheminer sur des kilomètres l’esprit maintenant disponible pour jouir pleinement de l’expérience. C’est sachant que ce 10e jour existe que je me pousse à repartir pèleriner. Car malgré l’épuisement et le découragement que je vis après une semaine, je sais que mes efforts seront prochainement récompensés et que je découvrirai cet état de plénitude que ce mode de vie me procure.

La Voie du St-LaurentDans les deux cas, l’expérience me permet de réaliser que le corps est une machine surprenante ayant une capacité d’adaptation incroyable. Quel que soit le défi que je décide de relevé, l’épreuve que la vie met sur ma route, le corps passera au travers. Tout dépend donc de l’état d’esprit dans lequel je choisis d’affronter ma difficulté et de surmonter l’adversité. Mon expérience de vie, la découverte du second souffle, celle du 10e jour, m’incitent à croire en l’avenir, à croire en mes capacités à survivre à une épreuve, à croire en mon potentiel de résilience, c’est-à-dire, ma capacité à résister aux assauts de la vie et à transformer ma façon d’être et de faire, à me reconstruire une nouvelle zone de confort. Mon expérience de vie me démontre que la douleur n’est pas éternelle, qu’elle passera si je fais les efforts pour aller vers ce « meilleur » que je me suis fixé. Et c’est cette conviction qui m’aidera dans mes épreuves futures à persévérer, car c’est la persévérance qui me mènera à atteindre cet état de mieux-être que je désire rejoindre. C’est cette foi, cet élan intérieur qui me pousse vers l’avant, qui rend la suite possible.

Pas besoin de courir, ni de pèleriner pour connaitre la sensation du second souffle. Il suffit de devoir persévérer dans une voie qui nous semble sans issue, douloureuse ou insurmontable, mais qui nous apparaît comme un passage nécessaire pour accéder à un objectif que l’on désire réaliser.  Le second souffle, ou le 10e jour, indiquent qu’avec endurance, détermination, un pas à la fois, nous traverserons cet enfer. Le second souffle, c’est le moment où vous commencerez à vous sentir plus léger, plus heureux d’être rendu là où vous êtes. Vous serez passés à travers l’œil de votre cyclone, le défi vous semblera moins effrayant, vous vous sentirez plus en contrôle. Le second souffle vous permet de conscientiser tout votre potentiel de résilience!Bottes et Vélo - Emblême

Brigitte Harouni

La Voie du St-Laurent (Jour 3): Partir en lion

Trois jours et trois-cents kilomètres plus loin, nous voici arrivés à Cobourg un joli village en bordure du Lac Ontario qui vous donne l’impression d’être au bord de la mer avec sa plage de sable blond et son ciel qui vient toucher le lac à l’horizon.

Après avoir traversé Toronto, qui a une magnifique piste cyclable en bordure du lac mais dont les travaux au centre-ville ont rendu la visite pénible, nous nous sommes engagés à nouveau sur des petites routes et sentiers de campagne. Rarement la route passe sur de grandes artères ou20140703_163418 par des quartiers industriels. La Voie du St-Laurent, en Ontario, emprunte le trajet de la piste cyclable du Waterfront Trail: des sentiers et voies cyclables réservés, à 80%! Un parcours très bien fait et généralement bien balisé, sauf dans certains secteurs où il y avait
des travaux. Chaque kilomètre nous entraîne sur des suites de plages et de méandres en forêt qui nous émerveille, tellement que nous prenons souvent du retard sur nos planifications de parcours et arrivons plus tard que prévu…

Nous sommes partis en lion: 150 km la première journée! 100 la deuxième. 70 aujourd’hui… Tout est beau, la température est belle, on a le goût de tout voir! On a l’ambition dans le plafond! C’est merveilleux! On se donne à fond!

Le corps par contre ne l’entend pas de la même façon. Lentement, il s’épuise. Il n’a jamais assez de temps pour récupérer. Les muscles sont plus raides et plus douloureux. Ils mettent plus de temps à se remettre de cet effort intense.

Et si ce n’était que les muscles! Essayez d’imaginer ce que je ressens chaque fois que je m’assoie sur ma selle de vélo. Ouf! Mais c’est encore bien pire lorsque je descends de mon vélo, l’effet d’être décollé comme un velcro. Ça fait mal!!!! 🙂

Bon suffit de parler de mes arrières, revenons seulement sur cette douleur et cet emportement dans le projet à tout vouloir faire dès la première journée. Cette facette du pèlerinage m’a fait réfléchir à ce que vivent les pèlerins de l’IRDPQ…20140703_111646_5

Comme le disait, à la blague, Brigitte dans un des vidéos mis en ligne sur notre page facebook: « La différence entre le pèlerinage et des vacances: c’est que le pèlerinage ce n’est pas des vacances! » Il y a l’idée derrière le pèlerinage d’effort, de répétition, de persévérance, même quand ça devient difficile. Quelque part en nous, on ne se donne pas le droit d’abandonner, car on sait que le chemin recèle aussi son lot de bonheurs, de découvertes et d’apprentissages qui nous feront grandir. La pèlerin qui abandonne reste sur sa faim. Il n’est pas allé au bout et ne saura jamais ce qui aurait pu advenir de cette expérience, d’avoir fait cet effort…

20140703_111009Le pèlerin qui va faire ses exercices régulièrement à l’IRDPQ sait très bien que ce n’est pas comme aller au gym pour s’entraîner. Nous savons que, dans un cas comme dans l’autre, celui ou celle qui voudra aller trop vite risque d’abandonner. La réussite, celle de la Vie, est dans la lenteur. Que c’est dans l’avancement par petits pas que les miracles se réalisent. Que c’est d’une qualité de vie dont on parle, de retrouver une autonomie perdue. Allez trop vite éteint peut-être l’espérance dans les moments où les progrès semblent moins évidents… D’où le risque d’abandonner.

En avançant sur la route du pèlerinage, qu’il soit celui de la réadaptation ou autre, le pèlerin qui abandonne se prive d’une part de liberté. Prendre son temps, permet de retrouver cette part de liberté.Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté

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Comment soigner les ampoules aux pieds

Notre corps est la barque qui nous portera jusqu’à l’autre rive de l’océan de la vie. Il faut en prendre soin. Swami Vivekananda

Nous avons vu, dans un précédent article, qu’il était possible de prévenir l’apparition d’ampoules aux pieds, ou du moins d’en diminuer la taille et le nombre. Cependant, lors d’une très longue randonnée pédestre, nul n’est réellement à l’abri de cet irritant, surtout si en plus nous portons constamment une charge sur nos épaules. Même avec beaucoup de soins et d’attention, nos pieds traversent une très rude épreuve! Ainsi, si des ampoules apparaissent, il est essentiel de leur apporter le traitement le plus approprié afin d’obtenir une guérison rapide et efficace.pied pansé

Avant de soigner une ampoule, nous devons comprendre pourquoi notre corps réagit de la sorte. Ainsi, les ampoules apparaissent lorsque trois facteurs sont présents : chaleur excessive, frottement continu et humidité. Si la peau s’échauffe à cause du frottement, elle se ramollit avec l’humidité et ses couches se séparent. Une ampoule commence à se former. Pour protéger les tissus de la peau, notre corps sécrète un liquide entre deux couches de notre peau, comme dans le cas de brûlures. Ce liquide forme un coussin qui atténue la pression exercée sur la peau du dessous, la protège du frottement et de la chaleur. De plus, ce liquide contient des protéines et des substances anti-inflammatoires aidant à une meilleure guérison des cellules affectées. Et pour parfaire l’opération, la pellicule de peau de la couche superficielle qui forme la cloque empêche les bactéries et les saletés d’infecter la blessure. On peut donc remercier notre corps de prendre si bien soin de nous! L’ampoule qu’il crée est un mécanisme de défense des plus ingénieux et des plus complets!
Alors que doit-on faire si une ampoule apparait?

• Si l’ampoule n’est encore qu’une petite rougeur, et que vous devez continuer de marcher, appliquez une pommade et mettez un pansement. Cela soulagera le corps et ralentira considérablement le développement de l’ampoule.

• Si l’ampoule n’est pas douloureuse, vous pouvez la laisser guérir d’elle-même.

• Si l’ampoule est douloureuse, vous pouvez, à l’aide d’une aiguille stérilisée, percer la peau à la base de l’ampoule. Laissez le liquide s’écouler pour enlever de la pression. Si possible conservez un peu du liquide pour protéger et nourrir la peau affectée. Et surtout, conservez la pellicule de peau qui sert de « pansement naturel ». Lorsque le corps n’en aura plus besoin, cette pellicule de peau, qui est morte, sèchera d’elle-même. Si vous devez continuer de marcher, désinfectez l’ampoule puis appliquez une gaze ou un pansement. Mais dès que vous pourrez vous le permettre, retirez le pansement et laissez la peau à l’air libre pour que l’ampoule sèche et se durcisse. Si l’ampoule se remplit à nouveau et que la pression du liquide est douloureuse, vous pouvez encore une fois percer la peau à la base de l’ampoule.

• Si l’ampoule est percée ou déchirée, à l’aide de ciseaux stérilisés, retirez la peau jusqu’à la base de l’ampoule, puis désinfectez la jeune peau. Si vous devez continuer de marcher, appliquez un pansement ou une gaze avec un onguent antiseptique. Fixez le tout avec un sparadrap résistant, solidement sans pour autant trop serrer, pour vous assurer qu’il ne bougera pas durant la marche. Ceci réduira le frottement et les risques d’infections. Dès que vous le pourrez, retirez le pansement, nettoyez la peau et laissez-la s’aérer. pieds dans l'eau

• Pour bien prendre soin de ses ampoules, une règle demeure : permettez à la peau de se reposer. Ainsi, aussi souvent que possible, lavez vos pieds et laissez-les à l’air libre.

Prendre des antidouleurs et continuer de marcher est une solution pour certains. Pourtant cela signifie engourdir le canal de communication entre le corps et l’esprit. C’est faire la sourde oreille à un cri du corps et se faire croire que le problème mécanique rencontré est résolu. C’est risquer d’aggraver la situation : pour aller plus vite? Plus loin? Pourquoi? Si vous en prenez, assurez-vous de pouvoir demeurer sensible à la blessure du corps. Les antidouleurs demeurent une solution de soulagement momentané de la douleur et non un traitement en vue de soigner les ampoules.

Notre corps est une merveilleuse machine. Aucun moyen de déplacement n’a une aussi grande durée de vie, ni de telles conditions d’auto-réparation. Et comme l’a dit Nelson Mandela : « Le corps humain a une faculté extraordinaire d’adaptation; j’ai découvert qu’on pouvait supporter l’insupportable si l’on gardait le moral, même quand le corps souffrait». Il faut donc savoir en prendre soin.Bottes et Vélo - Emblême

Brigitte Harouni

Comment prévenir les ampoules aux pieds

Quand tu souffres, regarde la douleur en face :
elle te consolera elle-même et t’apprendra quelque chose.
Alexandre Dumas

2009 - Compostelle et Barcelone 066La saison des pèlerinages arrive à grands pas! Et bien que plusieurs pèlerins et randonneurs disent que faire des ampoules aux pieds est inévitable lorsque la marche est longue, il est malgré tout possible d’en limiter la formation. Alors, pour partir du bon pied, voici quelques conseils bien éclairés au sujet des ampoules.

Tout d’abord, afin de pouvoir prévenir l’apparition d’une ampoule, il importe d’en comprendre le phénomène. On retrouve essentiellement trois facteurs qui sont à l’origine de la formation des ampoules: l’humidité (la transpiration), le frottement continu et la chaleur. Dans une chaussure, les trois éléments sont présents. La transpiration détend la peau qui sera plus susceptible de générer des ampoules là où un frottement répété se produit. La chaleur dans la chaussure combinée à la chaleur du frottement accentue la réaction du corps face à cet assaut. C’est alors que le corps sécrète un liquide pour protéger la peau du frottement continu, de la pression répétée et de la chaleur excessive. Ce liquide contient des protéines et des substances anti-inflammatoires aidant à une meilleure guérison des cellules affectées. Mais si, malgré tout, les attaques continuent, les nerfs avoisinant la zone touchée réagissent en envoyant un signal de douleur. L’ampoule est donc un mécanisme de défense du corps qui apparaît lorsque le marcheur a ignoré les signaux de douleur.

Lors d’une très longue randonnée, il est presque certain que des ampoules feront un bout de route dans vos souliers, mais il est possible d’en diminuer le nombre et la taille. Voici quelques conseils préventifs :

• Choisissez une chaussure dans laquelle vous êtes pleinement confortable, sans points de frottement. Elle doit également être adaptée au type de randonnée que vous souhaitez entreprendre, avoir un bon support sans être trop chaudes.
• Usez lentement vos chaussures neuves avant le grand départ. Faites de courtes distances pour qu’elles s’assouplissent et épousent la forme de votre pied.
• Lacez correctement vos chaussures : assez pour diminuer le frottement lorsque vous marchez, mais pas trop pour permettre une bonne circulation du sang et une flexibilité dans le mouvement du pied.
• Crémez généreusement vos pieds avec une crème épaisse ou un lubrifiant, surtout les zones susceptibles de faire des ampoules, cela diminuera le frottement et la chaleur qu’il génère.
• Appliquez un pansement large et épais sur la zone de frottement ou sur celle qui a tendance à faire une ampoule pour éviter que ce soit la peau qui soit irritée.
• Changez régulièrement de bas pour avoir toujours les pieds au sec. Choisissez un bas qui convienne au type de randonnée que vous faites. Il doit absorber la transpiration sans pour autant être trop chaud.
• Portez deux paires de bas pour que le frottement se fasse entre les deux bas et non avec la peau. Le bas du dessous est un bas spécialisé et mince qui moule bien le pied appelé «liner». Le second servira à absorber la transpiration.

Toutes ces méthodes ont fait leurs preuves. Mais chaque pèlerin a une approche préventive qu’il s’est appropriée, qui convient au type de marcheur qu’il est et aux pieds qu’il a. L’important est d’en avoir une! Et de tous les conseils préventifs que l’on puisse donner, le plus important demeure :

• Être à l’écoute des signaux envoyés par notre corps. Que ce soit une sensation d’inconfort, un élancement ou une douleur plus aigüe : arrêtez-vous! Prenez le temps de comprendre d’où origine la douleur et cherchez quelle peut en être la cause. Puis rajustez-vous. Ne restez pas indifférent à la douleur, elle ne disparaîtra pas d’elle-même, et la solution peut s’avérer fort simple : resserrer les lacets, recrémer les orteils, ajuster le bas. Et surtout, prenez des pauses! Profitez-en pour enlever vos chaussures, vos bas et laissez vos pieds se rafraichir, se reposer, se faire masser! Prendre le temps de prendre soin de vos pieds vous permettra de mieux profiter du reste du voyage.les pieds - Muxia

Personne n’est à l’abri d’une ampoule au pied, surtout quand nos jambes sont notre moyen de transport! C’est pourquoi il est essentiel avant de partir de prévoir des moyens qui vont prévenir les risques d’apparition des ampoules. Puis, durant le pèlerinage, même si aucune ampoule n’est encore apparue, il importe de rester attentif aux signaux que nous envoie notre corps afin de pouvoir rapidement réagir et intervenir adéquatement. Essayez les différents conseils, vous finirez par trouver une combinaison qui vous sied, car chacun finit toujours par trouver chaussure à son pied!

Je vous donne rendez-vous dans 2 semaines pour la suite de cet article : Comment soigner les ampoules aux pieds?Bottes et Vélo - Emblême

Brigitte Harouni

Je connais la solution à mon mieux-être

« Ce n’est pas le pèlerin qui fait le chemin mais le chemin qui fait le pèlerin. »
Bottes et Vélo

Lors d’un pèlerinage, chacun aborde le chemin avec son bagage personnel. Et quel que soit l’élan des premiers jours, chacun sera plus ou moins rapidement confronté à ses propres limites. Ces limites semblent d’ordre physique mais originent du caractère de chacun. Soigner le corps est nécessaire, mais on ne règlera rien si l’esprit ne change pas. Et c’est exactement ce que le chemin nous enseigne.

Nous étions un petit groupe à marcher « ensemble ». Réellement seuls, nos pas s’entrecroisaient au gré des petites haltes, des villages et des auberges :

  • Les pèlerins - bottesMark, fier homme de carrière, joyeux, mais compétitif dans l’âme, marchait d’un pas rapide et déterminé toujours en tête du groupe. Après quelques jours, il ressentit une douleur à la jambe gauche. Mais qu’importe, il continua d’avancer au même rythme, se disant que le mal passerait. Malheureusement, le contraire se produisit, la jambe enfla tant qu’on ne voyait plus l’os de la cheville.
  • Julie, jeune étudiante suivait le groupe avec plaisir. Pourtant chaque pas la faisait souffrir. Mal équipée, son sac lui sciait les épaules et dans ses espadrilles de course, ses pieds étaient ourlés d’ampoules. Croyant que la douleur devait faire partie de l’expérience et se refusant à marcher seule, elle continuait sa route.
  • Agostina, enseignante toujours souriante marchait d’un bon pas. Avisée et préparée pour ce voyage, elle avait tout de la parfaite pèlerine! Bien conseillée, elle portait un sac à dos plus petit, donc plus léger, et donc aussi moins logeable! Alors, pour s’accommoder, elle portait en bandoulière une grosse sacoche. Après plusieurs jours de marche, elle commença à se plaindre d’une douleur à la hanche. Elle ralentit le pas, mais la douleur élança encore.
  • Rolf, fanfaron de la troupe, semblait s’amuser tout le long du chemin. Toujours prêt à aider, allant même jusqu’à porter le sac d’une belle en peine, il se plaisait à faire la grâce matinée pour ensuite rattraper le groupe de son pas militaire entrainé. Se déplaçant à un rythme surprenant, il ne semblait jamais se fatiguer. Il partait plus tard, arrivait plus tôt, nous rattrapait, nous dépassait. Toujours de bonne humeur, jamais à se plaindre : un homme, un vrai! Puis, presque en fin de parcours, il nous annonça qu’une énorme bosse le faisait souffrir à la jambe et que ses ampoules étaient rendues insupportables.

Chacun savait très bien ce qui allait aider le corps à mieux avancer. Mais il n’est pas facile de changer sa façon d’être. Cependant, sur le chemin, si l’on souhaite terminer sa route, on n’a pas le choix, il faut s’ajuster. Un pansement ou un baume ne suffira pas. Ainsi, Mark a dû s’arrêter deux jours, pour laisser le temps à sa jambe de reprendre sa forme; Julie a pris une demi-journée de repos et a décidé de moins marcher à chaque jour; Agostina a choisi de rester avec Julie pour l’aider à terminer la route et, ne se décidant pas à abandonner sa grosse sacoche, a pris l’habitude de la changer d’épaule régulièrement; et Rolf a aussi fait une pause, mais simplement d’une journée et a continué en marchant moins rapidement et moins longuement. Finalement, tous se sont rendus au bout de leur voyage.

Ce que l’histoire ne dit pas c’est si chacun a su par la suite conserver ses apprentissages pour les mettre en application dans leur quotidien. Mark est-il toujours aussi compétitif au point de s’oublier? Julie prend-elle le temps d’être seule et de faire les choses à son rythme? Agostina s’est-elle délestée des tous ces objets que l’on traine « au cas où » pour se rassurer? Et Rolf pense-t-il à prendre plus soin de lui que des autres?IMG_4057

Dans la vie, nous suivons tous un chemin. Il faut se demander si nous l’abordons pour en profiter pleinement. Avons-nous une douleur qui nous suit? Une blessure que nous ne laissons pas cicatriser correctement? Croyons-nous que ce mal passera de lui-même? Choisissons-nous de poursuivre malgré tout? De l’ignorer? Très souvent, nous connaissons la solution à notre mal. C’est la décision d’agir pour le résorber qui nous est plus ardue. En ce début de printemps, saison des amours et du ménage, prenons le temps de prendre soin de nous. Faisons un peu de ménage dans ce qui nous « encombre » l’esprit, chacun à sa façon, en respectant qui on est : une solution sur mesure. Sénèque a dit : «Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles.»Bottes et Vélo - Emblême

Brigitte Harouni

Le pèlerinage de longue randonnée est-il accessible à tous?

Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait!
Mark Twain

Marcher 400, 600, 800 kilomètres; peut-être même plus! L’entreprise peut sembler irréaliste. Est-ce que c’est pour moi? Ai-je la capacité physique de faire un pèlerinage de longue randonnée? Ces questions, on se les pose tous avant notre départ. Pourtant, ce vieux proverbe devrait nous rassurer : « Ne regarde pas  le sommet de la montagne, mais le pas que tu t’apprêtes à franchir. » Ce premier pas est le seul qui importe. C’est la démesure du projet qui nous fait douter. Ajoutez à cela un brin de crainte…, de manque de confiance…, la peur de souffrir aussi…2009 - Compostelle et Barcelone 037

Sur les chemins de pèlerinage que nous avons parcourus, nous avons rencontré des personnes de tous âges et de toutes conditions. Je vous dirais bien de 7 à 77 ans, mais ce serait mentir… Il y en avait de bien plus vieilles!

Le pèlerinage est un chemin intergénérationnel, fréquenté par des gens aux états et conditions diverses. Des gens qui proviennent de tous les milieux. « Le pèlerin dans tous ses états », voilà ce que Bottes et Vélo tente de refléter du pèlerinage. Cette diversité humaine qui tisse la réalité du chemin est faite de fils de toutes les couleurs, de toutes les grosseurs et aux résistances différentes. Une diversité qui chemine, se laisse toucher, transformer. Peu importe l’âge ou l’état physique, c’est le désir de vivre l’expérience qui l’emporte.

IMG_1198Se lancer sur les routes d’un pèlerinage de longue randonnée demande une conscience éclairée de ses capacités et de son état de santé. C’est lorsque l’on se ment sur son propre compte que les blessures surviennent, que l’on abandonne. Conscient de vos capacités vous pourrez adapter votre pèlerinage à vos besoins. Avoir conscience de son corps et entretenir un rapport sain avec le temps seront des atouts majeurs pour bien vivre le projet. Il n’est pas nécessaire de marcher 30 ou 40 km par jour pour être pèlerin! Le pèlerin est celui qui s’est mis en marche avec tout son être : « corps et âme dans le temps ». Le pèlerinage oblige à une véritable incarnation. Beaucoup s’agitent dans tous les sens, ils ne sont pas pèlerins pour autant. Un proverbe arabe dit : « L’âne peut aller à la Mecque, il n’en reviendra pas pèlerin! » Alors prenez le temps de vivre l’expérience selon vos aptitudes.  Certaines personnes marcheront 15, 10 ou 5 km et c’est bien suffisant. (Prenez note que je me réfère plus souvent à la marche qu’au vélo, mais que dans le contexte d’un  pèlerinage à vélo les mêmes recommandations s’appliquent. Certains pèlerins à vélo feront de 100 à 200 km par jour, IMG_1370-2n’en faites pas une mesure à atteindre si pour vous 50 km est suffisant.) Retenez que le pèlerinage, en bottes ou à vélo, n’est pas une course. Au contraire, il permet un nouveau rapport au temps. Un temps naturel qui s’harmonise à nos capacités.  Il ne vise pas non plus à faire vos preuves. Sur le chemin, il suffit d’être en route et d’accueillir le changement, d’accepter d’être déstabilisé dans nos repères quotidiens. La transformation se fera alors aisément, tout comme le papillon qui sort juste à point de son cocon. Nos rigidités devront être observées également. Nous avons souvent développé des rigidités qui font en sorte qu’il est devenu difficile d’avancer. Combien d’objets, d’idées, d’opinions, de perceptions auxquelles nous accrochons-nous? Si nous ne nous croyons pas à la hauteur d’un tel projet, c’est bien plus par le regard que nous portons sur nous-mêmes, par de fausses perceptions que nous entretenons.

IMG_1533S’il est bien une souffrance que le chemin appelle à se défaire c’est celle-ci : rompre avec ce regard inquisiteur que l’on porte sur soi. Se défaire de cet esprit comparatif qui m’évalue en fonction de l’autre; me défaire de cet esprit compétitif qui me juge selon mon rendement. Le pèlerinage ne se situe pas du tout dans ce registre.Sur les chemins de pèlerinage, nous avons rencontré des familles avec de jeunes enfants; des couples; des célibataires; des personnes âgées, seules ou en couple, en pleines formes, souffrant d’arthrite, de haute ou de basse pression, de problèmes cardiaques. Nous avons rencontrés des personnes amputées d’une jambe, des aveugles, des cancéreux, des sidéens et bien d’autres, souffrant de diverses 2009 - Compostelle et Barcelone 318maladies ou handicaps. Ce n’est pas ce qui les arrêtait, au contraire, c’est peut-être même ce qui les mettait en marche…

Pour se lancer dans un pèlerinage de longue randonnée, il suffit de ne pas s’illusionner sur ses capacités et d’être attentif aux signes de son corps, de bien planifier le projet, de se rassurer en somme.
J’ai beau être en bonne forme physique, avoir fait plusieurs pèlerinages de longue randonnée, il m’est arrivé de me blesser lors de certains voyages. La souffrance et les blessures ne sont pas inévitables. Nous pouvons cependant les limiter en étant attentif. Plus je suis attentif aux signes de mon corps, plus mon pèlerinage se déroulera bien d’un point de vue physique. Mon corps me guidera et m’incitera à faire les pauses au bon moment. Il 2009 - Compostelle et Barcelone 421me rendra attentif au frottement qui m’use lentement l’épaule et j’ajusterai les sangles de mon sac avant qu’il ne soit trop tard. Je n’ignorerai pas la douleur au genou, au pied ou à la hanche. Je ferai ce qu’il faut au bon moment et les souffrances physiques pourront être limitées. Je dis physique parce que même si le corps va bien et que l’on en prend soin, il y a des souffrances d’ordre spirituel qui ne pourront être évitées.

C’est le désir de s’intérioriser, de se recentrer, qui nous met en route. Pourtant, cette visite intérieure ne se fait pas sans heurt. Et la souffrance qui sera le plus à craindre est celle qui nous a fait sortir de nos chaussettes pour nous faire enfiler nos bottes, enfourcher notre vélo! Faire un pèlerinage de longue randonnée est souffrant parce que c’est sortir de sa zone de confort. Hors de nos repères quotidiens, le pèlerinage nous confronte à nos dépendances, même lorsque nous ne l’aurions pas cru. Et parfois nos dépendances sont si 2009 - Compostelle et Barcelone 523subtiles, que le chemin nous invite à creuser davantage en nous faisant faire toutes sortes détours. Inconsciemment, elles sont peut-être la raison pour laquelle nous nous lançons sur ce chemin…

Le pèlerinage de longue randonnée est comme un grand ménage de printemps. Il nous débarrasse du trop-plein – parfois bruyant, parfois inutile, parfois nuisible – de nos vies; sondant les moindres recoins de notre être. Le pèlerinage libère des toxines physiques, sociales et spirituelles. Il nous défait de toutes ces charges inutiles. Le pèlerinage est un lieu privilégié qui permet un passage par le vide. Mais ne vous méprenez pas, ce n’est pas non plus une torture psychologique! Le pèlerinage nous entraîne sur des voies intérieures que nous serons capables d’appréhender; chacune en son temps, un pas à la fois. Ne regardez pas le sommet de la montagne, seulement le pas que vous vous apprêtez à franchir… et le pèlerinage vous sera accessible.2011 086

N’hésitez pas, soyez nombreux à vous lancer sur les « caminos » du Québec. Nos chemins sont merveilleux et permettent une expérience digne du Chemin de Compostelle! Ce sont les pèlerins d’ici qui feront de nos chemins de pèlerinage des voies dignes de Compostelle. Un chemin est habité par l’âme de tous ses pèlerins.

Éric LalibertéBottes et Vélo - Emblême