Des paroles qui font du chemin!

We’re different, and we like it that way.
William and Mary College

La richesse d’aller dans un symposium réside dans la variété des expertises et des points de vue avec lesquels chacun aborde une même réalité. Le symposium sur les études pèlerines auquel Bottes et Vélo a participé récemment, a permis d’ouvrir les horizons sur des facettes du pèlerinage que nous n’aurions pas suspectées. Le symposium rassemblait une communauté de chercheurs de divers domaines tels que la sociologie, les études classiques, les études religieuses, l’anthropologie, la littérature et les langues, l’histoire de l’art, la kinésiologie, le théâtre et la danse, l’histoire médiévale, le droit, l’écologie, l’éducation. L’univers du pèlerinage s’est ouvert sur des fenêtres que nous avons eu plaisir à découvrir. Laissez-moi vous partager les découvertes que j’y ai faites.

Tout d’abord, première belle découverte, l’Institut d’études du pèlerinage du Collège de William & Mary. Et surprenamment, le fait que cet institut fait partie intégrante non pas de la faculté de théologie ou d’histoire, ni même de celle de sociologie, mais bien de la Faculté des arts et des sciences. De quoi déjà annoncer une ouverture sur une approche différente de celle que nous avons l’habitude d’avoir. C’est en 2011 que le professeur George Greenia, du Département de Langues et Littératures Modernes du Collège de William & Mary, fondateur de l’Institut, a mis sur pied le premier consortium. Depuis, avec une équipe d’experts issus de divers champs de recherche, il contribue à la mise en place de plusieurs activités toutes liées au pèlerinage. La mission de cet institut est de promouvoir la réflexion internationale sur le pèlerinage et de faciliter le développement du programme d’études à l’étranger du collège, dont le campus est basé dans la ville de Santiago de Compostelle, en Espagne.

Nous avons eu l’occasion de rencontrer plusieurs étudiants universitaires ayant participé à ce programme d’études à l’étranger. Ce programme d’une durée de 6 semaines, se déroule entièrement en Espagne et est divisé en trois phases : 2 semaines d’enseignement en classe, 3 semaines de marche sur le chemin de Compostelle et un atelier d’une semaine pour élaborer un projet de recherche interdisciplinaire permettant d’intégrer les apprentissages pèlerins. Les étudiants, tous dans la jeune vingtaine, nous ont partagé leurs apprentissages et leurs réflexions : avantages et inconvénients de voyager seul et ceux de voyager accompagné, comment réinvestir les habiletés acquises en chemin (confiance, débrouillardise, audace…), pourquoi certains se blessent et d’autres pas, pèlerinage ou randonnée : quelle est la différence, …

Maintenant, concernant les présentations originales, voici celles que j’ai retenues :

  • Le rôle des guides de pèlerinage : Plusieurs questions intéressantes sont posées : comment le guide du pèlerin accompagne le pèlerin tout au long de son pèlerinage. Avant, pendant, après? Qu’est-ce que le pèlerin y annote? Quel est le parcours de vie de chaque guide du pèlerin : il nous est donné, on va le prêter à un ami, on en a déchiré les pages inutiles, on le garde précieusement au retour, …? Qu’est-ce qui a influencé notre choix de guide? Les réponses que chacun apporte décrivent en partie des traits qui nous caractérisent, le type de pèlerin que nous sommes.
  • Un titre accrocheur : Pilgrims in pain : Walking it off
  • Le pèlerinage pour guérir les blessures morales chez les vétérans de guerre : un processus d’accompagnement qui a fait ses preuves auprès d’anciens combattants portant encore les séquelles morales de traumatismes vécus sur les terrains en guerre. Constitué de quelques rencontres préparatoires, puis d’un séjour de plus de 7 jours à Lourdes, ce programme d’aide souligne l’importance de la durée du séjour, de la rupture avec le quotidien, des partages de groupe et des rencontres individuelles faites avec des accompagnateurs spirituels du sanctuaire. Pour grand nombre de vétérans ayant suivi ce programme, la blessure, bien qu’encore présente, ne fait plus autant souffrir et la vie redevient possible.
  • Le pèlerinage pour guérir de la dépendance : Pour tous ceux qui luttent pour sortir du cercle vicieux des dépendances, ceux qui se sentent marginalisés, isolés, seuls dans leur réalité, le pèlerinage peut être une issue, un chemin vers un monde meilleur. C’est souvent lorsque le malaise est rendu insupportable, qu’il prend les visages de la mort, que l’individu acceptera de se mettre en marche. Quitter est essentiel. Quitter plusieurs jours. Vivre en marge du monde, cette fois-ci par choix, dans le but non pas de demeurer sans identité, mais au contraire, pour se reconstruire, retrouver son identité originelle. Certains organismes offrent ce type d’accompagnement spécifiquement pour une clientèle ayant une problématique de dépendance.
  • La réalité des femmes espagnoles qui marchent le chemin : On retrouve plusieurs Espagnoles sur le chemin de Compostelle. Vivent-elles différemment l’impact de cette expérience? Avantages et inconvénients : parcours moins exotique car l’individu connaît les paysages, les mœurs et habitudes, les particularités locales; découverte de son pays sous un autre angle; moins coûteux; accès au chemin plus rapide et facile; possibilité d’avoir de la visite en cours de chemin; sentiment d’être étranger dans son propre pays; facilité avec la langue; moins dépaysant; coupure avec le quotidien moins facile. Il est intéressant de constater que pour nombre d’Espagnoles, l’expérience de pèlerinage à Compostelle n’apparaît pas aussi extraordinaire que pour des étrangers pour qui cela semble être un exploit.
  • Les tatouages du Camino : Pourquoi certains pèlerins ressentent ce besoin de graver de façon indélébile leur passage sur le chemin de Compostelle? Une façon d’afficher son expérience, pour soi mais aussi pour les autres. Pour se la remémorer, et ne jamais oublier ce qui s’y est vécu. Pour s’offrir l’occasion d’en parler régulièrement. Au moyen-âge, il y avait un seul tatouage pour ceux qui avait parcouru le chemin. Aujourd’hui, une vaste variété s’offre à celui qui le désire. Il est intéressant de prendre le temps d’analyser le tatouage : sa taille, sa couleur, son motif, son sens ou sa symbolique, son emplacement sur le corps, s’il est le même que celui d’autres pèlerins avec lesquels on a voyagé. Le tatouage, tout comme le pèlerinage est une expérience ancrée/encrée dans la chair.
  • Un autre titre accrocheur : Finding the « ped » in pedagogy.
  • Apprendre pendant que l’on marche : Plusieurs universités organisent des voyages étudiants à l’étranger. Une équipe de professeurs analyse le processus d’intégration des nouveaux apprentissages. Plus les liens avec la vie quotidienne et les anciennes connaissances sont élaborés, plus les nouveaux apprentissages seront maîtrisés. On va de la simple connexion, à l’application, puis finalement à la synthèse. Pour maximiser le processus d’intégration, on recommande d’amener l’étudiant à parler de ses apprentissages et de ses prises de conscience, l’aider à faire des liens avec son quotidien, à cerner pourquoi certains éléments apparaissent importants pour lui, et à réinvestir ses apprentissages selon l’approche de son choix. Il y a même un audacieux cours universitaire qui accompagne les étudiants dans le pèlerinage des immigrants qui fuient le Mexique pour entrer aux États-Unis. Un chemin parsemé de rituels et de traces de passages que les étudiants découvrent en le marchant. Ce cours ne se limite cependant pas au chemin. Avant et après avoir marché ce pèlerinage, les étudiants en apprennent davantage sur la réalité de l’immigration, dans un contexte légal. Des apprentissages sur le terrain!
  • Le pèlerinage du point de vue de l’Hospitalero: Il existe une formation pour celui qui désire être Hospitalero sur le chemin de Compostelle. Cette figure du chemin joue un rôle important dans l’expérience du pèlerin.
  • L’expérience écologique du pèlerinage: Le pèlerin chemine dans un environnement qu’il ne cherche souvent pas assez à connaître. Cette professeure a parcouru le camino, transportant ses lunettes d’approche et son appareil photo. À l’aide de photo aérienne, elle nous a présenté l’empreinte historique du chemin telle qu’inscrite dans la nature : le déboisement agressif, les terres à l’abandon, l’impact d’une mauvaise gestion agricole, les signes de désertification, la pollution urbaine… Le mode de vie du pèlerin et les valeurs qu’il encourage, font de lui un agent de changement potentiel. Il faut savoir prendre le temps de lire la nature aussi.
  • Le corps, un pèlerinage en soi : Selon ce professeur, issu du domaine des sciences biologiques, le pèlerinage aujourd’hui rejoint un grand nombre de personnes qui ne s’identifient généralement pas à une pratique religieuse. Beaucoup de marcheurs apprécient les bienfaits du mouvement de la marche et pratiquent cet exercice pour les faire cheminer intérieurement. Le pèlerinage est dans l’expérience elle-même du déplacement. La destination importe peu. Tout le corps est un récepteur d’informations. C’est à travers les sens, par le corps que le pèlerinage s’actualise et se vit. Une expérience incarnée!

Les participants de ce symposium venaient de différents états des États-Unis, d’Angleterre, d’Ontario et d’Espagne. L’anglais y était parfois parlé avec l’accent british, espagnol, russe ou français. Une diversité ethnique qui n’est pas sans rappeler la communauté du Camino! Et comme sur le chemin, des liens se sont tissés. On peut déjà sans crainte dire : à l’année prochaine!

Brigitte Harouni

Libérer le pèlerinage

Que règne la liberté. Car jamais le soleil ne s’est couché sur réalisation humaine plus glorieuse.
Nelson Mandela

Grâce aux guides du pèlerin de Bottes et Vélo, le pèlerinage autonome est en pleine émergence au Québec!

Pèlerinage de la Voie du St-Laurent - 2014Bottes et Vélo s’est donné pour mandat de promouvoir le pèlerinage de longue randonnée en Amérique du Nord et de faire en sorte que celui-ci soit accessible de manière autonome au même titre que Compostelle. Dans cet esprit, jusqu’à il y a un peu plus d’un an, il n’y avait que le Chemin Notre-Dame-de-Kapatakan, au Saguenay, qui offrait cette accessibilité et cette autonomie. Les initiatrices de ce chemin, Mmes Florence Masson et Sylvie Cimon, ont su voir dans le pèlerinage de longue randonnée une démarche autonome et la rendre accessible à tous. Aujourd’hui, nous pouvons affirmer que, de par son autonomie et la liberté d’accès, le Chemin Notre-Dame-de-Kapatakan fut le premier véritable chemin de pèlerinage au Québec. Inspiré par cette initiative et ayant en tête cette ouverture et cette accessibilité, Bottes et Vélo a voulu contribuer à ce mouvement en rendant le pèlerinage encore plus accessible.

Dans la philosophie de Bottes et Vélo, le pèlerinage n’est pas un lieu spécifique mais un temps pour se mettre en route : un temps qui invite au déplacement, à changer notre regard et sortir de nos enfermements. Pour réaliser ce déplacement, intérieurement et physiquement, il suffisait d’avoir accès à l’information pour aller « pèleriner » ou bon nous semble. Tout ce dont le pèlerin a besoin pour passer à l’action, c’est d’avoir accès à une liste d’hébergements et un plan du parcours retenu. C’est ce que Bottes et Vélo a fait en mettant à votre disposition les guides du pèlerin. Depuis un an, c’est plus de 500 guides qui ont été distribués gratuitement et qui circulent à travers la province! Bottes et Vélo est fier de contribuer à cet essor pour que fleurisse les chemins de pèlerinage du Québec.

Pèlerinage la Voie du St-Laurent - 2014Depuis une quarantaine d’années, on a pu observer que le pèlerinage trouve une forte résonance auprès de la population. Riche de sens et offrant la possibilité d’une présence différente à notre environnement, le pèlerinage nous met en contact avec cette dimension qui nous transcende et nous plonge au cœur du Vivant. À l’origine, le pèlerinage est un exercice spirituel accessible à tous. Personne n’est propriétaire du chemin, que ce soit à Compostelle ou ailleurs. L’histoire de Compostelle nous démontre bien que le pèlerinage évolue dans un tout autre esprit que celui de la propriété. Ce qui a fait la notoriété de Compostelle, c’est sa gratuité et son accessibilité. Les organisations et entreprises qui se sont greffées autour des chemins de Compostelle ne sont pas propriétaires du camino, elles offrent des services qui répondent aux différents besoins des pèlerins. Le pèlerinage ne doit pas être considéré comme un créneau de vente, un marché à s’approprier. Rappelez-vous, le pèlerinage nous invite à sortir de nos enfermements. Il nous invite à quitter notre demeure pour nous rendre dans un sanctuaire. Il nous invite à déplacer notre regard, quitter nos habitudes de vie, pour atteindre un lieu saint. Ce lieu saint, c’est le meilleur en nous que révèle le pèlerinage. Plus nous saurons valoriser cet exercice, plus celui-ci fleurira sur les routes du Québec.

Le pèlerinage transforme le pèlerin, mais a aussi son effet sur les villages qu’il traverse. Il amène son lot de joie et d’entraide. Il est habité par ce sentiment communautaire qui célèbre la rencontre de l’autre, rebâtissant ce tissu social que nous avons trop négligé. Pèlerinage la Voie du St-Laurent (Baie-des-Sables) - 2014 -À travers cet élan, il offre la possibilité de revitaliser grand nombre de petits villages que l’on voyait péricliter, s’éteindre à petit feu. Le pèlerinage de longue randonnée possède en lui cet élan de vie qui pourrait faire renaître bon nombre de villages. C’est dans l’esprit, dans la quête qui l’anime, qu’il se distingue de la simple randonnée pédestre. C’est une communauté nouvelle qui se met en marche. Soyons ouverts et accueillants envers les pèlerins qui passeront sur nos chemins cet été. C’est tout un monde de possibles qui s’offre à travers ces échanges et ces rencontres!

Voici quelques commentaires que Bottes et Vélo a reçus au cours de l’année qui vient de s’écouler:
Merci beaucoup pour le guide une belle générosité, il est très bien fait. Enfin, on pourra parcourir le Québec à pieds et à vélo. D.M.
Je viens de vous découvrir et j’aime beaucoup votre approche. Merci! D.H.
Bravo pour votre initiative à nous faire marcher et découvrir notre beau Québec. D.B.
Wow! Quel beau travail! G.O.
Merci pour cette belle production qui nourrit bien nos préparatifs de pèlerinage! D.S.
Félicitations pour votre initiative! F.R.
Merci beaucoup, c’est très gentil de votre part de nous offrir les guides. Vous faites du beau travail! Vous êtes une grande source de motivation pour moi. Merci! G.C.
Merci de nous donner accès à ce guide, je pense que ce genre de pèlerinage pourrait m’intéresser. H.B.
Merci pour votre excellent travail, c’est apprécié! F.R.
La marche longue distance de façon autonome nous manque, très heureuse de penser à marcher ici même. F.M.
Bonne idée votre site, je vais vous suivre. M.-F. L.

Vous êtes nombreux à soutenir et encourager l’initiative de Bottes et Vélo; et c’est grâce à vous si le pèlerinage autonome est en pleine émergence au Québec. Ensemble, continuons de répandre la rumeur du pèlerinage autonome au Québec!

Merci et bon chemin!Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté

Le confort du Camino québécois

2014-07-17 14.02.46Un jour ou l’autre il faudra bien en finir avec les comparaisons entre le pèlerinage québécois et Compostelle! D’ici là, cependant, il faudra en avoir fait le tour pour pouvoir s’en libérer. Comme Brigitte l’écrivait la semaine dernière, chaque pèlerinage a sa propre couleur et Compostelle n’est pas Québécois. Ce qu’il faut retenir par contre, c’est que Compostelle est très certainement une référence en matière de pèlerinage. Il est en ce moment le chemin le plus fréquenté et nous avons tout avantage à nous servir de cette expérience pour baliser et qualifier celle du pèlerinage de la Voie du St-Laurent; et ceci vaut pour tous les pèlerinages nord-américains. Aujourd’hui, nous nous attarderons donc à la question de l’hébergement le long du St-Laurent.

L’hébergement pèlerin, tel que plusieurs d’entre nous l’ont connu sur le Camino, n’existe pas au Québec. Sur le Camino Frances, la voie la plus fréquentée de Compostelle, on y retrouve généralement un hébergement de qualité, du type auberge de jeunesse, tous les 5 à 10 km. Rarement plus de 15 km. Développer cette fréquence d’hébergement pèlerin au Québec rendrait très certainement le pèlerinage en terre d’Amérique plus intéressant mais, l’expérience n’en demeure pas moins confortable pour autant! Au contraire!

2014-07-22 13.00.03Lors de notre périple de cet été, nous avons séjourné dans de magnifiques auberges, gîtes ou cabines, et le camping s’est avéré un choix plutôt qu’une nécessité. Notre pèlerinage s’est donc révélé aussi confortable que Compostelle puisse l’être. Le problème avec l’hébergement sur les chemins de pèlerinage, ce n’est pas seulement d’en trouver un qui soit confortable, mais un qui soit abordable (Ici, question tarifs, je crois que l’on peut comparer la Voie du St-Laurent avec les hébergements des voies françaises de Compostelle) et d’avoir du choix sur une distance qui soit respectable. Par bonheur, la Voie du St-Laurent répond à ces deux critères et pourrait même avoir un avantage sur le Chemin de Compostelle!

Tout au long de la Voie du St-Laurent, 5 types d’hébergement s’offrent à nous: 1) le gîte du passant (bed and breakfast), 2) le motel ou les cabines, 3) les résidences étudiantes, 4) les auberges de jeunesse et 5) le camping.

1) Le gîte du passant ou « Bed and Breakfast »

Les gîtes du passant ont été notre choix de derniers recours. Étant le plus dispendieux des hébergements, nous n’avons pas abusé de cette solution sinon notre pèlerinage serait rapidement devenu hors de prix. Cet hébergement, cependant, a l’avantage d’être toujours de qualité, d’inclure le petit-déjeuner dans son tarif et ne requiert pas de sac de couchage. Pour le pèlerin qui cherche toujours à réduire le poids de son sac à dos, c’est un sérieux avantage!
Pour ce qui est du prix, ceux-ci varient entre 80$ et 100$ la nuitée pour deux personnes. C’est du moins la limite de prix que nous nous autorisions. Il est évidemment possible de trouver de nombreux gîtes au-delà de ce prix.

2) Le motel ou les cabines

Les motels ou cabines sont très présents tout au long de la voie du St-Laurent. Ils fonctionnent tous les deux sur le même principe et demandent à peu près les mêmes tarifs. La cabine a cependant l’avantage d’offrir une cuisinette, ce qui permet une économie non-négligeable. Un service que l’on pourra trouver occasionnellement dans certains motels. Côté qualité, on peut s’attendre à un peu de tout. Généralement, ces hébergements offrent un espace simple, parfois rustique, mais qui convient très bien pour une nuit de repos. Mais, cela dépend aussi de votre degré de tolérance… Un degré qui varie selon la fatigue éprouvée! Néanmoins, vous aurez toujours la possibilité de visiter l’endroit avant de le louer. Les tarifs pour ce type d’hébergement varient entre 45$ et 75$, pour deux personnes. Un tarif qui ressemble beaucoup au tarif des hébergements pèlerin en France. Avantage sur Compostelle : la plupart d’entre eux offrent le Wifi gratuit et, ici aussi, pas besoin de sac de couchage.

3) Les résidences étudiantes

Les résidences étudiantes font partie de nos coups de cœur, tout comme les auberges de jeunesse. Du côté de l’Ontario, elles sont encore mieux qu’au Québec, même si celles du Québec font parfaitement l’affaire.
Toujours situées dans le quartier latin des grandes villes, elles sont à proximité de tous les services et des points d’intérêts. Facile d’accès, propre, offrant la literie, un espace cuisine, un salon communautaire, une buanderie et l’accès Wifi gratuit, la résidence étudiante est un hébergement de qualité à tarif pèlerin. Un tarif qui varie entre 45$ et 65$ pour deux personnes, taxes comprises.

4) Les auberges de jeunesse

L’auberge de jeunesse est sans aucun doute l’hébergement qui ressemble le plus à l’albergue espagnole de par sa convivialité et son côté internationale. Chaleureuses et accueillantes, chacune d’entre elles nous a offert la chance de prendre un repas avec des gens provenant des quatre coins du monde. Des gens de tous les âges qui partagent tous un goût pour l’aventure et la découverte. Point de vue services, les auberges de jeunesse offrent sensiblement les mêmes que les résidences étudiantes. Il s’agit cependant d’un hébergement en dortoir mais, en déboursant un peu plus, vous pouvez avoir une chambre privée. Les tarifs en dortoir varient entre 25$ et 35$ par personne, taxes comprises, et inclus parfois le petit-déjeuner. Ici aussi, vous bénéficierez d’un accès Wifi gratuit et de la literie.

5) Le camping

Le camping n’est absolument pas nécessaire pour le pèlerin cycliste sur tout le parcours de la Voie du St-Laurent, de Niagara Falls à Percé. Pour le pèlerin randonneur, entre Montréal et Percé, il ne sera pas nécessaire non plus. (De Niagara Falls à Montréal, nous vous recommandions lors de notre premier bilan (1) de faire le parcours à vélo et non à pied; les distances étant trop souvent de plus de 40 km entre deux hébergements potentiels.) Ceci dit, ceux et celles qui voudront rendre l’expérience plus nature, ou encore plus économique, trouveront des campings partout et à des tarifs beaucoup moindre au Québec qu’en Ontario. En Ontario, les tarifs varient entre 35$ et 45$ pour un terrain sans service. Au Québec, il vous en coûtera entre 20$ et 35$ pour un terrain semblable. Hormis le tarif qui diffère, vous trouverez des campings de même qualité dans les deux provinces.
2014-08-10 19.54.10Au départ, nous avions cru que le camping serait une solution à l’hébergement pèlerin mais, s’il en est une, elle est seulement et purement économique. Il n’est donc pas nécessaire de s’alourdir le sac à dos d’une tente et d’un matelas de sol comme je l’ai fait! Les rares occasions où nous avons fait du camping étant par choix, jamais par nécessité.

Ce qu’il faudra retenir du pèlerinage le long du St-Laurent : c’est qu’il est possible de se lancer sur les rives du fleuve aux grandes eaux en ayant l’assurance de trouver un hébergement abordable et confortable tout le long du parcours (environ 30$/nuitée/personne); c’est-à-dire un hébergement équivalent à ce que l’on pourrait trouver sur le chemin du Puy-en-Velay ou de Vézelay. Que certaines sections nous offrent même de l’hébergement tous les 7 ou 8 km, rarement avons-nous marché 20 ou 25 km avant de croiser un hébergement, une seule fois 30 km. Et, enfin, qu’il est possible de le faire sans avoir à s’encombrer d’un sac de couchage! Avantage que Compostelle n’a pas! 😉Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté

(1) Voir sur la chaîne youtube de Bottes et Vélo, le vidéo intitulé : Bottes et Vélo – La Voie du St-Laurent – Bilan 1 (Ontario).

Horaire du pèlerin nord-américain : no stress pour l’hébergement!

Contrairement aux Chemins de Compostelle où l’on ressent toujours une certaine crainte au sujet des places disponibles en hébergement, crainte qui nous amène à presser le pas pour s’assurer un lit et qui en réalité est rarement justifiée, les chemins de pèlerinage nord-américains ne vous feront pas vivre ce genre de stress. Vous pourrez profiter pleinement de vos journées sans vous soucier de savoir si vous pourrez vous loger en soirée. Bien entendu, s’il est question de camping! Pour ce qui est des gîtes, auberges de jeunesse ou résidences étudiantes, nous vous invitons tout de même à faire vos réservations la veille ou le matin même. Ainsi, vous marcherez la tête tranquille toute la journée et savourerez2009 - Compostelle et Barcelone 066 chaque minute qui passent en pensant à vos pieds, vos cuisses, ou vos fesses, tout dépendant que vous soyez en BOTTES ou à VÉLO… 😉 

La journée type du pèlerin nord-américain n’est pas très différente de celle du pèlerin européen. Leur grande différence réside dans le climat. Celui d’ici permet de répartir le temps de marche sur une plus grande plage horaire. Contrairement aux chemins espagnols qui en après-midi deviennent souvent suffocants, ici vous n’aurez pas à subir cet inconvénient. Vous pourrez donc répartir vos heures de marche entre 6 h et 18 h sans problème. Ce qui donne une plage horaire très intéressante, avec de bonnes pauses et du temps pour flâner ou visiter. Sur une plage horaire de 12 h, vous pourrez facilement marcher de 30 à 33 km après quelques jours de marche. Si l’on calcule que nous marchons à une vitesse moyenne de 4 km/heure, il vous faudra marcher 8 heures pour parcourir 32 km. Vous pourrez alors répartir les 4 heures restantes en pauses comme bon vous semble. Ceci étant dit, les journées de 30 km et plus sont très rares. Vous aurez donc en général de 5 à 6 heures de pause par jour. Soit à peu près autant que ce que vous aurez marché : pour une heure de marche, une heure de repos. Ce qui est quand même très bien!

De notre côté, nous avions adopté un horaire du genre départ vers 6 h 30 avec une pause-café-croissant aux alentours de 8 h ou 9 h. [Vous verrez que dans la plupart des villages du Québec nous trouvons d’excellentes boulangeries.] Après 30 minutes de pause, nous2009 - Compostelle et Barcelone 352 reprenions la route. Le deuxième arrêt se faisait vers 10 h 30 jusqu’à 11 h et la pause dîner venait entre 12 h et 12 h 30. Généralement, au dîner, nous avions marché les deux tiers de notre trajet. Nous reprenions la route vers 13 h 30 pour terminer notre journée aux environs de 16 h. C’est un horaire type qui ne peut cependant pas toujours être respecté. Trop de rigidité dans nos objectifs de marche pourrait entraîner des blessures. Les lieux pour faire une pause n’arrivant pas toujours selon l’horaire que l’on s’est fixé, il faut demeurer flexible et attentif aux signes de notre corps. Celui-ci vous dira quand la pause sera nécessaire et le premier coin de verdure fera alors l’affaire.

Éric LalibertéBottes et Vélo - Emblême

Le pèlerinage de longue randonnée au Québec : une question d’autonomie

Si nous parlons de pèlerinage autonome, c’est bien entendu en faisant référence à2009 - Compostelle et Barcelone 019 l’expérience de Compostelle. Sur le Chemin de Compostelle, le pèlerin peut partir à la date qui lui convient, marcher avec qui bon lui semble et faire les étapes qui lui agréent. C’est de cette autonomie dont il sera question.

Actuellement, au Québec, ou même en Amérique du Nord, ce type de pèlerinage n’existe pas. C’est ce que Bottes et Vélo veut favoriser et rendre possible avec la création de guides pour pèlerin autonome. C’est grâce, aussi, au développement de ce type de pèlerinage que le pèlerinage pourra prendre son essor en Amérique du Nord.

Compostelle offre un cadre souple à ceux qui désirent vivre l’expérience. Faire Compostelle c’est marcher à son rythme en établissant soi-même ses étapes et ses limites. C’est choisir la distance à marcher, son hébergement, ses compagnons de route. Compostelle : c’est la liberté de choisir! Si la voie de la spiritualité est d’abord la voie de la définition de soi, c’est donc en s’autorisant à se découvrir en relation à l’autre que nous pourrons nous épanouir. C’est ce que nous enseigne, entre autres, le Camino : la simplicité des relations, le droit de les choisir ou de les refuser; ceci sans sombrer dans la bonne vieille culpabilité judéo-chrétienne. C’est en cela, aussi, que Compostelle dépasse le cadre religieux institutionnel. La mystique du chemin se reflète dans toute cette approche. La   spiritualité peut y évoluer parce qu’elle autorise cette définition de soi en rapport à l’autre et au milieu. Au Québec, à l’heure actuelle, nous avons tendance à trop encadrer le pèlerinage. L’expérience a besoin d’une plus grande autonomie pour grandir et s’épanouir d’elle-même.

Si c’est à travers cette autonomie que le pèlerinage québécois se rapproche de Compostelle; c’est aussi dans la recherche de celle-ci qu’il s’en différencie. Peut-être qu’un jour s’y rejoindront-ils, mais actuellement c’est ce qui les rend différents. Nous voulons parler de l’hébergement. L’hébergement pèlerin tel qu’il est présent en Europe est inexistant en Amérique du Nord. Certes, il sera appelé à se développer avec les années, mais, pourdortoir auberge international de québec l’instant, vivre dans l’esprit et la frugalité du chemin de pèlerinage c’est s’en remettre aux campings, aux auberges de jeunesse et aux résidences étudiantes.

Les auberges de jeunesse et les résidences étudiantes sont peu nombreuses, mais sont tout de même présentes dans les grandes villes. Les auberges de jeunesse nous offrent un hébergement abordable, on pourrait même dire « à tarif pèlerin », en dortoir, avec salle de bain à l’étage. Quelques-unes incluent même le petit-déjeuner dans leur prix. Vous aurez parfois aussi la possibilité deauberge rivière-du-loup chambres privées ou semi-privées avec salle de bain. En dortoir et en chambre semi-privée, on peut s’attendre à payer entre 25 $ et 35 $ par nuitée, par personne. En chambre privée, les tarifs seront plus élevés. Ce type d’hébergement est sans doute celui qui se rapproche le plus de « l’albergue » espagnol. Ils bénéficient tous, en général, d’un coin-cuisine, d’un salon et d’accès Wi-Fi. Vous aurez même parfois accès à un service de buanderie. L’auberge de jeunesse québécoise est chaleureuse et offre une ambiance familiale très agréable. Elles sont souvent situées dans des décors pittoresques ou près des milieux effervescents de la culture. Les résidences étudiantes qucours intérieur auberge de la paix québecant à elles offrent des chambres dans les mêmes tarifs et avec les mêmes services. Elles n’offrent cependant pas les dortoirs et n’ont pas la même ambiance que les auberges de jeunesse. Elle demeure tout de même un lieu d’hébergement intéressant pour le budget pèlerin.

Pour ce qui est du camping, il a l’inconvénient de nous obliger à transporter un peu plus lourd sur notre dos (environ 2,5 kg de plus, nous reviendrons plus tard avec un article spécifique à ce sujet), mais, ses avantages sont énormes tellement les campings sont nombreux au Québec et partout en Amérique du Nord. Ce sont eux qui font en sorte que le pèlerinage trouve une véritable 2009 - Compostelle et Barcelone 070autonomie, ceci à des tarifs variant entre 20 $ et 30 $ par terrain; ce qui conviendra très bien à tout pèlerin. Le camping a l’avantage d’être un village en lui-même. Il nous offre les commodités que l’on retrouve habituellement dans tous les hameaux qui jonchent le Chemin de Compostelle et parfois même plus. Vous aurez ainsi accès à des douches et des toilettes, des services de buanderie, une salle communautaire (souvent équipée d’un four à micro-ondes et offrant parfois le service Wi-Fi), un petit coin épicerie de dépannage et occasionnellement un casse-croûte.2010 423 Certains auront même une piscine. Tout ceci en plus de vous offrir la convivialité du camping. Une convivialité qui s’apparente étrangement à celle de Compostelle. Ainsi donc, pour l’instant, le camping nous semble la voie d’avenir pour le pèlerinage en Amérique du Nord, au Québec en particulier. Pour soutenir le développement du pèlerinage autonome, il serait bien que les campings intéressés en viennent à offrir le dortoir sous forme de tente prospecteur. À moins qu’ils n’aient d’autres idées à proposer… Nous croyons que le pèlerin serait ouvert à toutes propositions qui lui permettraient d’alléger son sac à dos de 2 ou 3 kg.

Éric LalibertéBottes et Vélo - Emblême

Un aperçu vidéo du Chemin des Navigateurs

Voici un petit vidéo de 7 minutes qui vous donnera un très bon aperçu du Chemin des Navigateurs. Ce n’est pas le parcours complet et il est fait dans le sens inverse, mais il est tout de même très bien.
Vous ferez le voyage de Québec jusqu’à Mont-Joli. Lorsque vous verrez le phare, vers la fin du vidéo, vous serez tout près du point de départ du Chemin des Navigateurs.

Éric LalibertéBottes et Vélo - Emblême et Brigitte Harouni

 

L’actualisation du pèlerinage, cette expérience plus que millénaire

« J’ai attendu tout l’après-midi et toute la soirée, dit l’Anglais. Il est arrivé au moment où apparaissaient les premières étoiles. Je lui ai dit ce que je cherchais. Et il m’a demandé si j’avais déjà transformé du plomb en or. J’ai répondu que c’était précisément ce que je souhaitais apprendre. Alors, il m’a dit d’essayer. Il ne m’a rien dit d’autre que ces mots : “Va essayer.’’ » Paolo Coelho, l’Alchimiste

2009 - Compostelle et Barcelone 073-2Le pèlerinage d’aujourd’hui ne peut plus s’entendre comme l’expérience d’hier. La population n’a plus le même rapport au religieux et préfère, en général, parler d’une spiritualité du pèlerinage, d’un exercice qui permet l’introspection. Du même coup, au-delà de la démarche mystique, plusieurs se sentent appelés par l’activité physique et le défi qu’elle représente : la longue randonnée. Ceci, sans se douter qu’elle permet une expérience du spirituel qui, parfois, saisit sans qu’on ne le veuille : « Nous n’étions là que pour le sport, le voyage, l’exotisme et nous voilà soudainement bien plus loin que nous ne l’aurions imaginé. » Pourquoi en est-il ainsi? Que se passe-t-il donc sur ces routes de pèlerinage? Sur ces sentiers de longues randonnées? Quelle spiritualité peut bien porter le pèlerinage d’aujourd’hui?

Alors que les gros autocars continuent d’affluer vers basiliques, cathédrales et sanctuaires; un autre type de pèlerin a vu le jour au cours des 30 dernières années. Une race que l’on croyait disparue. Pour ce type de pèlerin, le pèlerinage a pris un sens qui semble renouer avec une tradition médiévale. Une démarche qui engage corps et âme, et qui demande du temps, car elle façonne lentement. Un exercice qui, en quelque sorte, invite à se colletailler à soi-même; voilà à quoi peut ressembler le pèlerinage d’aujourd’hui. De cet affrontement, de ce moi qui vole en éclat, naîtra un regard différent, un souffle nouveau : comme lorsque l’on remonte à la surface après être resté longtemps sous l’eau… Ou encore ce moment précis dans l’épreuve physique, ce moment où l’on croit que l’on ne pourra pas y arriver; et qui, soudainement, nous voit basculer et puiser dans ce que nous appelons « le second souffle ». Un souffle bien plus puissant. C’est dans ce souffle qu’est le lien avec le spirituel : « Spiritus ». C’est là, l’origine latine, le sens premier de spirituel : le souffle, ce qui nous 2009 - Compostelle et Barcelone 059anime. Et si sur ces chemins de pèlerinage on y trouvait ce souffle nouveau? Celui qui nous permet de sortir la tête de sous l’eau, d’éprouver une énergie nouvelle face aux contraintes et au rythme de notre époque? Un souffle qui nous amène à envisager la vie d’un autre œil, hors de notre culture de performance et de compétition. Une culture où tout va vite, se consomme et se consume, même les relations…

Dans cette aventure, Bottes et Vélo n’a pas de recettes à vous offrir. Nous aborderons le pèlerinage simplement, avec toutes les promesses de vie qu’il contient, sous toutes ces facettes, et dans le but de vous aider à faire en sorte que l’expérience soit porteuse de nombreux fruits. Nous aborderons les questions techniques mais, inévitablement, chacune de celles-ci ramène à une question métaphysique. L’image du sac à dos est sans doute la plus criante en termes de métaphysique… Nous vous ferons également découvrir les magnifiques chemins de pèlerinage que nous avons, ici, en Amérique. Nous vous partagerons nos expériences. Vous pourrez nous suivre, alors que nous serons à établir de nouvelles routes. Nous vous ferons des recommandations de lectures. Nous parlerons d’équipements, de budget, de la vie sur le chemin. Et, encore là, tous ces sujets nous amèneront à interroger nos habitudes de vie.

Nous croyons que le pèlerinage est un remède possible 2009 - Compostelle et Barcelone 064à notre époque. Il nous travaille comme l’Alchimiste de Paolo Coelho le faisait pour son Grand Œuvre. Le travail de l’Alchimiste demande un engagement, du temps, des efforts. À travers sa quête, c’est lui-même qu’il façonne en définitive.

 La flamme du pèlerinage est semblable à celle du four de l’Alchimiste. Elle nous mène de souffrances en guérisons; d’aveuglements en révélations; de servitudes en libérations; pour y découvrir, au final, quelqu’un qui ne s’en tire pas trop mal, … et qu’on aime bien.

 Éric LalibertéBottes et Vélo - Emblême

 

Bottes et Vélo : LE BLOG!

« Lorsque l’eau est au repos et sans vie, elle devient amère et pleine de vase, l’eau qui court comme un torrent rugissant demeure pure et claire; de même l’âme du sédentaire est faite de vase dans laquelle fermentent les regrets éternellement remâchés. Seule l’âme du voyageur fait jaillir comme des torrents d’eau claire les idées nouvelles et les actes imprévus. » Mohammad Hassada

Chaque pèlerinage que nous entreprenons a un impact sur notre physique et sur notre psychique. Loin du confort douillet de notre petit nid bien aménagé, loin de la routine sécurisante de notre vie réglée à la seconde près et loin des services qui répondent aux besoins que l’on n’a même pas encore formulés, on apprend à se connaître et à se redéfinir. Une page blanche s’ouvre.  On se revoit, on se repense, on se redessine.  Sur le chemin, on se découvre tel qu’on est réellement.  Sans nos costumes de scène, sans étiquette, tombent les masques.  Une renaissance commence à jaillir.  Le tourbillon de questions nous soulève.  Nos rêves oubliés refont surface.  Plus les kilomètres passent et plus un nouveau moi se façonne.  Celui que je veux réellement être, la vie que je désire pleinement vivre, les qualités que je veux désormais voir s’épanouir.  La liste des résolutions est longue! Et elle est très certainement la pl2009 - Compostelle et Barcelone 011-02us authentique qui vous soit donnée d’élaborer.  Mais au moment du retour… tout cela nous parait quasi irréalisable.  Nous revenons dans un train qui file à vive allure.  Le temps nous glisse entre les doigts et le temps de prendre soin de nous est vite envolé en fumée. Pourtant, si je ne prends pas le temps d’être moi, qui le fera?

Tous ces apprentissages que nous avons faits en chemin doivent demeurer vivants à notre retour.  Ils doivent trouver une place pour s’actualiser dans notre vie.  Il nous faut la remodeler. Il suffit d’un pas pour avancer.  Un petit pas à la fois.  Un petit changement ici, puis un autre là.  Graduellement, notre projection prendra forme. Mais pour y parvenir, il faut y croire, croire en soi.  Martin Luther King a dit : « Avoir la foi, c’est monter la première marche, même quand on ne voit pas tout l’escalier ».

Si vivre un pèlerinage c’est marcher vers soi et apprendre à mieux se connaître, créer un blog c’est aller vers l’autre et partager qui on est pour vivre ensemble en harmonie.   C’est un des nombreux petits pas que nous avons choisi de faire pour vivre en accord avec nos valeurs, avec notre monde intérieur.   Cette fenêtre virtuelle est un lieu de partage d’expertises et d’expériences, venant tant de vous que de nous.  C’est une invitation à venir découvrir un mode de vie qui nous passionne durant le voyage et qui transforme notre réalité une fois de retour à la maison.  C’est une main qui se tend pour offrir de l’accompagnement pour passer au travers de tous les états du pèlerin.

Pour faire un changement il faut passer à l’action.  Pour nous créer ce blog c’est vous entrainer avec nous dans ce mouvement vers un mieux-être. 

Brigitte HarouniBottes et Vélo - Emblême