L’actualisation du pèlerinage, cette expérience plus que millénaire

« J’ai attendu tout l’après-midi et toute la soirée, dit l’Anglais. Il est arrivé au moment où apparaissaient les premières étoiles. Je lui ai dit ce que je cherchais. Et il m’a demandé si j’avais déjà transformé du plomb en or. J’ai répondu que c’était précisément ce que je souhaitais apprendre. Alors, il m’a dit d’essayer. Il ne m’a rien dit d’autre que ces mots : “Va essayer.’’ » Paolo Coelho, l’Alchimiste

2009 - Compostelle et Barcelone 073-2Le pèlerinage d’aujourd’hui ne peut plus s’entendre comme l’expérience d’hier. La population n’a plus le même rapport au religieux et préfère, en général, parler d’une spiritualité du pèlerinage, d’un exercice qui permet l’introspection. Du même coup, au-delà de la démarche mystique, plusieurs se sentent appelés par l’activité physique et le défi qu’elle représente : la longue randonnée. Ceci, sans se douter qu’elle permet une expérience du spirituel qui, parfois, saisit sans qu’on ne le veuille : « Nous n’étions là que pour le sport, le voyage, l’exotisme et nous voilà soudainement bien plus loin que nous ne l’aurions imaginé. » Pourquoi en est-il ainsi? Que se passe-t-il donc sur ces routes de pèlerinage? Sur ces sentiers de longues randonnées? Quelle spiritualité peut bien porter le pèlerinage d’aujourd’hui?

Alors que les gros autocars continuent d’affluer vers basiliques, cathédrales et sanctuaires; un autre type de pèlerin a vu le jour au cours des 30 dernières années. Une race que l’on croyait disparue. Pour ce type de pèlerin, le pèlerinage a pris un sens qui semble renouer avec une tradition médiévale. Une démarche qui engage corps et âme, et qui demande du temps, car elle façonne lentement. Un exercice qui, en quelque sorte, invite à se colletailler à soi-même; voilà à quoi peut ressembler le pèlerinage d’aujourd’hui. De cet affrontement, de ce moi qui vole en éclat, naîtra un regard différent, un souffle nouveau : comme lorsque l’on remonte à la surface après être resté longtemps sous l’eau… Ou encore ce moment précis dans l’épreuve physique, ce moment où l’on croit que l’on ne pourra pas y arriver; et qui, soudainement, nous voit basculer et puiser dans ce que nous appelons « le second souffle ». Un souffle bien plus puissant. C’est dans ce souffle qu’est le lien avec le spirituel : « Spiritus ». C’est là, l’origine latine, le sens premier de spirituel : le souffle, ce qui nous 2009 - Compostelle et Barcelone 059anime. Et si sur ces chemins de pèlerinage on y trouvait ce souffle nouveau? Celui qui nous permet de sortir la tête de sous l’eau, d’éprouver une énergie nouvelle face aux contraintes et au rythme de notre époque? Un souffle qui nous amène à envisager la vie d’un autre œil, hors de notre culture de performance et de compétition. Une culture où tout va vite, se consomme et se consume, même les relations…

Dans cette aventure, Bottes et Vélo n’a pas de recettes à vous offrir. Nous aborderons le pèlerinage simplement, avec toutes les promesses de vie qu’il contient, sous toutes ces facettes, et dans le but de vous aider à faire en sorte que l’expérience soit porteuse de nombreux fruits. Nous aborderons les questions techniques mais, inévitablement, chacune de celles-ci ramène à une question métaphysique. L’image du sac à dos est sans doute la plus criante en termes de métaphysique… Nous vous ferons également découvrir les magnifiques chemins de pèlerinage que nous avons, ici, en Amérique. Nous vous partagerons nos expériences. Vous pourrez nous suivre, alors que nous serons à établir de nouvelles routes. Nous vous ferons des recommandations de lectures. Nous parlerons d’équipements, de budget, de la vie sur le chemin. Et, encore là, tous ces sujets nous amèneront à interroger nos habitudes de vie.

Nous croyons que le pèlerinage est un remède possible 2009 - Compostelle et Barcelone 064à notre époque. Il nous travaille comme l’Alchimiste de Paolo Coelho le faisait pour son Grand Œuvre. Le travail de l’Alchimiste demande un engagement, du temps, des efforts. À travers sa quête, c’est lui-même qu’il façonne en définitive.

 La flamme du pèlerinage est semblable à celle du four de l’Alchimiste. Elle nous mène de souffrances en guérisons; d’aveuglements en révélations; de servitudes en libérations; pour y découvrir, au final, quelqu’un qui ne s’en tire pas trop mal, … et qu’on aime bien.

 Éric LalibertéBottes et Vélo - Emblême

 

Bottes et Vélo : LE BLOG!

« Lorsque l’eau est au repos et sans vie, elle devient amère et pleine de vase, l’eau qui court comme un torrent rugissant demeure pure et claire; de même l’âme du sédentaire est faite de vase dans laquelle fermentent les regrets éternellement remâchés. Seule l’âme du voyageur fait jaillir comme des torrents d’eau claire les idées nouvelles et les actes imprévus. » Mohammad Hassada

Chaque pèlerinage que nous entreprenons a un impact sur notre physique et sur notre psychique. Loin du confort douillet de notre petit nid bien aménagé, loin de la routine sécurisante de notre vie réglée à la seconde près et loin des services qui répondent aux besoins que l’on n’a même pas encore formulés, on apprend à se connaître et à se redéfinir. Une page blanche s’ouvre.  On se revoit, on se repense, on se redessine.  Sur le chemin, on se découvre tel qu’on est réellement.  Sans nos costumes de scène, sans étiquette, tombent les masques.  Une renaissance commence à jaillir.  Le tourbillon de questions nous soulève.  Nos rêves oubliés refont surface.  Plus les kilomètres passent et plus un nouveau moi se façonne.  Celui que je veux réellement être, la vie que je désire pleinement vivre, les qualités que je veux désormais voir s’épanouir.  La liste des résolutions est longue! Et elle est très certainement la pl2009 - Compostelle et Barcelone 011-02us authentique qui vous soit donnée d’élaborer.  Mais au moment du retour… tout cela nous parait quasi irréalisable.  Nous revenons dans un train qui file à vive allure.  Le temps nous glisse entre les doigts et le temps de prendre soin de nous est vite envolé en fumée. Pourtant, si je ne prends pas le temps d’être moi, qui le fera?

Tous ces apprentissages que nous avons faits en chemin doivent demeurer vivants à notre retour.  Ils doivent trouver une place pour s’actualiser dans notre vie.  Il nous faut la remodeler. Il suffit d’un pas pour avancer.  Un petit pas à la fois.  Un petit changement ici, puis un autre là.  Graduellement, notre projection prendra forme. Mais pour y parvenir, il faut y croire, croire en soi.  Martin Luther King a dit : « Avoir la foi, c’est monter la première marche, même quand on ne voit pas tout l’escalier ».

Si vivre un pèlerinage c’est marcher vers soi et apprendre à mieux se connaître, créer un blog c’est aller vers l’autre et partager qui on est pour vivre ensemble en harmonie.   C’est un des nombreux petits pas que nous avons choisi de faire pour vivre en accord avec nos valeurs, avec notre monde intérieur.   Cette fenêtre virtuelle est un lieu de partage d’expertises et d’expériences, venant tant de vous que de nous.  C’est une invitation à venir découvrir un mode de vie qui nous passionne durant le voyage et qui transforme notre réalité une fois de retour à la maison.  C’est une main qui se tend pour offrir de l’accompagnement pour passer au travers de tous les états du pèlerin.

Pour faire un changement il faut passer à l’action.  Pour nous créer ce blog c’est vous entrainer avec nous dans ce mouvement vers un mieux-être. 

Brigitte HarouniBottes et Vélo - Emblême