Quitter

C’est la rentrée sur le blogue de Bottes et Vélo!

Bottes et Vélo est heureux de vous retrouver après un été passé sur les routes. Pour cette rentrée, nous vous proposons d’aborder le thème des départs sous un autre angle. Le départ annonce toujours un nouveau commencement mais en fait, lorsque nous partons, c’est pour quitter. Chaque fois, nous laissons quelque chose derrière nous: quitter le travail, quitter les vacances, quitter la maison, quitter l’hôpital… On est toujours en train de quitter! Que ce soit un lieu, une personne, un environnement, un contexte, le mouvement est inscrit dans nos vies et incite à aller de l’avant, dans l’espoir d’y trouver mieux. Ce que nous laissons derrière est toutefois riche d’informations. Il peut nous renseigner de bien des manières sur l’orientation de nos vies, ce que nous désirons atteindre en quittant.

Bonne lecture!

Éric Laliberté et Brigitte Harouni


L’impulsion du voyage est l’un des plus encourageants symptômes de la vie.
Agnes Repplier
Quitter pour un voyage, l’espace d’un weekend, d’une semaine, un mois. Pour un congé différé, une sabbatique ou une convalescence, pour un pèlerinage ou un « road trip ». Se faire « backpacker » pour un temps. Quitter un emploi, des amis, un(e) conjoint(e), un milieu de vie, un pays, une ville, un quartier… Tous ces départs interpellent par le meilleur vers lequel ils pointent. Toutefois, nous nous questionnons rarement sur leur origine. Leur source est pourtant  dans ce que nous quittons…

Lorsque nous quittons, nous ne le faisons jamais sans raison! Quelque chose nous entraîne dans ce mouvement. Quelque chose nous pousse, nous incite, nous provoque, à aller de l’avant. Quitter c’est désirer mieux, mais c’est d’abord quitter une condition de vie. On quitte quoi et pourquoi lorsqu’on part ? Pourquoi ce besoin de partir courir le monde sac au dos? Pourquoi se met-on en marche?

Le réfugié politique quitte un pays devenu dangereux. Des conjoints se quittent face à une relation sans issue, devenue malsaine. On quitte un emploi pour un meilleur. On quitte un weekend, au chalet, pour se recharger les batteries. Derrière chaque « quitté », il y a une raison, un malaise, un inconfort, un désir ou un mal de vivre qui veut trancher avec l’ici de nos vies. Le moindre de nos déplacements exprime un manque, ne serait-ce qu’aller à l’épicerie. Prenons-nous le temps d’y réfléchir, de questionner ce mouvement. De quoi nous évadons-nous lorsque nous quittons? Quel vide voulons-nous combler?

La popularité du phénomène « backpacker », l’intérêt pour le pèlerinage et tous les mouvements migratoires, expriment un désir d’évasion, de quitter une condition de vie. Pour un court moment ou pour toujours. Comme le bébé qui naît, expulsé d’un contexte devenu trop étroit, qu’est-ce qui me pousse à quitter mon milieu de vie? Quelle était la source de mon malaise, de mon inconfort? Connaître ce que je quitte, me renseignera sur ma route et sa direction n’en sera que plus précise. Était-ce pour :

  • Sortir d’une situation sans issue.
  • M’évader d’un rythme de vie.
  • Quitter le brouhaha quotidien et ses sollicitations.
  • Renoncer aux obligations.
  • Abandonner une vie devenue insignifiante.

Toutes ces raisons parlent d’un trop-plein qui lui sous-entend un manque, un manque d’espace vital. En quittant, je cherche à faire de la place dans ma vie pour ce qui n’en a plus. Quelque chose manque et ce manque incite à quitter pour se mettre à sa recherche. Manque de repos? Manque de temps? Manque d’espace? Manque de silence? Manque de calme? Manque de sens? Manque de reconnaissance? Manque d’estime? Manque d’amour…

Ces manques sont souvent souffrants et il peut être difficile de les aborder dans tout ce qu’ils impliquent. Il devient alors tentant de les anesthésier de toutes sortes de façons, en s’étourdissant, en s’agitant ou en se surmenant, pour les ignorer. Pourtant, cette souffrance est le signal à entendre. Il ne s’agit pas de souffrir pour souffrir. Il s’agit d’y être attentif pour retrouver sa route. C’est dans l’écoute attentive de la souffrance de ce manque que se trouve le chemin qui conduit au sanctuaire recherché. Il s’agit avant tout de quitter une souffrance pour trouver le bien-être en soi. Le juste chemin.

Les vacances portent en elles cette intention. Maintenant qu’elles sont terminées, comment relire ce temps qui nous a extrait de notre quotidien? Qu’est-ce que ce temps a mis en relief de nos vies? Quelles leçons pouvons-nous tirer? Y avons-nous puisé le bon goût de la vie? Que nous révèle-t-il des lourdeurs de notre quotidien?

Les vacances ne sont pas qu’une soupape ou un anesthésiant, elles permettent le recul nécessaire pour voir sa vie sous un autre angle. Elles permettent la distance qui éveille la conscience à ce qui manque. Le retour des vacances est donc un moment propice pour faire les changements qui s’imposent dans un mode de vie qui nous éteint parfois.

Vous êtes reposé. Votre esprit est moins encombré. Vous avez plus d’énergie. Ne laissez pas le train-train vous anéantir de nouveau. Il suffit de bien peu parfois pour rectifier l’orientation de sa marche et l’aligner sur l’espace de son sanctuaire.

Bon retour!

Éric Laliberté

Les Sentiers entre Vents et Marées

Bottes et Vélo vous offre un résumé vidéo de ses 12 jours de marche sur le Sentiers entre Vents et Marées. Merci à tous les participants lors de ce parcours exploratoire: France, Céline, Nathalie, Line, Chantal, Yves, Maria, Christine et Thierry. Un merci tout particulier à Carole Longuépée, Réal Jomphe et Carole Turbide pour leur soutien et leur amitié dans ce projet. Nos chemins se recroiseront, c’est certain!
Éric Laliberté et Brigitte Harouni

Expérience pèlerine chez les Madelinots

Chaque été, nous reprenons la route pour nous imprégner de l’expérience pèlerine. Pour en raviver la puissance et la sentir dans tout notre être, mais aussi, pour mieux accompagner le pèlerin-randonneur. Ce weekend, nous quittons pour deux semaines en compagnie de neuf pèlerins et pèlerines. Nous irons explorer les tous nouveaux Sentiers entre Vents et Marées des Îles-de-la-Madeleine.

Ces sentiers, issus de l’expérience pèlerine d’un  groupe de Madelinots à Compostelle, ouvrent officiellement cet été et s’adressent tout particulièrement aux pèlerins autonomes. Parcourir les Sentiers entre Vents  et Marées permet de découvrir, à son rythme, 225 km de paysages à couper le souffle et de rencontrer des insulaires à la bonne humeur contagieuse.

Pour l’occasion, et comme chaque été, Bottes et Vélo vous invite à suivre ses pérégrinations madeliniennes sur Facebook ou sur sa chaîne YouTube. De courtes capsules vidéo partageront nos impressions, notre expérience pèlerine et les beautés des Îles-de-la-Madeleine.

L’importance du pèlerinage autonome. L’expérience pèlerine découle d’une pratique autonome du pèlerinage. C’est-à-dire par soi-même. Le pèlerinage de longue randonnée est plus qu’une marche, il porte en lui tout le mouvement intérieur du pèlerin-randonneur et fait en sorte qu’on ne peut plus seulement parler de longue randonnée. C’est bien plus qu’un sport, c’est une expérience qui transforme! Le pèlerinage transforme dans le regard et dans la manière d’être. Entrer dans ce processus déplace sur tous les plans : physique, psychique et spirituel. Trop le prévoir pose des conditions qui rangent au deuxième rang l’attention et le respect dû à son corps; une attention qui peut vous en apprendre long sur vous-mêmes… Trop le cadrer retient la spontanéité de l’exercice et limite les possibilités de vivre l’expérience par soi-même.

L’expérience pèlerine s’écrit à travers nos pas. Observez votre manière de marcher, elle en dit long sur votre manière d’être. Comment est votre pas? Est-il rapide, court ou tendu? Avez-vous le pied souple? La jambe raide? Marchez-vous courbé? Regardez-vous toujours le sol? Trébuchez-vous sur le moindre caillou? Vous souciez-vous de ceux qui traînent derrière? Ragez-vous devant celles qui vous dépassent avec aisance? Prenez-vous le temps de vous arrêter? Où allez-vous? Votre destination est-elle un fardeau? Une joie? Toutes ces questions sur votre manière de marcher vous en apprendront beaucoup sur vous, sur votre manière de vivre… Des réponses qui ne sont pas toujours faciles à recevoir. L’expérience pèlerine demande de s’accueillir avec humilité et bonté…

Pour bien se lancer dans l’expérience, et en faire une trajectoire signifiante, il faudra :

1) Se faire confiance. Vous êtes capable d’aller chercher l’information nécessaire à la planification de votre pèlerinage. Vous savez préparer un voyage et, sans le savoir, vous marchez déjà un  minimum de 6 km/jour en vacant à vos occupations quotidiennes. Il n’est pas nécessaire de marcher 30 km/jour en pèlerinage!!! Si vous le percevez ainsi, c’est que vous êtes davantage dans la performance et ce sera une belle occasion de questionner votre manière d’être.

2) Accueillir l’imprévisible. Dans l’imprévu, vous découvrirez le monde autrement. Vous serez disposé aux rencontres inattendues. Vous trouverez des solutions qui feront appel à votre créativité. À l’inverse, tout prévoir dit beaucoup de vos craintes et de vos peurs. Les sacs à dos trop pleins, tout comme ceux planifiés au cm³, en disent long…

3) Accepter d’être déplacer. Le pèlerinage déplace non seulement physiquement, mais aussi intérieurement. Se mettre en route, peu importe le contexte, sous-entend quitter ce que j’étais pour ouvrir sur un monde inconnu. Accepter d’être déplacé, c’est accepter d’être transformé par l’expérience et d’en perdre le contrôle. Il y aura du neuf suite à cette expérience et je ne pourrai pas dire de quoi il sera fait.

4) Avoir une destination. Se donner une destination est primordial dans l’expérience pèlerine. Même si celle-ci change en cours de route, il doit y avoir une destination. La destination met en marche par le désir de l’atteindre : « Où vas-tu? ­— À la crèmerie. —Et si on allait jouer aux quilles ensuite? — Bonne idée, allons-y! »  Tout désir met en route. « Où va ta vie? Que cherches-tu? Qu’est-ce qui te fait marcher? — Il me semble que ma vie pourrait être mieux… » La destination est nécessaire, on dit même « Je vais lire un bon livre. » En elle, je trouve refuge. C’est elle qui donne du goût à ma vie. Ne pas avoir de destination, c’est comme cesser de respirer.

Enfin retenez que l’expérience pèlerine est accessible à tous. Pas nécessaire d’être un grand sportif ou une grande sportive! Il suffit d’être porté par le désir de se mettre en route vers le sanctuaire de sa vie. Au départ, votre destination sera bien claire: «  Je vais à Compostelle! Je vais à Ste-Anne-de-Beaupré! ». Mais, au fil de vos pas cette destination sera appelée à évoluer et sera transformée. L’espace du sanctuaire personnel, votre destination personnelle, n’a rien à voir avec Compostelle. Compostelle n’est qu’un prétexte pour nous faire marcher. Car c’est en marchant que l’on devient pérégrin : des êtres libres au cœur de la cité conquise.

Bonne route et bon été!

Éric Laliberté

N.B. : Le blogue de Bottes et Vélo fera relâche jusqu’au 25 août.

Pèlerinage IPE – Phase Transformation (vidéo)

La démarche du pèlerin – Phase Transformation

Lors d’un pèlerinage de longue randonnée, le pèlerin traverse une multitude d’états. Trois grandes phases marquent ces états. À travers cette courte vidéo, découvrez la deuxième phase de ce parcours à travers notre expérience de pèlerinage à l’Ile-du-Prince-Edouard.Bottes et Vélo - Emblême
Éric Laliberté et Brigitte Harouni

Partir quelque part pour partir…

« Partir, c’est l’appel du chemin, l’appel au cheminement »
Bottes et Vélo
Le village de Saint-Michel-de-Bellechasse est situé sur une route de migration. Migration animale, migration humaine. Le fleuve en guide et en inspire plus d’un! La migration animale a longtemps  fasciné les chercheurs. Qu’est-ce qui suscite un tel déplacement? Sommes-nous bien différents des animaux?

Saint-Michel-de-bellechasseChaque année, au début du printemps des milliers d’oies blanches et d’outardes animent  le ciel. Au rythme des marées, elles se rassemblent sur les berges du fleuve et dans les champs. Elles nous visitent quelques instants, le temps de profiter des lieux, de refaire le plein d’énergie avant d’attaquer les prochains kilomètres de vol. Puis, lorsque l’automne et le froid s’annoncent, on les voit repasser, plus rapidement cette fois-ci.

La région reçoit aussi la visite passagère des Harfangs des neiges. Amateurs de hauts perchoirs, on a de forte chance d’en voir un paisiblement installé sur le sommet d’un poteau électrique, d’un silo, ou sur le plus haut point d’un bâtiment ou d’un arbre situé au milieu des champs. Les harfangs nous arrivent avec l’hiver et nous quittent avant l’arrivée du printemps, pour remonter vers le nord.

La migration animale est un périple périodique entrepris durant une période de l’année ou une période de la vie de l’animal. Elle implique un retour dans la région de départ. Les périodes de migrations sont souvent reliées aux conditions et aux changements climatiques. Le manque d’eau ou de nourriture, la présence accrue de prédateurs, poussent l’animal à quitter son habitat en quête de meilleures conditions de vie; des conditions favorables à sa croissance et à sa reproduction. Sans y réfléchir, par instinct, l’animal migre pour survivre, pour mieux vivre! Sommes-nous bien différents des animaux?

Un autre type de migration que nous pouvons observer à Saint-Michel-de-Bellechasse, c’est une variété de Le Québec à vélomigration humaine. Chaque année, dès le mois de mai, on observe des cyclistes qui, chargés de leurs sacoches et de leurs bagages, le coup de pédale régulier et calme, voyagent vers l’est. Le cycliste migrateur se déplace souvent seul et parfois en couple. Étudiant qui débute ses vacances après des années d’études collégiales ou universitaires, ou retraité profitant de cette liberté tant attendue. Homme ou femme. Ce qui le caractérise c’est surtout ce voyage, intérieur et extérieur, qu’il choisit d’entreprendre. Il n’est pas pressé. Il profite du paysage, s’arrête dans les villages, s’imprègne du vent et du mouvement qui le traverse. Chaque jour, immanquablement, j’en vois un… et je me mets à rêver! Ah, le chanceux!

La migration humaine, tout comme la migration animale, est un déplacement d’un lieu vers un autre que l’on espère IMG_7236plus prospère. L’homme qui migre, quitte son lieu de résidence en quête d’un monde meilleur, en quête d’identité, en mal de vivre. Il espère dans cet ailleurs trouver un environnement qui réponde mieux à ses aspirations et ses désirs, pour plus de sécurité, pour plus de richesse, plus de confort matériel ou spirituel, pour plus de vie!

Cette semaine, j’ai eu la chance de voir un oiseau migrateur des plus rares au Québec : un pèlerin! Je l’ai croisé sur le bord du chemin. Sac au dos, bottes aux pieds, bâtons en main, il allait paisiblement sur sa route. Je n’ai pas su résister, je me suis approchée de lui pour le questionner : il partait tout juste de Beaumont et s’en allait jusqu’à Gaspé! Jeune, seul, le regard brillant devant cette aventure qui l’attendait… Comme je l’ai envié!

Chez Bottes et Vélo, l’appel du pèlerinage est plus fort que tout. De voir passer tous ces cyclistes et ce pèlerin m’attire d’instinct à prendre la route et à suivre mes semblables. Ce temps de migration momentané est un réel pèlerinage qui me permet de faire mon ménage intérieur et de retrouver l’essence même de mon être. C’est un bilan annuel incontournable qui me permet de revenir chez moi en étant plus réceptive aux signes qui balisent ma route de vie.

Sans mauvais jeu de mots… le pèlerin serait-il une variété d’oiseaux migrateurs?

Prenez note que le blog fera relâche le temps d’un pèlerinage. On vous retrouvera le 19 août! Bon été!

Brigitte HarouniBottes et Vélo - Emblême

Déjeuner-causerie ou Soirée Pèlerine?

Hier avait lieu notre dernier déjeuner-causerie de la saison. C’est sous le thème: « Marcher, mais pourquoi? Quel sens à ma démarche? » que se réunissait le groupe de pèlerin-e-s. Après un atelier dans l’esprit de la démarche du pèlerin, c’est autour d’un bon petit-déjeuner que nous avons continuer notre discussion. Une très belle rencontre qui s’est terminée par une petite balade au bord du fleuve, dans St-Michel-de-Bellechasse et sous un soleil splendide.

Bottes et Vélo - Déjeuner-causerieNous profitons de l’occasion pour dire un grand merci à tous nos invités de la saison 2015-2016! Nous avons passé de très bons moments avec vous! C’est grâce à vous tous que Bottes et Vélo grandit un peu plus chaque année. Les déjeuners-causeries reprendront dès le 24 septembre prochain. (Prenez note du nouveau tarif à compter de septembre: 20$/pers.)

Nous vous invitons également à surveiller un nouveau concept mobile de Bottes et Vélo: les Soirées Pèlerines. Sur le même ton que les déjeuners-causeries, ces soirées se tiendront dans des cafés ou bistros de Québec, Trois-Rivières et Montréal. Surveillez le site de Bottes et Vélo pour connaitre les dates et lieux de ces rencontres! (Coût: 15$/pers.)

Cliquez ici: Déjeuner-causerie ou Soirée Pèlerine

D’ici là, nous vous donnons rendez-vous dans l’un des différents Weekends Ressourcement et Pèlerinage ou encore dans les Voyages Pèlerins que nous offrirons de mai à octobre. Cliquez ici: Activités Bottes et Vélo

Bonne saison de pèlerinage à tous!Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté et Brigitte Harouni