Partir quelque part pour partir…

« Partir, c’est l’appel du chemin, l’appel au cheminement »
Bottes et Vélo
Le village de Saint-Michel-de-Bellechasse est situé sur une route de migration. Migration animale, migration humaine. Le fleuve en guide et en inspire plus d’un! La migration animale a longtemps  fasciné les chercheurs. Qu’est-ce qui suscite un tel déplacement? Sommes-nous bien différents des animaux?

Saint-Michel-de-bellechasseChaque année, au début du printemps des milliers d’oies blanches et d’outardes animent  le ciel. Au rythme des marées, elles se rassemblent sur les berges du fleuve et dans les champs. Elles nous visitent quelques instants, le temps de profiter des lieux, de refaire le plein d’énergie avant d’attaquer les prochains kilomètres de vol. Puis, lorsque l’automne et le froid s’annoncent, on les voit repasser, plus rapidement cette fois-ci.

La région reçoit aussi la visite passagère des Harfangs des neiges. Amateurs de hauts perchoirs, on a de forte chance d’en voir un paisiblement installé sur le sommet d’un poteau électrique, d’un silo, ou sur le plus haut point d’un bâtiment ou d’un arbre situé au milieu des champs. Les harfangs nous arrivent avec l’hiver et nous quittent avant l’arrivée du printemps, pour remonter vers le nord.

La migration animale est un périple périodique entrepris durant une période de l’année ou une période de la vie de l’animal. Elle implique un retour dans la région de départ. Les périodes de migrations sont souvent reliées aux conditions et aux changements climatiques. Le manque d’eau ou de nourriture, la présence accrue de prédateurs, poussent l’animal à quitter son habitat en quête de meilleures conditions de vie; des conditions favorables à sa croissance et à sa reproduction. Sans y réfléchir, par instinct, l’animal migre pour survivre, pour mieux vivre! Sommes-nous bien différents des animaux?

Un autre type de migration que nous pouvons observer à Saint-Michel-de-Bellechasse, c’est une variété de Le Québec à vélomigration humaine. Chaque année, dès le mois de mai, on observe des cyclistes qui, chargés de leurs sacoches et de leurs bagages, le coup de pédale régulier et calme, voyagent vers l’est. Le cycliste migrateur se déplace souvent seul et parfois en couple. Étudiant qui débute ses vacances après des années d’études collégiales ou universitaires, ou retraité profitant de cette liberté tant attendue. Homme ou femme. Ce qui le caractérise c’est surtout ce voyage, intérieur et extérieur, qu’il choisit d’entreprendre. Il n’est pas pressé. Il profite du paysage, s’arrête dans les villages, s’imprègne du vent et du mouvement qui le traverse. Chaque jour, immanquablement, j’en vois un… et je me mets à rêver! Ah, le chanceux!

La migration humaine, tout comme la migration animale, est un déplacement d’un lieu vers un autre que l’on espère IMG_7236plus prospère. L’homme qui migre, quitte son lieu de résidence en quête d’un monde meilleur, en quête d’identité, en mal de vivre. Il espère dans cet ailleurs trouver un environnement qui réponde mieux à ses aspirations et ses désirs, pour plus de sécurité, pour plus de richesse, plus de confort matériel ou spirituel, pour plus de vie!

Cette semaine, j’ai eu la chance de voir un oiseau migrateur des plus rares au Québec : un pèlerin! Je l’ai croisé sur le bord du chemin. Sac au dos, bottes aux pieds, bâtons en main, il allait paisiblement sur sa route. Je n’ai pas su résister, je me suis approchée de lui pour le questionner : il partait tout juste de Beaumont et s’en allait jusqu’à Gaspé! Jeune, seul, le regard brillant devant cette aventure qui l’attendait… Comme je l’ai envié!

Chez Bottes et Vélo, l’appel du pèlerinage est plus fort que tout. De voir passer tous ces cyclistes et ce pèlerin m’attire d’instinct à prendre la route et à suivre mes semblables. Ce temps de migration momentané est un réel pèlerinage qui me permet de faire mon ménage intérieur et de retrouver l’essence même de mon être. C’est un bilan annuel incontournable qui me permet de revenir chez moi en étant plus réceptive aux signes qui balisent ma route de vie.

Sans mauvais jeu de mots… le pèlerin serait-il une variété d’oiseaux migrateurs?

Prenez note que le blog fera relâche le temps d’un pèlerinage. On vous retrouvera le 19 août! Bon été!

Brigitte HarouniBottes et Vélo - Emblême

Ann Sieben, la fin d’un pèlerinage…

Ann se sentait le cœur déchiré ces derniers jours. La fin d’un pèlerinage n’est jamais facile disait-elle. Il y a la joie de l’accomplissement, mais aussi toute la tristesse de voir cette expérience de vie qui prend fin. Fort heureusement, c’est par une belle journée printanière que ce périple s’est terminé et que l’équipe de la Basilique Ste-Anne est venue accueillir Ann. Merci à Richard L’Archer, maître d’œuvre de cet accueil! Pour souligner cet accomplissement, Ann eut entre autre le bonheur de retrouver plusieurs personnes qui étaient venues à sa rencontre mais, tout particulièrement ce couple qui l’avait hébergée. Ils se sont déplacés depuis Alma pour assister à son arrivée! C’est donc sur une note pleine d’émotion que cette belle aventure a pris fin, après 5170 km de marche!

Dans quelques jours, Ann reprendra la route – en train cette fois-ci – pour se rendre à Philadelphie où elle est attendue pour une conférence. Malgré qu’elle soit la pèlerine de l’hiver, ses étés sont passablement chargés. Cet été, elle accompagnera différents groupes de pèlerins en Europe et aux États-Unis. Parmi ceux-ci, un groupe qui se rendra aux JMJ qui auront lieu à Cracovie. À travers tous ces déplacements, Ann trouvera également le temps de planifier son prochain pèlerinage qui se tiendra au Japon. Vous pourrez toujours continuer de la suivre sur son blogue: http://www.winterpilgrim.blogspot.ca/

Ann Sieben - Notre-Dame-du-CapBottes et Vélo tient à remercier toutes les équipes des différents sanctuaires qui ont accueillis Ann Sieben tout au long de son parcours en sol québécois. Votre participation et votre soutien dans ce projet ont été d’une générosité sans borne! Du fond du cœur: Merci!

Ann Sieben - Ermitage St-AntoineMerci également à vous tous qui vous êtes déplacés, parfois sur plusieurs centaines de kilomètres, pour venir rencontrer Ann. C’est dans ce geste d’accueil chaleureux que le pèlerinage continue de grandir!

Enfin, c’est grâce à la collaboration de vous tous – sanctuaires et pèlerins, de fait ou de cœur – que Bottes et Vélo peut répondre à sa mission de promouvoir le pèlerinage de longue randonnée comme exercice spirituel en émergence.Ann Sieben - Notre-Dame-de-Québec Comme nous le disions, loin d’être une mode, le pèlerinage est une démarche spirituelle montante. Il est important que le pèlerin puisse trouver appui dans cette expérience qui le touche et le rejoint dans toutes les dimensions de son humanité. Le pèlerinage c’est plus qu’une marche, c’est une démarche!Ann Sieben - Basilique Ste-Anne

En terminant, nous souhaitons à Ann tout le meilleur dans la poursuite de sa mission. Sur cette route, chaque jour, elle accomplit un peu plus  son sanctuaire intérieur, cet espace en elle qui croit en la bonté et la beauté du monde et qui nous invite à manifester le meilleur de nous-mêmes.

Bottes et Vélo - Emblême

Merci Ann d’être passée dans nos vies!

Éric Laliberté et Brigitte Harouni

La paix, un pas à la fois

Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde.
Gandhi
Chaque personne qui choisit de vivre en pèlerin, même l’espace d’une fraction de vie, porte en lui l’objet d’une quête personnelle. C’est cet appel intérieur qui l’amène à se déplacer et l’entraine dans une démarche de remue-ménage intime à la recherche du meilleur de lui-même. Plus l’objet recherché se précise et plus le pèlerin l’actualise et le fait rayonner autour de lui.

La Voie du St-LaurentAnn Sieben, cette pèlerine que les Français ont baptisée « la pèlerine d’hiver » et que les Québécois se plaisent à surnommer « la pèlerine des neiges », ingénieure nucléaire de profession, s’est un jour retrouvée attirée et inspirée par la vie pèlerine.  Écoutant son élan intérieur, elle décide de se consacrer au pèlerinage. Chaque année, elle part marcher durant 4 à 6 mois les routes qui ont marqué l’histoire des peuples. Aujourd’hui, rendue à son 9e pèlerinage, elle a bien défini l’objet de sa quête. Quand on lui demande pourquoi elle marche, elle répond : Jésus a dit aime ton prochain comme toi-même. Mais comment peut-on on « aimer son prochain comme soi-même » sans partir à la rencontre de ce prochain?

s'adapterCelui qui part pèleriner ouvre ses horizons, ouvre son esprit et accueille la nouveauté et la différence avec plus de souplesse et de sagesse. Celui qui cherche à vivre pleinement l’expérience de pèlerinage se verra graduellement s’adapter et s’accorder avec son nouvel environnement de vie pour y vivre en harmonie. Son besoin de bien-être personnel l’amène à considérer l’extérieur avec sensibilité pour être capable de se créer un nouvel équilibre.

Au cours de son pèlerinage en Russie, Ann s’est retrouvée extrêmement malade. Mangeant ce que les habitants de la région lui offraient, elle repassait en mémoire les aliments ingérés. La douleur devenant insoutenable, elle dû arrêter sa marche pour rencontrer un médecin. Celui-ci lui dit alors que le malaise ne venait pas de ce qu’elle avait mangé mais plutôt de ce qu’elle n’avait pas mangé : une carence en vitamine. Étant dans une région pauvre du pays, en plein hiver, elle aurait dû manger certains aliments plus gras qui permettent à la digestion de se faire. Mais ces aliments n’étant pas attrayants, et ne sachant pas pourquoi les habitants en mangeaient, elle les avait évités.

Dans un petit village pauvre, Ann a assisté à un anniversaire. Elle fut surprise de constater qu’au lieu de se donner des cadeaux, les habitants de cette région ont pour tradition de s’offrir une lettre ou un poème. Ces messages sont indiades paroles touchantes teintées d’amour que bien souvent nous n’aurions jamais pris le temps de dire. Elle me raconte cette anecdote de pèlerinage, me disant combien les gens que nous croyons pauvres sont parfois bien plus riches que nous le pensons.

À la frontière d’un des pays du Maghreb dans le nord de l’Afrique, voulant traverser ce pays en état de guerre pour suivre sa route, malgré qu’elle soit une femme, malgré qu’elle soit chrétienne, les douaniers ont écouté sa demande. Ils lui ont dit de revenir le lendemain, le temps qu’ils échangent sur la situation. Le lendemain, lorsqu’elle s’est présentée, ils lui ont ouvert la porte et lui ont offert un café, le temps d’échanger et de la conseiller quant à la réalité du pays dans lequel elle entrait. Leur rencontre, ponctuée de moments de rires, s’est terminée sur des encouragements pour la route à venir.

Chaque pèlerin a vécu sur sa route une rencontre qui l’a marqué. Une chance inouïe, un miracle du chemin, un être exceptionnel : les mots manquent à celui qui le vit tellement il en reste bouche bée. Pourtant l’être humain est naturellement bon. En pèlerinant, en se rendant vulnérable, on le découvre car on permet à l’autre de donner forme à cette bonté. La coexistrencontre avec l’autre est un pas essentiel pour marcher vers la paix. Prendre conscience que nous avons chacun une partie de vérité, une façon de penser différente, qui est influencée par la vie que nous menons. Développer une tolérance mutuelle basée sur une meilleure compréhension et une acceptation de l’autre dans ce qu’il est différent de soi. Faire quelques milles dans les souliers de l’autre et l’accueillir sans juger.

Ann, à travers sa marche, invite à avoir confiance en l’étranger. Ainsi, elle nous dit : La paix dans le monde est une chose pour les grands de ce monde. La paix entre chacun de nous est l’affaire de nous tous. Pâques est ce temps de l’année où il fait bon revivre. C’est un temps de remue-ménage intérieur. Vous, pèlerin dans l’âme, quel est Bottes et Vélo - Emblêmel’objet de votre quête?

Brigitte Harouni

Passer la Porte Sainte après 5000 km de marche…

Jeudi 24 mars. Vers midi, nous avons rejoint Ann Sieben au Sanctuaire Ste-Thérèse-de-Lisieux, à Beauport. Le recteur du sanctuaire, Réjean Lessard, nous y attendait chaleureusement avec toute une équipe de bénévoles pour souligner le passage d’Ann. Nous étions une douzaine à la rejoindre pour partager avec elle une étape  marquante de son pèlerinage : notre marche de 13 km allait débuter par le passage de la Porte de la Miséricorde du sanctuaire de Beauport, pour se terminer par le passage de la Porte Sainte de la Basilique-cathédrale Notre-Dame-de-Québec, la seule en Amérique.

Ann Sieben - Porte SaintePasser le seuil d’une porte, c’est entrer dans la demeure de quelqu’un. C’est se laisser accueillir dans son univers. Pour le pèlerin en marche, c’est trouver un endroit où se déposer en toute confiance, un lieu de repos et d’amour. Chaque journée du pèlerin se termine par une porte sainte qui s’ouvre pour lui…

Après 5000 km de pèlerinage à pied, franchir la Porte Sainte, c’est le condensé d’une vie qui s’apprête à entrer dans la demeure de Celui qui nous accueille de manière inconditionnelle, sans exigence aucune. Avant d’y entrer, le pèlerin dépose son fardeau, nul besoin de le porter avec lui, nul besoin de tout prévoir. En bon Parent, Il nous veut tout simplement auprès de lui. Franchir le seuil de cette porte est le symbole qu’il est possible de passer d’un lieu à un autre : du rejet à l’accueil; de la solitude à la rencontre; de l’être blessé au pardon…

C’est dans l’esprit de cette démarche pèlerine que nous avons accompagné Ann et que nous sommes entrés dans les célébrations du Triduum Pascal. Avec elle, nous avons pu prendre part à cet événement unique qui l’a conduite jusqu’ici. C’est toute une équipe de bénévoles qui l’attendaient en compagnie de : Ann Sieben - Arrivée à la Porte Sainte de QuébecFrançois Miville-Dechênes, directeur des communications de la basilique, celui qui depuis plusieurs mois contribue grandement à faire la promotion du pèlerinage de longue randonnée à travers ce projet; soeur Hélène Bastarache, qui a su orchestré l’accueil d’Ann et l’a invité à prendre part à la célébration du Jeudi Saint; Denis Bélanger, curé de la paroisse Notre-Dame-de-Québec, qui s’est fait un hôte chaleureux et attentionné. Grâce à la générosité de toutes ces personnes, et de celles qui les ont précédées en différents lieux de ce pèlerinage, Ann est arrivée à Québec porteuse de ce message qui l’habite profondément: la paix dans le monde est une chose pour les grands de ce monde. La paix entre chacun de nous est l’affaire de nous tous.

Aujourd’hui, vendredi saint, Ann participera à la célébration de la Passion à Notre-Dame-de-Québec en après-midi. En soirée, nous vous invitons à vous joindre à elle pour la marche œcuménique qui aura lieu dans le Vieux-Québec. Le rendez-vous est 18h30 à l’église Chalmers-Wesley United Church – 78 Rue Sainte-Ursule, Vieux-Québec. C’est avec plaisir que Bottes et Vélo vous y attendra.

Samedi, Ann reprendra la route en direction de Château-Richer. Puis, dimanche matin, ce sera la montée finale en ce temps pascal vers l’ultime objectif d’Ann Sieben : La Basilique Ste-Anne-de-Beaupré. Pour cet événement, voici les informations à retenir pour ce dimanche 27 mars:

  • 8h00 – Rassemblement des pèlerins marcheurs avec Ann Sieben à l’église de Château-Richer.
  • 8h30 – Départ de l’église de Château-Richer et marche avec le groupe de pèlerins vers la Basilique Ste-Anne (10 km).
  • 11h00 : Arrivée du groupe à la basilique pour la célébration de Pâques
  • Après la célébration : Repas festif ($) du groupe de pèlerins en compagnie d’Ann Sieben.

N’oubliez pas de vous inscrire sur le site de Bottes et Vélo! (Cliquez ici)

Au plaisir de vous retrouver en grand nombre pour souligner cet événement et célébrer cette Pâques avec vous tous!Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté et Brigitte Harouni

Ann Sieben chez les Bleuets!

C’est hier matin, par un ciel bleu et ensoleillé, qu’Ann Sieben arrivait à l’Ermitage St-Antoine de Lac-Bouchette, au Lac St-Jean. Après avoir parcouru une route des plus hasardeuse pour le marcheur, la route 155 entre La Tuque et Lac-Bouchette, la pèlerine de l’hiver nous attendait sur le perron de l’église. Pour l’occasion, un groupe de 20 marcheurs était présent pour l’accueillir chaleureusement. Père France Salesse, recteur de l’Ermitage, Louis Gagné, directeur, et Marilou Desbiens, responsable des communications, ainsi que Père Michel Gagné se sont joints à cette marche et c’est dans le plus pur esprit pèlerin que nous nous sommes lancés en direction de l’Ermitage. Sourires et bonne humeur étaient au rendez-vous!
Ann Sieben et France Salesse

Ann Sieben en compagnie de France Salesse, recteur de l’Ermitage St-Antoine

Connaissez-vous l’Ermitage St-Antoine? C’est un site à découvrir! Situé dans un environnement des plus magnifique, légèrement en surplomb et bordant le lac, l’Ermitage offre au regard l’immensité de ses paysages naturels. L’ambiance qui y règne nous plonge avec douceur au cœur d’une nature qui dégage paix et sérénité. Tout invite à l’intériorisation! Une ambiance qui n’est pas sans lien avec la présence des Capucins sur les lieux. L’accueil fraternel de la communauté et leur bienveillance à l’égard des gens qu’ils reçoivent est dans la plus pure tradition franciscaine. (Pour visiter le site de l’Ermitage: http://www.st-antoine.org/fr )

Au cours de ce passage à l’Ermitage, nous aurons appris qu’Ann projette déjà ses prochains pèlerinages. L’été prochain elle marchera avec un groupe de séminaristes, depuis Rome jusqu’à Cracovie pour les Journées Mondiales de la Jeunesse. L’hiver prochain, c’est au Japon que ses semelles de pèlerine iront battre les chemins. Pourquoi le Japon? Elle nous raconte que l’histoire religieuse du Japon et du Canada est marqué par un lien commun: la présence des Jésuites. C’est à la poursuite de cette présence missionnaire, à l’époque fondatrice du Canada, qu’Ann traversait l’Amérique du Nord cette année. Son pèlerinage au Japon se fera donc en continuité avec le parcours de cette année.

Ann Sieben en marche vers l'ErmitageDimanche matin, Ann reprendra la route en direction de Roberval. Notre pèlerine qui abat et enchaîne les kilomètres d’une manière phénoménale a décidé de faire le tour du Lac St-Jean avant de revenir sur Québec. Soyez sans crainte, nous sommes parvenus à la convaincre de ne pas traverser le Parc des Laurentides à pieds! Elle marchera jusqu’aux abords du parc et le lendemain demandera à être déposée au Camp Mercier. De là, elle marchera vers Ste-Brigitte-de-Laval.

De notre côté, le prochain rendez-vous est fixé au 24 mars à midi. Nous vous invitons à venir vous joindre à Ann pour une marche de 13 km depuis le Sanctuaire Ste-Thérèse-de-Lisieux, à Beauport, jusqu’à la Basilique-cathédrale Notre-Dame-de-Québec. Pour les marcheurs qui le désirent, vous pourrez vous joindre à nous pour prendre le repas du soir en compagnie d’Ann. Vous trouverez tous les détails de cette journée sur le site de Bottes et Vélo à la page d’Ann Sieben : http://bottesetvelo.com/bottes-et-vélo—ann-sieben. N’oubliez pas qu’il est important de vous inscrire à cette activité pour que nous puissions comptabiliser le nombre de participants et le nombre de repas pour ceux et celles qui désirent casser la croûte en compagnie d’Ann à la fin de la journée.

Cette belle aventure se poursuit donc!Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté

Notre-Dame-du-Cap accueille Ann Sieben

Ann est arrivée ce mercredi 2 mars, en plein blizzard, au sanctuaire du Cap-de-la-Madeleine. Bottes et Vélo a marché avec elle les derniers kilomètres de cette journée. Pour l’occasion, Pierre Montreuil, responsable des communication au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap (SNDC), s’est joint à nous. Parti à pied de Denver, le 1er novembre dernier, il s’agit du deuxième arrêt d’Ann Sieben dans son pèlerinage voulant rejoindre les 5 Sanctuaires Nationaux du Québec d’ici Pâques, le 27 mars.
Ann sieben devant le Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap

Dû à la tempête, nous n’avons pu être à l’heure pour accueillir Ann. Nous sommes donc arrivés avec 45 minutes de retard et c’est Pierre Montreuil qui s’est chargé de l’accueillir au musée des Ursulines en compagnie de Daniel Cournoyer, conseiller municipal à la ville de Trois-Rivières. Pour l’occasion, les médias locaux étaient présents ainsi que des journalistes de la radio et de la télé de Radio-Canada. Nous avons pu rejoindre Ann juste au moment ou elle terminait les entrevues. Nous avons alors pris la route avec elle à travers le Vieux-Trois-Rivières. Le temps s’étant calmé, c’est par une douce journée d’hiver que nous avons pu terminer cette journée de pèlerinage avec Ann qui était encore une fois tout sourire.

Ann sieben - Parc du Sanctuaire Notre-Dame-du-CapÀ notre arrivée au SNDC, nous avons fait avec elle le tour du parc du sanctuaire et Pierre nous a partagé les grands moments historiques qui font de ce lieu un sanctuaire: 1) Le pont de glace qui s’est formé en mars. Cet événement s’est produit alors que la température était clémente et que les paroissiens désiraient transporter des blocs de pierres en provenance de la rive sud du fleuve pour la construction de l’église paroissiale. C’est après une neuvaine qu’une embâcle se serait formée et que celle-ci aurait généré l’espace nécessaire pour la formation du pont de glace. 2) Trois témoins (dont le Bx Père Frédéric Janssoone) auraient observé la statue de la Vierge, dans la chapelle historique, alors que celle-ci aurait ouvert les yeux pendant une quinzaine de minutes. Le site du sanctuaire et tout particulièrement le parc sont un endroit magnifique, en bordure du fleuve, qui se prête bien à la méditation et où il est agréable de marcher à tout moment de l’année.

Pierre-Olivier Tremblay, Ann Sieben et Daniel Cournoyer

Notre visite s’est terminée en invitant Ann à prendre un bon café noir comme elle l’aime. Juste après, nous nous sommes dirigés vers la chapelle historique, pour la célébration de 16h. Pierre-Olivier Tremblay, recteur du SNDC, nous y attendait en compagnie de Daniel Cournoyer qui a apposé le sceau de la ville de Trois-Rivières sur la crédencial d’Ann. TVA était sur place pour immortaliser l’événement.

En soirée, c’est autour d’un bon repas que nous avons été reçus en compagnie des pères Oblats du sanctuaire. Ann a pu alors prendre la parole, partager son expérience de pèlerine et le désir qui l’habite à travers ses pérégrinations. Comme elle le dit: « La paix dans le monde, ce n’est pas mon affaire. C’est trop vaste, trop grand. Ce qui m’intéresse, c’est la paix entre les personnes. » Par son pèlerinage, Ann désire contribuer à la paix dans le monde une personne à la fois.

Demain, Ann reprendra la route en direction de Shawinigan et La Tuque,  pour se diriger ensuite vers l’Ermitage St-Antoine de Lac-Bouchette où elle arrivera le vendredi, 11 mars. Cette section est très difficile dans son pèlerinage puisqu’il y a très peu d’endroit où être hébergé. Si vous pouvez l’aider, lui offrir le gîte où lui indiquer un endroit où dormir lorsque vous la croiserez, c’est un geste qu’elle apprécierait grandement, tout particulièrement entre La Tuque et l’Ermitage St-Antoine.

Pour les gens qui voudraient se joindre à Ann, il y aura un rassemblement à l’église de Lac-Bouchette, à 10 h le vendredi 11 mars, et de là nous pourrons marcher avec elle jusqu’à l’Ermitage et assister à la célébration de 11h. Il s’agit d’une petite marche de 3 km. Pour vous inscrire à cette activité, cliquez sur ce lien: http://bottesetvelo.com/bottes-et-vélo—ann-sieben

Au plaisir de vous retrouver en grand nombre!Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté

 

Ann Sieben – The Winter Pilgrim – de Denver à l’Oratoire St-Joseph

Ann Sieben – The Winter Pilgrim – portait bien son nom aujourd’hui et l’hiver l’attendait de plein pied! Mais l’hiver étant ce qu’il est cette année, au cours des derniers kilomètres elle aurait pu tout aussi bien se prévaloir du titre: « The Rainy Pilgrim ». Haha! En effet, malgré un début de parcours sous la neige, c’est tout détrempés que nous avons fait notre entrée à l’Oratoire St-Joseph du Mont-Royal.

Brigitte Harouni et Ann SiebenMais, malgré l’humeur maussade de Mère Nature, c’est un accueil des plus chaleureux et fort sympathique qui attendait Ann. Toute l’équipe qui avait préparé son arrivée était rassemblée autour du Père Claude Grou, recteur de l’Oratoire, pour souligner sa détermination et sa foi à travers ce périple. Après une brève visite de la crypte et du tombeau de Saint frère André (une visite de l’ensemble du sanctuaire qui se poursuivra jeudi), nous nous sommes tous dirigés vers le Pavillon Jean XXIII pour un bon repas.

Autour de la table, les questions fusaient de toutes parts et Ann était intarissable: une véritable conteuse! Elle enchaînait les anecdotes les unes après les autres en nous faisant traverser les 44 pays qu’elle a visités au cours de ses nombreux pèlerinages. C’est toute sa foi en l’humanité qui porte chacun de ses pèlerinages et la conduit bien au-delà du sanctuaire comme lieu physique. Le sanctuaire qui habite Ann, sa foi dans la bonté de l’humanité, dépasse tout bâtiment. Il se construit et s’accomplit, un peu plus chaque jour, dans chacun de ses pas.

Au cours de ce repas, nous avons également pu en apprendre davantage sur le projet The Society of Servant Pilgrims. Nous savons maintenant que cette société est bel et bien un nouvel ordre religieux qui sera fondé avec la participation, le soutien et l’accord de l’archevêché de Denver. Un projet qui s’inspire de la tradition franciscaine en reprenant ces paroles si chères à François d’Assise: « le privilège de la pauvreté ». Ann Sieben - Oratoire St-Joseph (Montréal)C’est le propre du pèlerinage que de vivre avec peu et ce privilège dont parle François d’Assise exprime toute la liberté que procure la non-possesion. C’est de ce mode de vie dont se prévaut Ann depuis presque dix ans et cela lui sied bien. Comme elle le disait à son arrivée à l’Oratoire: « Je suis la plus heureuse des pèlerines! »

Au cours des prochaines semaines, nous vous invitons à suivre les pérégrinations d’Ann au Québec. Le prochain point de ralliement sera au Parc Portuaire de Trois-Rivières (près du grand sapin de métal) le mercredi 2 mars, à midi. De là, nous marcherons jusqu’au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, une marche de 7 km. Pour ceux et celles qui le désirent, il sera possible de prendre le repas du soir avec Ann. Pour nous permettre de comptabiliser le nombre de participants et le nombre de repas, vous pouvez vous inscrire en vous rendant sur le site de Bottes et Vélo à la page suivante: http://bottesetvelo.com/bottes-et-vélo—ann-sieben.

Vendredi le 26 février, Ann quittera Montréal en direction de Repentigny. Si vous la croisez, n’hésitez pas à la saluer ou même lui offrir l’hospitalité. Vous vous offrirez, de part et d’autre, une très belle soirée!

Bonne route!Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté

Ann Sieben s’approche de Montréal!

Ann Sieben - Arrivée à OttawaC’est le 15 février dernier qu’Ann Sieben arrivait à Ottawa et s’arrêtait faire une pause, le temps d’une journée. Le pèlerinage d’Ann avance bon train. Aujourd’hui, 18 février, elle en est à son 111ième jour de marche.  Le regard un peu fatigué, elle semble néanmoins garder un bon moral.

The Society of Servant Pilgrims (SSP), la société fondée par Ann Sieben, nous a contacté récemment pour nous dire tout l’enthousiasme que suscite cette belle collaboration et combien Ann est heureuse de venir à la rencontre de Québécois et Québécoises  qui l’attendront sur le chemin.

C’est donc une invitation!  Venez nombreux-ses pour souligner ce premier événement d’une série de cinq, lors de son arrivée à Montréal, mercredi le 24 février à 14h30.

Nous vous donnons rendez-vous sur le parvis de la Basilique Notre-Dame dans le Vieux Montréal. De là, nous marcherons vers l’Oratoire St-Joseph en compagnie d’Ann Sieben – La pèlerine de l’hiver, pour franchir la porte du premier des cinq sanctuaires nationaux qu’elle visitera.

Pour compiler le nombre de participant-e-s, nous vous invitons à vous inscrire sur le site de Bottes et Vélo à la page d’Ann Sieben: http://bottesetvelo.com/bottes-et-vélo—ann-sieben. Il sera aussi possible de prendre un repas ($) avec elle à la fin de cette marche de 8 km . Le repas se tiendra dans un restaurant près de l’Oratoire. Vous êtes tous les bienvenues!

Par ailleurs, dans leur lettre, The Society of Servant Pilgrim nous invitaient à découvrir Zilong Wang, un jeune pèlerin d’origine chinoise. Zilong s’est lancé dernièrement dans une aventure pèlerine de trois ans qui le mènera à vélo de la Californie vers la Chine. Vous pouvez visiter son blogue à l’adresse suivante: http://www.journeye.org . La première section est en chinois mais, si vous défilez plus bas en cliquant sur « read more », vous découvrirez la section anglaise. C’est dans un désir d’éveil écologique et spirituel pour notre temps que Zilong parcourt le monde à vélo.

Zilong à une vingtaine d’année. Je vous invite à faire sa connaissance et découvrir toute son originalité à travers une courte vidéo. Il s’agit du discours des finissants qu’il a prononcé au Hampshire College en 2013. C’est dans toute cette nouveauté, cette fraîcheur et cette liberté, mais aussi dans cette ferveur engagée, que respire le pèlerinage d’aujourd’hui.Bottes et Vélo - Emblême

Bon visionnement!

Éric Laliberté

 

Ann Sieben, une pèlerine pas ordinaire!

La pèlerine d’hiver plus grande que nature!
Pour vous remettre en contexte, le 1er novembre dernier, Bottes et Vélo a été contacté par Ann Sieben. Cette dame de 52 ans nous annonçait alors qu’elle allait entreprendre un pèlerinage de 4000 km entre Denver et Ste-Anne-de-Beaupré. Nous ne pouvions qu’applaudir une telle entreprise. Nous nous sommes donc empressés de lui dire que Bottes et Vélo serait plus qu’heureux de l’accueillir lors de son arrivée à la Basilique Ste-Anne et de l’héberger. Étant membre dEphatta, cela allait de soi!

Ann Sieben - en raquetteDepuis ce jour, nous avons eu le temps d’échanger quelques courriels pour apprendre à nous connaître. Et plus nous en apprenions sur Ann Sieben, plus nous étions emballés par cette femme qui avançait, beau temps, mauvais temps, vers le Canada. Plusieurs diront: par chance ce n’est pas un gros hiver! Elle l’aurait préféré autrement. La neige s’étant faite tardive, elle a dû transporter ses bottes d’hiver dans son sac à dos, ce qui l’alourdissait passablement…

Malgré ce poids en surplus, le 10 janvier dernier, nous vous avons annoncé qu’elle était enfin arrivée en sol canadien et qu’elle se dirigeait vers le sanctuaire de Midland, en Ontario. Actuellement, elle marche en direction d’Ottawa. Dans son dernier courriel, elle nous écrivait être en avance de 10 jours sur son programme. Ayant l’intention d’arriver seulement pour Pâques à la Basilique Ste-Anne, elle nous a demandé de lui proposer un itinéraire qui passerait par l’Ermitage St-Antoine de Lac-Bouchette. Nous travaillons actuellement sur ce projet, mais nous vous annonçons déjà qu’Ann franchira les portes des 5 Sanctuaires Nationaux du Québec!

Le projet d’Ann Sieben dépasse tout ce que nous avions imaginé. C’est pourquoi nous lui avons demandé de nous partager ce qu’elle poursuit à travers tous ses grands pèlerinages. Voici donc les réponses qu’elle nous a transmises lors d’une halte le 30 janvier dernier, suite à notre courriel plein de questions :

[À l’intérieur de cet échange, découvrez différentes entrevues données par Ann Sieben. La première est une entrevue à la télé mexicaine (en espagnol) lors de son pèlerinage Denver-Mexico (2011). L’autre est une entrevue (en anglais) où elle nous partage sa vision du pèlerinage et comment elle perçoit le rôle social du pèlerin (2015). Ann parle français, nous n’avons cependant aucune entrevue d’elle en français. Cela viendra…]


Bottes et Vélo a quelques questions à vous poser. Plusieurs de nos lecteurs, tout comme nous, veulent en savoir un peu plus à votre sujet et sur ce long pèlerinage que vous avez entrepris.

B&V    D’abord, pourquoi un pèlerinage de Denver à Ste-Anne-de-Beaupré?

Ann Cette année, au lieu de partir loin à l’étranger, j’ai choisi de faire un pèlerinage local aux États-Unis et au Canada. Ste-Anne-de-Beaupré est une destination et un sanctuaire important. J’ai visité plusieurs autres sanctuaires depuis mon départ : Notre-Dame-de-Gadalupe (La Crosse, Wisconsin), Holy Hill (Erin, Wisconsin), Notre-Dame-du-Bon-Secours (Green Bay, Wisconsin), le sanctuaire des Martyrs (Midland, Ontario); et je me dirige vers d’autres encore avant d’arriver à Beaupré pour la veillée pascale (si Dieu le veut).

B&V  Vous dites « cette année », vous n’en êtes pas à votre premier long pèlerinage d’hiver. Combien de pays avez-vous parcourus et pourquoi faites-vous tous ces pèlerinages?

Ann Depuis 9 ans maintenant, je me consacre au pèlerinage et j’ai marché à travers 44 pays simplement pour rencontrer les gens là où ils vivent – comment peut-on « aimer son prochain comme soi-même » sans partir à la rencontre de ce prochain? Pour moi, être une servante pèlerine est une vocation. J’ai été appelée à cette vie. Je démontre ma foi; je bâtis de la confiance auprès des étrangers. Je ne suis pas appelée à évangéliser.

B&V Comment vous débrouillez-vous sur les chemins de pèlerinage? Cela ne vous effraie-t-il pas de voyager seule sur d’aussi longues distances?

Ann Je suis débrouillarde, peu importe les défis. Je vis au présent et dans l’instant même. J’apprends assez de chaque langue pour avoir au moins une conversation de base. Je suis contente de dormir dans un portique d’église ou dans une maison familiale, peu importe l’endroit, tant qu’il y a un peu de chaleur. Je ne dors pas à la belle étoile. Je ne m’inquiète jamais; il y a toujours une solution. J’ai beaucoup d’expérience. Je n’ai jamais craint pour ma vie, ni à cause des animaux sauvages, ni à cause de personnes mal intentionnées. Je ne me perdrai pas. Je sais ce que je fais – « prudente comme un serpent et simple comme une colombe ».

B&V   Nous avons appris que vous aviez fait officialiser votre démarche. Qu’en est-il exactement?

Ann  Je porte une crédenciale, signée et étampée par l’Archevêché de Denver, et validée chaque soir par mon hôte, que ce soit un prêtre, un pasteur protestant, une famille, peu importe.

B&V  Parlez-nous de votre foi. À quelle dénomination chrétienne appartenez-vous?

Ann  Je suis une catholique pratiquante, en voie de devenir une pèlerine consacrée (ce qui est sans précédent). C’est une vie consacrée à la foi – foi en Dieu, foi en l’humanité et foi en moi.
J’ai fondé une association publique de fidèles chrétiens (droit Canon 298) dans le diocèse de Denver (Colorado, États-Unis) appelée la Société des Pèlerins Servants « the Society of Servant Pilgrims », ayant pour mission pèlerine de marcher de village en village sur les chemins d’époque vers des destinations significatives, dans le but de rencontrer nos voisins du monde et bâtir la confiance, fondement de la paix.

B&V  Pourquoi faire vos pèlerinages durant l’hiver? N’est-ce pas plus difficile?

Ann  Je préfère marcher durant l’hiver : les arbres sont dépouillés de leurs feuilles et les champs sont fauchés. Je peux donc voir plus loin que durant les autres saisons; avec le gel, tout est propre, pas de boue ni de poussière; je peux toujours ajouter des couches de vêtements s’il fait trop froid; il n’y a pas de serpents, ni de moustiques; les rivières et les étangs sont gelés, et ne sont plus des barrières ou des obstacles; les gens sont généralement à la maison, accueillants et tranquilles, donc plus particulièrement ouverts à accommoder une pèlerine passant par là; plus il fait froid, plus je marche vite; plus je porte de vêtements, moins mon sac à dos pèse lourd. Je suis plus une athlète d’hiver qu’une athlète d’été. De plus, l’hiver me motive plus à parler avec les habitants de la place, car je suis définitivement motivée à ne pas me retrouver à dormir à la belle étoile.

B&V  Comment se déroulent vos journées de pèlerinage?

Ann  Durant chaque jour de marche – avec une moyenne de 40km/jour – je suis habituellement seule dans la nature, évitant les routes pavées autant que possible, (ici en Ontario, je passe la majeure partie de mon temps dans les bois, cheminant sur des sentiers couverts de neige et sur les pistes de motoneiges) et lorsque le soleil commence à descendre, je pars à la rencontre des gens dans les communautés – une paroisse, un centre communautaire, une résidence privée, tout ce qui croise ma route – pour demander le gite.

B&V  Comment pouvez-vous vous permettre de voyager aussi longtemps sans travailler?

Ann  Je suis une pèlerine mendiante, ce qui veut dire que je ne porte avec moi rien qui n’ait de valeur – pas de cellulaire, pas de caméra, pas d’appareil de GPS, pas de bijou, pas d’argent, etc. – et je dois donc de ce fait entrer en relation avec une communauté d’individus chaque soir pour trouver une place où dormir, et par le fait même, demander pour avoir quelque chose à manger pour le souper et le déjeuner du lendemain matin.
Lorsque je me prépare à partir en pèlerinage ou que j’en termine un, j’accepte des dons pour couvrir mes frais de transport. Pendant mon pèlerinage, je n’aime pas avoir d’argent du tout – l’argent change les relations interpersonnelles; l’argent accable l’esprit; et l’argent – et toute possession – doit être protégé. Je suis une petite femme de 52 ans… pas totalement sans défense, mais difficilement une menace pour qui que ce soit.

B&V  Que faites-vous lorsque vous n’êtes pas sur la route?

Ann Entre deux pèlerinages, qui durent 6 mois ou plus chaque année, je consacre mon temps à aider d’autres pèlerins, à parler de pèlerinage et à vivre une vie religieuse dévouée.

B&V  Comment s’annonce la suite de votre pèlerinage actuel?

Ann J’ai de l’avance sur mon horaire – le temps étant doux, j’ai retourné mes bottes d’hiver aujourd’hui – j’ai atteint le sanctuaire des Martyrs (Midland, Ontario) 10 jours plus tôt que je l’avais prévu. Je vais marcher le sentier de pèlerinage qui traverse Orillia et Barrie, puis je vais me diriger au nord-est, vers Pembroke, puis sud-est vers Ottawa.

B&V  En terminant, comment envisagez-vous votre vie de pèlerine?

Ann  Malgré les sacrifices, les difficultés et les dangers, j’aime cette vie et je vais continuer de vivre ainsi pour le reste de mes jours.

B&V  Merci Mme Sieben! On vous souhaite bonne route et nous vous attendons avec impatience!

Ann  Cheers!


Bottes et Vélo vous invite donc à suivre le périple d’Ann Sieben. Différentes activités seront prévues pour l’accueillir et marcher avec elle en direction des 5 sanctuaires nationaux du Québec. Dès que le calendrier du parcours québécois sera fixé, nous vous le ferons connaître et nous vous inviterons à vous joindre à nous. Le pèlerinage d’Ann Sieben: un événement sans précédent dans l’histoire du pèlerinage nord-américain.Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté et Brigitte Harouni

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Ann Sieben est arrivée au Canada!

C’est après 71 jours de marche, le 10 janvier dernier, qu’Ann Sieben – la pèlerine de l’hiver – arrivait au Canada en franchissant le pont qui enjambe la rivière St Mary’s pour faire son entrée en sol canadien. Une entrée qu’elle n’a pas pu faire à pied car il est interdit de traverser le pont-frontière à pied.

Anne Sieben - Arrivée au CanadaAujourd’hui, Ann en est à son 82ième jour de marche. La neige ayant fini par la rattraper, elle est bien heureuse d’avoir sorti ses bottes de neige car elles commençaient à peser lourd dans son sac, dit-elle!

Dans son dernier post, elle nous laisse entendre qu’elle espère avoir rejoint, pour la fin janvier, le Sanctuaire des Martyres Canadiens à Midland, en Ontario. La route lui semble toujours aussi généreuse et à voir son sourire tout se déroule bien.

Mais, quels chemins emprunte-t-elle pour faire ce parcours?

Depuis son arrivée au Canada, Ann nous dit que, pour éviter de se retrouver trop souvent sur des routes achalandées, elle emprunte les sentiers de motoneiges qui lui offrent un environnement fort agréable à marcher. À Sault-Ste-Marie, elle s’est procurée les cartes des sentiers de motoneiges ontariens et, à l’aide de celles-ci, trace son itinéraire jour après jour.

Son périple l’amène en ce moment à marcher en bordure du lac Huron en direction de Midland. Nous profitons de l’occasion pour vous informer d’un nouveau chemin de pèlerinage d’une longueur de 89 km, reliant la ville de Barrie au Sanctuaire des martyrs canadiens de Midland. Voici ce que le directeur du sanctuaire en dit :

“Le chemin permet à quiconque de suivre la route tous les jours de l’année, seul ou avec des amis ou en famille, groupe paroissial, ou en tant que touriste pour explorer cette partie du Canada, d’une façon hors route. Certaines personnes voudront peut-être suivre la route de pèlerinage pour des raisons religieuses, d’autres simplement pour se fixer un défi personnel, rencontrer d’autres personnes, ou afin de faire l’expérience de la beauté de cette région.’’Pilgrim-Route -logo - Midland - Ontario

– Fr. Bernard Carroll, SJ, Directeur du Sanctuaire des martyrs

Un sentier qui est donc ouvert en permanence et dont le niveau de difficulté est aisé. Voici le lien pour visiter le site du sanctuaire qui est aussi disponible en français : http://martyrs-shrine.com/fr/

En terminant, nous vous donnons rendez-vous plus tard en février pour continuer de suivre le pèlerinage d’Ann Sieben. Si vous désirez en apprendre davantage sur elle et suivre son blogue, voici l’adresse: http://winterpilgrim.blogspot.ca/. Nous vous invitons également à rester à l’affut car Bottes et Vélo, conjointement avec les grands sanctuaires de la région de Québec, prépare l’arrivée d’Ann. Différentes activités seront prévues pour l’accueillir et souligner la réalisation de cette grande pèlerine de l’hiver. Nous vous rappelons que l’arrivée d’Ann à la basilique Ste-Anne est prévue pour la semaine sainte.

Sur ce, bonne route Ann et ultreïa!Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté