Rencontre entre hébergeurs et pèlerins québécois

Le besoin de s’aider engendre la bienveillance,
une indulgence mutuelle, l’absence de toute rivalité.

George Sand

Pourquoi le pèlerin à pied se préoccupe-t-il davantage de l’hébergement que le cycliste ou l’automobiliste? Vous me répondrez certainement que c’est parce qu’il se déplace lentement. Alors à partir de quelle vitesse l’hébergement devient-il une source d’inquiétude? C’est peut-être aussi parce qu’il porte son bagage? Pourtant le cycliste en transporte souvent plus. Auberge de jeunesse - Rivière-du-LoupEh bien, c’est sûrement parce qu’il ne campe pas et que cela diminue ses choix d’hébergement. Mais plusieurs campings offrent la location de cabines ou de roulottes. Je crois que la source de cette inquiétude vient de la méconnaissance des différents services d’hébergement. Et inversement, les hébergeurs méconnaissent le pèlerin d’aujourd’hui et les services qu’ils pourraient lui offrir.Auberge de jeunesse - Rivière-du-Loup

Bottes et Vélo s’est donné pour mission de développer le pèlerinage autonome au Québec, et pour y parvenir, il faut amener le pèlerin et l’hébergeur à se rencontrer. C’est pourquoi Bottes et Vélo a envoyé à tous les hébergements avoisinant un des chemins de pèlerinage québécois une invitation à découvrir le touriste lent qu’est le pèlerin. Très positive a été la réponse à cette lettre et très nombreux ont été les hébergements ouverts à recevoir des pèlerins, et qui sait, voire même à ajuster leurs services pour accommoder ce nouveau type de voyageur.

Auberge de jeunesse - Ste-FélicitéCertains hébergements sont déjà adaptés aux marcheurs de longue randonnée : les auberges de jeunesse et les résidences étudiantes. À prix très abordable, le pèlerin y trouve confort et commodités. Les auberges de jeunesse ont malheureusement eu mauvaise réputation il y a une bonne trentaine d’années. Dans l’auberge de jeunesse d’aujourd’hui on retrouve une atmosphère familiale et conviviale très agréable. Et presque toutes offrent la possibilité d’avoir une chambre privée ou une chambre familiale. On peut même avoir une salle de bain privée. Les résidences étudiantes sont un hébergement souvent méconnu qui répond pourtant parfaitement aux besoins du pèlerin. On les retrouve dans toutes les grandes villes et elles ont l’avantage d’offrir une multitude de commodités dans un environnement calme, car l’été, ces résidences sont peu occupées!Auberge de jeunesse - Ste-Félicité - chambre familiale

Puis il y a les gites et les motels. Ces hébergements sont souvent plus coûteux, mais suite à notre message, plusieurs se disent ouverts à apporter des ajustements tarifaires ou même organisationnels si la demande devenait plus marquée. On parle ici de« tarif pèlerin», de création de dortoirs ou de conversion d’une chambre en mini-dortoir, de petits déjeuners de base. Mais pour que l’hébergement-pèlerin fleurisse et se développe, il faut des pèlerins! Et pour que le pèlerinage prenne de l’expansion au Québec, il est nécessaire d’avoir plus d’hébergements abordables (dortoirs, d’hébergements alternatifs, de refuges privés). C’est l’éternelle question de l’œuf ou la poule :-). Mais plus les hébergeurs rencontreront de pèlerins, plus il leur sera possible de bien comprendre la réalité et les besoins de ces voyageurs et donc d’adapter leurs services.Auberge de jeunesse - Ste-Félicité - Cuisine commune

Et s’il arrivait par malheur que l’hébergement ou les moyens manquent à un pèlerin sur nos chemins du Québec, celui-ci sera surpris par la générosité des gens qu’il croise. La nature humaine est ainsi faite que nous ne laisserons pas quelqu’un qui a besoin d’aide se débrouiller seul, surtout si nous avons une solution. Tout le long de la route, des gens, des inconnus, nous surprennent de par leur bonté désintéressée.

Alphonse de Châteaubriant disait : «On a toujours besoin des autres.» Dans cette recherche de mariage harmonieux entre l’hébergeur et le pèlerin, nous n’en sommes qu’aux premiers pas. Et c’est en faisant route ensemble que chacun apprendra à bien connaître l’autre, et qu’une complicité pourra naître.Bottes et Vélo - Emblême

Brigitte Harouni

Jade sur la Voie du St-Laurent

Jade Champagne-Provost - La Voie du St-LaurentJade a quitté St-Jean-Port-Joli ce matin avec, enfin, le soleil et un peu de chaleur pour l’accompagner sur sa route.

Sa cheville va de mieux en mieux, me dit-elle, et elle intègre de plus en plus le rythme du pèlerin, c’est-à-dire: apprécier et savourer lentement chacun de ces pas qui mène à un  changement intérieur. En ce moment, elle se dirige vers La Pocatière où elle passera la nuit à la résidence étudiante du Cégep.

Pour la suite de son périple, nous sommes présentement à la recherche d’hébergements dans la région de Kamouraska:

  • 5 juin – Kamouraska
  • 6 juin – St-André-de-Kamouraska

Si vous avez une chambre, ne serait-ce qu’un sofa, pour l’accueillir une nuit, ainsi qu’un petit-déjeuner à lui offrir, ce serait apprécié. 🙂 Peut-être même pourriez-vous transmettre ce message à quelqu’un que vous connaissez dans ce secteur…

Nous vous rappelons que Jade a entrepris 12 jours de marche sur la Voie du St-Laurent, entre Québec et Rimouski, relevant le défi de se dépasser, malgré des handicaps visuels et auditifs. Jade fait preuve d’un grand courage et d’une belle détermination. Nous vous invitons à l’encourager en lui ouvrant grande votre porte!Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté

Formation Chemin de la Traverse, une belle expérience!

Nous étions une toute petite équipée à entreprendre ce premier séjour de formation, mais il fut des plus riches en rencontres et en partages.

À travers un parcours de deux jours, dans l’esprit de la démarche du pèlerin développée par Bottes et Vélo, les participants ont pu expérimenter le déplacement que fait vivre le pèlerinage; c’est-à-dire se laisser déplacer dans leurs repères pour aborder la vie et leur propre vie d’un point de vue différent. Une démarche qui tient compte de la globalité de notre humanité en tenant compte de ses dimensions physique, psychique et spirituelle.

Les participants provenaient d’expériences différentes du chemin. L’une fait partie d’un club de marche en montagne, l’autre avait fait l’expérience de Compostelle et se prépare à y repartir à la fin de l’été. À la fin de ce séjour, l’une des participantes se disait très heureuse d’avoir pu accomplir 20 km dans sa journée et de ne pas avoir trouvé cela trop exigeant, ceci grâce au découpage proposé pour rendre le parcours accessible même pour les novices. De plus, elle nous disait que la démarche proposée faisait en sorte qu’elle avait vécu plus qu’une longue randonnée et qu’elle avait été profondément touchée. L’autre participant ayant l’expérience de Compostelle s’est dit agréablement surpris d’avoir pu, en si peu de temps, revisiter l’esprit du chemin, recontacter cette expérience du camino de manière plus attentive pour en intégrer les bienfaits dans son quotidien. Un commentaire qui nous confirme que ce n’est pas le lieu qui fait le pèlerinage, mais le temps et l’esprit dans lequel nous l’entreprenons.

En terminant, voici quelques photos de notre parcours en bordure du St-Laurent entre Charny et Québec. Il s’agit d’un parcours de 38 km, réparti sur deux jours, empruntant la Route Verte qui longe le fleuve à l’aller comme au retour.

Merci à Analys et Richard pour leurs belles présences lors de ce weekend!
Quel beau cadeau que d’avoir fait votre connaissance!Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté et Brigitte Harouni

Ephatta: un réseau d’hébergements pèlerins

Si la maison est petite, le cœur est grand.
Proverbe corse

Ephatta - logoL’hospitalité est au cœur de ce projet que quatre jeunes français ont mis sur pied, il y a quelques mois à peine. La plateforme Ephatta a mis en place un réseau d’hébergements qui permet aux voyageurs ayant à cœur la dimension spirituelle de l’être humain, et désireux de l’approfondir, de bénéficier de l’hospitalité de gens de différentes dénominations chrétiennes, partout dans le monde. Un réseau d’accueil, de rencontres et d’échanges agissant dans la plus pure tradition hospitalière de la chrétienté et qui, nous l’espérons, saura contribuer à l’essor du pèlerinage au Québec et en Amérique du Nord.

Dans le contexte économique que nous connaissons actuellement, redécouvrir et pratiquer l’hospitalité c’est redonner une dimension humaine au rythme trépidant de nos vies. C’est prendre le temps de s’arrêter pour aller à la rencontre de l’autre en ouvrant notre porte et en entrant pleinement dans le sens du mot religieux, « religare », qui signifie : ce qui nous relie.

La dimension religieuse de l’être humain n’est pas disparue! Elle est tout simplement en mouvement. Parfois, souvent, hors de nos églises, davantage en cheminement, plus pèlerine que sédentaire, notre dimension religieuse est en transformation. Elle se dévoile autrement, empruntant mille et un chemins. Dans ce contexte, Ephatta veut se faire lieu de rassemblement pour ces voies/voix qui veulent se faire découvrir et entendre autrement. Dans cet esprit, et pour répondre aux besoins du plus grand nombre, Ephatta offre pour l’instant ses services en français et en anglais, mais sera bientôt disponible en espagnol et en plusieurs autres langues.

DEVENIR HÉBERGEMENT PÈLERIN
2015-05-05 07.24.59Ephatta, c’est le coup de pouce dont avait besoin le pèlerinage au Québec pour répondre à son besoin d’hébergement. Une initiative qui met du vent dans les voiles au développement du pèlerinage autonome.

Vous habitez sur le parcours de l’un des chemins de pèlerinage du Québec? Vous avez une chambre de disponible, un canapé, un coin de terrain à prêter pour planter une tente? Bottes et Vélo invite la population québécoise, riveraine des chemins de pèlerinage au Québec et désireuse de voir s’épanouir la pratique du pèlerinage dans notre province, à s’inscrire comme hébergement pèlerin dans la tradition des « donativos » du célèbre Camino.

Ceux et celles qui ont fréquenté les chemins espagnols de Compostelle connaissent très bien cette expression « donativo » qui signifie : contribution volontaire. L’hébergement « donativo », c’est une façon de s’assurer que le service pourra durer. C’est donc gratuit, d’abord et avant tout, mais si vous pouvez laisser un petit quelque chose, votre contribution permettra d’assurer la pérennité du service d’hébergement sur les chemins de pèlerinage du Québec. Comme nous le savons tous, un réseau pèlerin très fréquenté ne pourrait survivre sans certains dons. La contribution volontaire, ou « donativo », permettra au réseau de bien s’implanter.

Consultez les guides de Bottes et Vélo pour voir si votre municipalité est sur l’un des chemins de pèlerinage du Québec ou contactez-nous pour en apprendre davantage.

Si vous habitez une municipalité riveraine du St-Laurent, de sa source jusqu’à Percé, soyez assurés que vous êtes attendus comme hébergement pèlerin! Amis gaspésiens, Bottes et Vélo s’attend à voir fleurir parmi vos magnifiques villages le réseau d’hébergements pèlerins! 🙂

Ceci dit, même loin des chemins de pèlerinage, vous pouvez offrir votre hospitalité peu importe où vous résidez. Ephatta est un réseau hospitalier offert aux quatre coins de la planète.

Découvrez le réseau Ephatta en vous rendant sur leur site à l’adresse suivante : http://www.ephatta.com/ ou contactez-nous à : infos@bottesetvelo.com pour en savoir davantage.

Ensemble contribuons à l’essor du pèlerinage au Québec!
Inscrivez-vous et devenez hébergement pèlerin!Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté

Les retombées économiques du pèlerinage

La première charité d’un village, c’est sa fontaine.
Gaston Bonheur

Nous abordons régulièrement le pèlerinage en traitant des multiples bienfaits qu’il procure à celui qui le vit. Puy-en-Velay - 2009Mais le pèlerinage peut aussi être une richesse pour une région, une ville ou un village qui se trouve sur ce chemin. Alors aujourd’hui, parlons chiffres, parlons épanouissement rural!

Plusieurs chemins de pèlerinage existent depuis plusieurs années, voire même depuis plusieurs siècles, et d’autres sont plus récents. Mais qu’est-ce qui fera la popularité d’un chemin? On parle ici de 15 à 120 millions de pèlerins sur certaines routes! Quels avantages a-t-on à développer ou à entretenir un tel parcours? Quels en sont les bienfaits pour les gens de la place, pour ceux qui accueillent et côtoient les pèlerins?

Compostelle - 2013Le comportement du pèlerin d’aujourd’hui s’apparente beaucoup au comportement d’un touriste. Celui qui décide d’aller marcher le chemin de Compostelle ne le fait plus forcément pour des motifs religieux. On retrouve bon nombre de pèlerins (55%) qui voyagent pour réaliser une démarche spirituelle ou personnelle, ou simplement pour le plaisir de vivre une expérience de vie. De ce fait, on constate ces dernières années un engouement grandissant pour ce type d’expérience. À titre d’exemple, sur le Camino Francès, en 1982, on décernait 120 compostelas; en 2005 : 94 000 compostelas; et les dernières statistiques annonçaient en 2013 : 215 000 compostelas. Le Canada est le 9e pays en importance représenté sur les chemins de Santiago. En 2013, plus de 2000 pèlerins canadiens rentraient dans la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle après plusieurs jours de marche.

La Voie-du-St-Laurent (2014) - Grande-ValléeRapidement, les résidents de ces chemins ont pu constater les avantages économiques de ce tourisme lent. Car contrairement aux voyageurs motorisés, le marcheur s’arrête dans chaque village et profite des services qu’il y trouve, favorisant ainsi, dans une région, l’épanouissement et le développement de tous et de chacun. Le voyageur motorisé aura tendance à ne s’arrêter que dans les lieux plus touristiques et mieux desservis, se contentant de passer rapidement au travers des autres villages qui croisent sa route. Le pèlerin, plus lent, se déplacera sur de courtes distances faisant plus d’arrêts. Chaque village traversé est une occasion de faire une pause, de casser la croûte, de faire des provisions, de prendre du repos, de profiter du voyage. Ce qui signifie, qu’il s’arrêtera dans plus d’épiceries, de cafés, de restaurants, d’auberges, de gites, de motels, de boutiques ou d’attraits touristiques. Ainsi, sur les populaires chemins de pèlerinage, grâce aux pèlerins, certains villages réussissent à conserver leur épicerie, leur restaurant, leurs petits commerces qui ne survivraient pas aux zones urbaines avoisinantes.

La Voie du St-Laurent (2014) - Baie-des-SablesAu Québec, bien que nous soyons de grands marcheurs et des passionnés de randonnée, la formule « pèlerinage » est encore très peu développée. Je ne vous parle pas ici de partir avec un sac à dos de 50 livres avec tout le matériel de survie pour marcher à travers bois. Je parle de marcher de village en village, à la rencontre de l’autre, avec l’essentiel sur le dos, sachant que la route m’accompagnera dans ma démarche. Bottes et Vélo souhaite voir fleurir la pratique du pèlerinage au Québec pour permettre à notre belle province de conserver ses petits coins de paradis aux allures d’antan. La Voie du St-Laurent (2014) - Cap-ChatMais pour y parvenir il nous faut harmoniser l’offre et la demande. Marcher la Voie du Saint-Laurent, et terminer en traversant les villages de Gaspésie, est une expérience indescriptible! Mais le chemin est encore jeune, et il ne prendra naissance qu’avec la volonté de chacun et la conviction que les pèlerins et les villageois font équipe dans ce projet pour en retirer, chacun à sa façon, les bienfaits et les avantages. Au Québec, on ne retrouve que 54 hébergements de type pèlerin (tarif économique/dortoirs/commodités) sur les 6166 hébergements offerts (n’incluant pas les campings). La Voie du St-Laurent (2014) - Ste-Anne-des-MontsDe plus, certains villages n’ont même plus d’épicerie, ou de café-bistrot. Faire naître le pèlerinage, c’est faire renaître la vie sur le chemin.

Tout le long de notre route gaspésienne, nous avons échangé avec des gens qui partageaient avec nous leur désir de tracer un chemin qui relierait les villages. Un chemin qui serait rassembleur et profiteraient autant aux voyageurs qu’aux résidents. Mais en attendant la naissance de ce tracé, nous, pèlerins, retournerons marcher la Gaspésie cet été, car bien que la route forme le pèlerin, c’est le pèlerin qui fait la route.Bottes et Vélo - Emblême

Brigitte Harouni

Le confort du Camino québécois

2014-07-17 14.02.46Un jour ou l’autre il faudra bien en finir avec les comparaisons entre le pèlerinage québécois et Compostelle! D’ici là, cependant, il faudra en avoir fait le tour pour pouvoir s’en libérer. Comme Brigitte l’écrivait la semaine dernière, chaque pèlerinage a sa propre couleur et Compostelle n’est pas Québécois. Ce qu’il faut retenir par contre, c’est que Compostelle est très certainement une référence en matière de pèlerinage. Il est en ce moment le chemin le plus fréquenté et nous avons tout avantage à nous servir de cette expérience pour baliser et qualifier celle du pèlerinage de la Voie du St-Laurent; et ceci vaut pour tous les pèlerinages nord-américains. Aujourd’hui, nous nous attarderons donc à la question de l’hébergement le long du St-Laurent.

L’hébergement pèlerin, tel que plusieurs d’entre nous l’ont connu sur le Camino, n’existe pas au Québec. Sur le Camino Frances, la voie la plus fréquentée de Compostelle, on y retrouve généralement un hébergement de qualité, du type auberge de jeunesse, tous les 5 à 10 km. Rarement plus de 15 km. Développer cette fréquence d’hébergement pèlerin au Québec rendrait très certainement le pèlerinage en terre d’Amérique plus intéressant mais, l’expérience n’en demeure pas moins confortable pour autant! Au contraire!

2014-07-22 13.00.03Lors de notre périple de cet été, nous avons séjourné dans de magnifiques auberges, gîtes ou cabines, et le camping s’est avéré un choix plutôt qu’une nécessité. Notre pèlerinage s’est donc révélé aussi confortable que Compostelle puisse l’être. Le problème avec l’hébergement sur les chemins de pèlerinage, ce n’est pas seulement d’en trouver un qui soit confortable, mais un qui soit abordable (Ici, question tarifs, je crois que l’on peut comparer la Voie du St-Laurent avec les hébergements des voies françaises de Compostelle) et d’avoir du choix sur une distance qui soit respectable. Par bonheur, la Voie du St-Laurent répond à ces deux critères et pourrait même avoir un avantage sur le Chemin de Compostelle!

Tout au long de la Voie du St-Laurent, 5 types d’hébergement s’offrent à nous: 1) le gîte du passant (bed and breakfast), 2) le motel ou les cabines, 3) les résidences étudiantes, 4) les auberges de jeunesse et 5) le camping.

1) Le gîte du passant ou « Bed and Breakfast »

Les gîtes du passant ont été notre choix de derniers recours. Étant le plus dispendieux des hébergements, nous n’avons pas abusé de cette solution sinon notre pèlerinage serait rapidement devenu hors de prix. Cet hébergement, cependant, a l’avantage d’être toujours de qualité, d’inclure le petit-déjeuner dans son tarif et ne requiert pas de sac de couchage. Pour le pèlerin qui cherche toujours à réduire le poids de son sac à dos, c’est un sérieux avantage!
Pour ce qui est du prix, ceux-ci varient entre 80$ et 100$ la nuitée pour deux personnes. C’est du moins la limite de prix que nous nous autorisions. Il est évidemment possible de trouver de nombreux gîtes au-delà de ce prix.

2) Le motel ou les cabines

Les motels ou cabines sont très présents tout au long de la voie du St-Laurent. Ils fonctionnent tous les deux sur le même principe et demandent à peu près les mêmes tarifs. La cabine a cependant l’avantage d’offrir une cuisinette, ce qui permet une économie non-négligeable. Un service que l’on pourra trouver occasionnellement dans certains motels. Côté qualité, on peut s’attendre à un peu de tout. Généralement, ces hébergements offrent un espace simple, parfois rustique, mais qui convient très bien pour une nuit de repos. Mais, cela dépend aussi de votre degré de tolérance… Un degré qui varie selon la fatigue éprouvée! Néanmoins, vous aurez toujours la possibilité de visiter l’endroit avant de le louer. Les tarifs pour ce type d’hébergement varient entre 45$ et 75$, pour deux personnes. Un tarif qui ressemble beaucoup au tarif des hébergements pèlerin en France. Avantage sur Compostelle : la plupart d’entre eux offrent le Wifi gratuit et, ici aussi, pas besoin de sac de couchage.

3) Les résidences étudiantes

Les résidences étudiantes font partie de nos coups de cœur, tout comme les auberges de jeunesse. Du côté de l’Ontario, elles sont encore mieux qu’au Québec, même si celles du Québec font parfaitement l’affaire.
Toujours situées dans le quartier latin des grandes villes, elles sont à proximité de tous les services et des points d’intérêts. Facile d’accès, propre, offrant la literie, un espace cuisine, un salon communautaire, une buanderie et l’accès Wifi gratuit, la résidence étudiante est un hébergement de qualité à tarif pèlerin. Un tarif qui varie entre 45$ et 65$ pour deux personnes, taxes comprises.

4) Les auberges de jeunesse

L’auberge de jeunesse est sans aucun doute l’hébergement qui ressemble le plus à l’albergue espagnole de par sa convivialité et son côté internationale. Chaleureuses et accueillantes, chacune d’entre elles nous a offert la chance de prendre un repas avec des gens provenant des quatre coins du monde. Des gens de tous les âges qui partagent tous un goût pour l’aventure et la découverte. Point de vue services, les auberges de jeunesse offrent sensiblement les mêmes que les résidences étudiantes. Il s’agit cependant d’un hébergement en dortoir mais, en déboursant un peu plus, vous pouvez avoir une chambre privée. Les tarifs en dortoir varient entre 25$ et 35$ par personne, taxes comprises, et inclus parfois le petit-déjeuner. Ici aussi, vous bénéficierez d’un accès Wifi gratuit et de la literie.

5) Le camping

Le camping n’est absolument pas nécessaire pour le pèlerin cycliste sur tout le parcours de la Voie du St-Laurent, de Niagara Falls à Percé. Pour le pèlerin randonneur, entre Montréal et Percé, il ne sera pas nécessaire non plus. (De Niagara Falls à Montréal, nous vous recommandions lors de notre premier bilan (1) de faire le parcours à vélo et non à pied; les distances étant trop souvent de plus de 40 km entre deux hébergements potentiels.) Ceci dit, ceux et celles qui voudront rendre l’expérience plus nature, ou encore plus économique, trouveront des campings partout et à des tarifs beaucoup moindre au Québec qu’en Ontario. En Ontario, les tarifs varient entre 35$ et 45$ pour un terrain sans service. Au Québec, il vous en coûtera entre 20$ et 35$ pour un terrain semblable. Hormis le tarif qui diffère, vous trouverez des campings de même qualité dans les deux provinces.
2014-08-10 19.54.10Au départ, nous avions cru que le camping serait une solution à l’hébergement pèlerin mais, s’il en est une, elle est seulement et purement économique. Il n’est donc pas nécessaire de s’alourdir le sac à dos d’une tente et d’un matelas de sol comme je l’ai fait! Les rares occasions où nous avons fait du camping étant par choix, jamais par nécessité.

Ce qu’il faudra retenir du pèlerinage le long du St-Laurent : c’est qu’il est possible de se lancer sur les rives du fleuve aux grandes eaux en ayant l’assurance de trouver un hébergement abordable et confortable tout le long du parcours (environ 30$/nuitée/personne); c’est-à-dire un hébergement équivalent à ce que l’on pourrait trouver sur le chemin du Puy-en-Velay ou de Vézelay. Que certaines sections nous offrent même de l’hébergement tous les 7 ou 8 km, rarement avons-nous marché 20 ou 25 km avant de croiser un hébergement, une seule fois 30 km. Et, enfin, qu’il est possible de le faire sans avoir à s’encombrer d’un sac de couchage! Avantage que Compostelle n’a pas! 😉Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté

(1) Voir sur la chaîne youtube de Bottes et Vélo, le vidéo intitulé : Bottes et Vélo – La Voie du St-Laurent – Bilan 1 (Ontario).

Le couchsurfing : une alternative d’hébergement pèlerin!

couchsurfing - logoLe couchsurfing fêtera ses 10 ans cette année et pourtant cette initiative nous était inconnue jusqu’à il y a deux ans. Le «surfing de sofa» (traduction littérale) est un réseau mondial de personnes mettant gratuitement leur sofa à la disposition des voyageurs pour une nuit ou plus. Bien entendu, ce n’est pas toujours un sofa. Parfois, ce sera un simple matelas de sol, mais vous pourriez aussi bénéficier d’une chambre d’ami! Tout dépend de ce que l’hôte a à offrir.

couchsurfing planète - logoDepuis son lancement en 2004, le couchsurfing n’a cessé de faire des adeptes. Aujourd’hui, c’est plus de 7 millions de membres répartis dans 100 000 villes sur la planète! Un projet qui se fonde sur des valeurs d’accueil, d’entraide, d’échanges et de rencontres interculturelles, ceci tout en permettant de rendre le voyage encore plus accessible économiquement parlant. Une idée qui fait du chemin!

Dans une perspective de pèlerin nord-américain, il nous est apparu que le couchsurfing pouvait être une solution plus qu’intéressante à l’hébergement. Après avoir fouillé le réseau, nous avons pu constater que plusieurs des villages qui jalonnent les différentsMaisonnettes au bord du fleuve chemins de pèlerinage au Québec, ou même ailleurs en Amérique du Nord, ont des hôtes inscrits sur le réseau couchsurfing.

Voici donc quelques instructions et conseils pratiques pour vous familiariser avec le site et planifier votre prochain pèlerinage en Amérique avec l’aide du couchsurfing.

Pour joindre la communauté :

1. Visitez le site à l’adresse suivante : couchsurfing.org (le site n’est que partiellement francophone, très partiellement. La langue la plus utilisée sur le site étant l’anglais.)

2. Créer votre profil. Une fois les informations entrées, on vous proposera de vérifier votre profil et de régler les frais de 26$ d’abonnement. Cette vérification et ces frais ne sont pas obligatoires, mais permettent au site d’exister. Nous vous conseillons de payer ce droit qui, finalement, est bien peu en regard de ce que vous offre le réseau.

3. En complétant votre profil, il vous sera demandé si vous voulez être surfer, hôte ou les deux. Vous pourrez alors choisir de simplement utiliser le réseau pour l’hébergement ou d’offrir, vous aussi, votre sofa.

Conseils pratiques :

Le couchsurfing va au-delà du simple2009 - Compostelle et Barcelone 415 échange de sofas. Le réseau veut susciter une communauté de voyageurs qui répondent à certains critères et certaines valeurs, ceci afin de permettre à chacun de voyager en toute sécurité et en toute confiance.

1. Avant de faire une réservation, prenez le temps de consulter le profil de la personne hôte. La plupart des gens ayant déposé leur sac à dos chez elle auront laissé un commentaire d’appréciation qui vous aidera à vous faire une idée. L’hôte fera de même avec votre profil. Alors, prenez le temps de bien compléter votre profil en vous identifiant tel que vous êtes et en mentionnant le type de personne que vous aimez fréquenter. Ceci aura le mérite de vous mener à des rencontres enrichissantes et selon vos intérêts.

2. Lorsque vous enverrez votre demande d’hébergement, prenez le temps de faire connaissance avec votre hôte. Racontez le but de votre voyage et le type de voyageur que vous êtes. Comme pèlerin, vous ne manquerez pas de susciter l’intérêt et la curiosité de votre hôte!

3. Lors de votre visite, prenez du temps avec votre hôte. Le couchsurfing vise la rencontre et le partage d’expérience. Ce n’est pas qu’un service utilitaire. N’oubliez pas que le couchsurfing est gratuit, n’adoptez pas une approche client!

4. S’il arrivait que vous changiez vos plans et que vous ne puissiez plus vous rendre à l’endroit prévu, pensez à aviser votre hôte. C’est toujours désagréable de passer une soirée à attendre quelqu’un qui ne viendra pas…

5. À la fin de votre séjour, pensez à ranger et laisser l’endroit propre. Soyez reconnaissant du service qui vous a été rendu. Votre hôte laissera ainsi un commentaire positif à votre sujet sur votre profil.

6. Après votre séjour, 2009 - Compostelle et Barcelone 370n’oubliez pas de laisser un commentaire d’appréciation sur le profil de la personne qui vous a hébergé. Ce commentaire aidera les autres personnes à faire leur choix.

7. Pour vous aider à faire vos réservations, téléchargez l’application mobile sur votre téléphone portable. Celle-ci vous aidera à planifier et effectuer vos réservations en cours de pèlerinage.

Voilà, vous avez maintenant un outil de plus pour faire de votre pèlerinage nord-américain une expérience inoubliable!

Si vous habitez sur un chemin de pèlerinage, et que l’idée de devenir hospitalier vous sourit, il serait bien de songer à offrir vos services comme hôte et ainsi contribuer au développement d’un réseau d’hébergements privés à prix pèlerins, ou encore de développer le principe d’ « albergues donativos » ou, tout simplement, en devenant membre du réseau couchsurfing. Ainsi, plus il y aura de pèlerins sur les chemins d’Amérique du Nord, plus il y aura d’hébergements; et plus il y aura d’hébergements, plus il y aura de pèlerins!Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté

Établir un budget pour un pèlerinage de longue randonnée au Québec

À force de sacrifier l’essentiel pour l’urgent, on finit par oublier l’urgence de l’essentiel.
Edgar Morin

ÄneOn a tous voyagé de manière à transporter avec nous le nécessaire pour notre confort. Lors de ces voyages, on se permettait tous les petits extras susceptibles de rendre le voyage plus agréable et on y ajoutait même quelques « au cas où ». Le coffre de la voiture fermait à peine en appuyant fortement.

Pour ce qui est du pèlerinage, il en va tout autrement. On l’a déjà dit et répété : le contenu du sac à dos est minimaliste! Il en sera de même pour le budget, celui-ci devra répondre à l’essentiel. Peu importe notre forme physique, il y a une limite à ce que nous pouvons porter sur nos épaules. Notre confort sera donc fixé par le soin que nous prendrons de notre corps et de notre esprit. Une fois ce principe de base accepté, le reste vous appartient. Si vous décidez de faire tout votre pèlerinage en Gîtes et de ne manger que dans des restaurants, votre budget sera largement différent de celui du pèlerin qui choisira de le faire en camping en faisant sa propre cuisine… Voici donc un budget approximatif de ce qu’il pourrait vous en coûter en équipement et en frais de séjour pour un pèlerinage selon ces deux options opposées. Retenez cependant que, selon Bouddha, la voie du milieu reste la meilleure.

sa à dosPour vous servir de référence, je vous ai préparé une liste de prix approximatifs des essentiels pour entreprendre un pèlerinage. Soyez cependant vigilants lorsque vous vous lancerez dans vos achats, certains prétendront être experts alors que leur expérience est très mince. Leur expertise est souvent exagérée ou encore elle se limite à la vente… Comme je vous l’écrivais dans un article précédent, si on veut vous vendre pour 1500$ ou même 2000$ d’équipement, ça n’a aucun sens!
Autre principe de base lors d’un pèlerinage : ne cherchez pas l’illumination, soyez brillants dans vos décisions. Et ceci à tous les niveaux!

Voici donc, pour une personne ayant à s’équiper des pieds à la tête, combien il pourrait lui en coûter :
Sac à dos (250$)
Paire de bottes ou chaussures de randonnée (250$)
Sac de couchage (150$)
Bâtons de marche (50$)
Trousse de premiers soins (10$)
Gourde ou « camel-back » (40$)
Chapeau (20$)
Paire de sandales (40$)
Serviette (20$)
Trousse de toilette (contenants en formats de 100ml) (5$)
Imperméable (120$)
1 Chandail chaud (40$)
1 Pantalon (40$)
2 t-shirts (30$)
2 shorts (60$)
2 paires de bas de randonnée (30$)
1 paires de liners (10$)
TOTAL : 1165$

Notez que plusieurs articles peuvent s’emprunter ou qu’il se peut très bien que vous ayez déjà certaines choses en main. Rares sont les pèlerins qui auront tout à acheter. En général, shorts, t-shirts, pantalon sport, chandail chaud et chapeau que vous avez déjà feront l’affaire. N’écoutez pas les adeptes du look sportif! Un look qui se vend souvent à prix faramineux. Vous connaissez déjà les vêtements dans lesquels vous êtes confortables, faites-vous confiance. Fouillez plutôt les petites annonces, une quantité de matériel de qualité est souvent disponible pour une fraction du prix. Habituellement, en combinant tous ces efforts, celui ou celle qui est peu ou pas équipé(e) devrait s’en tirer pour environ 600$. Maintenant, voyons le budget pour l’hébergement et les repas.

Première option : Campings et Auberges de Jeunesse

L’option camping vous fera dépenser plus en équipement mais vous fera économiser énormément sur l’hébergement. Vous devrez prévoir environ 250$ de plus pour une tente ultralégère et environ 100$ pour un tapis de sol compact. Côté tarification, l’hébergement en 2010 423camping ou auberge de jeunesse vous coûtera en moyenne 25$/nuitée. Les campings auront l’avantage de voir ce tarif fractionné si vous êtes plusieurs pèlerins sur le même site, ce qui rendra l’option encore plus économique. Par ailleurs, plusieurs auberges de jeunesse incluront le petit-déjeuner dans leur tarif ou alors, il sera disponible à peu de frais (3$ ou 5$ bien souvent). Côté repas, dans les campings vous aurez souvent accès à une salle communautaire munie d’un micro-onde et parfois mieux équipée. Les auberges de jeunesse, quant à elles, ont toujours une cuisine à la disposition des voyageurs. En choisissant de cuisiner, vous dépenserez environ 20$/jour pour vous nourrir. Pour 15 jours de pèlerinage en camping ou auberges, vous pourrez alors calculez : 375$ pour l’hébergement et 300$ pour les repas. Ajoutez à cela un 200$ pour des imprévus et vous aurez un budget économique et équilibré. Un total de 875$ pour deux semaines.

Deuxième option : hébergement en Gîtes

Ce type d’hébergement sera de loin supérieur en qualité et en confort, et vous évitera de transporter tente et matelas de sol. Le tarif moyen en gîtes est de 80$/nuitée et inclus toujours le petit-déjeuner. Côté repas, en choisissant de manger au restaurant tous les jours, calculez environ 50$/jour. Ajoutez également un 200$ pour les imprévus pour équilibrer votre budget. Un pèlerinage en Gîtes et restos de 15 jours vous en coûtera donc : 1200$ pour l’hébergement et 750$ pour les repas. Un total de 2150$ pour deux semaines.2010 419

Ce sont donc les deux extrêmes du budget que vous pouvez planifier pour entreprendre un pèlerinage au Québec. Cependant, je vous le rappelle, la voie du milieu peut s’avérer une bonne option pour se rendre la vie agréable. En combinant ces deux options, le budget moyen pour deux semaines de pèlerinage sera d’environ 1500$. Ceci dit, ce qui importera le plus, c’est que vous preniez plaisir à vivre l’expérience, que votre corps et votre esprit habitent ce temps que vous vous donnez. Pour y prendre plaisir, soyez conscient de vos besoins et de vos capacités. L’expérience sera alors inoubliable.Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté

Horaire du pèlerin nord-américain : no stress pour l’hébergement!

Contrairement aux Chemins de Compostelle où l’on ressent toujours une certaine crainte au sujet des places disponibles en hébergement, crainte qui nous amène à presser le pas pour s’assurer un lit et qui en réalité est rarement justifiée, les chemins de pèlerinage nord-américains ne vous feront pas vivre ce genre de stress. Vous pourrez profiter pleinement de vos journées sans vous soucier de savoir si vous pourrez vous loger en soirée. Bien entendu, s’il est question de camping! Pour ce qui est des gîtes, auberges de jeunesse ou résidences étudiantes, nous vous invitons tout de même à faire vos réservations la veille ou le matin même. Ainsi, vous marcherez la tête tranquille toute la journée et savourerez2009 - Compostelle et Barcelone 066 chaque minute qui passent en pensant à vos pieds, vos cuisses, ou vos fesses, tout dépendant que vous soyez en BOTTES ou à VÉLO… 😉 

La journée type du pèlerin nord-américain n’est pas très différente de celle du pèlerin européen. Leur grande différence réside dans le climat. Celui d’ici permet de répartir le temps de marche sur une plus grande plage horaire. Contrairement aux chemins espagnols qui en après-midi deviennent souvent suffocants, ici vous n’aurez pas à subir cet inconvénient. Vous pourrez donc répartir vos heures de marche entre 6 h et 18 h sans problème. Ce qui donne une plage horaire très intéressante, avec de bonnes pauses et du temps pour flâner ou visiter. Sur une plage horaire de 12 h, vous pourrez facilement marcher de 30 à 33 km après quelques jours de marche. Si l’on calcule que nous marchons à une vitesse moyenne de 4 km/heure, il vous faudra marcher 8 heures pour parcourir 32 km. Vous pourrez alors répartir les 4 heures restantes en pauses comme bon vous semble. Ceci étant dit, les journées de 30 km et plus sont très rares. Vous aurez donc en général de 5 à 6 heures de pause par jour. Soit à peu près autant que ce que vous aurez marché : pour une heure de marche, une heure de repos. Ce qui est quand même très bien!

De notre côté, nous avions adopté un horaire du genre départ vers 6 h 30 avec une pause-café-croissant aux alentours de 8 h ou 9 h. [Vous verrez que dans la plupart des villages du Québec nous trouvons d’excellentes boulangeries.] Après 30 minutes de pause, nous2009 - Compostelle et Barcelone 352 reprenions la route. Le deuxième arrêt se faisait vers 10 h 30 jusqu’à 11 h et la pause dîner venait entre 12 h et 12 h 30. Généralement, au dîner, nous avions marché les deux tiers de notre trajet. Nous reprenions la route vers 13 h 30 pour terminer notre journée aux environs de 16 h. C’est un horaire type qui ne peut cependant pas toujours être respecté. Trop de rigidité dans nos objectifs de marche pourrait entraîner des blessures. Les lieux pour faire une pause n’arrivant pas toujours selon l’horaire que l’on s’est fixé, il faut demeurer flexible et attentif aux signes de notre corps. Celui-ci vous dira quand la pause sera nécessaire et le premier coin de verdure fera alors l’affaire.

Éric LalibertéBottes et Vélo - Emblême

Le pèlerinage de longue randonnée au Québec : une question d’autonomie

Si nous parlons de pèlerinage autonome, c’est bien entendu en faisant référence à2009 - Compostelle et Barcelone 019 l’expérience de Compostelle. Sur le Chemin de Compostelle, le pèlerin peut partir à la date qui lui convient, marcher avec qui bon lui semble et faire les étapes qui lui agréent. C’est de cette autonomie dont il sera question.

Actuellement, au Québec, ou même en Amérique du Nord, ce type de pèlerinage n’existe pas. C’est ce que Bottes et Vélo veut favoriser et rendre possible avec la création de guides pour pèlerin autonome. C’est grâce, aussi, au développement de ce type de pèlerinage que le pèlerinage pourra prendre son essor en Amérique du Nord.

Compostelle offre un cadre souple à ceux qui désirent vivre l’expérience. Faire Compostelle c’est marcher à son rythme en établissant soi-même ses étapes et ses limites. C’est choisir la distance à marcher, son hébergement, ses compagnons de route. Compostelle : c’est la liberté de choisir! Si la voie de la spiritualité est d’abord la voie de la définition de soi, c’est donc en s’autorisant à se découvrir en relation à l’autre que nous pourrons nous épanouir. C’est ce que nous enseigne, entre autres, le Camino : la simplicité des relations, le droit de les choisir ou de les refuser; ceci sans sombrer dans la bonne vieille culpabilité judéo-chrétienne. C’est en cela, aussi, que Compostelle dépasse le cadre religieux institutionnel. La mystique du chemin se reflète dans toute cette approche. La   spiritualité peut y évoluer parce qu’elle autorise cette définition de soi en rapport à l’autre et au milieu. Au Québec, à l’heure actuelle, nous avons tendance à trop encadrer le pèlerinage. L’expérience a besoin d’une plus grande autonomie pour grandir et s’épanouir d’elle-même.

Si c’est à travers cette autonomie que le pèlerinage québécois se rapproche de Compostelle; c’est aussi dans la recherche de celle-ci qu’il s’en différencie. Peut-être qu’un jour s’y rejoindront-ils, mais actuellement c’est ce qui les rend différents. Nous voulons parler de l’hébergement. L’hébergement pèlerin tel qu’il est présent en Europe est inexistant en Amérique du Nord. Certes, il sera appelé à se développer avec les années, mais, pourdortoir auberge international de québec l’instant, vivre dans l’esprit et la frugalité du chemin de pèlerinage c’est s’en remettre aux campings, aux auberges de jeunesse et aux résidences étudiantes.

Les auberges de jeunesse et les résidences étudiantes sont peu nombreuses, mais sont tout de même présentes dans les grandes villes. Les auberges de jeunesse nous offrent un hébergement abordable, on pourrait même dire « à tarif pèlerin », en dortoir, avec salle de bain à l’étage. Quelques-unes incluent même le petit-déjeuner dans leur prix. Vous aurez parfois aussi la possibilité deauberge rivière-du-loup chambres privées ou semi-privées avec salle de bain. En dortoir et en chambre semi-privée, on peut s’attendre à payer entre 25 $ et 35 $ par nuitée, par personne. En chambre privée, les tarifs seront plus élevés. Ce type d’hébergement est sans doute celui qui se rapproche le plus de « l’albergue » espagnol. Ils bénéficient tous, en général, d’un coin-cuisine, d’un salon et d’accès Wi-Fi. Vous aurez même parfois accès à un service de buanderie. L’auberge de jeunesse québécoise est chaleureuse et offre une ambiance familiale très agréable. Elles sont souvent situées dans des décors pittoresques ou près des milieux effervescents de la culture. Les résidences étudiantes qucours intérieur auberge de la paix québecant à elles offrent des chambres dans les mêmes tarifs et avec les mêmes services. Elles n’offrent cependant pas les dortoirs et n’ont pas la même ambiance que les auberges de jeunesse. Elle demeure tout de même un lieu d’hébergement intéressant pour le budget pèlerin.

Pour ce qui est du camping, il a l’inconvénient de nous obliger à transporter un peu plus lourd sur notre dos (environ 2,5 kg de plus, nous reviendrons plus tard avec un article spécifique à ce sujet), mais, ses avantages sont énormes tellement les campings sont nombreux au Québec et partout en Amérique du Nord. Ce sont eux qui font en sorte que le pèlerinage trouve une véritable 2009 - Compostelle et Barcelone 070autonomie, ceci à des tarifs variant entre 20 $ et 30 $ par terrain; ce qui conviendra très bien à tout pèlerin. Le camping a l’avantage d’être un village en lui-même. Il nous offre les commodités que l’on retrouve habituellement dans tous les hameaux qui jonchent le Chemin de Compostelle et parfois même plus. Vous aurez ainsi accès à des douches et des toilettes, des services de buanderie, une salle communautaire (souvent équipée d’un four à micro-ondes et offrant parfois le service Wi-Fi), un petit coin épicerie de dépannage et occasionnellement un casse-croûte.2010 423 Certains auront même une piscine. Tout ceci en plus de vous offrir la convivialité du camping. Une convivialité qui s’apparente étrangement à celle de Compostelle. Ainsi donc, pour l’instant, le camping nous semble la voie d’avenir pour le pèlerinage en Amérique du Nord, au Québec en particulier. Pour soutenir le développement du pèlerinage autonome, il serait bien que les campings intéressés en viennent à offrir le dortoir sous forme de tente prospecteur. À moins qu’ils n’aient d’autres idées à proposer… Nous croyons que le pèlerin serait ouvert à toutes propositions qui lui permettraient d’alléger son sac à dos de 2 ou 3 kg.

Éric LalibertéBottes et Vélo - Emblême