Comment trouver botte à son pied?

Lorsqu’on planifie un pèlerinage, plusieurs éléments sont à considérer. L’achat d’une paire de bottes ou de chaussures de randonnée est souvent nécessaire. Le pèlerin se déplaçant à pied, faire le bon choix de chaussures est essentiel à la qualité et au plaisir de sa longue marche. Mais comment s’y retrouver avec la multitude de produits offerts dans chaque boutique spécialisée?

Les pèlerins - bottesAvant de faire un choix ou même d’essayer différents modèles, il faut se poser quelques questions:

  • Quel poids vais-je porter sur mon dos? Plus je porte de poids, plus il me faudra assurer un support additionnel au niveau des chevilles.
  • Quelle distance ou combien de temps vais-je marcher? Plus la durée est grande, ou plus la distance est longue, plus les qualités du produit choisi sont déterminants en regard du confort et de l’efficacité dans mes déplacements.
  • Quel type de parcours vais-je faire? Le chemin sera-t-il plutôt escarpé? plat? rocailleux? asphalté? boueux?… Plus le parcours est accidenté, plus le support au pied est nécessaire tant pour consolider la cheville que pour assurer un bon l’équilibre, amoindrir les efforts des muscles du pied et le protéger des éventuelles blessures.

En fonction des réponses que vous avez données, sachez qu’en boutique l’ensemble des chaussures de randonnées que vous pourriez considérer pour votre pèlerinage se regroupent globalement en trois grandes catégories :IMG_1229-3

  1. La chaussure de marche. Aucun support à la cheville, semelle épaisse et cramponnée, généralement en tissu synthétique : idéale pour les courtes randonnées sur un parcours peu accidenté. Le revêtement permet une bonne aération du pied, mais n’est pas imperméable.
  2. La botte courte. Support léger à la cheville, semelle semi-rigide crantée, revêtement plus résistant synthétique ou en cuir : idéale pour les randonnées de plusieurs jours sur des parcours moyennement montagneux, avec un sac à dos d’environ 10 kg. Elle est plus rigide que la chaussure de marche, mais plus légère et souple que la botte haute, tout en offrant une très bonne stabilité au marcheur. Plus chère que la chaussure de marche, elle est cependant plus confortable et imperméable.
  3. La botte haute. Support renforci au niveau de la cheville, semelle rigide, renforcement latéraux, revêtement généralement en cuir : idéale pour la très longue randonnée sur des parcours accidentés et montagneux avec un poids de plus de 10kg sur les épaules. Durable, fiable, imperméable et confortable, cette botte, souvent coûteuse, est cependant plus lourde et plus chaude que celles des deux autres catégories. Mais elle saura assurer une stabilité de mouvement et un confort à l’effort pour le marcheur qui prévoit faire plusieurs kilomètres dans sa journée.

2014-08-06 10.46.16-2Maintenant que nous avons toutes nos informations, il est temps de passer en boutique et d’essayer des chaussures ou des bottes qui répondent aux besoins de l’utilisation que nous souhaitons en faire. Le critère principal pour arrêter votre choix est le confort! Pas la couleur, ni la marque, ni le prix! Essayez-en plusieurs. Quelques conseils lors de l’essayage :

  • Assurez-vous d’avoir de l’espace pour bouger vos orteils. Certains magasins ont aussi un plan incliné pour vérifier que vos orteils ne touchent pas le bout de la botte lorsque vous êtes dans une descente.
  • Assurez-vous que votre talon reste bien fixé au fond de la botte lorsque vous marchez. S’il y a frottement, il y a aura ampoules!
  • Assurez-vous qu’il n’y a pas de points de pression sur le pied ou des zones d’inconfort. Certaines boutiques vous offrent de mesurer la longueur et la largeur de votre pied pour trouver le bon mariage chaussure-pied.
  • N’hésitez pas à essayer une pointure plus grande, sachant que les pieds ont tendance à enfler en fin journée ou que vous porterez 2 paires de bas.

Amoureux du pèlerinageIl existe une grande variété de modèles dans une même catégorie, alors n’hésitez pas à en essayer pour trouver celui qui correspondra à la forme de votre pied. Votre chaussure devrait vous faire comme un gant 🙂 ! Elle devient une seconde peau.

Vos chaussures de randonnée sont la pièce d’équipement la plus importante de votre pèlerinage. Prenez le temps de bien les choisir et de marcher régulièrement de courtes distances pour les mettre à votre pied! Un bon choix sera garant du confort et du plaisir de marcher!Bottes et Vélo - Emblême

Brigitte Harouni

Prochain déjeuner-causerie de Bottes et Vélo : 21 février

21 FÉVRIER, 9h30 : DÉJEUNER-CAUSERIE de Bottes et Vélo
Le poids que je porte : bien faire son sac à dos.

Pub déjeuner-causerie févrierIl est déjà temps de penser s’inscrire pour le prochain déjeuner-causerie de Bottes et Vélo.

Lors de ce déjeuner-causerie nous vous proposons de réfléchir ensemble sur le thème: Le poids que je porte : bien faire son sac à dos. Une causerie qui vous permettra

  • de voir concrètement le contenu d’un sac à dos pèlerin
  • de découvrir des petits trucs pour l’emballage et garder ses effets au sec
  • d’entrer dans la réflexion sur la symbolique du sac à dos
  • de poser toutes vos questions

Ceci, bien entendu, autour d’un bon petit-déjeuner (buffet-continental)! Une autre belle façon de découvrir le pèlerinage et d’aller plus loin!

Les déjeuners-causerie se tiennent au 50 rue Principale, à St-Michel-de-Bellechasse.
Coût:15$/pers.

Pour vous inscrire, cliquez sur le lien suivant: Les déjeuners-causerie de Bottes et Vélo.

Bienvenue à tous et toutes!Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté et Brigitte Harouni

S’équiper sans se ruiner ou le pèlerin enfirouapé

2014-07-31 12.43.13Polémique autour de l’équipement de pèlerin ultrasophistiqué. J’en ai plus qu’assez d’entendre dire qu’un pèlerin s’est fait arnaquer de 1500$ ou même 2000$, sans les bottes, pour vivre l’expérience d’un pèlerinage! C’est complètement aberrant qu’une chose comme celle-ci puisse se produire. Et pourtant, je l’ai entendu plus d’une fois.

Le pèlerinage n’entre pas du tout dans cette logique mercantile de surconsommation. Il entre dans l’esprit du dépouillement et de la simplicité. Mais la simplicité à 2000$ ne me semble pas si simple que cela! Surtout, elle me semble incohérente! Cette démesure face à un mode de vie qui ne s’accorde pas avec l’excès me pousse à l’indignation la plus basse. J’en serais prêt de crier à l’abus si ce n’était que bien souvent, le pèlerin accepte de se laisser « enfirouaper ». Par innocence, par inexpérience, par insécurité, le pèlerin se laisse séduire par des besoins qui dépassent la réalité du pèlerinage. Ne vous laissez pas prendre par tous ces beaux parleurs qui désirent vous vendre cette prétendue « meilleure qualité » à un prix tout aussi élevé. Il est possible de s’équiper comme pèlerin pour beaucoup moins cher que certains vous l’ont laissé croire. D’autant plus qu’après avoir fait l’exercice de magasiner l’équipement en surfant sur le net, vous découvrirez qu’il y a mesure et démesure dans ce domaine. Et pour bien mesurer la chose, je me suis permis de réviser le budget que je vous proposais l’an dernier.

Vélo et bagagesSi vous vous souvenez, dans les articles suivants : Qu’as-tu mis dans ton sac à dos? et Établir un budget pour un pèlerinage de longue randonnée au Québec , je dénonçais déjà les ventes excessives de certains commerçants en vous disant qu’il était possible pour celui ou celle qui ne possède rien, de se procurer tout le nécessaire pour environ 1000$ ou moins si l’on empruntait quelques trucs çà et là. Eh bien, figurez-vous que je me suis trompé! Il est possible de s’équiper avec du matériel neuf, de qualité, incluant les bottes, pour moins de 500$! En cliquant sur ce lien vous trouverez une liste d’achat où vous pourrez constater que nous sommes arrivés à équiper un pèlerin de la tête au pied pour 410,48$! Liste équipement pèlerin – achats

L’an dernier, alors que j’écrivais l’article sur le budget du pèlerin, je ne connaissais pas toutes les possibilités d’achats en ligne. Mais depuis, on m’a parlé de quelques sites et je suis tombé en bas de ma chaise en voyant les différences de prix. Jusqu’à 80% moins cher qu’en magasin! Nous avons donc fait l’expérience de quelques achats, pour vérifier la qualité du matériel proposé, et nous avons été agréablement surpris. Nous avons trouvé des sacs à dos, des bâtons de marche, des « camel back », des sacs de couchage, des bas, des imperméable, des sacoches de vélo, etc.; le tout pour une fraction du prix et fabriqué, dans bien des cas, par des compagnies renommées.

Si vous désirez tenter l’expérience, voici quatre de ces sites qui s’avèrent intéressants pour les achats en ligne : Dhgate.com, Aliexpress.com, Alibaba.com et DinoDirect.com. Chacun de ces sites vous offriront des plateformes similaires où il est assez aisé de faire des recherches et, dans l’ensemble, vous pourrez constater que les prix se ressemblent. Côté service, ils offrent tous un « chat » en ligne pour répondre à nos questions. Un service qui est cependant offert uniquement en anglais, bien que leurs sites soient tous traduits en français. Un seul d’entre eux bénéficie d’une traduction plutôt boiteuse et c’est Dinodirect. 2014-07-17 16.29.03Malgré cela, pour ceux qui se débrouillent bien en anglais, le site est tout de même bien conçu. Bien entendu, il existe d’autres sites, seulement, ceux-ci nous sont apparus les plus intéressants du point de vue « sport de plein-air ».

De notre côté, c’est vers Aliexpress que nous nous sommes tournés pour expérimenter l’achat en ligne. Nous avons commandé : un sac à dos de 50 litres pour 55$, des bâtons de marche pour 15$, des bas de randonnées pour 5$ et un sac de couchage compressible et léger pour 35$. Bien entendu, ce ne sont pas des marques connues, mais je ne magasine pas une marque. Je veux simplement un outil de qualité qui fera le travail et j’ai pu trouver ce que je voulais. De plus, sans les avoir achetés, nous avons également trouvé des bottes de randonnée Merrell, entièrement en cuir avec semelle Vibram, pour 90$! Par ailleurs, côté vêtement, vous trouverez tout ce que vous voulez, dans des matériaux de qualité, à des prix dérisoires. Prenez le temps de visiter ces sites, vous ferez des découvertes incroyables!2014-07-23 08.36.54

Néanmoins, avant de vous lancer dans l’achat de matériel, Bottes et Vélo vous propose quelques repères à garder en tête afin de rester dans l’esprit du pèlerinage. Voici donc quelques conseils et astuces pour tous ceux et celles qui aimeraient réfléchir et budgéter leur projet de pèlerinage sans se faire « enfirouaper » :

  1. On ne s’achète pas un look pour aller en pèlerinage, ni une assurance tout risque! Le look, on s’en fiche après deux jours et le risque fait partie de l’expérience. Sortir de chez soi, c’est prendre un risque! L’éviter, c’est passer à côté de ce que nous voulions vivre : c’est-à-dire se désencrasser et sortir de sa zone de confort pour se découvrir autrement, pleinement vivant. Vous ne pourrez donc pas tout planifier.
  2. Se rappeler l’objectif de cette démarche : était-il de performer, paraître ou vivre une expérience transformatrice? Rappelez-vous que le pèlerinage est centré sur l’être et non sur le matériel.
  3. Regardez la réalité de ce que vous entreprenez : allez-vous escalader le Kilimandjaro, faire le Tour de France ou déambuler sur un sentier, une route de campagne?
  4. Réfléchissez sur le nombre de fois que vous avez l’intention de revivre l’expérience : 2000$ qui dormiront dans le placard au retour me semble un bien mauvais investissement…
  5. Cessez d’avoir peur. Vous n’allez que marcher, ou faire du vélo, comme vous le faites habituellement. Seulement, cette fois-ci, vous allez le faire tous les jours pendant 15, 20 ou 30 jours. Vous n’avez pas besoin d’un équipement plus sophistiqué qu’à l’accoutumé. Vous avez besoin d’être bien et confortable.
  6. Avant d’acheter quoi que ce soit en ligne, pour vous rassurer, prenez en note la marque, le modèle, imprimez une photo et trouvez le même produit en magasin, ou quelque chose de similaire. Vous aurez ainsi la possibilité de le tenir entre vos mains, de l’essayer et de voir si ce produit vous satisfait.
  7. Lorsque vous choisirez le produit dont vous avez besoin, assurez-vous que la livraison est gratuite. La plupart des marchandises sont expédiées gratuitement.
  8. Prenez le temps de vérifier les mesures des vêtements. Les commerçants en ligne vous indiquent, pour chaque produit, les détails pour vous assurer d’acheter le bon format.
  9. Les boutiques en ligne offrent des garanties elles aussi. Vérifiez les conditions de celles-ci. Dans plusieurs cas, si le matériel acheté ne vous convient pas, vous pourrez le retourner et vous faire rembourser. Ceci, même si l’achat est fait à l’étranger.
  10. Soyez patient et vous ferez de réelles économies. Souvent le temps de livraison et long, mais votre patience sera récompensée : le sac à dos que vous auriez payé 250$ en magasin ne vous coûtera que 50$ en ligne!
  11. Rappelez-vous que le partage et l’échange de matériel de pèlerinage demeure la solution la plus économique. L’entraide et la coopération gratuite sont les expériences les plus enrichissantes que vivra tout pèlerin sur sa route.

En terminant, gardez toujours en tête que vous allez vivre un pèlerinage avec tout ce qu’implique cette démarche. Prenez plus de temps pour méditer l’expérience, que pour magasiner un matériel à la fine pointe de la technologie. Ce n’est pas à titre de sportif professionnel que vous le faites, mais en toute simplicité. Faites-vous confiance aussi. Vous ferez certainement quelques erreurs, quelques oublis. Ce n’est pas grave! Tout cela fait partie de l’exercice.2014-08-07 11.50.33

Bien entendu, on peut s’équiper à la fine pointe de la technologie, on peut faire transporter ses bagages ou avoir un transport qui nous attend à chaque détour, prendre des pilules pour ne pas sentir la douleur et continuer de performer, mais ce ne serait plus dans l’esprit du pèlerinage. Ce ne serait plus l’exercice spirituel auquel nous prétendions, celui qui nous met à l’écoute de notre corps et au diapason de notre environnement. Faire un pèlerinage c’est d’abord et avant tout une démarche de transformation intérieure visant l’équilibre, sans excès, sans démesure. Se mettre en route, c’est accepter d’être confronté à ses vulnérabilités pour que puisse se vivre l’alchimie de l’être : celle qui fait jaillir le meilleur de nous-mêmes. Ne vous laissez pas enfirouaper! 😉

Bonne route!Bottes et Vélo - Emblême
Éric Laliberté

N’oubliez pas qu’il est encore temps de s’inscrire au déjeuner-causerie du 24 janvier qui porte sur ce thème. Pour s’inscrire, cliquez sur ce lien : Déjeuners-causerie

La marche de santé

Un homme qui ne marche pas ne laisse pas de traces.
Georges Wolinski

IMG_0987 « On s’en va prendre une marche! » : c’était la boutade qu’on se lançait sur le chemin de Compostelle. Alors qu’on s’apprêtait à s’enfiler un 25-30 kilomètres pour la énième journée, nous trouvions bien drôle de ramener cette expérience à une simple balade. Et pourtant! Cette boutade exprimait très bien l’essentiel de notre entreprise : nous allions marcher, rien de plus. Ce n’était pas une activité qui demandait une habileté physique particulière, ni un sport extrême, ça ne demandait même pas un entraînement particulier! Nous allions simplement poser un pied devant l’autre comme nous le faisons chaque jour depuis que nous sommes en mesure de le faire.

Le poisson nage. L’oiseau vole. L’être humain marche. C’est la chose qui nous vienne le plus naturellement… quand notre corps nous le permet. Mais, savons-nous réellement à quel point l’intégration de la marche dans notre quotidien peut avoir un effet bénéfique sur notre santé? Combien elle vaut plus que bon nombre de sports pratiqués avec force et intensité ? Et qu’elle procurera les mêmes effets escomptés?

Les bienfaits de la marche

Meilleure condition physique

IMG_1110-1La marche ne nécessite aucune habileté particulière. Elle est accessible à tous et il suffit qu’on la pratique avec la moindre assiduité pour que l’on remarque, en quelques jours à peine, que notre condition physique est transformée. S’accorder le temps d’une marche quotidienne de 30 minutes par jour est le point de départ pour observer des changements manifestes à plus d’un niveau dans notre vie. À compter de 8 heures par semaine, on peut dire que vous avez atteint une hygiène de vie des plus intéressantes. C’est tout votre tonus musculaire qui en sera affecté et peut-être même plus selon le type de marche que vous pratiquerez.

Meilleur contrôle du poids
À peine 30 minutes par jour et vous pourrez déjà observer une meilleure digestion et un contrôle du poids plus aisé. Avec une heure de marche par jour, si vous êtes en surplus de poids, vous devriez constater une perte de poids à long terme. Bien entendu, selon le type de marche que vous pratiquerez cette perte de poids sera plus ou moins grande.

Meilleure oxygénation

Sans vous en rendre compte, la marche vous incitera à une respiration plus profonde qui aura plusieurs effets bénéfiques sur tout votre corps. Une meilleure oxygénation signifie plus d’énergie pour accomplir sa journée et la nuit venue un sommeil réparateur.

Meilleur état d’esprit2009 - Compostelle et Barcelone 452
Une meilleure respiration aura un heureux impact sur votre état d’esprit. De profondes respirations contribuent à maintenir un état plus calme, plus serein, en plus de générer un sentiment de bien-être et de réduire le stress. À bien respirer, c’est tout notre corps qui se sent mieux.

Meilleure immunisation

Tous ces bienfaits combinés auront un effet direct sur votre santé. À long terme, vous pourrez observer que votre corps est plus résistant et qu’il se remet plus facilement des petites maladies hivernales.

Les bienfaits : témoignages personnelles de pèlerins
Plusieurs pèlerins ont pu expérimenter les bienfaits de la marche sur l’état de santé en général ou encore sur leur humeur. Malgré la difficulté physique de l’expérience, notre corps se fortifie, on se sent mieux, plus serein, plus joyeux. Tout le monde vous le dira : sur le Camino la bonne humeur est au rendez-vous! Voici donc trois témoignages, dont le mien, observés lors de différents pèlerinages.2009 - Compostelle et Barcelone 478

Sur la Voix Du St-Laurent, une dame ayant une longue expérience de la marche me racontait comment elle arrivait à atténuer les symptômes de la fibromyalgie dont elle souffrait en pratiquant 3 heures de marche par jour. Elle me disait être convaincue que si elle ne pratiquait pas cette marche quotidienne, sa qualité de vie en serait drôlement affectée.
Plusieurs pèlerins diabétiques, rencontrés lors de différents parcours sur le Chemin de Compostelle, m’ont dit parvenir à un meilleur contrôle de leur diabète depuis qu’ils marchaient régulièrement. Certains allant même jusqu’à affirmer ne plus avoir besoin de médication dans ce contexte.

2014-07-21 12.18.44Pour ma part, juste avant d’entreprendre mon premier pèlerinage, mon médecin me disait que j’allais devoir surveiller mon taux de cholestérol. De ce premier pèlerinage, je suis revenu avec 14 kg en moins et plus aucune trace de cholestérol. Dernièrement, je rendais visite à mon médecin et celui-ci me disait encore que j’avais un taux de cholestérol à rendre jaloux. Depuis 2007, tous les ans, je fais un pèlerinage de 15 à 30 jours à pieds ou à vélo.

Comme vous pouvez le constater, les bienfaits sont nombreux et l’impact positif peut parfois être époustouflant pour un exercice aussi simple et facile d’accès. Tout le monde y trouvera son compte, peu importe votre âge!

Quelques types de marche
En terminant, voici quelques types de marche que nous pouvons pratiquer pour bénéficier de ces effets.

Tout d’abord, la marche standard. La marche standard est celle que nous pratiquons habituellement. Sa vitesse de croisière est d’environ 4 km/h. Lors d’un pèlerinage de longue randonnée, c’est le rythme qui convient le mieux au début. Mais, lentement, sans vous rendre compte, ce rythme augmentera au fil des semaines pour atteindre environ 6 km/h et vous n’aurez même pas l’impression d’aller plus vite. C’est ce qui est étonnant.

La marche rapide se pratique à un rythme variant entre 6 et 8 km/h. Je ne la recommande pas pour un pèlerinage de grande randonnée mais, dans un contexte quotidien, elle vous sera bénéfique. Certains la recommandent même davantage que le jogging, si vous cherchez une alternative.

2014-07-29 10.06.20

Pour ma part, ma préférence va pour la marche nordique. La marche nordique se pratique avec les bâtons de marche et a pour avantage de mettre à profit un plus grand nombre de muscles. Lorsque pratiquer de manière adéquate, c’est-à-dire en appuyant fermement sur les bâtons, c’est 25% de votre poids qui sera porté par le haut de votre corps. Lors de pèlerinages de longue randonnée, ce type de marche est fortement recommandé.

Finalement, la marche afghane est un autre type de marche qui permet de rendre l’expérience de la marche encore plus bénéfique. Inspiré d’une technique observé chez les nomades afghans, celle-ci allie technique de respiration et activité physique. Elle contribue à développer une meilleure endurance et une meilleure oxygénation ceci, en plus de réduire le stress.

Comme vous le voyez, prendre le temps de marcher est une merveilleuse entrée en matière pour entreprendre un virage important dans nos habitudes de vie. Un virage tout en douceur, sans tout brusquer. Marcher ouvre un espace de vie. C’est prendre le temps d’être présent. C’est cesser de courir pour mieux respirer. Marcher permet de s’éveiller à tout un monde de lenteur que nous n’aurions pas perçu autrement. C’est prendre le temps d’être avec soi. C’est prendre le temps de penser, de rebâtir son monde. N’hésitez pas, tentez l’expérience – à long terme – et vous serez le prochain ou la prochaine à pouvoir témoigner des bienfaits de la marche. D’ailleurs, nous vous invitons à nous partager votre expérience à la suite de cet article.

Bonne randonnée!Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté

Références et suggestions de lectures :

Pour découvrir d’autres ouvrages à ce sujet, consultez la librairie du pèlerin sur le site de Bottes et Vélo: http://bottesetvelo.com/bottes-et-velo-librairie

Mon déguisement de pèlerin

Si l’habit ne fait pas le moine, l’équipement ne fait pas le pèlerin
Bottes et Vélo

En cette fin de semaine de l’Halloween, je regarde tous ces enfants costumés qui défilent. Pour plusieurs, c’est une soirée magique qu’ils attendent avec fébrilité. C’est le moment de l’année où l’on peut choisir d’être qui on veut. IMG_1083Que le personnage soit réaliste ou fantastique, peu importe, tout est permis! Quand je les regarde, je me dis que nous, les adultes, ne sommes pas si différents d’eux. Chaque jour, nous revêtons un costume que nous affichons souvent fièrement car il nous définit, il renvoie une image que nous souhaitons donner de nous-même.

Que ce soit au travail ou dans nos loisirs, la société nous pousse à nous déguiser. Un directeur de banque ou un vendeur d’automobiles n’ira pas au travail en jeans et en T-shirt, tout comme le boucher ou l’épicier du quartier ne vous accueillera pas en veston-cravate. Un message implicite semble vouloir être envoyé aux clients. Cette recherche d’identité par l’habillement touche même, et de plus en plus, nos activités récréatives. Ainsi, le cycliste d’aujourd’hui, le vrai!, porte des vêtements moulants de cycliste de compétition, bariolés de noms de commanditaires; il a les souliers de vélo qui rentabilisent son énergie et offrent un confort inégalable. Et ce, même s’il n’aspire pas à faire le Tour de France. Le joggeur qui se respecte se doit de porter des vêtements faits pour la course. Il semble inconcevable de courir avec un short de yoga ou un T-shirt de basketball. Il en est de même pour le randonneur ou l’amateur de plein air qui lui portera des vêtements kaki, et aura un look sportif et décontracté.

Nous avons de plus en plus tendance à vouloir afficher nos couleurs à travers notre apparence, à un point tel que nous perdons notre véritable identité au détriment de l’image. Et le pèlerin n’échappe pas à la règle! Quelle ne fut pas ma surprise lorsque j’ai réalisé qu’il existait une boutique spécialisée en équipement de pèlerinage! IMG_1198Il semble, en effet, qu’on ait défini, pour celui qui le souhaite, le kit du parfait petit pèlerin. Pourtant, sur les chemins de Compostelle des milliers de pèlerins défilent chaque jours, chacun accoutré d’un bagage bien personnel, Pour ce qui est de l’habillement, il n’y a pas de code vestimentaire requis, on fait un pèlerinage, pas un parcours de golf! Ainsi, plusieurs étaient en bermudas (et pas nécessairement des bermudas kakis avec des poches sur les côtés) certains en pantalons (encore là, pas besoin d’avoir ceux avec une fermeture éclair à mi-jambe), d’autres étaient en shorts, et moi, je portais une jupe bleue. Michel portait une chemise blanche, Julie un T-shirt fushia, et moi une camisole violette. Patrick portait un chapeau de safari, Julie un joli chapeau blanc avec un large bord et un ruban à pois, Mark et moi une petite casquette. Sandra et Kate était en souliers de course, alors que les autres avaient des bottes de randonnée. L’habillement importe peu, l’essentiel est d’être confortable.

Mark qui avait acheté un équipement qu’il qualifiait de « digne de la NASA », car il l’avait chèrement payé dans une boutique de plein air, était découragé de voir ces pèlerins mal fagotés (sac à dos sans confort / souliers et vêtements de tous les jours) le dépasser jovialement. Et là encore, pas de règle au niveau de l’équipement. Certains avaient un petit sac à dos, d’autres un plus grand. Julie portait une sacoche en bandoulière, et Michel sa banane à la taille. Éric et moi avions 2 bâtons de marche, mais nos amis n’en avaient pas et Michel avait un grand bâton de pèlerin tout travaillé. IMG_1370-2J’avais un Camel back pour porter l’eau, Julie une petite bouteille de sport, et Michel un grand 2 litres. Mark avait l’imperméable qui moule aussi le sac à dos, alors que les autres n’avaient qu’un imperméable et une housse pour le sac.

Le costume du pèlerin n’existe pas! Le pèlerin est celui qui est en nous. C’est une manière d’être à la vie. Ai-je besoin d’un sac à dos, des bottes et d’un chapeau pour saluer les gens que je croise? pour apporter mon aide à une personne arrêtée sur le bord du chemin? pour partager mon repas en échangeant avec des inconnus? pour voyager et vivre avec simplicité et minimalisme?

Comme l’enfant pendant la fête de l’Halloween, celui qui aura acheté son costume tout fait dans une boutique aura un personnage bien plus réaliste et conforme au vrai que celui qui l’aura fabriqué et pensé lui-même. Mais quel apprentissage, quel plaisir et quelle fierté en tirera-t-il? Un des plus grands plaisir de l’Halloween est de faire soi-même son costume. Pour le pèlerin, chaque pas lui permet de façonner ce costume. Chaque pas lui permet de le définir, de se définir. Car être pèlerin, ça ne s’achète pas, ça se vit!Bottes et Vélo - Emblême

Brigitte Harouni

Notre essentiel pour un pèlerinage à vélo

Voyager c’est partir et quitter ce qui nous encombre pour aller vers un mieux-être.
Bottes et Vélo

2010 325Les premiers kilomètres de notre pèlerinage, nous les ferons à vélo. Cette façon de voyager permet de transporter plus de bagage et de progresser plus rapidement. Mais après une dizaine de jours, que le pèlerin soit à pieds ou à vélo, il sera confronté aux mêmes défis intérieurs. Et s’il traine trop de poids, celui-ci commencera sérieusement à se faire sentir. Grandes montées, faux plats, chemin sablonneux ou boueux, et grands vents amèneront le pèlerin cycliste à faire le tri de son bagage pour ne garder que l’essentiel.

Lors de notre premier pèlerinage à vélo, nous avions chacun nos sacoches bien remplies et nous trainions une petite remorque contenant d’autre matériel pouvant être pratique. Après quelques jours, notre bilan était clair : nous n’avions pas besoin de la glacière, ni d’autant de vêtements, ni du grand poêle de camping… Bref, pour notre second pèlerinage à vélo, nous n’avons emporté que ce qui nous avait réellement servi la première fois. Puis pour le suivant, nous nous sommes procurés de l’équipement plus adapté pour notre type de voyage, sans dépenser une fortune et tomber dans le piège de l’image du parfait petit pèlerin cycliste que l’on2010 329 cherche à tout prix à nous vendre. Et ainsi de suite jusqu’à aujourd’hui, chaque pèlerinage nous a permis de définir « notre essentiel » et la façon dont nous souhaitions vivre cette aventure.

Aujourd’hui, je vous partage la liste actuelle détaillée du matériel que nous allons avoir avec nous pour nos premiers 1400 km à vélo. En résumé, le pèlerin cycliste doit penser : léger, pratique, durable et compact, sans oublier confortable! Et tout comme le pèlerin à pieds, nous transportons l’essentiel, sachant que tout au long de notre route nous trouverons le reste.Liste des bagages de notre pèlerinageAinsi, sur nos vélos nous avons deux sacoches de voyage et une sacoche au guidon chacun. Nous avons deux sacoches chambre- salle de bain, une sacoche cuisine, une sacoche garage et bureau (au guidon) et une sacoche vide qui nous sert de frigo et de garde-manger. Les sacs de couchage, les matelas de sol et la tente sont sur les porte-bagages.

De pèlerinage en pèlerinage nous avons 015précisé et ajusté le tir afin d’obtenir cet équilibre qui représente pour nous notre zone minimale de confort pour voyager en nomades. En cours de pèlerinage, chacun saura définir « son essentiel ». Et de pas en pas, de jour en jour, de coup de pédale en coup de pédale, cet essentiel sera retravaillé et redéfini. Il importe de savoir se respecter et respecter son rythme de changement. Exactement comme nous devons le faire lorsque nous souhaitons faire un ménage de ce qui nous encombre dans notre vie de tous les jours.Bottes et Vélo - Emblême

Brigitte Harouni

Comment soigner les ampoules aux pieds

Notre corps est la barque qui nous portera jusqu’à l’autre rive de l’océan de la vie. Il faut en prendre soin. Swami Vivekananda

Nous avons vu, dans un précédent article, qu’il était possible de prévenir l’apparition d’ampoules aux pieds, ou du moins d’en diminuer la taille et le nombre. Cependant, lors d’une très longue randonnée pédestre, nul n’est réellement à l’abri de cet irritant, surtout si en plus nous portons constamment une charge sur nos épaules. Même avec beaucoup de soins et d’attention, nos pieds traversent une très rude épreuve! Ainsi, si des ampoules apparaissent, il est essentiel de leur apporter le traitement le plus approprié afin d’obtenir une guérison rapide et efficace.pied pansé

Avant de soigner une ampoule, nous devons comprendre pourquoi notre corps réagit de la sorte. Ainsi, les ampoules apparaissent lorsque trois facteurs sont présents : chaleur excessive, frottement continu et humidité. Si la peau s’échauffe à cause du frottement, elle se ramollit avec l’humidité et ses couches se séparent. Une ampoule commence à se former. Pour protéger les tissus de la peau, notre corps sécrète un liquide entre deux couches de notre peau, comme dans le cas de brûlures. Ce liquide forme un coussin qui atténue la pression exercée sur la peau du dessous, la protège du frottement et de la chaleur. De plus, ce liquide contient des protéines et des substances anti-inflammatoires aidant à une meilleure guérison des cellules affectées. Et pour parfaire l’opération, la pellicule de peau de la couche superficielle qui forme la cloque empêche les bactéries et les saletés d’infecter la blessure. On peut donc remercier notre corps de prendre si bien soin de nous! L’ampoule qu’il crée est un mécanisme de défense des plus ingénieux et des plus complets!
Alors que doit-on faire si une ampoule apparait?

• Si l’ampoule n’est encore qu’une petite rougeur, et que vous devez continuer de marcher, appliquez une pommade et mettez un pansement. Cela soulagera le corps et ralentira considérablement le développement de l’ampoule.

• Si l’ampoule n’est pas douloureuse, vous pouvez la laisser guérir d’elle-même.

• Si l’ampoule est douloureuse, vous pouvez, à l’aide d’une aiguille stérilisée, percer la peau à la base de l’ampoule. Laissez le liquide s’écouler pour enlever de la pression. Si possible conservez un peu du liquide pour protéger et nourrir la peau affectée. Et surtout, conservez la pellicule de peau qui sert de « pansement naturel ». Lorsque le corps n’en aura plus besoin, cette pellicule de peau, qui est morte, sèchera d’elle-même. Si vous devez continuer de marcher, désinfectez l’ampoule puis appliquez une gaze ou un pansement. Mais dès que vous pourrez vous le permettre, retirez le pansement et laissez la peau à l’air libre pour que l’ampoule sèche et se durcisse. Si l’ampoule se remplit à nouveau et que la pression du liquide est douloureuse, vous pouvez encore une fois percer la peau à la base de l’ampoule.

• Si l’ampoule est percée ou déchirée, à l’aide de ciseaux stérilisés, retirez la peau jusqu’à la base de l’ampoule, puis désinfectez la jeune peau. Si vous devez continuer de marcher, appliquez un pansement ou une gaze avec un onguent antiseptique. Fixez le tout avec un sparadrap résistant, solidement sans pour autant trop serrer, pour vous assurer qu’il ne bougera pas durant la marche. Ceci réduira le frottement et les risques d’infections. Dès que vous le pourrez, retirez le pansement, nettoyez la peau et laissez-la s’aérer. pieds dans l'eau

• Pour bien prendre soin de ses ampoules, une règle demeure : permettez à la peau de se reposer. Ainsi, aussi souvent que possible, lavez vos pieds et laissez-les à l’air libre.

Prendre des antidouleurs et continuer de marcher est une solution pour certains. Pourtant cela signifie engourdir le canal de communication entre le corps et l’esprit. C’est faire la sourde oreille à un cri du corps et se faire croire que le problème mécanique rencontré est résolu. C’est risquer d’aggraver la situation : pour aller plus vite? Plus loin? Pourquoi? Si vous en prenez, assurez-vous de pouvoir demeurer sensible à la blessure du corps. Les antidouleurs demeurent une solution de soulagement momentané de la douleur et non un traitement en vue de soigner les ampoules.

Notre corps est une merveilleuse machine. Aucun moyen de déplacement n’a une aussi grande durée de vie, ni de telles conditions d’auto-réparation. Et comme l’a dit Nelson Mandela : « Le corps humain a une faculté extraordinaire d’adaptation; j’ai découvert qu’on pouvait supporter l’insupportable si l’on gardait le moral, même quand le corps souffrait». Il faut donc savoir en prendre soin.Bottes et Vélo - Emblême

Brigitte Harouni

Établir un budget pour un pèlerinage de longue randonnée au Québec

À force de sacrifier l’essentiel pour l’urgent, on finit par oublier l’urgence de l’essentiel.
Edgar Morin

ÄneOn a tous voyagé de manière à transporter avec nous le nécessaire pour notre confort. Lors de ces voyages, on se permettait tous les petits extras susceptibles de rendre le voyage plus agréable et on y ajoutait même quelques « au cas où ». Le coffre de la voiture fermait à peine en appuyant fortement.

Pour ce qui est du pèlerinage, il en va tout autrement. On l’a déjà dit et répété : le contenu du sac à dos est minimaliste! Il en sera de même pour le budget, celui-ci devra répondre à l’essentiel. Peu importe notre forme physique, il y a une limite à ce que nous pouvons porter sur nos épaules. Notre confort sera donc fixé par le soin que nous prendrons de notre corps et de notre esprit. Une fois ce principe de base accepté, le reste vous appartient. Si vous décidez de faire tout votre pèlerinage en Gîtes et de ne manger que dans des restaurants, votre budget sera largement différent de celui du pèlerin qui choisira de le faire en camping en faisant sa propre cuisine… Voici donc un budget approximatif de ce qu’il pourrait vous en coûter en équipement et en frais de séjour pour un pèlerinage selon ces deux options opposées. Retenez cependant que, selon Bouddha, la voie du milieu reste la meilleure.

sa à dosPour vous servir de référence, je vous ai préparé une liste de prix approximatifs des essentiels pour entreprendre un pèlerinage. Soyez cependant vigilants lorsque vous vous lancerez dans vos achats, certains prétendront être experts alors que leur expérience est très mince. Leur expertise est souvent exagérée ou encore elle se limite à la vente… Comme je vous l’écrivais dans un article précédent, si on veut vous vendre pour 1500$ ou même 2000$ d’équipement, ça n’a aucun sens!
Autre principe de base lors d’un pèlerinage : ne cherchez pas l’illumination, soyez brillants dans vos décisions. Et ceci à tous les niveaux!

Voici donc, pour une personne ayant à s’équiper des pieds à la tête, combien il pourrait lui en coûter :
Sac à dos (250$)
Paire de bottes ou chaussures de randonnée (250$)
Sac de couchage (150$)
Bâtons de marche (50$)
Trousse de premiers soins (10$)
Gourde ou « camel-back » (40$)
Chapeau (20$)
Paire de sandales (40$)
Serviette (20$)
Trousse de toilette (contenants en formats de 100ml) (5$)
Imperméable (120$)
1 Chandail chaud (40$)
1 Pantalon (40$)
2 t-shirts (30$)
2 shorts (60$)
2 paires de bas de randonnée (30$)
1 paires de liners (10$)
TOTAL : 1165$

Notez que plusieurs articles peuvent s’emprunter ou qu’il se peut très bien que vous ayez déjà certaines choses en main. Rares sont les pèlerins qui auront tout à acheter. En général, shorts, t-shirts, pantalon sport, chandail chaud et chapeau que vous avez déjà feront l’affaire. N’écoutez pas les adeptes du look sportif! Un look qui se vend souvent à prix faramineux. Vous connaissez déjà les vêtements dans lesquels vous êtes confortables, faites-vous confiance. Fouillez plutôt les petites annonces, une quantité de matériel de qualité est souvent disponible pour une fraction du prix. Habituellement, en combinant tous ces efforts, celui ou celle qui est peu ou pas équipé(e) devrait s’en tirer pour environ 600$. Maintenant, voyons le budget pour l’hébergement et les repas.

Première option : Campings et Auberges de Jeunesse

L’option camping vous fera dépenser plus en équipement mais vous fera économiser énormément sur l’hébergement. Vous devrez prévoir environ 250$ de plus pour une tente ultralégère et environ 100$ pour un tapis de sol compact. Côté tarification, l’hébergement en 2010 423camping ou auberge de jeunesse vous coûtera en moyenne 25$/nuitée. Les campings auront l’avantage de voir ce tarif fractionné si vous êtes plusieurs pèlerins sur le même site, ce qui rendra l’option encore plus économique. Par ailleurs, plusieurs auberges de jeunesse incluront le petit-déjeuner dans leur tarif ou alors, il sera disponible à peu de frais (3$ ou 5$ bien souvent). Côté repas, dans les campings vous aurez souvent accès à une salle communautaire munie d’un micro-onde et parfois mieux équipée. Les auberges de jeunesse, quant à elles, ont toujours une cuisine à la disposition des voyageurs. En choisissant de cuisiner, vous dépenserez environ 20$/jour pour vous nourrir. Pour 15 jours de pèlerinage en camping ou auberges, vous pourrez alors calculez : 375$ pour l’hébergement et 300$ pour les repas. Ajoutez à cela un 200$ pour des imprévus et vous aurez un budget économique et équilibré. Un total de 875$ pour deux semaines.

Deuxième option : hébergement en Gîtes

Ce type d’hébergement sera de loin supérieur en qualité et en confort, et vous évitera de transporter tente et matelas de sol. Le tarif moyen en gîtes est de 80$/nuitée et inclus toujours le petit-déjeuner. Côté repas, en choisissant de manger au restaurant tous les jours, calculez environ 50$/jour. Ajoutez également un 200$ pour les imprévus pour équilibrer votre budget. Un pèlerinage en Gîtes et restos de 15 jours vous en coûtera donc : 1200$ pour l’hébergement et 750$ pour les repas. Un total de 2150$ pour deux semaines.2010 419

Ce sont donc les deux extrêmes du budget que vous pouvez planifier pour entreprendre un pèlerinage au Québec. Cependant, je vous le rappelle, la voie du milieu peut s’avérer une bonne option pour se rendre la vie agréable. En combinant ces deux options, le budget moyen pour deux semaines de pèlerinage sera d’environ 1500$. Ceci dit, ce qui importera le plus, c’est que vous preniez plaisir à vivre l’expérience, que votre corps et votre esprit habitent ce temps que vous vous donnez. Pour y prendre plaisir, soyez conscient de vos besoins et de vos capacités. L’expérience sera alors inoubliable.Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté

Qu’as-tu mis dans ton sac à dos?

Un véritable pèlerinage consiste à tout laisser.

Laisser ce qui rend notre vie de plus en plus rapide et élaborée.

Mais aussi laisser – c’est peut-être le plus difficile –

l’idée que nous nous faisons de nous-même et des autres.

 Il faut quitter tout ce qui nous conforte, tout ce qui nous honore, tout ce qui nous rassure.

Jean Lescuyer

Qu’as-tu mis dans ton sac à dos?

… ou la peur paradoxale du manque

dans une culture d’abondance et de surconsommation.

2009 - Compostelle et Barcelone 415Le contenu approprié de notre sac à dos est simple à concevoir, mais pas toujours facile à appliquer tellement nous sommes conditionnés à avoir sous la main beaucoup plus que le nécessaire. Nos armoires, nos placards et nos garde-mangers en sont le témoignage par excellence. Un seul exemplaire ne suffit plus. On achète à la caisse, dans des formats de plus en plus gros. Nous utilisons, mangeons, dépensons plus, parce qu’il y a toujours plus. Nous consommons sans compter car l’abondance est omniprésente. Nous sommes devenus accrocs à l’excès!

Partir avec son sac à dos pour un pèlerinage de longue randonnée permet de remettre en perspective tout ce surplus, d’en prendre conscience. Le pèlerinage nous fait sortir de cette zone d’excès et les inquiétudes que cela peut susciter seront l’occasion de repenser certains de nos besoins, certaines de nos peurs.

Rapidement, vous constaterez que le sac à dos est le reflet des choses auxquelles on s’attache. Il est le poids de tout ce dont vous ne pouvez vous passer. Après quelques jours à bien en sentir le poids sur vos épaules, vous ne percevrez plus vos besoins de la même manière. Vous remettrez en question chaque gramme de votre sac et commencerez alors à l’épurer pour ne conserver que l’essentiel nécessaire à votre voyage. Chaque jour vous questionnerez le contenu de votre sac jusqu’à atteindre l’équilibre souhaité, c’est-à-dire jusqu’à ce que vous ayez redécouvert l’art du « juste-assez ». Les bouddhistes diront « la voie du milieu », celle qui est sans excès, ni manque. Une voie dont le confort se loge dans le « juste-assez ».

Notre culture de consommation  étant très forte pour créer de faux besoins, elle a développé des stratégies de dépendances à travers une multitude de programmes de fidélisation. Elle s’amuse de nos peurs en nous incitant à parer toutes éventualités du moindre gadget ou d’une assurance « tout risque ». La nouveauté est devenue son leitmotiv pour entretenir l’accoutumance à ce rythme de surconsommation. New York 064Nous sommes devenus accrocs à tous ces excès et nous les demandons. Alors, lorsque vous vous préparerez à partir, soyez vigilants. Le pèlerinage n’entre pas dans cette dynamique. Ne dépensez pas une fortune pour vous équiper!

Nous entendons régulièrement des gens dire qu’ils ont dépensé 1500$, 1700$ ou même plus de 2000$ en équipement pour le pèlerinage, ceci sans les bottes! C’est beaucoup trop! Les deux seules choses qui vous coûteront cher ce sont  1) votre sac à dos et 2) vos bottes. Pour ces deux articles, vous devriez débourser au total environ 400$. Pensez aussi qu’il est possible d’emprunter certains effets, vos amis se feront un plaisir de vous prêter leur sac à dos ou encore leurs bâtons de marche. Surveillez également les annonces classées, vous pourriez y trouver des articles de qualité à très bon prix. Pour le reste, vous verrez qu’il y a très peu à prendre dans votre sac : prévoyez quelque chose pour être au chaud le soir et quelque chose en cas de pluie, visez toujours le plus léger et le plus compact. (Dans un autre article, nous avions détaillé une liste et le poids de chaque item : voir « L’équipement du pèlerin nord-américain ».) Pour le reste, remettez-vous en à votre jugement. Faites-vous confiance! Et même s’il y avait un peu d’excès dans votre sac, cela fait partie de l’apprentissage et de l’expérience du pèlerinage. Vous en ferez le ménage en cours de route et trouverez ce confort de vie qui vous convient.

Une fois ce confort atteint, ce « juste-assez » trouvé, votre conscience se sera éveillée à un autre possible, un vivre autrement. Vous découvrirez alors l’allégorie du sac à dos. N’ayant plus rien à enlever de votre sac, c’est en vous que vous chercherez l’excédent dont vous pourriez vous défaire. Le sac à dos est le reflet de tous ces « il faut », de tous ces « je dois », de tous ces faux besoins que je traîne… Le poids que je porte sur mes épaules me vient aussi, parfois, de toutes ces personnes que j’autorise à s’y accrocher… Combien d’obligations ai-je accumulées tout au long de ma vie? Combien de règles inutiles sont enfouies dans mon sac de vie?

Les obligations, les règles que je m’impose, les horaires à rencontrer, la peur de ne pas être à la hauteur, les convenances… Tous ces questionnements monteront en vous. Ces trucs font partie de votre sac de vie et ils peuvent devenir lourds à porter. Prenez conscience que la vie n’est pas un effort constant! Observez lorsque vous serez sur le chemin comment vous 2009 - Compostelle et Barcelone 099ajustez votre pas, comment vous prenez le temps, comment vous vous mettez à l’écoute… « Mon pèlerinage est parsemé de pauses. Je me permets des temps d’arrêts. Je refais le plein d’énergie. J’évalue régulièrement le poids de mon sac. Tous les soirs, je décharge mes épaules de ce fardeau et enlève mes bottes. Tous les soirs, je prends soin de moi. Est-ce que je le fais dans mon quotidien? » Une fois épuré, votre sac de vie en aura long à raconter…

Et tout ceci se fera naturellement, au fil des jours, au fil de votre chemin, lentement. Faire un pèlerinage nous apprend à voyager – à vivre –  le sac, le cœur et l’esprit léger. Le pèlerinage me ramène au meilleur de la vie. Prendre mon sac à dos de pèlerinage, c’est me décharger des illusions de ce monde et de son rythme affolant. Alors j’essaie de le porter le plus souvent possible, car son fardeau est léger…

Bottes et Vélo - EmblêmeÉric Laliberté

Pourquoi les bâtons de marche?

Qui aide son corps, aide son esprit et apaise son mental.
Proverbe thaïlandais

bâtons de marcheAvant d’entreprendre un long pèlerinage à pied, Éric m’avait à plusieurs reprises vanté les bienfaits de l’utilisation des bâtons de marche.  Insistant, il revenait régulièrement à la charge, m’encourageant à les emporter pour le voyage.  Pour ma part, j’avais très souvent fait de la randonnée, des excursions d’une ou deux journées, portant dans mon sac à dos une petite collation et mon appareil photo, et je n’avais jamais vraiment perçu la nécessité d’en avoir.  Je les trouvais encombrants, bruyants et considérais que je marchais extrêmement bien sans eux! 

Heureusement, malgré mes convictions, j’avais avec moi mes précieux bâtons de marche lors de mon Compostelle!  Au fil des jours, je me suis rendue compte de leur importance.Avec un poids considérable sur le dos, j’ai pris conscience des avantages qu’ils me procuraient:

  • Les montées et les descentes sont nombreuses sur le chemin.  Les bâtons sont un support, un point d’appui qui permet de garder son équilibre à travers les roches et les inégalités de la route.  Ils contribuent ainsi à diminuer les risques de chute et de blessure.
  • En s’aidant des bâtons à chaque pas, nous répartissons le poids de notre charge.  Une étude a démontré que les bâtons permettent au haut de notre corps de supporter 25% de notre poids, ce qui soulage considérablement l’effort fourni par nos jambes.   Dans les montées, on est plus efficaces.  Et dans les descentes, la pression sur les genoux et les chevilles s’en trouve aussi diminuée de 30%.  Ce qui est un bon point pour les bâtons car ces articulations sont extrêmement fragiles et sujettes aux blessures.
  • Sans les bâtons, j’ai constaté que le pèlerin fatigué tend à s’accrocher à son sac.  Le corps penche vers l’avant, les épaules sont recourbées, même le cou force.  Avec les bâtons, j’ai ressenti toute une différence!  Ils nous obligent à redresser le tronc, la tête haute, les épaules droites.  Le haut du corps n’est plus une charge statique.  Il devient un acteur dynamique qui contribue à faire avancer le corps.  Tous les muscles du corps s’activent et se partagent la tâche pour faire progresser le poids.  En plus de diminuer les tensions dans le haut du corps, cette posture favorise une meilleure respiration (l’oxygénation s’améliore de 40% selon une étude).
  • bâtons de marche -2Inconsciemment, le marcheur adepte des bâtons progresse tout en rythme.  Le bruit de ses bâtons, pulse dans tout son corps et donne la cadence à suivre.  Ses bras, ses jambes et sa respiration s’activent en harmonie.  Même son esprit se laisse pénétrer par ce mantra qui l’entraine dans un état méditatif.  L’esprit se détend et le corps «s’énergise»!  La posture et le rythme aidant, je réalise que j’avance plus vite et que malgré cela, je me sens moins fatiguée. Les kilomètres défilent alors agréablement!
  • En étant créatif, les bâtons peuvent aussi être très utiles durant le voyage : ils nous ont servi de piquets pour faire un petit coin d’ombre à notre pique-nique, un jour de canicule et ont fait office de corde à linge pour sécher notre lavage!

Je suis maintenant convaincue et convertie! Les bâtons de marche sont un des indispensables pour toute personne souhaitant entreprendre un pèlerinage.  Les bâtons sont la baguette de chef d’orchestre du pèlerin: ils font travailler les muscles de notre corps (jusqu’à 90% de nos muscles) en rythme et en harmonie!  La symphonie corporelle qu’ils génèrent favorise un mieux-être tant physique que spirituel, et nous fait oublier le temps et les kilomètres qui passent! Bottes et Vélo - Emblême

Brigitte Harouni

Conseil d’achat: Pour de bons bâtons de marche, pas nécessaire de payer une fortune, surtout quand on est pèlerin.  L’essentiel est qu’ils soient résistants et légers (en carbone et fibre de verre) et rétractables (pour s’ajuster et se ranger facilement).  Avant de choisir vos bâtons, ajustez-les à la hauteur voulue (votre coude devrait faire un angle de 90°) et appuyez de tout votre poids sur les poignées pour vous assurer qu’ils ne coulissent pas.