Mise en garde : risque de déplacement intérieur!

Toute marche est une marche spirituelle.
Sagesse Celte
Nous vivons dans un monde organisé et structuré où tout se doit d’être prévu et planifié. Même nos vacances n’y échappent pas. Quoi que nous entreprenions, nous aimons l’anticiper et avoir une longueur d’avance pour nous assurer que l’expérience sera bien vécue. Ainsi, plusieurs personnes qui se préparent à vivre un pèlerinage se demandent fréquemment s’il est essentiel de se préparer avant de partir.

La Voie du St-LaurentIl va de soi qu’un minimum d’organisation au niveau du matériel à apporter et de l’équipement à se procurer est un incontournable. Et nous savons tous qu’il est fortement conseillé d’avoir marché et usé sur quelques kilomètres toute nouvelle paire de souliers ou de bottes. Tout comme il est bon d’avoir marché avec notre sac à dos pour en avoir trouvé l’ajustement qui se marie le mieux à notre corps.

La question n’est donc pas à ce niveau. Souvent, le futur pèlerin s’inquiète plutôt de l’effort physique que cette longue marche va exiger. Il se demande donc s’il est nécessaire de commencer un entrainement quelques mois ou semaines avant le grand jour. Chez Bottes et Vélo, nous pensons que si la personne n’a pas de problématique de santé particulière, l’entrainement n’est pas une obligation. La forme physique se développera graduellement à chaque pas et à chaque jour que fera le pèlerin sur le chemin. Le pèlerinage n’est pas une course, ni même une recherche de performance physique. C’est une longue pause dans le temps qu’une personne s’offre à elle-même,  un voyage au sens exact du terme, au bout duquel elle reviendra différente, transformée par l’alchimie de la marche.

Chemin KamouraskaS’il est une préparation que le futur pèlerin devrait avoir, elle ne devrait pas se situer au niveau physique, mais au niveau psychique. Avant de partir, plusieurs parents et amis questionnent celui qui part en pèlerinage. Pourquoi à pied? Pourquoi voyager aussi rudimentairement? Aussi longtemps? Ainsi, entamer une ébauche de réponse, commencer la réflexion, creuser en soi pour prendre conscience de ce qui nous appelle et nous attire dans cette expérience; identifier le mieux possible nos attentes et les fruits que nous souhaitons cueillir et rapporter au terme de ce voyage; sont des étapes fondamentales de préparation à un pèlerinage.

Notre quotidien est parsemé de panneaux avertisseurs : « peut contenir des traces d’arachides », « attention chaussée glissante », « chute de glace! ». S’il est une mise en garde à donner au futur pèlerin pour l’aider à se préparer à sa longue marche, ce serait : « attention, risque de déplacement intérieur ». Autant vous aurez à regarder où vous posez le pied, autant vous devrez être attentif à ce qui se vit en vous, à ce que votre corps, votre façon d’agir et de réagir, vous dit. En marchant, vous allez très certainement ressentir diverses émotions psychophysiologiques qui risquent de donner de nouvelles dimensions à votre existence.

La Voie du St-LaurentLe pèlerin averti n’est pas celui qui a l’équipement révolutionnaire le plus léger, ni celui qui dévore les kilomètres dans un temps record sans se blesser. Le pèlerin averti est celui qui a compris qu’en plus d’améliorer sa condition physique, cette très longue marche est une rupture spatio-temporelle, matérielle et spirituelle, qu’il s’offre pour voir plus clair sur sa route de vie.Bottes et Vélo - Emblême

Brigitte Harouni

Tous mes vœux de santé!

La marche est le meilleur remède pour l’homme.
Hippocrate (400 ans avant J-C)
Comme à chaque jour de l’an, avec la nouvelle année viennent les vœux de santé. Étant jeune, lorsque mes grands-parents me souhaitaient de la santé, je restais un peu perplexe et trouvais ce cadeau plutôt chiche. Puis, les années passant, ma santé et celle de mes proches devenant plus fragile, j’ai réalisé toute la signification et la pertinence d’un tel souhait. Comment peut-on se permettre de mal mener ou de négliger notre corps, lui qui est pourtant si indispensable à notre qualité de vie, lui qui est notre enveloppe, notre véhicule, notre fidèle partenaire de vie? La marche de longue randonnée permet de prendre conscience de cette indissociable relation, de son importance, tout en offrant à notre corps des conditions favorables au maintien d’une bonne santé.

2015-07-06 09.48.18Le premier aspect avantageux de la marche comme activité physique est qu’elle est accessible à tous, jeunes et moins jeunes et ne demande que très peu d’investissement matériel. Elle se pratique où bon nous semble, quand bon nous semble et ne requiert pas d’entrainement particulier. Contrairement à la course, ou au jogging, la marche de longue randonnée fait travailler nos muscles en douceur et en endurance. C’est par cette douce mais longue répétition que les bienfaits agissent sur notre corps. Le cœur se muscle graduellement, devient plus efficace et dynamise la circulation sanguine. Celle-ci s’en trouve donc améliorée, plus régulière et activée. Le système respiratoire se développe et augmente ses capacités. De ce fait, la marche soutenue est recommandée comme traitement pour les personnes se remettant d’un traitement cardiaque, ou ayant des problèmes respiratoires tels que l’asthme. Elle diminue les risques de varices, de phlébites, de maladies du cœur, diminue la tension artérielle, atténue les conséquences négatives de l’arthrose et prévient l’ostéoporose.

2015-06-13 12.30.42Toute cette amélioration dans l’activité du système sanguin a même une incidence sur la santé du cerveau. En effet, une récente étude américaine a démontré que l’activité physique générée par la marche quotidienne, l’oxygénation qu’elle occasionne sur le corps, entraine une augmentation de l’hippocampe, cette partie de notre cerveau qui joue un rôle central au niveau de la mémoire et du sens spatial. Cette observation a donc permis aux chercheurs de dire que la marche permet de contrer les troubles bénins de la mémoire dus au vieillissement, de repousser l’apparition des symptômes de la maladie d’Alzheimer et protège contre le déclin lié au vieillissement des fonctions intellectuelles.

La marche est également recommandée pour faire baisser le taux de cholestérol. L’exercice physique agit sur le corps, faisant diminuer le mauvais cholestérol et augmenter le bon. Plusieurs activités physiques sont aussi efficaces, il faut pour cela que l’exercice soit suffisamment long, intense et répétitif. La marche permet cependant de faire ces efforts sans brusquer le corps. Il en est de même pour le diabète, celui de type 2 qui ne nécessite pas de traitement à l’insuline. Une étude a démontré que marcher quotidiennement durantIMG_7133 3 mois, même sans régime alimentaire particulier, fera chuter considérablement les risques de diabète. Il a également été prouvé que 65 % des pré-diabètes peuvent être prévenus par deux heures et demie de marche par semaine, pour éviter de passer au diabète.

À travers sa marche, le pèlerin tonifie les muscles de ses jambes, mais aussi ceux du dos et du ventre. L’usage des bâtons rend l’exercice encore plus complet en faisant travailler le haut du corps, soient les muscles des bras, du cou et des épaules. Toute cette activité physique permet au corps de brûler des calories et de transformer les aliments ingérés de façon efficace, réduisant ainsi l’accumulation de graisse.

Pour terminer cette longue liste des bienfaits de la marche, un incontournable : son effet sur notre équilibre mental. La marche, grâce à la production d’endorphine qu’elle génère, cette hormone du bonheur, réduit les symptômes de dépression et d’anxiété. De plus, étant accessible à tous, cette activité peut se faire tant seul qu’en bonne compagnie, en famille, entre amis ou en couple. Cette occasion d’échanger et de se rapprocher favorise l’épanouissement personnel et contribue à accroître notre état de santé.

Les bienfaits de la marche se font sentir à partir du moment où elle se pratique quotidiennement, de façon soutenue, durant un minimum de 30 minutes. Le pèlerinage est un traitement intensif que le pèlerin offre à sa santé globale. Il est donc essentiel, dès les premiers jours, de faire alliance avec son corps et d’en respecter les limites. C’est grâce à cette écoute et dans ce mariage harmonieux entre le corps et l’esprit que naît le sentiment de bien-être et que la vie devient vivante. Pour l’année 2016, je vous souhaite de marcher!2014-08-06 10.46.16

Bottes et Vélo - Emblême

Brigitte Harouni

Le parfum des imprévus

L’Inconnu est un petit chien inoffensif qui rugit comme un lion!
Laurent Martinez

Avec la neige qui fond au soleil, nous sommes nombreux à commencer à avoir des fourmis dans les jambes. Le désir de partir, de prendre son bagage pour aller arpenter des chemins inconnus résonne dans tout notre corps. La première étape du pèlerinage se met en branle : la planification! Et de nos jours, dans notre société, planifier est presque devenue une habitude, une obligation, une obsession. Tout est calculé, prévu, anticipé. Alors décider d’entreprendre un pèlerinage, pour la toute première fois, devient rapidement, pour certains, une source d’inquiétude et d’appréhension.Crevaison sur la Voie du St-Laurent - été 2014Nous grandissons dans un environnement de plus en plus aseptisé de tout danger et de toute blessure. On nous conditionne à anticiper le pire et à s’y préparer. On prévoit les clauses de divorce lors du mariage, on profite du moment où on est en santé pour organiser notre enterrement, on inscrit notre enfant en garderie avant qu’il ne soit né! Notre vie est réglée à la minute près. L’horaire de chaque journée est déterminé à l’avance. Le trajet effectué est le même chaque jour, à la même heure. Les repas de la semaine sont prévus et parfois même, préparés durant la fin de semaine. Les billets de spectacle sont achetés 6 mois plus tôt, le voyage dans le sud s’organise depuis un an… Tout est planifié! Peu de place est laissée aux imprévus et à la spontanéité.

Planifier un pèlerinage, c’est accepter qu’il y aura des imprévus, apprendre à vivre avec l’inconnu. C’est une aventure qui nous sort de notre cadre de vie habituel. Tel le plongeur qui passe de l’air à l’eau, le pèlerin change de milieu et de mode de vie. Il troque l’abondance matérielle pour le minimalisme, l’individualité au profit du communautaire, le sédentarisme pour le nomadisme, la voiture pour la marche, la vitesse pour la lenteur, le cadran digital pour le soleil, les amis de longue date pour l’étranger. Dans ce nouvel environnement certaines choses sont telles qu’il les connait déjà et d’autres sont à découvrir et à apprendre pour s’adapter.

Faire un pèlerinage c’est une démarche d’apprentissage de la vie et de soi à travers une très longue marche. Et les imprévus sont une source riche en apprentissages. Ils sont souvent à la base d’agréables rencontres, de belles découvertes et procurent un sentiment de réalisation de soi inédit. Ils nous amènent à façonner notre confiance en nos capacités mais aussi notre confiance en la vie. En faisant confiance aux éléments qui nous entourent, on réalise qu’il y a toujours une solution même si elle n’était pas prévue :le pansement servira à réparer le poteau de tente brisé; la route sera plane le jour où j’ai le plus mal au genou; il y aura une sécheuse dans l’auberge qui nous accueillera après la journée de pluie en Espagne; un pickup embarquera nos vélos un jour de pépin mécanique majeur; une dame nous offrira deux bouteilles d’eau un jour de canicule; lorsque perdus, un cycliste fera un bout de route avec nous pour nous ramener dans la bonne direction et nous offrira le diner; après avoir manqué le traversier, un pêcheur offrira de nous amener jusqu’à l’ile … Souvent ce qui semblait être une mésaventure n’est en fait qu’une épreuve du parcours à travers laquelle chacun passera et réalisera toute la richesse qu’il a en lui et la générosité des gens qui l’entourent.

Tout ne peut pas être planifié et tout ne doit pas l’être pour que la vraie vie soit possible. Les imprévus sont une part essentielle de la vie. Les accepter c’est commencer à lâcher prise et faire confiance. Ces impondérables sont l’épice parfumée qui donnent du piquant au voyage. Ils sont toutes ces anecdotes que l’on se plaira à raconter à notre retour, et qui resteront à jamais, nos plus beaux souvenirs de ce merveilleux périple. Ils nous permettent de mieux nous connaître et d’aller vers l’autre dans un contexte purement humain. Mais pour bien saisir ce que je dis, il faut se permettre de le vivre et l’expérimenter. Vous constaterez alors que « C’est lorsque la situation est à son pire que l’Homme est à son meilleur. » (Extrait du film Starman) Allez-y prenez une grande respiration et plongez! L’eau n’est pas aussi froide qu’elle en a l’air!Bottes et Vélo - Emblême

Brigitte Harouni

Comment trouver botte à son pied?

Lorsqu’on planifie un pèlerinage, plusieurs éléments sont à considérer. L’achat d’une paire de bottes ou de chaussures de randonnée est souvent nécessaire. Le pèlerin se déplaçant à pied, faire le bon choix de chaussures est essentiel à la qualité et au plaisir de sa longue marche. Mais comment s’y retrouver avec la multitude de produits offerts dans chaque boutique spécialisée?

Les pèlerins - bottesAvant de faire un choix ou même d’essayer différents modèles, il faut se poser quelques questions:

  • Quel poids vais-je porter sur mon dos? Plus je porte de poids, plus il me faudra assurer un support additionnel au niveau des chevilles.
  • Quelle distance ou combien de temps vais-je marcher? Plus la durée est grande, ou plus la distance est longue, plus les qualités du produit choisi sont déterminants en regard du confort et de l’efficacité dans mes déplacements.
  • Quel type de parcours vais-je faire? Le chemin sera-t-il plutôt escarpé? plat? rocailleux? asphalté? boueux?… Plus le parcours est accidenté, plus le support au pied est nécessaire tant pour consolider la cheville que pour assurer un bon l’équilibre, amoindrir les efforts des muscles du pied et le protéger des éventuelles blessures.

En fonction des réponses que vous avez données, sachez qu’en boutique l’ensemble des chaussures de randonnées que vous pourriez considérer pour votre pèlerinage se regroupent globalement en trois grandes catégories :IMG_1229-3

  1. La chaussure de marche. Aucun support à la cheville, semelle épaisse et cramponnée, généralement en tissu synthétique : idéale pour les courtes randonnées sur un parcours peu accidenté. Le revêtement permet une bonne aération du pied, mais n’est pas imperméable.
  2. La botte courte. Support léger à la cheville, semelle semi-rigide crantée, revêtement plus résistant synthétique ou en cuir : idéale pour les randonnées de plusieurs jours sur des parcours moyennement montagneux, avec un sac à dos d’environ 10 kg. Elle est plus rigide que la chaussure de marche, mais plus légère et souple que la botte haute, tout en offrant une très bonne stabilité au marcheur. Plus chère que la chaussure de marche, elle est cependant plus confortable et imperméable.
  3. La botte haute. Support renforci au niveau de la cheville, semelle rigide, renforcement latéraux, revêtement généralement en cuir : idéale pour la très longue randonnée sur des parcours accidentés et montagneux avec un poids de plus de 10kg sur les épaules. Durable, fiable, imperméable et confortable, cette botte, souvent coûteuse, est cependant plus lourde et plus chaude que celles des deux autres catégories. Mais elle saura assurer une stabilité de mouvement et un confort à l’effort pour le marcheur qui prévoit faire plusieurs kilomètres dans sa journée.

2014-08-06 10.46.16-2Maintenant que nous avons toutes nos informations, il est temps de passer en boutique et d’essayer des chaussures ou des bottes qui répondent aux besoins de l’utilisation que nous souhaitons en faire. Le critère principal pour arrêter votre choix est le confort! Pas la couleur, ni la marque, ni le prix! Essayez-en plusieurs. Quelques conseils lors de l’essayage :

  • Assurez-vous d’avoir de l’espace pour bouger vos orteils. Certains magasins ont aussi un plan incliné pour vérifier que vos orteils ne touchent pas le bout de la botte lorsque vous êtes dans une descente.
  • Assurez-vous que votre talon reste bien fixé au fond de la botte lorsque vous marchez. S’il y a frottement, il y a aura ampoules!
  • Assurez-vous qu’il n’y a pas de points de pression sur le pied ou des zones d’inconfort. Certaines boutiques vous offrent de mesurer la longueur et la largeur de votre pied pour trouver le bon mariage chaussure-pied.
  • N’hésitez pas à essayer une pointure plus grande, sachant que les pieds ont tendance à enfler en fin journée ou que vous porterez 2 paires de bas.

Amoureux du pèlerinageIl existe une grande variété de modèles dans une même catégorie, alors n’hésitez pas à en essayer pour trouver celui qui correspondra à la forme de votre pied. Votre chaussure devrait vous faire comme un gant 🙂 ! Elle devient une seconde peau.

Vos chaussures de randonnée sont la pièce d’équipement la plus importante de votre pèlerinage. Prenez le temps de bien les choisir et de marcher régulièrement de courtes distances pour les mettre à votre pied! Un bon choix sera garant du confort et du plaisir de marcher!Bottes et Vélo - Emblême

Brigitte Harouni

Les retombées économiques du pèlerinage

La première charité d’un village, c’est sa fontaine.
Gaston Bonheur

Nous abordons régulièrement le pèlerinage en traitant des multiples bienfaits qu’il procure à celui qui le vit. Puy-en-Velay - 2009Mais le pèlerinage peut aussi être une richesse pour une région, une ville ou un village qui se trouve sur ce chemin. Alors aujourd’hui, parlons chiffres, parlons épanouissement rural!

Plusieurs chemins de pèlerinage existent depuis plusieurs années, voire même depuis plusieurs siècles, et d’autres sont plus récents. Mais qu’est-ce qui fera la popularité d’un chemin? On parle ici de 15 à 120 millions de pèlerins sur certaines routes! Quels avantages a-t-on à développer ou à entretenir un tel parcours? Quels en sont les bienfaits pour les gens de la place, pour ceux qui accueillent et côtoient les pèlerins?

Compostelle - 2013Le comportement du pèlerin d’aujourd’hui s’apparente beaucoup au comportement d’un touriste. Celui qui décide d’aller marcher le chemin de Compostelle ne le fait plus forcément pour des motifs religieux. On retrouve bon nombre de pèlerins (55%) qui voyagent pour réaliser une démarche spirituelle ou personnelle, ou simplement pour le plaisir de vivre une expérience de vie. De ce fait, on constate ces dernières années un engouement grandissant pour ce type d’expérience. À titre d’exemple, sur le Camino Francès, en 1982, on décernait 120 compostelas; en 2005 : 94 000 compostelas; et les dernières statistiques annonçaient en 2013 : 215 000 compostelas. Le Canada est le 9e pays en importance représenté sur les chemins de Santiago. En 2013, plus de 2000 pèlerins canadiens rentraient dans la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle après plusieurs jours de marche.

La Voie-du-St-Laurent (2014) - Grande-ValléeRapidement, les résidents de ces chemins ont pu constater les avantages économiques de ce tourisme lent. Car contrairement aux voyageurs motorisés, le marcheur s’arrête dans chaque village et profite des services qu’il y trouve, favorisant ainsi, dans une région, l’épanouissement et le développement de tous et de chacun. Le voyageur motorisé aura tendance à ne s’arrêter que dans les lieux plus touristiques et mieux desservis, se contentant de passer rapidement au travers des autres villages qui croisent sa route. Le pèlerin, plus lent, se déplacera sur de courtes distances faisant plus d’arrêts. Chaque village traversé est une occasion de faire une pause, de casser la croûte, de faire des provisions, de prendre du repos, de profiter du voyage. Ce qui signifie, qu’il s’arrêtera dans plus d’épiceries, de cafés, de restaurants, d’auberges, de gites, de motels, de boutiques ou d’attraits touristiques. Ainsi, sur les populaires chemins de pèlerinage, grâce aux pèlerins, certains villages réussissent à conserver leur épicerie, leur restaurant, leurs petits commerces qui ne survivraient pas aux zones urbaines avoisinantes.

La Voie du St-Laurent (2014) - Baie-des-SablesAu Québec, bien que nous soyons de grands marcheurs et des passionnés de randonnée, la formule « pèlerinage » est encore très peu développée. Je ne vous parle pas ici de partir avec un sac à dos de 50 livres avec tout le matériel de survie pour marcher à travers bois. Je parle de marcher de village en village, à la rencontre de l’autre, avec l’essentiel sur le dos, sachant que la route m’accompagnera dans ma démarche. Bottes et Vélo souhaite voir fleurir la pratique du pèlerinage au Québec pour permettre à notre belle province de conserver ses petits coins de paradis aux allures d’antan. La Voie du St-Laurent (2014) - Cap-ChatMais pour y parvenir il nous faut harmoniser l’offre et la demande. Marcher la Voie du Saint-Laurent, et terminer en traversant les villages de Gaspésie, est une expérience indescriptible! Mais le chemin est encore jeune, et il ne prendra naissance qu’avec la volonté de chacun et la conviction que les pèlerins et les villageois font équipe dans ce projet pour en retirer, chacun à sa façon, les bienfaits et les avantages. Au Québec, on ne retrouve que 54 hébergements de type pèlerin (tarif économique/dortoirs/commodités) sur les 6166 hébergements offerts (n’incluant pas les campings). La Voie du St-Laurent (2014) - Ste-Anne-des-MontsDe plus, certains villages n’ont même plus d’épicerie, ou de café-bistrot. Faire naître le pèlerinage, c’est faire renaître la vie sur le chemin.

Tout le long de notre route gaspésienne, nous avons échangé avec des gens qui partageaient avec nous leur désir de tracer un chemin qui relierait les villages. Un chemin qui serait rassembleur et profiteraient autant aux voyageurs qu’aux résidents. Mais en attendant la naissance de ce tracé, nous, pèlerins, retournerons marcher la Gaspésie cet été, car bien que la route forme le pèlerin, c’est le pèlerin qui fait la route.Bottes et Vélo - Emblême

Brigitte Harouni

Prochain déjeuner-causerie de Bottes et Vélo : 21 février

21 FÉVRIER, 9h30 : DÉJEUNER-CAUSERIE de Bottes et Vélo
Le poids que je porte : bien faire son sac à dos.

Pub déjeuner-causerie févrierIl est déjà temps de penser s’inscrire pour le prochain déjeuner-causerie de Bottes et Vélo.

Lors de ce déjeuner-causerie nous vous proposons de réfléchir ensemble sur le thème: Le poids que je porte : bien faire son sac à dos. Une causerie qui vous permettra

  • de voir concrètement le contenu d’un sac à dos pèlerin
  • de découvrir des petits trucs pour l’emballage et garder ses effets au sec
  • d’entrer dans la réflexion sur la symbolique du sac à dos
  • de poser toutes vos questions

Ceci, bien entendu, autour d’un bon petit-déjeuner (buffet-continental)! Une autre belle façon de découvrir le pèlerinage et d’aller plus loin!

Les déjeuners-causerie se tiennent au 50 rue Principale, à St-Michel-de-Bellechasse.
Coût:15$/pers.

Pour vous inscrire, cliquez sur le lien suivant: Les déjeuners-causerie de Bottes et Vélo.

Bienvenue à tous et toutes!Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté et Brigitte Harouni

S’équiper sans se ruiner ou le pèlerin enfirouapé

2014-07-31 12.43.13Polémique autour de l’équipement de pèlerin ultrasophistiqué. J’en ai plus qu’assez d’entendre dire qu’un pèlerin s’est fait arnaquer de 1500$ ou même 2000$, sans les bottes, pour vivre l’expérience d’un pèlerinage! C’est complètement aberrant qu’une chose comme celle-ci puisse se produire. Et pourtant, je l’ai entendu plus d’une fois.

Le pèlerinage n’entre pas du tout dans cette logique mercantile de surconsommation. Il entre dans l’esprit du dépouillement et de la simplicité. Mais la simplicité à 2000$ ne me semble pas si simple que cela! Surtout, elle me semble incohérente! Cette démesure face à un mode de vie qui ne s’accorde pas avec l’excès me pousse à l’indignation la plus basse. J’en serais prêt de crier à l’abus si ce n’était que bien souvent, le pèlerin accepte de se laisser « enfirouaper ». Par innocence, par inexpérience, par insécurité, le pèlerin se laisse séduire par des besoins qui dépassent la réalité du pèlerinage. Ne vous laissez pas prendre par tous ces beaux parleurs qui désirent vous vendre cette prétendue « meilleure qualité » à un prix tout aussi élevé. Il est possible de s’équiper comme pèlerin pour beaucoup moins cher que certains vous l’ont laissé croire. D’autant plus qu’après avoir fait l’exercice de magasiner l’équipement en surfant sur le net, vous découvrirez qu’il y a mesure et démesure dans ce domaine. Et pour bien mesurer la chose, je me suis permis de réviser le budget que je vous proposais l’an dernier.

Vélo et bagagesSi vous vous souvenez, dans les articles suivants : Qu’as-tu mis dans ton sac à dos? et Établir un budget pour un pèlerinage de longue randonnée au Québec , je dénonçais déjà les ventes excessives de certains commerçants en vous disant qu’il était possible pour celui ou celle qui ne possède rien, de se procurer tout le nécessaire pour environ 1000$ ou moins si l’on empruntait quelques trucs çà et là. Eh bien, figurez-vous que je me suis trompé! Il est possible de s’équiper avec du matériel neuf, de qualité, incluant les bottes, pour moins de 500$! En cliquant sur ce lien vous trouverez une liste d’achat où vous pourrez constater que nous sommes arrivés à équiper un pèlerin de la tête au pied pour 410,48$! Liste équipement pèlerin – achats

L’an dernier, alors que j’écrivais l’article sur le budget du pèlerin, je ne connaissais pas toutes les possibilités d’achats en ligne. Mais depuis, on m’a parlé de quelques sites et je suis tombé en bas de ma chaise en voyant les différences de prix. Jusqu’à 80% moins cher qu’en magasin! Nous avons donc fait l’expérience de quelques achats, pour vérifier la qualité du matériel proposé, et nous avons été agréablement surpris. Nous avons trouvé des sacs à dos, des bâtons de marche, des « camel back », des sacs de couchage, des bas, des imperméable, des sacoches de vélo, etc.; le tout pour une fraction du prix et fabriqué, dans bien des cas, par des compagnies renommées.

Si vous désirez tenter l’expérience, voici quatre de ces sites qui s’avèrent intéressants pour les achats en ligne : Dhgate.com, Aliexpress.com, Alibaba.com et DinoDirect.com. Chacun de ces sites vous offriront des plateformes similaires où il est assez aisé de faire des recherches et, dans l’ensemble, vous pourrez constater que les prix se ressemblent. Côté service, ils offrent tous un « chat » en ligne pour répondre à nos questions. Un service qui est cependant offert uniquement en anglais, bien que leurs sites soient tous traduits en français. Un seul d’entre eux bénéficie d’une traduction plutôt boiteuse et c’est Dinodirect. 2014-07-17 16.29.03Malgré cela, pour ceux qui se débrouillent bien en anglais, le site est tout de même bien conçu. Bien entendu, il existe d’autres sites, seulement, ceux-ci nous sont apparus les plus intéressants du point de vue « sport de plein-air ».

De notre côté, c’est vers Aliexpress que nous nous sommes tournés pour expérimenter l’achat en ligne. Nous avons commandé : un sac à dos de 50 litres pour 55$, des bâtons de marche pour 15$, des bas de randonnées pour 5$ et un sac de couchage compressible et léger pour 35$. Bien entendu, ce ne sont pas des marques connues, mais je ne magasine pas une marque. Je veux simplement un outil de qualité qui fera le travail et j’ai pu trouver ce que je voulais. De plus, sans les avoir achetés, nous avons également trouvé des bottes de randonnée Merrell, entièrement en cuir avec semelle Vibram, pour 90$! Par ailleurs, côté vêtement, vous trouverez tout ce que vous voulez, dans des matériaux de qualité, à des prix dérisoires. Prenez le temps de visiter ces sites, vous ferez des découvertes incroyables!2014-07-23 08.36.54

Néanmoins, avant de vous lancer dans l’achat de matériel, Bottes et Vélo vous propose quelques repères à garder en tête afin de rester dans l’esprit du pèlerinage. Voici donc quelques conseils et astuces pour tous ceux et celles qui aimeraient réfléchir et budgéter leur projet de pèlerinage sans se faire « enfirouaper » :

  1. On ne s’achète pas un look pour aller en pèlerinage, ni une assurance tout risque! Le look, on s’en fiche après deux jours et le risque fait partie de l’expérience. Sortir de chez soi, c’est prendre un risque! L’éviter, c’est passer à côté de ce que nous voulions vivre : c’est-à-dire se désencrasser et sortir de sa zone de confort pour se découvrir autrement, pleinement vivant. Vous ne pourrez donc pas tout planifier.
  2. Se rappeler l’objectif de cette démarche : était-il de performer, paraître ou vivre une expérience transformatrice? Rappelez-vous que le pèlerinage est centré sur l’être et non sur le matériel.
  3. Regardez la réalité de ce que vous entreprenez : allez-vous escalader le Kilimandjaro, faire le Tour de France ou déambuler sur un sentier, une route de campagne?
  4. Réfléchissez sur le nombre de fois que vous avez l’intention de revivre l’expérience : 2000$ qui dormiront dans le placard au retour me semble un bien mauvais investissement…
  5. Cessez d’avoir peur. Vous n’allez que marcher, ou faire du vélo, comme vous le faites habituellement. Seulement, cette fois-ci, vous allez le faire tous les jours pendant 15, 20 ou 30 jours. Vous n’avez pas besoin d’un équipement plus sophistiqué qu’à l’accoutumé. Vous avez besoin d’être bien et confortable.
  6. Avant d’acheter quoi que ce soit en ligne, pour vous rassurer, prenez en note la marque, le modèle, imprimez une photo et trouvez le même produit en magasin, ou quelque chose de similaire. Vous aurez ainsi la possibilité de le tenir entre vos mains, de l’essayer et de voir si ce produit vous satisfait.
  7. Lorsque vous choisirez le produit dont vous avez besoin, assurez-vous que la livraison est gratuite. La plupart des marchandises sont expédiées gratuitement.
  8. Prenez le temps de vérifier les mesures des vêtements. Les commerçants en ligne vous indiquent, pour chaque produit, les détails pour vous assurer d’acheter le bon format.
  9. Les boutiques en ligne offrent des garanties elles aussi. Vérifiez les conditions de celles-ci. Dans plusieurs cas, si le matériel acheté ne vous convient pas, vous pourrez le retourner et vous faire rembourser. Ceci, même si l’achat est fait à l’étranger.
  10. Soyez patient et vous ferez de réelles économies. Souvent le temps de livraison et long, mais votre patience sera récompensée : le sac à dos que vous auriez payé 250$ en magasin ne vous coûtera que 50$ en ligne!
  11. Rappelez-vous que le partage et l’échange de matériel de pèlerinage demeure la solution la plus économique. L’entraide et la coopération gratuite sont les expériences les plus enrichissantes que vivra tout pèlerin sur sa route.

En terminant, gardez toujours en tête que vous allez vivre un pèlerinage avec tout ce qu’implique cette démarche. Prenez plus de temps pour méditer l’expérience, que pour magasiner un matériel à la fine pointe de la technologie. Ce n’est pas à titre de sportif professionnel que vous le faites, mais en toute simplicité. Faites-vous confiance aussi. Vous ferez certainement quelques erreurs, quelques oublis. Ce n’est pas grave! Tout cela fait partie de l’exercice.2014-08-07 11.50.33

Bien entendu, on peut s’équiper à la fine pointe de la technologie, on peut faire transporter ses bagages ou avoir un transport qui nous attend à chaque détour, prendre des pilules pour ne pas sentir la douleur et continuer de performer, mais ce ne serait plus dans l’esprit du pèlerinage. Ce ne serait plus l’exercice spirituel auquel nous prétendions, celui qui nous met à l’écoute de notre corps et au diapason de notre environnement. Faire un pèlerinage c’est d’abord et avant tout une démarche de transformation intérieure visant l’équilibre, sans excès, sans démesure. Se mettre en route, c’est accepter d’être confronté à ses vulnérabilités pour que puisse se vivre l’alchimie de l’être : celle qui fait jaillir le meilleur de nous-mêmes. Ne vous laissez pas enfirouaper! 😉

Bonne route!Bottes et Vélo - Emblême
Éric Laliberté

N’oubliez pas qu’il est encore temps de s’inscrire au déjeuner-causerie du 24 janvier qui porte sur ce thème. Pour s’inscrire, cliquez sur ce lien : Déjeuners-causerie

24 janvier: Premier déjeuner-causerie

24 JANVIER, 9h30 : DÉJEUNER-CAUSERIE de Bottes et Vélo
Magasiner son équipement de pèlerin sans se ruiner?

Les déjeuners-causerie de Bottes et VéloNous vous rappelons qu’il est temps de s’inscrire pour les déjeuners-causerie de Bottes et Vélo.

Le premier aura lieu samedi, 24 janvier, à 9h30, au 50 rue Principale, à St-Michel-de-Bellechasse. (15$/pers.)

Ce premier déjeuner-causerie aura pour thème: Magasiner son équipement de pèlerin sans se ruiner. Lors de cette causerie, vous trouverez: des conseils sur le choix de l’équipement, des recommandations, quelques exercices dans l’esprit de la démarche du pèlerin et pourrez participer à une réflexion sur le sens de cette démarche. Ceci, en plus de profiter d’un bon petit-déjeuner (buffet-continental)! Une belle façon de découvrir le pèlerinage et d’aller plus loin!

Pour vous inscrire, cliquez sur le lien suivant: Les déjeuners-causerie de Bottes et Vélo.

Bienvenue à tous et toutes!Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté et Brigitte Harouni

La marche de santé

Un homme qui ne marche pas ne laisse pas de traces.
Georges Wolinski

IMG_0987 « On s’en va prendre une marche! » : c’était la boutade qu’on se lançait sur le chemin de Compostelle. Alors qu’on s’apprêtait à s’enfiler un 25-30 kilomètres pour la énième journée, nous trouvions bien drôle de ramener cette expérience à une simple balade. Et pourtant! Cette boutade exprimait très bien l’essentiel de notre entreprise : nous allions marcher, rien de plus. Ce n’était pas une activité qui demandait une habileté physique particulière, ni un sport extrême, ça ne demandait même pas un entraînement particulier! Nous allions simplement poser un pied devant l’autre comme nous le faisons chaque jour depuis que nous sommes en mesure de le faire.

Le poisson nage. L’oiseau vole. L’être humain marche. C’est la chose qui nous vienne le plus naturellement… quand notre corps nous le permet. Mais, savons-nous réellement à quel point l’intégration de la marche dans notre quotidien peut avoir un effet bénéfique sur notre santé? Combien elle vaut plus que bon nombre de sports pratiqués avec force et intensité ? Et qu’elle procurera les mêmes effets escomptés?

Les bienfaits de la marche

Meilleure condition physique

IMG_1110-1La marche ne nécessite aucune habileté particulière. Elle est accessible à tous et il suffit qu’on la pratique avec la moindre assiduité pour que l’on remarque, en quelques jours à peine, que notre condition physique est transformée. S’accorder le temps d’une marche quotidienne de 30 minutes par jour est le point de départ pour observer des changements manifestes à plus d’un niveau dans notre vie. À compter de 8 heures par semaine, on peut dire que vous avez atteint une hygiène de vie des plus intéressantes. C’est tout votre tonus musculaire qui en sera affecté et peut-être même plus selon le type de marche que vous pratiquerez.

Meilleur contrôle du poids
À peine 30 minutes par jour et vous pourrez déjà observer une meilleure digestion et un contrôle du poids plus aisé. Avec une heure de marche par jour, si vous êtes en surplus de poids, vous devriez constater une perte de poids à long terme. Bien entendu, selon le type de marche que vous pratiquerez cette perte de poids sera plus ou moins grande.

Meilleure oxygénation

Sans vous en rendre compte, la marche vous incitera à une respiration plus profonde qui aura plusieurs effets bénéfiques sur tout votre corps. Une meilleure oxygénation signifie plus d’énergie pour accomplir sa journée et la nuit venue un sommeil réparateur.

Meilleur état d’esprit2009 - Compostelle et Barcelone 452
Une meilleure respiration aura un heureux impact sur votre état d’esprit. De profondes respirations contribuent à maintenir un état plus calme, plus serein, en plus de générer un sentiment de bien-être et de réduire le stress. À bien respirer, c’est tout notre corps qui se sent mieux.

Meilleure immunisation

Tous ces bienfaits combinés auront un effet direct sur votre santé. À long terme, vous pourrez observer que votre corps est plus résistant et qu’il se remet plus facilement des petites maladies hivernales.

Les bienfaits : témoignages personnelles de pèlerins
Plusieurs pèlerins ont pu expérimenter les bienfaits de la marche sur l’état de santé en général ou encore sur leur humeur. Malgré la difficulté physique de l’expérience, notre corps se fortifie, on se sent mieux, plus serein, plus joyeux. Tout le monde vous le dira : sur le Camino la bonne humeur est au rendez-vous! Voici donc trois témoignages, dont le mien, observés lors de différents pèlerinages.2009 - Compostelle et Barcelone 478

Sur la Voix Du St-Laurent, une dame ayant une longue expérience de la marche me racontait comment elle arrivait à atténuer les symptômes de la fibromyalgie dont elle souffrait en pratiquant 3 heures de marche par jour. Elle me disait être convaincue que si elle ne pratiquait pas cette marche quotidienne, sa qualité de vie en serait drôlement affectée.
Plusieurs pèlerins diabétiques, rencontrés lors de différents parcours sur le Chemin de Compostelle, m’ont dit parvenir à un meilleur contrôle de leur diabète depuis qu’ils marchaient régulièrement. Certains allant même jusqu’à affirmer ne plus avoir besoin de médication dans ce contexte.

2014-07-21 12.18.44Pour ma part, juste avant d’entreprendre mon premier pèlerinage, mon médecin me disait que j’allais devoir surveiller mon taux de cholestérol. De ce premier pèlerinage, je suis revenu avec 14 kg en moins et plus aucune trace de cholestérol. Dernièrement, je rendais visite à mon médecin et celui-ci me disait encore que j’avais un taux de cholestérol à rendre jaloux. Depuis 2007, tous les ans, je fais un pèlerinage de 15 à 30 jours à pieds ou à vélo.

Comme vous pouvez le constater, les bienfaits sont nombreux et l’impact positif peut parfois être époustouflant pour un exercice aussi simple et facile d’accès. Tout le monde y trouvera son compte, peu importe votre âge!

Quelques types de marche
En terminant, voici quelques types de marche que nous pouvons pratiquer pour bénéficier de ces effets.

Tout d’abord, la marche standard. La marche standard est celle que nous pratiquons habituellement. Sa vitesse de croisière est d’environ 4 km/h. Lors d’un pèlerinage de longue randonnée, c’est le rythme qui convient le mieux au début. Mais, lentement, sans vous rendre compte, ce rythme augmentera au fil des semaines pour atteindre environ 6 km/h et vous n’aurez même pas l’impression d’aller plus vite. C’est ce qui est étonnant.

La marche rapide se pratique à un rythme variant entre 6 et 8 km/h. Je ne la recommande pas pour un pèlerinage de grande randonnée mais, dans un contexte quotidien, elle vous sera bénéfique. Certains la recommandent même davantage que le jogging, si vous cherchez une alternative.

2014-07-29 10.06.20

Pour ma part, ma préférence va pour la marche nordique. La marche nordique se pratique avec les bâtons de marche et a pour avantage de mettre à profit un plus grand nombre de muscles. Lorsque pratiquer de manière adéquate, c’est-à-dire en appuyant fermement sur les bâtons, c’est 25% de votre poids qui sera porté par le haut de votre corps. Lors de pèlerinages de longue randonnée, ce type de marche est fortement recommandé.

Finalement, la marche afghane est un autre type de marche qui permet de rendre l’expérience de la marche encore plus bénéfique. Inspiré d’une technique observé chez les nomades afghans, celle-ci allie technique de respiration et activité physique. Elle contribue à développer une meilleure endurance et une meilleure oxygénation ceci, en plus de réduire le stress.

Comme vous le voyez, prendre le temps de marcher est une merveilleuse entrée en matière pour entreprendre un virage important dans nos habitudes de vie. Un virage tout en douceur, sans tout brusquer. Marcher ouvre un espace de vie. C’est prendre le temps d’être présent. C’est cesser de courir pour mieux respirer. Marcher permet de s’éveiller à tout un monde de lenteur que nous n’aurions pas perçu autrement. C’est prendre le temps d’être avec soi. C’est prendre le temps de penser, de rebâtir son monde. N’hésitez pas, tentez l’expérience – à long terme – et vous serez le prochain ou la prochaine à pouvoir témoigner des bienfaits de la marche. D’ailleurs, nous vous invitons à nous partager votre expérience à la suite de cet article.

Bonne randonnée!Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté

Références et suggestions de lectures :

Pour découvrir d’autres ouvrages à ce sujet, consultez la librairie du pèlerin sur le site de Bottes et Vélo: http://bottesetvelo.com/bottes-et-velo-librairie

Le confort du Camino québécois

2014-07-17 14.02.46Un jour ou l’autre il faudra bien en finir avec les comparaisons entre le pèlerinage québécois et Compostelle! D’ici là, cependant, il faudra en avoir fait le tour pour pouvoir s’en libérer. Comme Brigitte l’écrivait la semaine dernière, chaque pèlerinage a sa propre couleur et Compostelle n’est pas Québécois. Ce qu’il faut retenir par contre, c’est que Compostelle est très certainement une référence en matière de pèlerinage. Il est en ce moment le chemin le plus fréquenté et nous avons tout avantage à nous servir de cette expérience pour baliser et qualifier celle du pèlerinage de la Voie du St-Laurent; et ceci vaut pour tous les pèlerinages nord-américains. Aujourd’hui, nous nous attarderons donc à la question de l’hébergement le long du St-Laurent.

L’hébergement pèlerin, tel que plusieurs d’entre nous l’ont connu sur le Camino, n’existe pas au Québec. Sur le Camino Frances, la voie la plus fréquentée de Compostelle, on y retrouve généralement un hébergement de qualité, du type auberge de jeunesse, tous les 5 à 10 km. Rarement plus de 15 km. Développer cette fréquence d’hébergement pèlerin au Québec rendrait très certainement le pèlerinage en terre d’Amérique plus intéressant mais, l’expérience n’en demeure pas moins confortable pour autant! Au contraire!

2014-07-22 13.00.03Lors de notre périple de cet été, nous avons séjourné dans de magnifiques auberges, gîtes ou cabines, et le camping s’est avéré un choix plutôt qu’une nécessité. Notre pèlerinage s’est donc révélé aussi confortable que Compostelle puisse l’être. Le problème avec l’hébergement sur les chemins de pèlerinage, ce n’est pas seulement d’en trouver un qui soit confortable, mais un qui soit abordable (Ici, question tarifs, je crois que l’on peut comparer la Voie du St-Laurent avec les hébergements des voies françaises de Compostelle) et d’avoir du choix sur une distance qui soit respectable. Par bonheur, la Voie du St-Laurent répond à ces deux critères et pourrait même avoir un avantage sur le Chemin de Compostelle!

Tout au long de la Voie du St-Laurent, 5 types d’hébergement s’offrent à nous: 1) le gîte du passant (bed and breakfast), 2) le motel ou les cabines, 3) les résidences étudiantes, 4) les auberges de jeunesse et 5) le camping.

1) Le gîte du passant ou « Bed and Breakfast »

Les gîtes du passant ont été notre choix de derniers recours. Étant le plus dispendieux des hébergements, nous n’avons pas abusé de cette solution sinon notre pèlerinage serait rapidement devenu hors de prix. Cet hébergement, cependant, a l’avantage d’être toujours de qualité, d’inclure le petit-déjeuner dans son tarif et ne requiert pas de sac de couchage. Pour le pèlerin qui cherche toujours à réduire le poids de son sac à dos, c’est un sérieux avantage!
Pour ce qui est du prix, ceux-ci varient entre 80$ et 100$ la nuitée pour deux personnes. C’est du moins la limite de prix que nous nous autorisions. Il est évidemment possible de trouver de nombreux gîtes au-delà de ce prix.

2) Le motel ou les cabines

Les motels ou cabines sont très présents tout au long de la voie du St-Laurent. Ils fonctionnent tous les deux sur le même principe et demandent à peu près les mêmes tarifs. La cabine a cependant l’avantage d’offrir une cuisinette, ce qui permet une économie non-négligeable. Un service que l’on pourra trouver occasionnellement dans certains motels. Côté qualité, on peut s’attendre à un peu de tout. Généralement, ces hébergements offrent un espace simple, parfois rustique, mais qui convient très bien pour une nuit de repos. Mais, cela dépend aussi de votre degré de tolérance… Un degré qui varie selon la fatigue éprouvée! Néanmoins, vous aurez toujours la possibilité de visiter l’endroit avant de le louer. Les tarifs pour ce type d’hébergement varient entre 45$ et 75$, pour deux personnes. Un tarif qui ressemble beaucoup au tarif des hébergements pèlerin en France. Avantage sur Compostelle : la plupart d’entre eux offrent le Wifi gratuit et, ici aussi, pas besoin de sac de couchage.

3) Les résidences étudiantes

Les résidences étudiantes font partie de nos coups de cœur, tout comme les auberges de jeunesse. Du côté de l’Ontario, elles sont encore mieux qu’au Québec, même si celles du Québec font parfaitement l’affaire.
Toujours situées dans le quartier latin des grandes villes, elles sont à proximité de tous les services et des points d’intérêts. Facile d’accès, propre, offrant la literie, un espace cuisine, un salon communautaire, une buanderie et l’accès Wifi gratuit, la résidence étudiante est un hébergement de qualité à tarif pèlerin. Un tarif qui varie entre 45$ et 65$ pour deux personnes, taxes comprises.

4) Les auberges de jeunesse

L’auberge de jeunesse est sans aucun doute l’hébergement qui ressemble le plus à l’albergue espagnole de par sa convivialité et son côté internationale. Chaleureuses et accueillantes, chacune d’entre elles nous a offert la chance de prendre un repas avec des gens provenant des quatre coins du monde. Des gens de tous les âges qui partagent tous un goût pour l’aventure et la découverte. Point de vue services, les auberges de jeunesse offrent sensiblement les mêmes que les résidences étudiantes. Il s’agit cependant d’un hébergement en dortoir mais, en déboursant un peu plus, vous pouvez avoir une chambre privée. Les tarifs en dortoir varient entre 25$ et 35$ par personne, taxes comprises, et inclus parfois le petit-déjeuner. Ici aussi, vous bénéficierez d’un accès Wifi gratuit et de la literie.

5) Le camping

Le camping n’est absolument pas nécessaire pour le pèlerin cycliste sur tout le parcours de la Voie du St-Laurent, de Niagara Falls à Percé. Pour le pèlerin randonneur, entre Montréal et Percé, il ne sera pas nécessaire non plus. (De Niagara Falls à Montréal, nous vous recommandions lors de notre premier bilan (1) de faire le parcours à vélo et non à pied; les distances étant trop souvent de plus de 40 km entre deux hébergements potentiels.) Ceci dit, ceux et celles qui voudront rendre l’expérience plus nature, ou encore plus économique, trouveront des campings partout et à des tarifs beaucoup moindre au Québec qu’en Ontario. En Ontario, les tarifs varient entre 35$ et 45$ pour un terrain sans service. Au Québec, il vous en coûtera entre 20$ et 35$ pour un terrain semblable. Hormis le tarif qui diffère, vous trouverez des campings de même qualité dans les deux provinces.
2014-08-10 19.54.10Au départ, nous avions cru que le camping serait une solution à l’hébergement pèlerin mais, s’il en est une, elle est seulement et purement économique. Il n’est donc pas nécessaire de s’alourdir le sac à dos d’une tente et d’un matelas de sol comme je l’ai fait! Les rares occasions où nous avons fait du camping étant par choix, jamais par nécessité.

Ce qu’il faudra retenir du pèlerinage le long du St-Laurent : c’est qu’il est possible de se lancer sur les rives du fleuve aux grandes eaux en ayant l’assurance de trouver un hébergement abordable et confortable tout le long du parcours (environ 30$/nuitée/personne); c’est-à-dire un hébergement équivalent à ce que l’on pourrait trouver sur le chemin du Puy-en-Velay ou de Vézelay. Que certaines sections nous offrent même de l’hébergement tous les 7 ou 8 km, rarement avons-nous marché 20 ou 25 km avant de croiser un hébergement, une seule fois 30 km. Et, enfin, qu’il est possible de le faire sans avoir à s’encombrer d’un sac de couchage! Avantage que Compostelle n’a pas! 😉Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté

(1) Voir sur la chaîne youtube de Bottes et Vélo, le vidéo intitulé : Bottes et Vélo – La Voie du St-Laurent – Bilan 1 (Ontario).