À trop se préparer – on finit par oublier l’essentiel!

La vie c’est-ce qui se passe pendant qu’on est occupé à planifier autre chose.
John Lennon.
Quoi de plus normal que d’être bien préparé pour passer un examen ou être reçu en entrevue? Rien de plus légitime que de vouloir visiter la maison avant de l’acheter, n’est-ce pas? Se préparer à vivre un changement, à vivre dans un contexte différent : faire un voyage, changer d’emploi, déménager ou prendre sa retraite, demande une certaine préparation. Mais serions-nous trop prévoyant? Aurions-nous peur des hasards de la vie?

Tous ces réaménagements de vie, qu’ils soient de courtes ou de longues durées, nous amènent à nous questionner : Où irai-je et quand? Que ferai-je? Comment m’y prendrai-je? Avec quoi? Avec qui?Bottes et Vélo Il est sain de vouloir se préparer à affronter l’inconnu. Mais, l’inconnu, demeurera toujours inconnu tant et aussi longtemps que nous n’y serons pas et que nous ne l’aurons pas vécu. Notre manière de nous y préparer parlera de nos insécurités… ou de nos insouciances. Sombrez dans l’insouciance extrême et vous risquez de vous retrouver en bermudas au pôle nord! Néanmoins, à trop se préparer, à vouloir tout prévoir – même l’imprévisible – on finit par passer à côté de quelque chose : on finit par enlever toute saveur à la vie.

Pourtant ce qui nous attirait au départ, c’était le goût de la découverte, de l’aventure, de se laisser émerveiller, de quitter son chez soi pour entrer dans l’inconnu. Il y a quelque chose en moi qui désire s’ouvrir à un espace neuf, une culture et des coutumes différentes, de nouvelles saveurs, de nouvelles odeurs. Quelque chose qui est prêt à se laisser déplacer hors de son confort et de son monde connu, et abandonner pour quelques temps son pot de beurre d’arachides. Prêt à entrer dans l’inconfort de la nouveauté…

Bottes et Vélo - La Voie du St-LaurentL’enseignement du voyage se situe hors du prévu, hors des sentiers connus. Le choc du voyage est nécessaire pour un réel apprentissage, pour une réelle transformation. Tous les pèlerins-randonneurs vous le diront : c’est dans l’imprévisible que la vie est la plus généreuse. Mais, comment entrer dans l’imprévisible sans tomber dans l’insouciance? Comment prévoir sans devenir pusillanime, sans manquer d’audace?

Voyager sous le couvert d’une armure, d’une assurance tout-risque; en conservant toutes ses petites habitudes de vie, en refusant le moindre inconfort, c’est un peu voyager en regardant la télé : aucun contact avec la réalité, protégé de tout. C’est regarder le canal Découverte bien installé dans le confort de son salon, un pot de beurre d’arachide à porter de main. Quand on y songe, voyager dans la prévoyance, c’est un peu refuser de se laisser toucher, déranger, provoquer par la vie. C’est mener sa vie comme on gère un scénario de film : chaque scène y est prévue. La déception du voyageur viendra souvent de cette manière de voyager, son séjour ne correspondra que très rarement au scénario qu’il avait planifié. Pendant que je prévois l’imprévisible, la vie se poursuit sans se soucier que je puisse croire la contrôler… Et c’est là que le plus important se joue!

Le pèlerin voyage mieux le cœur léger, sans attente. Et s’il en a, il les abandonnera rapidement. Sinon, c’est qu’il n’est jamais devenu pèlerin. Il n’est jamais devenu l’instrument qui se laisse traverser par l’expérience du pèlerinage, l’appel du sanctuaire.

Le pèlerin bien préparé, partira tel qu’il est, selon ce qu’il croit juste.Bottes et Vélo Par l’expérience du chemin, il se laissera dépouiller de ses surplus et de ses insécurités. Cependant, c’est parce qu’il aura eu ce surplus dans son sac à dos qu’il aura pu apprendre sur lui-même. Qu’il aura pu questionner le trop-plein de sa vie, ses attachements, ses peurs et ses insécurités. C’est parce qu’il aura, peut-être…, fait des ampoules aux pieds qu’il aura pu réfléchir sur sa manière d’être à la vie, de s’y presser, d’y vivre toujours dans l’urgence.  Celui qui est parti en prévoyant même l’imprévisible, passe à côté de tous ces enseignements. Il passe à côté de belles occasions de s’observer et de s’ouvrir à la vie. À agir ainsi, il n’est peut-être jamais parti en réalité. Voyageur immobile…

Molière écrivait : « Je hais ces cœurs pusillanimes qui, pour trop prévoir les suites des choses, n’osent rien entreprendre. » Celui qui se lance avec authenticité dans l’aventure du pèlerinage, qui se laisse déplacer intérieurement, celui-là aura à tout le moins l’audace de vivre.Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté

La famille du chemin

Ce n’est pas tant le chant qui est sacré, c’est le lien qu’il crée entre les êtres.
Philippe Barraqué
Je me rappelle ce pèlerin allemand avec qui j’ai marché en 2009. C’était sur le chemin du Puy-en-Velay. Il s’appelait Reinhald. Il portait un t-shirt sur lequel on pouvait lire l’épitaphe de Kazantzakis : « Je n’espère rien. Je ne crains rien. Je suis libre. » Je l’ai aimé tout de suite. Il parlait peu,  souriait beaucoup et s’accommodait de tout. Nous pouvions marcher des heures ensemble sans dire un mot et nous étions bien comme ça.

Chemin Kamouraska - 2016Sur ce chemin, nous formions un petit groupe. Nous étions sept et nous nous retrouvions régulièrement sur la route. Parfois pour parler, souvent en silence, ou simplement pour échanger quelques regards complices. Comme il était bon, en cette terre étrangère, de partager la présence amicale et rassurante de l’autre.

Après quelques jours de marche,  ces visages croisés chaque jour nous devenaient familier. On se connaissait à peine et nous pouvions compter les uns sur les autres. Une présence qui allait bien au-delà des mots. On marchait côte-à-côte, parfois avec distance, mais on finissait toujours par s’attendre à un croisement, à l’entrée d’un village. Quand certains jours étaient plus moroses, on faisait route avec celui ou celle qui avait le moral à plat. S’il nous manquait quelque chose, il y avait toujours quelqu’un pour nous tendre la main. Ainsi réunis, nous grandissions en confiance.

Les jours passaient et une certaine intimité s’installait. Vint un moment où, en fin de journée, nous prenions soin de nos pieds mutuellement, nous faisions la lessive ensemble et nous préparions nos repas en commun. Cette familiarité, cette aisance, tout cela en quelques jours à peine, et entre de purs étrangers. Il y avait de quoi s’étonner!

Reinhald - Chemin du Puy-en-Velay - 2009Le soir, rassemblés autour de la table, nous sirotions un dernier verre de vin en nous racontant nos vies, nos rêves et nos désespoirs. C’est là que Reinhald nous rappelait en souriant: « La famille du chemin! » Il prononçait ces paroles en nous touchant du regard les uns après les autres. Comme s’il voulait marquer l’instant, le lien. Surtout la force du lien.

La famille du chemin… En si peu de temps les liens créés étaient si fort que c’en était déconcertant. Des liens solides se bâtissaient même au-delà des barrières de la langue. Après quelques jours, on parlait de famille élargie tellement nous étions nombreux à nous reconnaître. On avait l’impression d’un village entier qui migrait. Un village aux allures gauloises, avec sa bonhomie, ses rires et ses éclats, ses colères et ses emportements. Il y avait de tout sur ce chemin, du simple pèlerin-randonneur à l’illuminé. Toutefois, tout le monde y trouvait sa place et s’y sentait accueilli. Et c’est très certainement là toute la puissance des caminos de ce monde!  Ils sont des routes sans frontières, sans barrières, sans exigences; en marge d’un monde de règles et de convenances. Sur ce chemin, nous marchions librement et ensemble.

Le chemin de pèlerinage n’attend rien de nous. Il est un lieu où l’on trouve la possibilité d’être soi-même, sans artifice. Camino Frances - 2013Il est le plaisir d’être ensemble, de se retrouver dans un sentiment de confiance et d’appartenance. Il nous permet de retisser ces liens qui se sont effrités dans notre société divisée. Le chemin de pèlerinage redonne espoir dans un monde qui peut vivre uni, malgré tout. Il redonne confiance en notre humanité et la rend plus belle.

C’est alors que le sanctuaire se dessine peu à peu à l’horizon…Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté

Où allais-tu en marchant si longtemps?

Sans destination, il n’est pas de destinée.
Abbé de Rancé
Où allais-tu en marchant si longtemps? Étais-tu en quête d’espace, alors que ta vie devenait trop étroite? Étais-tu en quête de lenteur, alors que ta vie allait trop vite? Étais-tu en quête d’exotisme, alors que ta vie manquait de saveur? Étais-tu à la recherche d’une destination, alors que ta vie n’en avait plus? Où allais-tu? Quelle était cette force qui appelait chacun de tes pas?

Bottes et VéloLe pèlerinage n’est pas sans raison, surtout pas sans réflexion. Sinon, il n’est plus que simple randonnée, un sport à pratiquer. Le pèlerin de l’époque médiévale savait où il allait et pourquoi. Il marchait vers un sanctuaire dans l’espoir d’expier ses péchés, dans l’espoir d’une vie meilleure. Le sanctuaire était sa destination. Atteindre le sanctuaire, c’était pour une vie meilleure. Toute sa route pointait vers cet espace de sainteté. Le sanctuaire porte en lui le désir du pèlerin.

Aujourd’hui, la notion de péché n’est plus tellement présente dans nos vies, pas plus que celle de sainteté. Toutefois, l’idée d’une vie meilleure nous parle. Cette vie meilleure nous la cherchons tous. Il y a toujours une insatisfaction pour nous rappeler que nous aimerions que ce soit autrement. Nous aimerions avoir une plus grande maison, de plus beaux vêtements,  une nouvelle voiture, partir en voyage, voir cette personne plus souvent, avoir de plus longues vacances, être aimé davantage, se sentir apprécié, perdre du poids, avoir un corps musclé, se faire refaire le nez, changer de couleur de cheveux… Bottes et VéloToutes ces insatisfactions nous disent et redisent, de manière détournée, notre désir d’une vie meilleure. Mais, était-ce réellement mon nez qui me dérangeait ou plutôt l’idée que je me faisais d’un beau nez…?

À travers nos insatisfactions, notre désir cherche à se dire et nous pousse à agir. Toutefois, nous agissons souvent de manière impulsive face à celui-ci. Dans le brouhaha et l’urgence quotidienne de nos vies, chaque malaise, insatisfaction, souffrance est comblé rapidement. Si je grignote ces chips, est-ce réellement parce que j’avais envie de chips, ou pour éprouver une sensation de bien-être alors que je viens de vivre une frustration? Trop souvent, nous ne prenons pas le temps d’être attentif à ces signaux intérieurs, d’écouter ce qu’ils cherchent à nous dire réellement. Ce n’est que lorsqu’ils se font de plus en plus pressants, qu’ils ne peuvent plus être leurrés par un sac de chips (ou tout autres subterfuges), qu’une véritable action devient nécessaire. Il faut alors se mettre en marche! Il faut bouger! Et pour bouger il faudra abandonner certaines choses derrière soi. Bottes et VéloOn ne peut pas tout emporter! Et si ma souffrance, mon malaise, venait de ma peur de perdre? De mon attachement? Pour le pèlerin, l’espoir est plus grand que sa souffrance. C’est ce qui le mettra debout et en marche.

Partir en pèlerinage. Quitter son chez soi et toutes ses habitudes. Marcher en marge du monde. Loin du bruit et de l’agitation, entendre. Se mettre à l’écoute de cette destination qui murmure en nous, de cette vie meilleure qui nous appelle. Quitter un chez soi illusoire pour se diriger vers sa véritable demeure. Avoir le courage de vivre en cohérence avec cet appel.

« Où allais-tu en marchant si longtemps? – Je rentrais chez moi. »Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté

Quitter sa tête pour marcher avec son cœur

Vous avez l’heure, nous avons le temps.
Sagesse africaine

Pèlerinage Ile-du-Prince-EdouardCet été, nous sommes tous partis en vacances en quête d’un mieux-être. Qu’avons-nous trouvé et où l’avons-nous trouvé?

Pèlerins et vacanciers portent en eux le même désir : briser la routine en quittant leur demeure pour arrêter le temps et retrouver cet espace où il fait bon respirer, un espace de liberté. Que ce soit à la campagne, à la montagne ou au bord de la mer, les vacances nous appellent, tout comme le pèlerinage, à sortir de chez nous, de notre train-train quotidien, pour entrer dans une vie autre. Une vie qui fait du bien, qui apaise et qui fait plaisir.

D’abord le cœur, ensuite la raison.

Partir en vacances, c’est bien souvent quitter les règles usuelles : se permettre de dormir tard, de manger à l’heure que l’on veut, de lire ce roman qui nous attend depuis si longtemps, de visiter ces lieux qui nous font rêver, de farniente, de faire des folies… Un temps d’arrêt, sans urgence, pour retrouver ce mouvement de vie qui passe d’abord par le cœur et qui n’est plus gouverné par la raison.

La raison au service du cœur.

Pèlerinage Ile-du-Prince-EdouardSans sombrer dans l’insouciance, il faut tout de même reconnaître que le plaisir des vacances est d’abord de se mettre à l’écoute de ce que l’on remet toujours à plus tard, de ce désir qui nous habite et nous parle d’un vivre autrement. Lorsqu’on entre dans cet espace, on y ressent comme un éveil à la vie. Comme si nous levions le voile sur une manière de vivre qui nous demeurait cachée tout le reste de l’année… Quelque chose nous y est révélé qui nous parle de notre goût pour la vie. Il y a comme une rupture dans le temps…

Cet arrêt dans le temps permettra de quitter l’illusoire d’une vie centrée sur la prestation, l’accomplissement et la performance, pour renouer avec le strict nécessaire d’une vie qui a du goût, d’une vie savoureuse. Il n’est pas question de négliger ses obligations, mais de remettre les pendules à l’heure. De renommer et de resituer ses priorités de vie. De mettre la raison au service du cœur!

De vacancier à pèlerin.

Pèlerinage Ile-du-Prince-EdouardPour passer de la raison au cœur, il faudra cependant franchir l’état de vacancier. Bien que le pèlerin entre dans son projet avec le même état d’esprit, ce sera toutefois pour le visiter plus assidûment, l’habiter à plus long terme. Nous avons besoin de temps pour nous défaire de nos habitudes quotidiennes, pour nous laisser transformer, déprogrammer.

L’expérience du pèlerin randonneur s’étendant sur un à plusieurs mois, cette différence ne sera pas à négliger. C’est elle qui lui permettra de franchir l’état de vacancier pour entrer pleinement dans l’expérience pèlerine. D’aller au-delà de l’objet « vacances » pour approfondir la quête, le désir, qui anime son projet.

À la base, pèlerins et vacanciers ne cherchent pas seulement une pause dans leur vie, ce n’est pas seulement pour se changer les idées qu’ils quittent leur demeure. Ils cherchent quelque chose qui existe dans ce moment hors du temps et qu’ils voudraient s’approprier pour tous les jours de leur vie. Tout le monde voudrait de perpétuelles vacances!

Et c’est là que le vacancier n’aura qu’à faire quelques pas de plus pour devenir pleinement pèlerin. Franchir l’état de vacancier pour devenir pèlerin, c’est se mettre à l’écoute de ce qui nous interpelle du fond de ce projet et nous fait tant de bien. Ce n’est plus seulement une parenthèse, une manière de se changer les idées pour se donner le courage de retourner au boulot et reprendre le harnais.  C’est tenter de comprendre pour demeurer dans cet état d’esprit et se laisser transformer.

Pèlerinage Ile-du-Prince-EdouardDans le parcours pèlerin, vient un moment où je n’agis plus comme un vacancier qui sera de retour au travail sous peu et qui commence déjà à anticiper les tâches qui l’attendent. À travers la durée de l’expérience, le processus de la démarche du pèlerin peut s’installer. Ce processus – qui s’installe bien indépendamment de la volonté du pèlerin – lui permettra, progressivement, de quitter sa tête pour marcher avec son cœur et sentir par les pieds. Il lui permettra d’entrer pleinement et consciemment dans ce mode de vie qui met en contact avec le sol, enraciner dans la réalité, la tête portée par le vent.

Le pèlerin entre alors avec confiance dans un autre temps, un autre espace, où il reçoit sa vie comme un don qui le traverse. C’est là que l’aventure pèlerine commence!Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté

** Ce weekend nous serons au Salon International du Mieux-Être, à Lévis (19-20-21 août). Venez nous rencontrer au kiosque #96! Nous offrirons également une conférence, samedi matin, 10h30, salle 5, intitulée : Au-delà de Compostelle…

Êtes-vous contenant ou contenu?

Il faut être nomade, traverser les idées comme on traverse les villes et les rues.
Francis Picabia
Êtes-vous contenant ou contenu? Qu’est-ce qui vous préoccupe le plus? Sur quoi mettez-vous le plus de temps : le contenant ou le contenu? On a tous le souvenir de ces jeunes enfants qui aussitôt le cadeau déballé se mettaient à jouer avec la boîte, le chou et les papiers colorés. Nous avons tous fait la même chose au même âge. Mais, depuis, avons-nous grandis? Il y a certains jours où nous nous amusons encore avec l’emballage et nous préoccupons bien peu du contenu! Sans essence, même la plus belle et la plus performante des voitures ne va nulle part!

sa à dosMettez-vous des heures à emballer un cadeau? Êtes-vous du genre à refaire la décoration de votre maison régulièrement? À considérer l’achat d’un objet pour son apparence plus que pour son utilité? À passer des heures devant le miroir? Êtes-vous du genre à vous laisser séduire par la pub?

Contenant ou contenu? Qu’est-ce qui les distingue? Lequel a le plus d’importance?

Le contenant contient, alors que le contenu est ce qui est retenu par le contenant. Sans contenant, le contenu est sans récipient. Le contenu est alors une énergie qui erre et se disperse.

Prenons un contenant : la gourde. Seule, elle a peu de considération. Cependant, une fois remplie d’eau, sa valeur change. Son importance est multipliée. Tous les pèlerins le savent, une gourde vide, même la plus « fashion » des gourdes, la plus ergonomique, celle dont les matériaux sont les plus écolos, même celle-là, n’est d’aucune utilité. La gourde a pour mandat de contenir. Elle est au service de l’eau, elle en canalise la substance.

soifDe plus, la gourde n’est pas faite pour contenir n’importe quoi. Elle a pour mandat de contenir un liquide qui permette de se désaltérer. En pèlerinage, une gourde pleine d’huile n’accomplirait plus son mandat et serait, encore une fois, d’aucune utilité. Par ailleurs, la gourde n’est pas faite pour posséder ce qu’elle contient. L’eau qui resterait à perpétuité dans une gourde finirait par croupir et ne serait plus bonne à consommer. Si l’eau de la gourde n’est pas partagée, mise en circulation, elle ne sert pas. La gourde pleine, que l’on conserve pleine, ne vaut pas plus qu’une gourde vide. Il faut que l’eau y circule pour qu’elle prenne toute sa valeur. Sans cette circulation, le contenant ne sert à rien.

Le contenant est un lieu de passage. Il est l’espace de canalisation d’une énergie potentielle : si elle circule! Il est important de noter, ici, que le contenant ne s’approprie pas son contenu. Il se laisse traverser par lui et c’est ainsi qu’il s’accomplit comme contenant. Il est donc question de relation entre contenant et contenu. Le contenant est au service du contenu, un contenu qui le traverse, qu’il ne possède pas. Alors, comment contenir?

Pour reprendre l’analogie du début, même la voiture la plus belle et la plus performante ne sert à rien sans essence. La voiture doit se laisser traverser par l’ « essence » qu’elle contient pour se mettre en marche. Contenant et contenu travaillent conjointement pour un plus. Le corps du pèlerin est le premier contenant auquel il a affaire. pèlerinsDès sa naissance, le corps est fait pour être traversé par l’expérience vivante. Pour vivre, nous devons nous laisser traverser par l’air, l’eau et la nourriture. Je ne peux les enfermer en moi. Empêcher cette circulation, c’est la mort assurée. Malheureusement, nous vivons comme dans une heure de pointe qui n’en finit jamais : tout reste engorgé! Ma vie, mon corps, ma tête, mon cœur, mon agenda se remplissent sans jamais laisser d’espace vide. Pourtant, j’ai besoin d’espace pour souffler, pour goûter, pour vivre!

Le pèlerin est espace circulatoire. Il est contenant traversé par l’expérience vivante. Le pèlerinage lui enseigne à se déposséder, à se désengorger de son trop-plein, se défaire de ses dépendances, de ses enfermements, de son ego, pour que la Vie circule en lui. Il lui apprend à faire de l’espace pour se laisser traverser par l’élan qui le tire en avant. Il lui apprend à écouter ce murmure qui le traverse. Le pèlerin est en définitive le contenant idéal, car il peut tendre à la conscience de ce qui le traverse! (Contrairement à la gourde…) Toutes les béquilles qu’ils se donnent ne feront jamais de lui un meilleur contenant. Le pèlerin n’a qu’à se rendre attentif, qu’à s’abandonner, pour mener à terme le projet de vie qui sommeille en lui. La Vie qui coule en lui est son « essence ». La retenir le priverait d’accomplir sa destinée.Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté

Provoqué à vivre

L’essentiel n’est pas de vivre mais de bien vivre.
Platon
baignade à la merTous les jours nous sommes provoqués au changement. Si je bouge la main, l’air se déplace; si je presse une orange, j’obtiens du jus; si je déplace mes pieds, j’avance; si j’ouvre les yeux, je vois… Chaque mouvement provoque un changement qui me déstabilise, déplace mes repères, et engendre un réaménagement de mes perceptions.

C’est par le mouvement des ondes que j’entends la musique. C’est par la tige qui grandit que l’arbre porte fruit. C’est par les mouvements de ma bouche que des paroles sont prononcées. Des paroles qui suscitent diverses réactions, divers mouvements…

Tout change, tout bouge. L’enfant qui va naître. Le cours d’eau qui fluctue. Le feu de forêt qui ravage une région : tout cela, c’est la vie en mouvement. La Vie bouge. Elle nous déséquilibre à chaque instant, nous provoquant à vivre, nous appelant au dépassement. C’est là le cœur de l’expérience pèlerine. Dans chacun de ses pas, le pèlerin est déstabilisé et tente de retrouver son équilibre : un équilibre de vie.

équilibristeCet équilibre de vie, vers lequel nous tendons tous, provoque et incite le meilleur de nous. C’est par cet élan déséquilibrant que nous aspirons sans cesse au meilleur de la vie. Pour l’atteindre, je dois cependant accepter d’être en mouvement. L’équilibriste ne peut tendre à l’équilibre que par le mouvement. De même, je dois me laisser déplacer, transformer, pour parvenir à l’équilibre recherché. Désirer le meilleur, c’est désirer être transformé pour s’équilibrer. C’est désirer être provoqué dans ces stagnations, dans ces inerties qui nous font pencher d’un côté. C’est avoir le courage de dépasser la souffrance d’une posture qui nous a ankylosés pour remettre la vie en circulation dans nos veines.

Qui, consciemment, voudrait d’une vie végétative branchée sur des appareils qui le maintiennent en vie? Pourtant, c’est-ce que la plupart d’entre nous faisons. Désirer le meilleur sans mouvement, c’est rêver sa vie bien calé devant sa télé, branché sur son portable. Demeurer au stade du rêve, du virtuel, n’a jamais mis en mouvement! Le rêve peut susciter l’étincelle, mais si cette étincelle ne provoque jamais la flamme, ne met jamais le feu à nos passions pour nous provoquer à l’action, elle est vaine.

MarcheurLe pèlerin de longue randonnée éprouve un bien-être et une aisance – malgré les difficultés, malgré les souffrances – qui enflamment sa joie et son plaisir de vivre. C’est au cœur de son déplacement qu’il éprouve de l’accomplissement, qu’il se sent vivant. Comme la flûte prend vie par le souffle qui la traverse, le pèlerin s’éprouve et s’accomplit par le mouvement de la Vie qui souffle en lui. Le pèlerinage provoque à vivre là où nous nous étions assoupis. Semblable à la main qui secoue le dormeur, le pèlerinage nous sort de notre torpeur et nous rappelle à la vie.Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté

Pèlerin ou randonneur?

Ce que le public te reproche, cultive-le, c’est toi.
Jean Cocteau
Pèlerinage ou randonnée? Pèlerin ou randonneur? Randonneur ou marcheur?  Toutes ces pratiques se ressemblent mais ne parlent pas de la même réalité. Il existe plusieurs pratiques qui permettent de marcher autrement: marche afghane, marche nordique, marche rapide, marche banlieusarde… On parle même de marche pèlerine. Mais qu’en est-il au juste? Qu’est-ce qui les distingue? Qu’est-ce qui distingue une randonnée, d’une marche pèlerine, d’un pèlerinage de longue randonnée?

marcheurLe marcheur n’est pas un pèlerin, pas plus que le randonneur. Mais le pèlerin est à la fois marcheur et randonneur. De prime abord, le pèlerin n’est pas un sportif. Le sport vient en second lieu dans son expérience, même s’il n’est pas interdit de commencer randonneur pour terminer pèlerin; comme plusieurs l’ont affirmé d’ailleurs…

Lorsque l’appellation débute par marche, elle désigne l’activité de marcher pour ensuite qualifier ce type de marche : comment elle sera pratiquée. En ce sens, la marche pèlerine n’est qu’une marche qui s’apparente au pèlerinage, mais qui en définitive n’en n’est pas. Si c’était le cas, elle s’appellerait pèlerinage! En utilisant l’appellation marche pèlerine, il y a quelque chose que l’on cherche à éviter et qui fait que celle-ci ressemble davantage à de la longue randonnée. Ce quelque chose résiderait-il dans la profondeur du pèlerinage, la démarche intérieure qu’il implique? Le pèlerinage déplace autant intérieurement qu’extérieurement et cela peut être dérangeant. Dire marche pèlerine permettrait-il d’éviter ce dérangement tout en se donnant l’illusion d’être pèlerin?

Le randonneur est porté par le sport, le plaisir de la nature, le défi et, bien souvent, la contemplation. Le randonneur habite les grands espaces comme le coureur des bois. Il est d’abord un amant de la nature. Et c’est dans cet amour de la nature que pèlerin et randonneur se rejoignent. L’espace d’un instant, ils se retrouvent habités par le même vertige face à l’univers : cette sensation de plus grand que soi, cet espace de transcendance. C’est dans ces moments que plusieurs randonneurs ont affirmé être devenus pèlerins. Quelque chose d’autre les mettait soudainement en marche, à un autre niveau, et les attirait.

randonneurLa situation du marcheur est différente. Bien souvent passagère, l’aventure du marcheur ne dure que peu de temps. Elle vise au bien-être immédiat et ne s’inscrit pas dans la durée. La marche a quelque chose de ponctuel qui s’intègre à un art de vivre. Elle ne le questionne pas, elle en est le résultat. Jean-Jacques Rousseau y voyait d’ailleurs un espace pour s’évader, pour la rêverie… La marche est l’exercice quotidien d’une vie saine.

Le dynamisme du pèlerinage de longue randonnée, par contre, oriente le pèlerin d’une toute autre façon. Son dynamisme implique tout notre être dans une démarche qui est à la fois quête de sens et quête des sens.

Par la durée de cet exercice, le pèlerin reprend contact avec tous les plans de son humanité : physique, psychique et spirituel; l’un éveillant l’autre dans un effet domino. L’exigence physique du pèlerinage ébranle l’émotif du pèlerin, qui questionne alors le sens de sa vie : le spirituel. Se lancer dans un pèlerinage implique donc de se mettre en mouvement dans un processus qui donne du relief à sa vie, qui ouvre sur une perspective différente, qui engendre un questionnement intérieur.

Le pèlerinage de longue randonnée, tel que nous l’observons aujourd’hui, est ainsi un exercice qui s’inscrit dans la durée et la profondeur. Des dimensions qui le distinguent définitivement de la marche. Le pèlerin se met en marche pour répondre à quelque chose qui surgit du plus profond de lui-même, quelque chose qui le dépasse et l’invite à approfondir son expérience vivante. Ce n’est pas uniquement pour le plaisir de la randonnée qu’il s’aventure sur routes et sentiers. S’il se met en marche, c’est qu’il cherche, à travers cet exercice, une réponse à ce qu’il est. Une réponse qui va bien au-delà de la quête narcissique, égotique, du moi.

pèlerinsBien plus qu’un exercice de croissance personnelle, le pèlerinage de longue randonnée vise une rencontre avec l’espace Vivant, ou espace divin, qui  traverse le pèlerin. Le pèlerin est celui qui se met à l’écoute de cet espace, de ce qui se joue en lui, de ce qui résonne au plus profond de sa chair. Le pèlerin se fait le pisteur des signes vivants qui l’habitent. Il en cherche les traces qui orienteront sa vie et lui donneront bon goût. Si le pèlerin se rend attentif à ces signes, c’est qu’il cherche à en déceler la volonté. Il cherche à orienter sa vie selon l’élan de vie qui le traverse, selon ce qui le fait vivre. Conscient de cet enjeu, le pèlerinage relève alors davantage de l’expérience que de l’exercice. Il faut le vivre pour le saisir.

Au cœur de ces déambulations, marcheurs, randonneurs et pèlerins se croisent. Ils marchent aux frontières d’un même univers, habités par des préoccupations qui se font proches les unes des autres. Cependant, il faut retenir que c’est dans l’intention que porte le pèlerin que celui-ci se distingue. Sinon, il n’y aurait pas raison de se poser la question et le pèlerin n’aurait alors pas lieu d’exister. Nous demanderions alors : marcheur ou randonneur? Si je suis pèlerin, c’est qu’il y a une différence et c’est en elle que réside toute la richesse du pèlerinage.Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté

Tour de l’Isle-aux-Coudres de l’AQC – 16e édition

Merci au comité organisateur du Traditionnel Tour de l’Isle-aux-Coudres de l’Association du Québec à Compostelle de la région de Québec!

Bottes et Vélo était présent pour cette 16ième édition du Traditionnel Tour de l’Isle-aux-Coudres organisé par l’Association du Québec à Compostelle de la région de Québec. Découvrez cette journée rassembleuse qui lance la saison du pèlerinage au Québec.Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté et Brigitte Harouni

Le chemin: une expérience qui traverse le pèlerin

Le véritable voyage de découverte
ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages,
mais à avoir de nouveaux yeux.
Marcel Proust
Qu’est-ce qui fait que le pèlerinage est si populaire aujourd’hui? Que pouvons-nous bien trouver à cette activité? Partir avec son sac à dos et marcher pendant des jours et des jours. Traverser monts et vallées, s’échiner sur mille et un sentiers, qui aurait cru que j’aurais pu aimer cela? Moi qui ne pratiquais aucun sport et passais le plus clair de mon temps le nez dans les livres… à rêver de voyager.

trottoir de boisD’aussi loin que je me souvienne, me lancer sur les grands chemins a toujours été pour moi comme un appel, un désir profond. Mais bien au-delà du sac à dos et d’un goût démesuré pour le voyage, il y avait quelque chose qui m’appelait au plaisir de la découverte : l’inconnu de la route, l’émerveillement face au monde, le plaisir des rencontres, la simplicité des gestes… Tout cela faisait partie de l’expérience, de l’attirance qui suscitait cet élan en moi. Tout était dans le mouvement finalement.

La frontière est mince entre voyage et pèlerinage. Le voyage devient pèlerinage dès l’instant où notre route nous questionne, nous interpelle. En pèlerinage, le chemin va bien au-delà de ce qui porte mes pas. Le chemin est une expérience qui nous traverse, une expérience qui nous renverse, une expérience qui nous déplace et nous oblige à garder l’œil vif, l’oreille alerte; l’esprit et le cœur ouvert. Tous nos sens sont en éveils. On se sent vivant! Et il y a une joie profonde dans ce ressenti, à goûter ainsi la vie.

marcher pieds nusLa joie d’être pèlerin… Loin de m’étonner, cette joie m’est apparue comme une vérité du pèlerinage. De cette expérience qui me traverse, elle est sans aucun doute l’interpellation la plus frappante : le pèlerin est heureux! Peu importe ce qui l’a mis en route : son malaise, sa détresse, le deuil, la souffrance qu’il porte; sur le chemin, le pèlerin se redécouvre une joie de vivre en toute simplicité. Et cette joie qui lui revient grandit, simplement en marchant.

En prenant la route, le pèlerin a quitté sa demeure, ses craintes, ses illusions. Il s’est libéré de ce qu’il possède, ou de ce qui le possédait. Et, oh surprise! Cela lui fait du bien. La joie ressentie lui fait transcender les difficultés de sa vie. Il voit la vie sous un autre angle. Le monde n’a pas changé, seul son regard est transformé. Et cette joie s’empare de lui, une joie saine qui n’a rien à voir avec la culture du « fun » d’aujourd’hui; une joie qui mène ailleurs que dans une fuite extatique. En elle réapparaît chez le pèlerin contemporain, ce que Nietzsche reprochait aux chrétiens d’avoir perdu. Le pèlerin affranchit des brimades et réprimandes du religieux d’une certaine époque, d’une église austère et sans joie, peut redécouvrir la joie de vivre qui est à la base du christianisme. Une joie simple qui fait vibrer le pèlerin dans tout son être et en laquelle, il se sent appelé à offrir le meilleur de lui-même. Cette joie le libère et le met en mouvement à tous les niveaux de sa vie : physique, psychique et spirituel. Dans son corps, c’est une vitalité renouvelée qu’il expérimente. Dans sa tête, l’oxygénation du corps en action suscite un meilleur état d’esprit. Spirituellement, tout ce ressenti donne du goût à sa vie. Sa vie prend du sens à travers ce qu’il éprouve en pèlerinage.

joie marcherVous tous, qui avez expérimenté le pèlerinage, êtes capable de reconnaître la vérité de cette joie à être en marche. Nous l’avons tous éprouvé. Malgré les courbatures, les ampoules et les coups de soleil, nous avons tous pris plaisir à cette longue randonnée. Toutefois, nous sommes tous revenus avec la même difficulté. Comment faire le transfert dans mon quotidien? D’où me venait cette joie? Qu’est-ce qui la véhiculait? Comment faire pour que ce bien-être persiste?

Après y avoir réfléchi, et m’être observé sur la route, trois choses m’apparaissent à la source de cette joie. (Nos amis français en seront bien heureux.) En pèlerinage, le pèlerin habite un contexte qui suscite un état d’esprit lui permettant d’expérimenter ce qui lui manque le plus dans sa vie de tous les jours : liberté, fraternité et égalité.

Le pèlerin apprivoise sa liberté. Lentement, il s’autorise une liberté qu’il ne se connaissait pas. À travers elle, il se donne le droit d’être lui-même, de vivre en cohérence avec ce qui l’habite. Il s’affranchit d’un cadre de vie qui étouffait la vie en lui.

Sur le chemin, en route vers le sanctuaire, le pèlerin expérimente la fraternité. Une fraternité qu’il ne rencontre plus que très rarement, même au sein de sa propre famille. Au fil de ses pas, il construit un lien de confiance avec l’humanité. Il découvre qu’il pourra toujours compter sur une présence aidante, un accueil chaleureux.

Enfin, le pèlerin apprend à vivre sans discrimination. Il n’y a plus ni mécanicien, ni enseignante, ni médecin. Les races et les cultures se mélangent. Il vit des relations humaines sans jugement, sans hiérarchie, d’égal à égal.

chemin forêtLe pèlerinage nous défait peu à peu de ce qui nous déshumanise. Il nous ramène là où il fait bon vivre : dans la possibilité d’être soi-même, sans artifice; dans la possibilité d’un vivre ensemble épanouissant. Le pèlerinage offre un espace où retrouver confiance en l’humanité, un espace où il fait bon vivre. Cette expérience, cette saveur de la vie, il est possible de la ramener chez nous. Elle n’existe pas seulement sur les sentiers de pèlerinage. Il suffit de s’observer. Lorsque je suis en marche vers le sanctuaire, une transformation s’opère en moi. Je ne suis plus dans le même état d’esprit. Je ne suis plus régi par les mêmes règles, les mêmes lois. Je m’ouvre à un autre possible.

Alors, quelles sont ces lois qui me régissent et me ramènent à la vie, à la joie de vivre? Il n’y a pas une réponse, mais une multitude de réponses. Des réponses en mouvements, changeantes, évolutives. Il n’y aura jamais une réponse définitive. Le pèlerin est en marche, sa réponse en processus. Elle est là, quelque part en nous, inscrite dans notre chair. Elle s’apprivoise de l’intérieur. C’est elle qui nous tire en avant et nous appelle au déplacement. Elle qui nous conduit vers notre sanctuaire : cet espace appelant le meilleur en chacun de nous.Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté

Déjeuner-causerie ou Soirée Pèlerine?

Hier avait lieu notre dernier déjeuner-causerie de la saison. C’est sous le thème: « Marcher, mais pourquoi? Quel sens à ma démarche? » que se réunissait le groupe de pèlerin-e-s. Après un atelier dans l’esprit de la démarche du pèlerin, c’est autour d’un bon petit-déjeuner que nous avons continuer notre discussion. Une très belle rencontre qui s’est terminée par une petite balade au bord du fleuve, dans St-Michel-de-Bellechasse et sous un soleil splendide.

Bottes et Vélo - Déjeuner-causerieNous profitons de l’occasion pour dire un grand merci à tous nos invités de la saison 2015-2016! Nous avons passé de très bons moments avec vous! C’est grâce à vous tous que Bottes et Vélo grandit un peu plus chaque année. Les déjeuners-causeries reprendront dès le 24 septembre prochain. (Prenez note du nouveau tarif à compter de septembre: 20$/pers.)

Nous vous invitons également à surveiller un nouveau concept mobile de Bottes et Vélo: les Soirées Pèlerines. Sur le même ton que les déjeuners-causeries, ces soirées se tiendront dans des cafés ou bistros de Québec, Trois-Rivières et Montréal. Surveillez le site de Bottes et Vélo pour connaitre les dates et lieux de ces rencontres! (Coût: 15$/pers.)

Cliquez ici: Déjeuner-causerie ou Soirée Pèlerine

D’ici là, nous vous donnons rendez-vous dans l’un des différents Weekends Ressourcement et Pèlerinage ou encore dans les Voyages Pèlerins que nous offrirons de mai à octobre. Cliquez ici: Activités Bottes et Vélo

Bonne saison de pèlerinage à tous!Bottes et Vélo - Emblême

Éric Laliberté et Brigitte Harouni