Le doux plaisir d’être

De temps à autre, il est bon de faire une pause dans notre quête du bonheur
et d’être simplement heureux.
Guillaume Apollinaire

Été 2009 300Pour plusieurs, l’idée d’entreprendre un pèlerinage ou une très longue randonnée survient dans un moment de notre vie où tout semble tourbillonner ou gronder dans notre tête. Envahis par milles et une préoccupations, pressés par le quotidien, submergés par la vague de ce train de vie qui file à vive allure, nous ressentons le besoin de tout arrêter pour nous donner du temps.  Nous espérons, durant cette longue parenthèse, avoir du temps pour penser, pour faire le point sur nos choix de vie, sur l’itinéraire que nous aimerions prendre à notre retour.

Les premiers jours du voyage, notre corps et notre esprit sont en période de sevrage de nos anciennes habitudes et les deux travaillent pour apprendre à s’adapter aux nouveaux défis que représente un pèlerinage.  Puis, lorsqu’on commence à s’imprégner du confort de cette nouvelle vie, ce n’est pas du temps pour penser que nous découvrons, mais du temps pour arrêter de penser! Le vide! Sans obligations, sans responsabilités, sans personne d’autre à s’occuper, on découvre le doux plaisir d’être.  Simplement être!  On ne vit alors que dans le pur présent. On prend conscience du vent qui caresse notre peau.  On s’enivre des multiples parfums qui nous entourent.  On se délecte des paysages que l’on traverse. Chaque pas, chaque coup de pédale contribue à perpétuer ce vide, cet état de légèreté de l’esprit. Le mouvement entraine le mouvement. Le rythme ensorcelle notre corps et nous envoûte. C’est quand on découvre ce vide que l’on prend conscience du brouhaha de notre vie.

Notre société actuelle fait la promotion de « l’avoir» et valorise le « faire». Durant nos journées, il n’existe pas une seconde de silence dans nos pensées. Entre le travail, les enfants, nos amours, nos amis, nos devoirs et nos désirs, la roue ne cesse de tourner. L’encombrement, même celui de nos pensées, nous étouffe et nous empêche de respirer librement. Nous sommes constamment à planifier, structurer, organiser ou gérer. Et nos nouvelles technologies nous permettent de faire plusieurs choses à la fois, et même d’être à plusieurs endroits en même temps! Notre corps est de plus en plus accessoire. C’est l’esprit, la tête qui prend le contrôle de nos journées.  Nous en sommes même à planifier des temps particulier pour l’épanouissement de notre corps! Dans le pèlerinage, le corps occupe un rôle important, ce qui permet à l’esprit de se mettre un peu en veilleuse, de se détendre et de profiter du temps qui passe. Le mouvement du corps, ce déplacement dans l’espace, dans un silence naturel, favorise l’émergence du vide dans nos pensées. Ce silence intérieur est ressourçant et nourrissant. C’est vivre le « maintenant», l’instant présent, le « ici». Il nous arrive si peu souvent de vivre pleinement « l’être» : cet état de plénitude au présent.  Et c’est par le vide que naît la créativité et que vont émerger nos solutions.

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Dans notre quotidien, nous avons tous trouvé une activité qui nous donne accès à cet état d’esprit.  Que ce soit le jogging, le vélo, le jardinage, la peinture, la musique, le tricot, la cuisine, la menuiserie, la mécanique…. chacun à découvert une route toute personnelle qui lui permet de vivre, pendant un court instant ô combien savoureux, le plaisir d’être. Souvent, on appelle cette activité « une passion», car cette activité nous procure un bonheur intérieur exceptionnel. Malheureusement, elle est souvent de courte durée, et les effets positifs sont vite estompés par le retour à la réalité du quotidien. La très longue randonnée offre la possibilité de vivre ce silence intérieur pendant une plus longue période de temps.  Le silence devient partie intégrante de soi.  À notre retour, on cherche à ajuster notre réalité, pour qu’il ait sa place dans ce nouveau quotidien. 

Le savoir être devrait être une préoccupation pour chacun de nous.  Vivre l’instant présent, désencombrer nos pensées, favorise l’équilibre psychique et physique de chacun, mais aussi la qualité des relations que nous entretenons avec le monde extérieur. Malheureusement, la ligne de temps du présent est bien mince, et savoir reposer son esprit, l’affranchir de tout souci ou préoccupation est tout un art dans notre monde moderne. Alors, si vous avez une passion, suivez-la, avec elle vous êtes sur la bonne route!Bottes et Vélo - Emblême

Brigitte Harouni

Mais pourquoi donc fais-tu ça?

À penser anxieusement au futur, les hommes oublient le présent
de telle sorte qu’ils finissent par ne vivre ni le présent, ni le futur.
Dalaï Lama

 « 800 km à pied!!  1600 km à vélo!!! Non, mais quelle idée!  Pourquoi fais-tu ça? Sais-tu que tu peux t’y rendre en voiture ou en train? »

Le pèlerinage, comme toute expérience de dépassement de soi, fait réagir.  De nos jours, voyager de très longues distances à pied ou à vélo est encore plus déconcertant pour ceux qui vivent leurs vacances au même rythme effréné que leur quotidien.  Dans ce monde de consommation où efficacité rime avec célérité, ralentir constitue un défi en soit!

Alors, à ce commentaire un peu taquin et ironique, je réponds Slow travel - 2que je choisis de voyager ainsi pour le plaisir; le plaisir de prendre le temps de savourer pleinement mon expérience.  En se déplaçant à une vitesse plus « naturelle », on découvre réellement l’endroit que l’on visite.  On l’habite, on le respire, on s’en imprègne et on le vit.  Tous nos sens sont alors sollicités.  Pourquoi courir d’une attraction touristique à une autre et s’étourdir dans un luxe artificiel conçu pour les touristes, dans un cadre de vie qui ne reflète souvent pas celui des habitants locaux? Comment penser découvrir un coin de pays si on ne sort pas des sentiers touristiques balisés qui ont dénaturé l’âme de l’espace qu’ils occupent? Si on ne va pas vivre avec les gens de la place pour partager nos différences?  Si tout est programmé d’avance comme dans notre routine habituelle et que l’imprévu devient une source d’inquiétude?

Slow Travel -1Connaissez-vous le mouvement SLOW? Ce mouvement, initié par le Slow Food en Europe pour contrer les méfaits du Fast food, propose une façon « ralentie» d’aborder différentes facettes de notre vie moderne.  Le fondement de base est de ralentir et d’apprendre à prendre le temps en accordant à chaque situation le juste temps qui lui revient selon son contexte.  Depuis l’époque de l’industrialisation, l’homme a délaissé l’horloge naturelle pour l’horloge mécanique, croyant exploiter le temps pour améliorer sa qualité de vie.  On se rend compte aujourd’hui, que c’est le temps qui a pris le contrôle et que la qualité a cédé sa place à la quantité.  Ainsi pour manger vite, on accepte de manger mal, on consacre plus de temps à notre travail qu’aux êtres humains qui nous sont chers, on court pour avoir plus de temps et avec le temps amassé on fait encore plus de choses au lieu de profiter de la simplicité de la vie.  À trop vouloir en faire trop vite, on finit par ne rien faire correctement.  Notre santé s’use, nos relations se fragilisent et notre emploi, qui est si exigeant, nous remplacera sans plus d’égard le jour de notre départ.  Le Slow movement vient remettre cette réalité en question. Encore en émergence, le Slow est devenu un réel besoin pour tous ceux qui souhaitent mieux profiter de leur vie.

slow travel - 6Le petit dernier du mouvement Slow est le Slow Travel (ou voyager Slow).  C’est l’état d’esprit avec lequel on aborde notre voyage.  C’est prendre le temps de découvrir ce qui nous entoure à travers un voyage.  Loin des formules « tout-inclus » et des « à voir absolument », le Slow Travel nous invite à sortir des sentiers battus.  Le voyageur vit, durant le temps de ses vacances, au rythme de son environnement.  Ainsi il va au petit resto populaire du coin, achète son pique-nique à l’épicerie de la place, goûte les spécialités de la région, échange avec les gens qui l’entourent.  Ce temps qu’il prend enrichit son voyage d’expériences nouvelles et lui permet de faire des rencontres spontanées, de découvrir d’autres coutumes et de partager des moments privilégiés.   De plus, en se donnant une liberté de décision et de mouvement, on laisse place à l’imprévu, qui peut s’avérer porteur de belles opportunités.  

slow travel - 5Le pèlerinage correspond en tout point à ce mouvement, car ce mode de voyage ancestral n’a pas été altéré par la culture de consommation.  C’est une façon de vivre en marge de la vitesse qui rend la route savoureuse et mémorable.  Et c’est souvent pour cette raison qu’il est difficile au pèlerin, après plusieurs jours, voire semaines, de nomadisme, de revenir dans son monde organisé et régimenté à la minute près.  De retour dans son quotidien, le pèlerin croit, à tort, qu’il n’y a que sur le chemin que la vie se vit bien et qu’il est impossible de transposer ce bien-être dans son cadre de vie actuel.  Mais ralentir pour savourer est accessible partout.  Il faut garder en tête lesSlow travel - 3 ingrédients qui nous ont plus sur le chemin : stimulation des sens, flexibilité d’horaire, liberté de choix, ouverture aux imprévus.  Mais pour un changement vers un mieux-être, il faut du temps, et il faut prendre son temps!

Voyager Slow c’est découvrir des lieux nouveaux mais c’est aussi aller à la rencontre de l’autre.  C’est avoir le plaisir de faire partie, durant un certain temps, de la vie d’une région et de connecter avec ses habitants.   Si j’aime voyager à pied ou à vélo, c’est parce que la lenteur me permet de profiter de choses merveilleuses que la vitesse escamote.

Brigitte HarouniBottes et Vélo - Emblême

 

Pourquoi les bâtons de marche?

Qui aide son corps, aide son esprit et apaise son mental.
Proverbe thaïlandais

bâtons de marcheAvant d’entreprendre un long pèlerinage à pied, Éric m’avait à plusieurs reprises vanté les bienfaits de l’utilisation des bâtons de marche.  Insistant, il revenait régulièrement à la charge, m’encourageant à les emporter pour le voyage.  Pour ma part, j’avais très souvent fait de la randonnée, des excursions d’une ou deux journées, portant dans mon sac à dos une petite collation et mon appareil photo, et je n’avais jamais vraiment perçu la nécessité d’en avoir.  Je les trouvais encombrants, bruyants et considérais que je marchais extrêmement bien sans eux! 

Heureusement, malgré mes convictions, j’avais avec moi mes précieux bâtons de marche lors de mon Compostelle!  Au fil des jours, je me suis rendue compte de leur importance.Avec un poids considérable sur le dos, j’ai pris conscience des avantages qu’ils me procuraient:

  • Les montées et les descentes sont nombreuses sur le chemin.  Les bâtons sont un support, un point d’appui qui permet de garder son équilibre à travers les roches et les inégalités de la route.  Ils contribuent ainsi à diminuer les risques de chute et de blessure.
  • En s’aidant des bâtons à chaque pas, nous répartissons le poids de notre charge.  Une étude a démontré que les bâtons permettent au haut de notre corps de supporter 25% de notre poids, ce qui soulage considérablement l’effort fourni par nos jambes.   Dans les montées, on est plus efficaces.  Et dans les descentes, la pression sur les genoux et les chevilles s’en trouve aussi diminuée de 30%.  Ce qui est un bon point pour les bâtons car ces articulations sont extrêmement fragiles et sujettes aux blessures.
  • Sans les bâtons, j’ai constaté que le pèlerin fatigué tend à s’accrocher à son sac.  Le corps penche vers l’avant, les épaules sont recourbées, même le cou force.  Avec les bâtons, j’ai ressenti toute une différence!  Ils nous obligent à redresser le tronc, la tête haute, les épaules droites.  Le haut du corps n’est plus une charge statique.  Il devient un acteur dynamique qui contribue à faire avancer le corps.  Tous les muscles du corps s’activent et se partagent la tâche pour faire progresser le poids.  En plus de diminuer les tensions dans le haut du corps, cette posture favorise une meilleure respiration (l’oxygénation s’améliore de 40% selon une étude).
  • bâtons de marche -2Inconsciemment, le marcheur adepte des bâtons progresse tout en rythme.  Le bruit de ses bâtons, pulse dans tout son corps et donne la cadence à suivre.  Ses bras, ses jambes et sa respiration s’activent en harmonie.  Même son esprit se laisse pénétrer par ce mantra qui l’entraine dans un état méditatif.  L’esprit se détend et le corps «s’énergise»!  La posture et le rythme aidant, je réalise que j’avance plus vite et que malgré cela, je me sens moins fatiguée. Les kilomètres défilent alors agréablement!
  • En étant créatif, les bâtons peuvent aussi être très utiles durant le voyage : ils nous ont servi de piquets pour faire un petit coin d’ombre à notre pique-nique, un jour de canicule et ont fait office de corde à linge pour sécher notre lavage!

Je suis maintenant convaincue et convertie! Les bâtons de marche sont un des indispensables pour toute personne souhaitant entreprendre un pèlerinage.  Les bâtons sont la baguette de chef d’orchestre du pèlerin: ils font travailler les muscles de notre corps (jusqu’à 90% de nos muscles) en rythme et en harmonie!  La symphonie corporelle qu’ils génèrent favorise un mieux-être tant physique que spirituel, et nous fait oublier le temps et les kilomètres qui passent! Bottes et Vélo - Emblême

Brigitte Harouni

Conseil d’achat: Pour de bons bâtons de marche, pas nécessaire de payer une fortune, surtout quand on est pèlerin.  L’essentiel est qu’ils soient résistants et légers (en carbone et fibre de verre) et rétractables (pour s’ajuster et se ranger facilement).  Avant de choisir vos bâtons, ajustez-les à la hauteur voulue (votre coude devrait faire un angle de 90°) et appuyez de tout votre poids sur les poignées pour vous assurer qu’ils ne coulissent pas.

Un si petit caillou…

« La vie passe, rapide caravane ! Arrête ta monture et cherche à être heureux. »
Omar Khayyâm

Je devrais m’arrêter, mais je continue.  Je le sens!  Il se promène d’avant en arrière, au gré de mes pas.  Il est petit.  Je devrais pouvoir le coincer pour qu’il cesse de bouger.  Pas le temps et pas besoin d’arrêter ma route pour ça. Il est si petit!  Il ne peut pas me faire grand mal.Mais maintenant qu’il est sous mon pied, je le sens de plus en plus.  Chaque pas m’élance un peu plus.  Bon, au prochain banc je m’en occuperai.  Il commence à m’irriter le dessous du pied.  C’est qu’il est pointu ce petit caillou!  Plus je marche et plus il me semble qu’il Été 2009 - Iles de la Madeleineprend du volume!  Je n’en peux plus.  Il faut que je m’arrête!  J’enlève ma botte, et la renverse cherchant le coupable.  Il tombe dans ma main.  Il est minuscule! À peine un gros grain de sable!?

Les jours qui suivirent cette petite mésaventure, le caillou n’existait plus, mais la douleur, elle, demeurait bien réelle.  Une rougeur était apparue sous mon pied.  Il y avait laissé sa marque.  Il fallut près d’une semaine pour que toute trace disparaisse enfin.

Dans notre vie, nous trainons tous des cailloux dans nos souliers.  Certains sont gros et bien visibles; d’autres sont petits et moins faciles à identifier.  Et nous marchons!  Chaque jour, chaque heure, nous avançons, nous accommodant de ces irritants.  Notre horaire bien rempli occupe tout notre esprit et les journées défilent sans que nous n’ayons le temps de nous arrêter pour prendre soin de nous.   Alors on endure, on « prend notre mal en patience », on se dit que c’est « un mal nécessaire » et on minimise l’impact que le caillou a sur nous.  Plus nous attendons, plus ce qui nous semblait mineur et contrôlable commence à prendre de l’ampleur.  Ce petit caillou noircit sournoisement nos journées.  Il nous rend irritable, maussade, lourd, anxieux ou fatigué.  Parfois, il nous empêche de dormir.  Il envahit nos pensées, nous coupe l’appétit, nous fait allumer une cigarette ou déboucher une bonne bouteille.  Comme il a du pouvoir ce petit caillou! 

Arrive le moment où il nous faut passer à l’action, sans quoi notre santé se détériorera davantage.  Certaines décisions sont faciles à prendre, d’autres vont demander plus de courage et de détermination.  C’est malheureusement souvent le degré du malaise qui Été 2009 - Iles de la Madeleinedéterminera l’efficacité des solutions apportées.  Mais une chose est certaine, plus nous tardons à intervenir, plus le temps de rémission sera long et certains dégâts permanents.

Ce que nous apprend un pèlerinage, c’est l’importance d’écouter son corps et d’être attentif aux signes qu’il nous envoie.  Il est souvent le premier à identifier la source du malaise.Écrivain britannique, David Herbert Lawrence a écrit : «La vie n’est supportable que lorsque le corps et l’âme vivent en parfaite harmonie, qu’il existe un équilibre naturel entre eux, et qu’ils ont, l’un pour l’autre, un respect réciproque.»  Il revient à chacun de prendre le temps de s’arrêter et d’éliminer ses petits cailloux, car ce temps qui nous file entre les doigts ne s’arrêtera jamais.  Et petit caillou deviendra grand!

Brigitte HarouniBottes et Vélo - Emblême

S’entrainer ou ne pas s’entrainer avant de partir?

    « Le plus long de tous les voyages commence par un tout petit pas ».
Précepte chinois
 

Pour tout voyage, avant le grand départ,  il est conseillé de bien se préparer et de bien penser sa valise.  Quel bagage est-il préférable d’avoir?  Quels vêtements seront les plus appropriés? Quelles quantités  aurais-je besoin pour ne manquer de rien?  Pour le matériel, les réponses sont multiples et les conseils sont souvent  unanimes.  Mais qu’en est-il de la préparation de la forme physique avant d’entreprendre un pèlerinage? 

Considérant la très grande distance parcourue avec un mode de transport plutôt rudimentaire (bottes ou vélo), une question revient immanquablement : vous étiez-vous entrainés avant de partir?  Notre réponse : non.2010 481

Cependant, avant d’entreprendre notre premier pèlerinage, tant celui en bottes que celui à vélo, nous avons pris un petit 3 jours pour expérimenter un échantillon de ce long voyage.  Cet extrait de pèlerinage nous permettait de tester notre équipement dans un IMG_1015contexte réaliste pour y apporter les ajustements nécessaires avant le grand départ.  Ces trois journées de simulation nous offraient également la possibilité de vivre une fraction de pèlerinage, pour déterminer si à plus grande échelle, l’aventure nous plairait.  L’objectif de cet exercice n’était donc pas de développer une certaine forme physique, ni même de mettre en place une routine d’entrainement.  Le but visait à améliorer l’organisation matérielle et évaluer la faisabilité du projet de voyage.IMG_1455

C’est dans cette optique que nous vous conseillons d’aborder ces longues fins de semaine de préparation au pèlerinage.  Pour le reste, si vous aimez déjà la marche, la randonnée en montagne ou faites déjà des balades en bicyclette, vous avez tout ce qu’il faut pour partir IMG_1142loin et longtemps.  La forme physique se développera d’elle-même au fil du chemin.  La préparation à la forme physique passe avant tout par l’esprit.   Il importe tout au long du parcours de savoir écouter les signes de son corps et, d’accepter et respecter ses limites.  Il faut faire preuve de flexibilité et de souplesse d’esprit pour éviter les blessures physiques.  Ce n’est pas un défi sportif.  Encore moins une compétition!  IMG_1533

Entreprendre un pèlerinage c’est se lancer dans une aventure.  Tout ne peut pas être prévu! On ne planifie pas le découpage de son trajet avant de partir car la personne que nous sommes au début se transforme et évolue tout au long du chemin.  Ce qui nous semblait épuisant, forçant et long les premiers jours devient rapidement un piètre défi au bout d’une semaine.  Le pèlerinage se vit un jour à la fois, un pas à la fois. À chacun son rythme! Alors profitez de la route, prenez des pauses santé, savourez le paysage, ralentissez et jouissez du moment présent.

2010 107Pour le pèlerin, ce long voyage demande un dépassement de soi.  C’est un défi personnel auquel il ne saurait être réellement préparé.  Les difficultés physiques qu’il apprendra à surmonter les premiers jours forgeront les forces qu’il consolidera tout au long du chemin.  Un vieux proverbe dit bien : « qui veut aller loin, ménage sa monture ». 

Brigitte HarouniBottes et Vélo - Emblême

 

Bottes et Vélo : LE BLOG!

« Lorsque l’eau est au repos et sans vie, elle devient amère et pleine de vase, l’eau qui court comme un torrent rugissant demeure pure et claire; de même l’âme du sédentaire est faite de vase dans laquelle fermentent les regrets éternellement remâchés. Seule l’âme du voyageur fait jaillir comme des torrents d’eau claire les idées nouvelles et les actes imprévus. » Mohammad Hassada

Chaque pèlerinage que nous entreprenons a un impact sur notre physique et sur notre psychique. Loin du confort douillet de notre petit nid bien aménagé, loin de la routine sécurisante de notre vie réglée à la seconde près et loin des services qui répondent aux besoins que l’on n’a même pas encore formulés, on apprend à se connaître et à se redéfinir. Une page blanche s’ouvre.  On se revoit, on se repense, on se redessine.  Sur le chemin, on se découvre tel qu’on est réellement.  Sans nos costumes de scène, sans étiquette, tombent les masques.  Une renaissance commence à jaillir.  Le tourbillon de questions nous soulève.  Nos rêves oubliés refont surface.  Plus les kilomètres passent et plus un nouveau moi se façonne.  Celui que je veux réellement être, la vie que je désire pleinement vivre, les qualités que je veux désormais voir s’épanouir.  La liste des résolutions est longue! Et elle est très certainement la pl2009 - Compostelle et Barcelone 011-02us authentique qui vous soit donnée d’élaborer.  Mais au moment du retour… tout cela nous parait quasi irréalisable.  Nous revenons dans un train qui file à vive allure.  Le temps nous glisse entre les doigts et le temps de prendre soin de nous est vite envolé en fumée. Pourtant, si je ne prends pas le temps d’être moi, qui le fera?

Tous ces apprentissages que nous avons faits en chemin doivent demeurer vivants à notre retour.  Ils doivent trouver une place pour s’actualiser dans notre vie.  Il nous faut la remodeler. Il suffit d’un pas pour avancer.  Un petit pas à la fois.  Un petit changement ici, puis un autre là.  Graduellement, notre projection prendra forme. Mais pour y parvenir, il faut y croire, croire en soi.  Martin Luther King a dit : « Avoir la foi, c’est monter la première marche, même quand on ne voit pas tout l’escalier ».

Si vivre un pèlerinage c’est marcher vers soi et apprendre à mieux se connaître, créer un blog c’est aller vers l’autre et partager qui on est pour vivre ensemble en harmonie.   C’est un des nombreux petits pas que nous avons choisi de faire pour vivre en accord avec nos valeurs, avec notre monde intérieur.   Cette fenêtre virtuelle est un lieu de partage d’expertises et d’expériences, venant tant de vous que de nous.  C’est une invitation à venir découvrir un mode de vie qui nous passionne durant le voyage et qui transforme notre réalité une fois de retour à la maison.  C’est une main qui se tend pour offrir de l’accompagnement pour passer au travers de tous les états du pèlerin.

Pour faire un changement il faut passer à l’action.  Pour nous créer ce blog c’est vous entrainer avec nous dans ce mouvement vers un mieux-être. 

Brigitte HarouniBottes et Vélo - Emblême